Découvrez-vite-Arrêtez-moi-là-santecool

© Jean-Pierre Amet – Legato Films

Arrêtez-moi là, une impressionnante plongée dans l’univers médiatique et judiciaire, tirée d’une histoire vraie où les dérives de la justice parviennent à détruire un être humain en toute bonne conscience.

 

Chauffeur de taxi à Nice, Samson Cazalet charge une cliente ravissante à l’aéroport pour la ramener chez elle. Un soupçon de musique, un regard échangé et, pendant ce court instant, le charme réciproque opère. Le soir même, la fillette de cette femme disparaît et des preuves accablent Samson. Comment convaincre de son innocence lorsqu’on est le coupable idéal ?

 

 

Entretien avec Gilles Bannier réalisateur d’Arrêtez-moi là

 

Pourquoi avoir souhaité adapter ce livre de Iain Levison ?
Iain Levison est l’un de mes auteurs favoris. L’humour avec lequel il traite ses sujets, pourla plupart dramatiques, me ravit, et je guettais depuis des années l’occasion d’adapter une de ses œuvres. J’ai dévoré Arrêtez-moi là le jour de sa publication en pensant qu’il y avait là la matière d’un film fort et simple.
Le roman, tiré d’un fait divers qui s’est déroulé aux États–Unis, suit le héros jusque dans les couloirs de la mort.

 

 

N’avez-vous pas eu peur de le transposer dans un pays qui a aboli la peine de mort depuis plus de trente ans ?
Garder le suc et la force de ce sujet en l’adaptant au droit français, très différent du
droit nord-américain, était tout l’enjeu de cette adaptation. Avec Nathalie Hertzberg, ma coscénariste, nous avons rencontré plusieurs avocats pénalistes pour étudier les pistes qui nous permettraient de relever ce challenge.
Et avons écrit les premières versions du scénario sous le regard de l’un d’entre eux : le
film devait s’inscrire dans un cadre juridique irréprochable. Au final, le fait que Samson Cazalet soit condamné à perpétuité avec une peine incompressible de 22 ans, c’est-à-dire sa vie entière d’adulte, me paraît finalement être
un atout pour le film : il y a quelque chose de monstrueux dans la perspective de se faire voler chaque jour de sa vie pour un homme innocent des crimes dont on l’accuse…
Dans le film – comme dans le roman – la police, puis la justice font preuve d’une incroyable légèreté, acculant le pauvre Samson à porter la responsabilité de cet enlèvement.
L’injustice est une chose qui me touche personnellement, c’est comme un très mauvais
numéro que vous tirez à la loterie de la vie et ce numéro vous change pour toujours. Au
bout de dix ans passés à décrypter la machine judiciaire de façon quasi documentaire
pour les besoins des séries policières et des thrillers que j’ai réalisés pour la télévision –la saison 2 d’Engrenages, notamment –j’avais envie de tirer quelques réflexions simples autour d’elle. Le destin de cet homme qui va tout perdre, alors qu’il n’a strictement rien fait, m’en donnait l’occasion. Samson est incapable de se défendre correctement : il ne connaît rien aux rouages de la justice et n’a pas conscience
de la nécessité d’avoir un bon avocat – il pense que son innocence est suffisante. Plus tard, il pourrait faire appel à des associations, par le biais des médias, mais ne possède pas non plus cette culture du recours à l’aide juridique qu’ont beaucoup d’Anglo-Saxons. Et, élément très important, il vit seul, en province et sans
soutien familial. Ne nous voilons pas la face : tout comme dans le domaine de la santé, il existe une justice à deux vitesses en France. C’est contraire à l’éthique du service public, mais c’est une réalité. Chauffeur de taxi, Samson n’a ni argent, ni réseau.

Arrêtez-moi là, un film réalisé par Gilles Bannier, d’après un scénario de Gilles Bannier et Nathalie Hertzberg.
Avec Reda Kateb, Léa Drucker, Gilles Cohen, Erika Sainte, Thémis Pauwels, Stéphanie Murat.

Sortie le 6 janvier 2016