Du 23 novembre 2022 au 4 juin 2023, l’Institut du monde arabe et la Fondation pour le développement de l’art et de la culture de la République d’Ouzbékistan présentent une exposition-événement sur le patrimoine et les savoir-faire ancestraux d’Ouzbékistan de la fin du XIXème au début du XXème siècle, à travers une série d’œuvres uniques exposées pour la première fois en dehors des musées nationaux.  Venez vite voir « Sur les routes de Samarcande, merveilles de soie et d’or ».

Dans un parcours déployé sur plus de 1100 m2, les visiteurs de l’exposition « Sur les routes de Samarcande, merveilles de soie et d’or » découvrent ainsi près de 300 pièces inédites représentatives des trésors de l’Ouzbékistan : les somptueux chapans ou caftans (manteaux) et accessoires brodés d’or de la cour de l’émir, selles en bois peintes à la main, harnachements de chevaux en argent sertis de turquoises, magnifiques suzanis (tentures brodées), tapis, ikats de soie, bijoux et costumes de la culture nomade, ainsi qu’une quarantaine de peintures d’avant-garde orientalistes.

 

Cette exposition magnifie la renaissance des splendeurs artisanales au XIXe et début du XXe siècles, constitutives
de l’identité ouzbèke. Le textile, à l’instar des puissances du monde islamique, joue un rôle capital : il distingue,
il gratifie, il imprime une image forte dans la société. Des pièces uniques ornées ou intégralement brodées d’or témoignent de l’importance sociale et symbolique de l’apparat de la cour. Grand nombre de productions splendides
et monumentales – caftans, robes, coiffes – réservées à la cour et aux cadeaux diplomatiques – sont confectionnées
uniquement à l’atelier privé de l’émir et témoignent de la richesse et de la créativité de ses maîtres-artisans.

Dans l’intimité du cadre familial, cette fois-ci, l’art de la broderie trouve toute son expression symbolique dans
les stupéfiants suzanis, tissus brodés de soie, qui ornent les intérieurs urbains comme nomades. Les femmes
s’adonnent aux travaux d’aiguilles notamment pour la préparation de la dot de leurs filles. Les riches motifs brodés
des suzanis témoignent de leur goût, de leur créativité et de l’influence de leur environnement, chaque région ayant
ses propres codes esthétiques.

L’art du tapis témoigne de l’importance des produits lainiers confectionnés par la population des steppes et des régions montagneuses, tout en alliant aspect esthétique et pratique. Enfin, le déploiement de symboles et de couleurs
omniprésent dans le patrimoine culturel du pays s’illustre particulièrement dans la technique du
abrbandi – fameux ikats en soie ; ces tissus aux mille couleurs offrent abondance de symboles que l’on retrouve également dans d’autres artisanats comme l’orfèvrerie.

Ces couleurs et cette esthétique générale seront une source d’inspiration pour grand nombre d’artistes. Au tournant
du XXe siècle, le Turkestan est la destination de prédilection de l’avant-garde russe qui connaît son apogée entre 1917 et 1932. Alors que l’Empire disparaît pour devenir l’URSS, de nombreux artistes soviétiques vont découvrir ce territoire correspondant à l’actuelle République d’Ouzbékistan. À la même période où Matisse découvre le Maroc, les
peintres de l’école russe, à la recherche de « la couleur locale », trouvent dans la richesse des paysages, des formes, des couleurs et des visages de l’Asie centrale une inspiration unique. On retrouve dans les sujets travaillés tapis, suzanis, chapans et ikats présentés dans l’exposition, chaque artiste abordant cette quête d’ailleurs et d’exotisme en suivant son propre courant symboliste, néo-primitiviste, constructiviste, etc. Une école ouzbèke voit le jour dont Alexander Volkov prend la tête. Pays au cœur de l’Asie centrale, au paysage de montagnes, de déserts, de plaines fertiles et d’oasis, l’Ouzbékistan offre des espaces riches d’Histoire et de culture. République indépendante depuis 1991 après la chute de l’URSS, l’Ouzbékistan est l’héritier de cultures et de traditions ancestrales, attributs de peuples qui s’y sont établis et mêlés. Il est le dépositaire de royaumes et d’empires puissants nés de cette situation stratégique
politique et intellectuelle unique.

Cette exposition est organisée par l’Institut du monde arabe en collaboration avec la Fondation pour le développement des arts et de la culture de la République d’Ouzbékistan. La Fondation encourage la coopération internationale et promeut la culture de l’Ouzbékistan sur la scène internationale. Tout au long de son existence, la FDAC a travaillé sans relâche pour apporter des changements à la législation nationale, rendant ainsi ce projet possible.
L’exposition Sur les routes de Samarcande s’inscrit dans les missions de la Fondation, qui consistent à préserver et à promouvoir la culture
ouzbèke à l’échelle internationale.
L’Institut du monde arabe remercie en particulier la Fondation pour le développement de l’art et de la culture de la
République d’Ouzbékistan qui a rendu possible ces prêts exceptionnels avec les musées et institutions.

 

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