Face à une attente pressante largement relayée dans le grand public pour la mise à disposition rapide de tests sérologiques permettant de réaliser le diagnostic indirect d’une infection à Covid-19, il apparaît nécessaire d’envisager la valeur des informations que pourront apporter ces tests et le poids stratégique de ces informations dans les prises de décision entourant la sortie du confinement. Alors quels tests pour le Covid-19? Réponses.

Quels tests existent pour le COVID-19?

  • Les tests disponibles permettent de détecter dans le sérum la présence d’anticorps de classes IgM et IgG spécifiques du Sars-CoV-2. Ils utilisent la méthode ELISA (enzyme linked immunosorbent assay) applicable sur des automates à haut débit capables d’effectuer des centaines de tests par jour. Ils pourront être pratiqués dans la majorité des laboratoires d’analyse médicale.
  • Il existe aussi des tests rapides d’orientation diagnostique (TRODs) présentés sous un format unitaire, détectant les anticorps à partir d’une simple goutte de sang en quelques minutes.

De nombreuses inconnues dans la fiabilité des tests

Toutefois, ces différents tests sont toujours en phase d’évaluation par le Centre national de référence des virus des infections respiratoires et leurs performances analytiques (sensibilité et spécificité) ne sont pas encore connues. Par ailleurs, de nombreuses inconnues subsistent concernant la cinétique de la réponse humorale à l’infection Covid-19, notamment la durée de persistance des IgG et les corrélations entre les taux d’anticorps détectés et le degré de protection. En attendant que les études en cours apportent des réponses à ces questions, il est admis que la présence d’anticorps sériques IgM et/ou IgG témoigne d’une réponse immunitaire récente à l’infection par le Sars-CoV-2 et qu’elle confère une protection probable contre une réinfection.

Quels tests pour le COVID-19? Lorsque ces tests sérologiques seront autorisés et disponibles en France, leurs modalités d’emploi devront être guidées par une réflexion stratégique.

Considérant l’impossibilité de tester la totalité de la population française, l’Académie nationale de médecine :

  • recommande que des enquêtes séro-épidémiologiques de grande ampleur soient conduites afin d’évaluer la proportion de la population infectée lors de la première période de l’épidémie. Ces enquêtes devront être effectuées dans chaque région sur des échantillons représentatifs de la population suivant une méthodologie stricte supervisée par Santé Publique France et relayée par les ARS auprès des réseaux de laboratoires publics et privés ;
  • souligne que les résultats de ces enquêtes séro-épidémiologiques permettront de suivre l’évolution de la séroprévalence dans les régions tout au long de la phase de déconfinement et pendant la phase post-épidémique, mais qu’ils ne constitueront pas une base décisionnelle majeure pour le processus de sortie du confinement;
  • recommande que les tests sérologiques individuels soient utilisés en priorité chez les personnes à risque élevé de forme grave (pensionnaires des EHPAD, malades atteints d’affections chroniques…) et chez les personnes exerçant les professions exposées (personnel médical et infirmier, aide-soignants, etc.) afin d’adapter au cas par cas les mesures de prévention chez les personnes non immunes.