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Aujourd’hui le parlement européen a rendu son rapport et encourage la santé en ligne. Très bénéfiques pour les personnes âgées et en situation de handicap, ces décisions ne risquent-elles pas d’accroitre la déshumanisation des soins, de favoriser encore plus les déserts médicaux, et qu’en sera-t-il de la compétence des praticiens ? Eléments de réponse.

Le Parlement européen réuni en plénière a adopté ce mardi 14 janvier le rapport d’initiative “Plan d’action pour la santé en ligne 2012-2020″. Le texte rappelle qu’il est nécessaire d’améliorer la qualité et l’efficacité des soins de santé au XXIe siècle, et que la santé en ligne est une manière de les généraliser.
Michèle Rivasi,, Vice-Présidente du groupe des Verts/ALE réagit :

” Il est important que les personnes âgées ou isolées puissent accéder à la santé en ligne lorsqu’elles ne peuvent se déplacer. Le rapport va donc dans le bon sens sur ces points car la télésanté présente un formidable potentiel de lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès aux services de santé. L’informatisation devrait aussi permettre une remontée plus rapide et directe des effets indésirables des médicaments et des dispositifs médicaux.

Et l’humain dans tout cela?

Cependant, j’attire l’attention sur le risque de “déshumanisation des soins” qui pourrait se produire si l’on généralise la télésanté. Gardons à l’esprit les vertus thérapeutiques du rapport au soignant, et le rôle primordial du contact humain dans la guérison des patients.

D’autre part, la validité scientifique des applications doit être contrôlée par des organismes indépendants, ce qui n’est pas assez explicite dans le texte. Il est important que l’usager puisse s’y retrouver en matière de crédibilité des applications et que la protection des données des patients soit bien assurée. En effet, ces données ne devront en aucun cas être utilisées à des fins commerciales, voire se retourner contre le patient, notamment quand il s’agit de prêts bancaires et d’assurances.

Enfin, la santé en ligne ne doit ni amputer les fonds actuellement disponibles pour les services de santé traditionnels, ni occulter le nécessaire débat public sur les déserts médicaux. ”