Chaque année, la France perd des places dans les classements internationaux des systèmes éducatifs (ex. PISA, PIRLS, TIMSS, etc.). Chaque année, près de 200 000 enfants entrent au collège sans maîtriser les fondamentaux de la lecture et du calcul. Chaque année, 122 000 jeunes quittent l’école sans diplôme. Chaque année, la France se distingue dans sa capacité à reproduire des inégalités sociales que le projet éducatif républicain est censé réduire.

 

Il serait facile de faire porter l’ensemble des responsabilités à notre système scolaire. Car nous savons, et les avancées des neurosciences nous le confirment, que la période la plus importante pour l’éveil, le développement et l’apprentissage des enfants se situe bien entre 0 et 6 ans. C’est pourquoi, il est urgent d’accorder une attention continue à l’éducation des jeunes enfants, période durant laquelle les crèches, publiques ou privées, constituent un acteur essentiel.

Pères de famille et entrepreneurs dans le secteur de la petite enfance depuis 15 ans, au contact quotidien de professionnels passionnés, de parents attentifs et d’enfants accueillis, nous sommes convaincus que l’éducation de nos enfants commence avant l’école et que la France a les atouts pour prendre un virage stratégique en faveur d’une politique de la petite enfance plus ambitieuse et plus égalitaire.

Dans l’intérêt des enfants, cela nécessite d’abord de penser ensemble les politiques publiques de la famille, de la petite enfance et de l’éducation. En effet, dès leur plus jeune âge, au sein de leur foyer familial, de leur crèche puis de leur école maternelle, les enfants devront bénéficier d’un environnement riche, ludique et apprenant visant à développer leur curiosité, leur créativité, leur désir et leur plaisir d’apprendre, ainsi que leur estime de soi et leur respect des autres.

Alors que cette phase d’apprentissage constitue le fondement de la réussite de nos enfants et de leur bonne intégration sociale, elle est encore trop sous-estimée. Surtout, l’accueil des 0-3 ans et des 3-11 ans est pensée de façon différenciée. Les initiatives de terrain qui se multiplient et qui créent une continuité éducative entre la crèche et l’école devraient être davantage soutenues et valorisées.

Il reste donc utile de rappeler que l’attention portée à la petite enfance participe à construire des sociétés plus inclusives. Car les enfants exposés à des attitudes citoyennes et respectueuses ont toutes les chances de les conserver tout au long de leur vie. Ajoutons que l’accueil en crèche, dans sa dimension collective, contribue à réduire les inégalités sociales.

Les Assises de l’école maternelle, qui se déroulent les 27 et 28 mars, à l’initiative du ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer, seront d’ailleurs un lieu privilégié de dialogue et d’action permettant de construire une nécessaire continuité éducative entre le foyer familial, la crèche et l’école.

 

Rodolphe et Edouard Carle, cofondateurs de Babilou