Quel sujet d’attention plus universel que l’amour ! Énigmatique, fragile, moteur tout-puissant de tant d’histoires, il semble particulièrement difficile à cerner. À partir du 8 octobre, au Palais de la découverte, De l’amour questionnera ce mystérieux sentiment, en convoquant des travaux scientifiques contemporains en biologie, neurosciences, psychologie, sociologie, anthropologie et des expressions artistiques.

Voici la présentation de la superbes, envoutante et tremblante exposition qui commencera le 8 octobre au Palais de la Découverte : De l’Amour.

La galerie des attachements

La galerie des attachements propose un ensemble d’objets, de situations, de poèmes, de citations, d’images… tous analysés au prisme de quatre mots grecs, là où le français n’utilise que le terme d’« amour»: érōs, le désir, la passion charnelle, storgê, l’amour familial, agapē, l’amour désintéressé et philía, l’amitié, le lien social.

Ces quatre acceptions de l’amour font aussi écho aux dernières recherches scientifiques – les sciences affectives – qui ont entrepris d’en percer les mystères, en croisant les regards disciplinaires. Le sujet devient alors encore plus vaste puisque l’amour et l’attachement ne peuvent s’expliquer que par une convergence de mille causes, qui provoquent, ou non, un effet.

Qu’est-ce que l’amour? L’empathie ? L’attachement ? Le propos ici est de donner à voir l’enchevêtrement des relations engendrées par l’amour: émotion, désir, lien, intimité, sexualité… L’amour s’applique aussi bien à des individus, à des êtres vivants, à des objets, qu’à des lieux ou à des idées. Et son exploration emprunte le chemin du plus extrême attachement au plus extrême détachement, voire au déracinement.

La galerie des sciences

Il n’existe pas de théorie scientifique globale sur l’amour. Pourtant, l’affection, l’attache- ment, la sexualité et l’empathie sont véhiculés par les mêmes molécules, déclenchent la sécrétion des mêmes hormones, empruntent les mêmes circuits neuronaux. La galerie des sciences rassemble sept sujets éclectiques qui seront sondés par des neuroscientifiques, des sociologues, des sexologues, des psychanalystes et des philosophes:

  • C’est quoi l’amour?
  • L’attachement, un lien qui protège, un lien qui libère
  • Amours en ligne
  • Comment le corps se manifeste ?
  • L’art d’aimer les autres
  • Des preuves d’amour
  • Comment se fabrique la sexualité?

L’exposition présente ainsi différents fragments d’un discours scientifique, clin d’œil aux Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes. Un livre semblable à un réseau, dont les portes d’entrée sont des notions aussi diverses que « absence», « ravissement», ou encore « jalousie».

  • C’est quoi l’amour ?

Depuis quelques années, un certain nombre de chercheurs replacent l’amour au centre de leurs questionnements. Dans un film, des philosophes, sociologues, anthropologues… donnent leur point de vue et répondent à cette question cruciale: « C’est quoi l’amour?».

  • L’attachement, un lien qui protège, un lien qui libère

L’attachement, ce système de régulation de la peur nécessaire au développement de l’enfant, a été découvert par John Bowlby (1907-1990) après la Seconde Guerre mondiale. La théorie de l’attachement postule que le lien avec l’adulte permet à l’enfant d’acquérir la confiance nécessaire pour explorer le monde. Pour les nouveau-nés, la proximité d’un adulte qui réconforte est un besoin vital. Ce besoin d’attachement est présent toute la vie et entre en jeu dans les relations aux autres et à soi-même, en particulier dans la confiance en l’autre, le sentiment de valeur personnelle et la capacité à persister dans la difficulté.

  • Amours en ligne

Une visualisation de données des réseaux sociaux permet au public de mieux comprendre le phénomène des « amours en ligne ». Les pratiques numériques imprègnent les échanges amoureux et sexuels. Il est désormais plus facile de rencontrer des partenaires en dehors de son cercle amical et professionnel, à l’abri des regards de son entourage, ce qui explique notamment le succès des sites et applications de rencontres. Pour autant, le choix amoureux est-il plus libre, dégagé des contraintes sociales? Il semble que la sélection à l’œuvre dans les autres modes de rencontre soit également présente dans les échanges amoureux en ligne et se fonde sur la présentation visuelle et textuelle de soi.

  • Comment le corps se manifeste ?

Différents dispositifs tentent de répondre à cette question. Le cœur battant, les mains moites, une sensation de froid dans le ventre… tous les symptômes du stress et pourtant… c’est l’amour naissant. Si l’amour s’exprime dans le corps, c’est dans le cerveau que tout commence. L’état amoureux ou le désir sexuel sont des états affectifs complexes qui mettent en jeu différentes zones du cerveau impliquées dans d’autres fonc- tions cérébrales supérieures comme la mémoire, l’image corporelle, l’image de soi, le langage ou encore la pensée abstraite. Du côté de la chimie, de nombreuses molécules interviennent dans les émotions plurielles associées à l’amour ; une retient particulière- ment l’attention des chercheurs: l’ocytocine. Pourtant malgré le nombre croissant d’études sur les mécanismes biologiques, cérébraux et psychologiques impliqués dans l’amour et la sexualité, le mystère demeure.

  • L’art d’aimer les autres

Nous sommes des êtres sociaux. Dès la naissance, notre cerveau est organisé pour la vie en société, apprend à penser les autres et à être touché par eux. L’empathie, notamment, joue un rôle crucial dans les relations humaines. Si nous connaissons bien le mot, il est souvent confondu avec la sympathie, la compassion ou l’altruisme. L’empathie est la capacité de ressentir et de comprendre l’expérience vécue d’autrui (émotionnelle, motrice…) et son état mental, en se mettant à sa place, tout en maintenant la distinction entre soi et l’autre, contrairement à la sympathie. Cette préoccupation pour l’autre peut susciter des comportements d’entraide. L’empathie est un état qui peut varier au cours de la vie et même au cours de la journée. Et tout comme l’altruisme, l’empathie peut être cultivée.

  • Des preuves d’amour

L’amour n’est pas seulement une émotion ou un sentiment, il se manifeste en pratiques, en mots, en objets. Ces pratiques sont des dons et contre-dons : remise d’une confidence, déclaration d’amour, don de son temps, partage du cercle d’amis et don de son corps… autant de manifestations qui appellent une réciprocité. L’amour se révèle égale- ment en creux: par le manque, les chagrins d’amour et la jalousie. Du point de vue so- ciologique, l’amour est également visible à travers des activités partagées (cinéma, restaurant, balades, voyages, spectacles…). La sexualité peut enfin également être inter- prétée comme une relation dans laquelle il y a échange, contrepartie et négociation.

  • Comment se fabrique la sexualité ?

La sexualité humaine n’est pas uniquement affaire d’instinct et de contrôle de soi, elle est également le fruit d’un apprentissage. Pour qu’une situation donne lieu à un acte sexuel, il faut que les acteurs reconnaissent des signes propres à leur culture et à leur vécu. Chaque individu construit donc sa sexualité à partir des informations glanées ici ou là, de la confrontation, parfois accidentelle, à la sexualité d’autres individus ou mise en spectacle dans des productions érotiques ou pornographiques. Quant au lien entre sexe et amour, il ne va pas de soi: on peut désirer sans aimer et aimer sans désirer.

Autour de l’exposition De l’Amour

  • Édition

De l’amour, fragments d’un discours scientifique

Coédition Palais de la découverte / Actes Sud; illustrations de Pooya Abbasian Collectif d’auteurs : Marie Bergström, Francesco Bianchi-Demicheli, Philippe Brenot, Nicole Guedeney, Francis Wolff

Le livre qui accompagne l’exposition De l’amour au Palais de la découverte est un voyage singulier dans un état qui caractérise, plus que tout autre, la condition humaine. Cinq scientifiques nous livrent leur vision neurobiologique, anthropologique, sociolo- gique et psycho-analytique de l’amour et de ses cheminements complexes. Francesco Bianchi-Demicheli nous fait voyager dans le cerveau amoureux, Marie Bergström évoque l’amour à travers les applications et les sites web, Philippe Brenot interroge l’histoire de la sexualité, Nicole Guedeney explore la notion d’attachement et Francis Wolff dessine la complexité des composantes du sentiment amoureux. Au milieu du livre, un livret rassemble des textes d’Henry Bauchau, Joël Pommerat ou Sophie Calle, ainsi que des échanges amoureux par sms, emblématiques de la carte du Tendre aux temps du numérique. Ces textes nous parlent de ce que nous connaissons déjà, nous aident à en tracer les contours et à en comprendre la subtilité.

Format 18 x 28 cm, 96 pages dont un livret de 16 pages encarté.

24,90€/ en vente en librairie et à la boutique du Palais de la découverte. Parution: octobre 2019

  • Médiation

Exposé Les sciences de l’amour

L’exposition De l’amour présente une science multidisciplinaire, sciences sociales et fondamentales y dialoguant librement. En assistant à l’exposé, les visiteurs pourront approfondir une facette de la biologie de l’amour. Le sujet est vaste et touche de nombreuses spécialités. Aussi, selon le domaine d’expertise des médiateurs et médiatrices, seront abordés les émotions, la sexualité, le cerveau, les hormones… Surprenant!

Grand public/ Dès 14 ans/ Durée: 30 min > 1h/ À partir du 19 octobre 2019 Groupes scolaires/4e > Terminale/Durée: 30 min > 1h/À partir du 5 novembre 2019.

■ Conférences

Que reste-t-il de nos amours ?

En interrogeant l’histoire des corps, le féminisme, les pratiques et codes sexuels des jeunes sur Internet ou la définition même du sentiment amoureux, historiens, sociologues et philosophes tentent de répondre à la question « Que reste-t-il de nos amours?». Les samedi 16, 30 novembre, et 7 décembre à 16h.

 

Informations pratiques :

Palais de la découverte

avenue Franklin-Roosevelt – 75008 Paris

Franklin Roosevelt ou Champs-Élysées Clemenceau

Information du public

01 56 43 20 20

Horaires

Ouvert tous les jours, sauf le lundi,

de 9h30h à 18h, et le dimanche de 10h à 19h.

Tarifs

9€, TR : 7€ (+ de 65 ans, enseignants, – 25 ans, familles nombreuses et étudiants).

Supplément 3€ pour le planétarium.

➝ Gratuit pour les – de 6 ans, les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires des minimas sociaux, les handicapés et leur accompagnateur.