A l’occasion de la journée nationale de la qualité de l’air, le Réseau Action Climat, UNICEF France, WWF France, Greenpeace France et la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (FNAUT) appellent les pouvoirs publics, nationaux et locaux, à agir avec ambition pour mieux protéger les enfants et les adultes de la pollution atmosphérique.

Pollution de l’air : une des premières préoccupations des Français

Alors que les épisodes de pic de pollution dans les grandes villes sont de plus en plus fréquents, 8 Français sur 10 se déclarent sensibles ou très sensibles à l’environnement.
A Paris, 27% des établissements recevant des publics sensibles (écoles, crèches, hôpitaux) sont exposés régulièrement à des dépassements de seuils des normes européennes. Au total, en France, trois enfants sur quatre respirent un air toxique selon l’Organisation mondiale de la santé.

La pollution de l’air a des effets très graves sur la santé, en particulier chez les enfants : asthme, allergies, dermatites, déficiences immunitaires, diabète, obésité, dépression… Les travaux publiés récemment par l’ANSES le confirment une fois de plus.

Aujourd’hui le constat n’est donc plus remis en cause. Que ce soit pendant l’examen de la loi d’orientation des mobilités ou en réponses aux actualités, des engagements ont été pris par les pouvoirs publics mais ne sont pas suffisants. Les décisions de justice tombent, elles aussi : la responsabilité de l’Etat a été retenue pour carence fautive deux fois en l’espace de 2 semaines. Et une décision de la Cour de justice de l’Union européenne, assortie le cas échéant de sanctions, est attendue prochainement.

Face à un tel enjeu sanitaire, il faut agir, et au plus vite

Alors que nous connaissons la source de cette pollution dans nos villes, force est de constater la lenteur avec laquelle les pouvoirs publics agissent. A l’échelle nationale, le secteur des transports émet 57% des émissions d’oxyde d’azote et 15% des émissions des particules fines (PM2,5). C’est notamment la conséquence de la « diésélisation » du parc automobile. Nous apprenons aujourd’hui que 9,8 millions de véhicules hérités du dieselgate circulent encore sur les routes françaises alors qu’ils émettent au moins 2 fois plus que la norme. (1)

Pour Morgane Créach, Directrice du Réseau Action Climat « Nous ne pourrons pas améliorer la qualité de l’air durablement sans sortir de notre dépendance à la voiture et en particulier aux véhicules essence ou diesel. » 

Sébastien Lyon, Directeur général d’UNICEF France affirme « Nous ne pourrons pas offrir à nos enfants la possibilité de respirer un air plus pur, sans penser, promouvoir et mettre en œuvre les conditions pour un changement de mobilité pour tous. »

Les pouvoirs publics doivent soutenir et amplifier ces changements nécessaires

  • Il est crucial d’avoir de nouvelles données pour mieux connaître l’exposition de la population française, en particulier des jeunes populations, aux polluants et leur impact sur la santé.
  • Au niveau national, des fonds doivent être débloqués pour encourager et soutenir les changements individuels en priorité pour les ménages défavorisés : prime à l’achat de véhicules véritablement moins polluants et plus légers que les SUV et d’autres moyens de déplacement comme le vélo. La hausse des fonds publics alloués au développement des transports en commun et du vélo permettra enfin des changements collectifs à grande échelle.
  • Au niveau local, les collectivités devraient renforcer ces dispositifs individuels et réduire la place de la voiture. Les zones à faibles émissions, en particulier autour des écoles ou crèches, peuvent être un outil efficace d’amélioration de la qualité de l’air à condition d’être assez ambitieuses et assorties d’alternatives pour permettre à moyen terme la fin du diesel et de l’essence en ville.

Ces mesures commencent à porter leurs fruits à Grenoble, Paris, Madrid, Barcelone et ailleurs : leur mise en œuvre doit être accélérée ; c’est pourquoi nous appelons les candidats aux élections municipales à faire de la mobilité durable et de la qualité de l’air une priorité.

(1) Transport & Environment, Dirty diesels grow to 51 million across EU, as carmakers still put profit before clean air sous embargo jusqu’à mercredi 00h01.