plaisir-santecoolBien souvent, la vie moderne, le temps qui manque, le stress et contraintes des tous ordres, réduisent la sexualité du couple à la portion congrue. À l’inverse un couple trop fusionne!, étouffant donc, peut aussi étioler la sexualité. Rien d’inéluctable là. La sexualité, comme toute autre composante de la vie humaine, n’est pas linéaire et varie au gré des événements de l’existence.

Parfois, une difficulté sexuelle concerne des problématiques psychiques qui nécessiteront de consulter ; parfois l’usure du quotidien, la non-communication, peuvent en être source. Lorsque rien n’est dit à l’autre de son désir, la libido s’endort, la relation sexuelle s’appauvrît et devient insatisfaisante ; la reconquérir, la dynamiser ou ne plus la limiter à la primauté de la pénétration revient assurément à rétablir une meilleure communication dans le couple.

Malgré de nombreuses émissions radiophoniques ou télévisées dont elle est le thème, la sexualité reste pour beaucoup un sujet censuré. Difficile d’en parler, voire de la vivre telle qu’elle est désirée. Rien n’est plus naturel en la matière entend-on… et pourtant !

En consultation de sexologie et avec bien des réticences, les patients évoquent très souvent leur difficulté à atteindre l’orgasme. Souvent aussi, des femmes n’osent pas apprendre à connaître et découvrir leurs zones érogènes. S’il n’est pas rare et plus tabou de parler de relations sexuelles de nos jours, il n’en reste pas moins que nombre d’idées reçues, pas toujours créatives, existent encore. Par ailleurs, les modèles amoureux véhiculés par les médias ou le cinéma ne sont pas réellement conformes au vécu de la majorité.

La libération des mœurs a permis à certaines minorités fie s’exprimer sans plus subir la honte, bien évidemment. Mais on peut se demander si moult sondages et autres statistiques, qui consistent à présenter certains choix ou pratiques comme courants, sont en phase et correspondent bien avec la vie sexuelle de tout un chacun.

Par ailleurs, certains types de discours n’aident pas toujours les individus car ils amènent une sorte de norme devenant incontournable. Le « point G », assimilable à l’orgasme vaginal freudien, a, pour beaucoup de femmes, constitué une source de fragilisation et de doutes. Pas si simple non plus de gommer l’empreinte judéo-chrétienne et ses traces durables où le plaisir sexuel devient péjoratif, voire dépravant, s’il n’est pas associé à la procréation. Difficile alors de varier les plaisirs sexuels, d’admettre une approche sereine et neutre, de s’autoriser à émettre son désir.

Deux extrêmes s’opposent ici : une morale trop excessive qui contraint le plaisir, lui impose silence, et une recherche exclusive, quasi obsessionnelle, du plaisir à toujours renouveler.

La sexualité dans le couple est affaire de culture 

Selon les premiers Kâma-Sûtra, recueils d’aphorismes de tradition très ancienne sur l’amour, la connaissance du plaisir sensuel, de la jouissance, est essentielle à l’épanouissement de l’être humain. L’Occident, entre autres, ne les a présentés que comme des recueils de positions érotiques. Or, ce n’est qu’une part mineure de ces recueils destinés à tous, hommes, jeunes filles avant leur mariage, femmes publiques, pour les connaissances sexuelles de base. Pour les taoïstes, force sexuelle, créativité, vitalité, imagination, spiritualité sont liées. Beaucoup de civilisations aussi surent jouir de l’amour sans crainte de la mort, sans obsession inhibante non plus d’une quelconque débauche supposée. Amour et érotisme, plaisir et équilibre affectif, de la sorte, ne font qu’un.

Eliminons la vision « mécaniciste » de la sexualité pour un heureux épanouissement du couple

Il est une confusion qui, loin de rendre la relation amoureuse sexuelle satisfaisante, la fait décevante ou même problématique : concevoir la sexualité uniquement en termes de positions et ainsi en rester à la technique, voire à la prouesse. C’est alors réduire de façon certaine la relation à l’autre et à soi. Et s’il fallait être une sorte de virtuose ? Une telle idée paralyse à coup sûr. Pendant longtemps aussi, il semblait acquis que l’homme, dans le couple hétérosexuel, ne pouvait être que dessus pendant l’amour, reflet du rapport dominant-dominé entre les deux sexes.

De nos jours, cette approche ne semble plus être aussi catégorique. Le premier congrès mondial de sexologie, en 1974, permit d’affirmer que la sexualité féminine, qui s’est transformée au XXème siècle, est moins centrée sur les zones génitales que celle de l’homme. Par la libération des mœurs et la contraception, la femme a accédé au plaisir et à une sexualité épanouie où désir et plaisir sont reconnus, sans plus les dissimuler. Il est temps de ne plus dissocier le plaisir sexuel de l’épanouissement et de la réalisation de la personnalité. Mais alors qu’en est-il du corps dans tout ça ? L’érotisme est un jeu qui s’accomplit avec art. C’est le bonheur, la satisfaction que deux êtres peuvent se donner, le libre désir érotique de l’un pour l’autre membre du couple étant respecté.

Nos cinq sens et notre imagination restent les plus puissants des aphrodisiaques ; ils contribuent à l’épanouissement de la sexualité du couple. Pour certains, les sens priment ; pour d’autres, l’imaginaire est moteur. Alimenter le plaisir participe de la vie conjugale, d’autant que l’allongement de la durée de la vie implique, c’est évident, l’allongement de la vie sexuelle. Le ressort essentiel du désir reste bien le plaisir.

Égalité et complémentarité sont nécessaires dans les relations sexuelles du couple

Dire à son compagnon ou à sa compagne ce que l’on préfère dans la relation sexuelle ne peut que participer au développement harmonieux de cette communication.

Il est un fantasme très masculin selon lequel une femme jouit essentiellement par la pénétration. Pourtant, les caresses sont des composantes essentielles de la sensualité. Partager des préliminaires au coït en caressant le corps de sa/son partenaire mais aussi ses organes génitaux, caresses réciproques, réveille la sensualité par le plaisir de se toucher l’un l’autre. Si, par le passé, le cunnilingus et la fellation étaient assortis d’une image négative, aujourd’hui intégrés à une pratique sexuelle, ils ne semblent plus être perçus comme pervers. Certaines caresses peuvent, ou pas, être associées ou préluder à la pénétration.

C’est selon le désir. Rien de normatif là. Cependant le baiser aussi est important qui réveille les sens, tout autant qu’il respecte le rythme de l’autre. Certains fantasmes embrasent également.

Pourtant, l’imaginaire érotique est un domaine délicat ; selon comment il est utilisé, il peut engendrer entente ou mésentente. Mieux vaut, semble-t-il, que le personnage fantasmé ne persiste pas jusqu’à l’orgasme, ce qui signerait alors un dysfonctionnement au sein du couple. Là encore, à chaque couple de choisir ses rêveries, ses préliminaires érotiques, sans oublier jamais le respect de son propre désir comme celui de la/du partenaire.

Il est impératif de bannir la monotonie sexuelle

Lorsque l’insatisfaction est là, communiquer sexuellement ne peut se réduire à répéter. Que ce soit le matin ou au coucher, dans la chambre ou la voiture, allongés ou pas, face à face ou non…, nombreuses sont les possibilités pour reconstituer la vie érotique du couple. Pour autant, si les positions amoureuses participent de la vie sexuelle, elles n’en sont, encore une fois, pas la seule composante.

La sexualité est une communication privilégiée entre deux êtres. Exciter, encourager, inciter, ou même inspirer les appétits sensuels de l’autre membre du couple, concourt à l’épanouissement de la relation. Par ailleurs, éveiller la sensualité de cet autre passe aussi par l’imagination et un langage amoureux, propres à chaque binôme affectif, influant sur la relation elle-même.

La sexualité, expression personnelle, s’arrête là où les deux éléments du couple fixent les limites.

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