La cité phocéenne a été relativement épargnée lors de la première vague de coronavirus. Mais les choses changent. Coronavirus, reprise de l’épidémie à Marseille ? En effet, le nombre de cas de Covid-19 double tous les 2 jours à Marseille faisant craindre le pire. Explications.

Avec la Nouvelle Aquitaine, la Mayenne, les Pays de Loire, Marseille rejoint les régions où le taux de circulation du coronavirus devient extrêmement préoccupant. En effet, le nombre de cas de Covid-19 double tous les 2 jours à Marseille !!! Coronavirus, reprise de l’épidémie à Marseille : c’est ce que craignent très fortement les médecins.

Coronavirus, reprise de l’épidémie à Marseille, des cas de Covid-19 sous-estimés?

Alors que la deuxième ville de France et sa très forte densité de population, avait été jusque là très faiblement été touchée par le coronavirus : depuis le 24 mars 2020, 19 917 personnes en sont décédées, les cas se multiplient à une vitesse exponentielle laissant craindre le pire.

D’après l’Agence régionale de santé Paca, du 6 au 12 juillet 2020  il y a eu, suite aux 15 000 tests réalisés, 11 contaminations au coronavirus.

Quant à Santé Publique France, 22 nouveaux personnes ont été testées positives le 3 juillet dans les Bouches-du-Rhône :

  • 9 le 4 juillet,

  • 1 le 5 juillet,

  • 21 le 6 juillet,

  • 19 le 7 juillet,

  • 46 le 8 juillet,

  • 56 le 9 juillet,

  • 22 personnes le 10 juillet.

Les autorités sanitaires s’affolent et réagissent, suite aux chiffres publiés par le site de l’IHU (Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille) et Santé Publique France. Cette dernière a déclaré que « les nombres de cas confirmés et les augmentations observées pourraient être fortement sous-estimés ». Et un médecin de l’Hôpital Nord de Marseille d’expliquer très inquiet : « Il va falloir éviter que la ville, dans une quinzaine de jours, soit une ville sinistrée par une épidémie qu’on aurait mal envisagée. »

Fort de ce terrible constat, l’ex-conseillère municipale PS et médecin à l’hôpital Nord de Marseille Annie Lévy- Mozziconacci a informé que des brigades de prévention allaient être mises en place ainsi qu’une cellule de vigilance, afin que les geste barrières soient respectés : « Avec mes collègues du parcours Norcovid, nous alertons et proposons la mise en place d’une cellule de vigilance covid à la ville de Marseille : inquiétudes à Marseille, où le nombre de cas double toutes les 48h »

15 jours pour réagir avant le désastre sanitaire

Les médecins du collectif Norcovid composé du Docteur Annie Levy-Mozziconacci et du Docteur Amélie Menard, de l’hôpital, Nord de Marseille, d’Aloys Vimard, coordinateur de projet, Médecin Sans Frontières, de Yazid Attalah de l’Association Santé Environnement et de Slim Hadjiji de la Maison de Santé Malpassé alertent et réclament « de réfléchir à une politique coordonnée pour permettre d’éviter que la ville, dans une quinzaine de jours, soit une ville sinistrée par une épidémie qu’on aurait mal envisagée et anticipée ». Le but créer de toute urgence, une cellule « Covid » pour :

tester la population,

suivre l’évolution de la propagation du virus,

appeler les citoyens à porter des masques, à se laver régulièrement les mains et à respecter les gestes de distanciation sociale,

développer la consultation et les tests à domicile car la population des quartiers nord de la cité phocéenne sont bien souvent peu enclins à consulter leur médecin ou à se rendre à l’hôpital pour être tester de la Covid-19,

isoler les patients testés positifs à la Covid-19,

coordonner tous les acteurs sanitaires de l’hexagone afin d’empêcher qu’une réelle épidémie ait lieu à Marseille dans les 15 jours.

Dépister automatiquement tous les voyageurs dans les gares et les aéroports.

A quoi est due la recrudescence des cas à Marseille ?

Depuis quelques temps, les personnes ne respectent plus les gestes barrières. Il faut dire que ce sont les vacances et les personnes, après le long confinement ont un besoin impérieux de se détendre et d’oublier tout ce stress. Mais cela n’explique pas tout : la transhumance estivale a commencé et la ville voit affluer un nombre impressionnant de touristes de tous pays. Touristes, jusqu’à présent non testés. D’où la mise en place dans les jours qui viennent de remédier à ce grave problème.

Mais qu’en est-il du traitement à l’hydroxychloroquine pour enrayer cette seconde vague? Le professeur Raoult dément ces chiffres et n’en n’ai absolument pas affolé estimant que ces cas sont importés par des voyageurs.

De longues files d’attente pour des tests de dépistage devant l’IHU

Alors qu’après le confinement, il n’y avait plus personnes devant l’IHU, les personnes recommencent à se faire tester pour la Covid-19. Depuis une semaine, 700 tests sont réalisés chaque jour avec comme résultats positifs de 2 à 10 quotidiennement. Heureusement, c’est très loin des 5 000 tests pratiqués durant la grosse vague épidémique!

Le taux de reproductivité du virus ayant 1,55 dans la région PACA le 16 juillet dernier, les autorités sanitaires réagissent. Mais il n’y a pas qu’à Marseille même que les centres de dépistage s’ouvrent. Il y en a une centaine dans toute la ville et ses alentours. Et les autorités sanitaires vont mettre à la disposition du public des de “bons de dépistage” utilisables au sein de tous les centres.

 

Bon à savoir :

Lors de son allocution du 14 juillet, Emmanuel Macron a déclaré que s’il était infecté par la Covid-19, il ne prendrait pas d’hudroxychloroquine et de compléter « Nous sommes le pays des Lumières et je crois à la rationalité. Le professeur Raoult est un grand scientifique mais ce n’est pas au président de la République ou à un politique de trancher un débat scientifique. »

 

Sophie Madoun