L’ostéoporose est une maladie silencieuse encore méconnue, et qui concerne pourtant environ 40% des femmes et 13% des hommes de plus de 50 ans1.  Mais qu’est-ce que l’ostéoporose et quelles sont les précautions simples pouvant être adoptées pour la prévenir? Réponses.

LES FACTEURS DE RISQUE DE L’OSTÉOPOROSE, ET CEUX SUR LESQUELS ON PEUT AGIR

L’ostéoporose est une maladie généralisée du squelette qui se caractérise par une diminution de la densité osseuse et des altérations de la microarchitecture des os, les rendant plus fragiles et augmentant par conséquent le risque de fractures (du col du fémur, du poignet, des vertèbres…)2.

C’est une pathologie liée à l’âge, rendue 2 à 3 fois plus fréquente chez la femme en raison de la ménopause2, 3. Se développant lentement et silencieusement, sans que l’on éprouve aucun symptôme, cette pathologie est généralement diagnostiquée après la première fracture5. A ce moment-là, il est déjà trop tard car cette première fracture augmente le risque de survenue d’une nouvelle fracture6. Les fractures ostéoporotiques peuvent avoir de lourdes conséquences et altérer la qualité de vie au quotidien.

Elles entraînent douleurs et complications, et dans les cas les plus sévères une invalidité, une perte d’autonomie voire une augmentation de la mortalité4.

LE SAVIEZ-VOUS ?

On dénombre une nouvelle fracture de la colonne vertébrale toutes les 22 secondes dans le monde4, tandis que l’on totalise près de 400 000 fractures ostéoporotiques par an en France3.

Et les hommes ne sont pas en reste : 1 fracture sur 4 en France survient chez un homme2 !

Contrairement à certaines idées reçues, l’ostéoporose n’est pas un phénomène naturel, c’est une maladie à part entière. Pour prévenir sa survenue, la clé est de bien connaître les différents facteurs de risque :

Les impondérables

  • l’âge
  • la ménopause
  • les antécédents familiaux
  • Certaines maladies hormonales (hyperthyroïdie par exemple)
  • ou certains traitements (notamment ceux par corticoïdes au long cours)
  • Des facteurs augmentant le risque de chute (comme la baisse de l’acuité visuelle ou des troubles neuromusculaires et orthopédiques).

Les évitables

  • Une absence d’activité physique régulière
  • Une minceur excessive (IMC < 19)
  • Consommation excessive d’alcool ou de tabac
  • une carence en calcium et/ou en vitamine D

LES CARENCES EN VITAMINE D ET EN CALCIUM : FACILES A COMBLER

Une alimentation équilibrée ne suffit pas toujours à prévenir les carences en vitamine D et en calcium, qui représentent un facteur de risque majeur d’ostéoporose. Le calcium est impliqué dans la formation et la solidité des os tout au long de la vie et la vitamine D sert à la bonne absorption intestinale et à la fixation du calcium sur l’os, de vrais alliés du capital osseux !2 /7

LE SAVIEZ-VOUS ?

Les Apports Nutritionnels Conseillés quotidiens en calcium sont de 900 mg pour les femmes (< 55 ans) et les hommes (< 65 ans), et de 1200 mg pour les femmes (≥ 55 ans) et les hommes (≥ 65 ans)8. Pourtant, chez environ 1 femme sur 2 et 1 homme sur 4 de plus de 55 ans, l’alimentation n’apporte que 400 à 800 mg de calcium par jour9 .

Concernant la vitamine D, les Apports Conseillés chez l’adulte sont compris entre 800 et 1000 UI par jour10. Or, 80% d’entre eux présentent une insuffisance en vitamine D11.

 

Le Professeur Patrice Fardellone, Professeur de rhumatologie au CHU d’Amiens et membre du comité scientifique du Groupement de Recherche et d’Information sur les Ostéoporoses (GRIO), conclut : “L’ostéoporose est une maladie sous-diagnostiquée et sous-traitée qui fragilise les os et entraîne des fractures aux conséquences très graves pour un traumatisme minime. L’information autour de cette pathologie est cruciale et il est possible de diminuer le risque d’ostéoporose et de fractures dans une certaine mesure grâce à des règles hygiéno-diététiques : pratiquer une activité physique régulière, éviter une consommation excessive d’alcool et prohiber le tabac, avoir des apports alimentaires en calcium suffisants et une réserve en vitamine D adéquate. On peut diagnostiquer l’ostéoporose chez les sujets à risque en pratiquant un examen simple et indolore : l’ostéodensitométrie, dont les résultats associés aux données cliniques permettront de déterminer si un traitement spécifique doit être instauré. D’un point de vue médical, on cherchera dans tous les cas à corriger une éventuelle carence en calcium et / ou vitamine D en ajustant les apports journaliers. J’invite toute personne à risque d’ostéoporose et de carence en calcium et/ou vitamine D à consulter son médecin pour en discuter et anticiper la survenue de cette maladie qui n’est pas une fatalité.”

 

Sources

1 Briot K et al, Male osteoporosis : diagnosis and fracture risk evaluation.Joint bone Spine, 2009 ;76 : 129-33

2 Dossier Améli, Ostéoporose, Comprendre l’ostéoporose. [En ligne] https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/osteoporose/comprendre-osteoporose. Dernière mise à jour le 28/11/2018. Consulté le 23/08/19

3 Inserm, Ostéoporose Quand les os perdent en densité. [En ligne] https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/ osteoporose .Dernière mise à jour le 01/04/2016. Consulté le 23/08/19

4 IOF, International Osteoporosis Foundation. La colonne vertébrale brisée. 2010

5 GRIO, L’ostéoporose post-ménopausique fiche pratique- 022011 [En ligne] http://www.grio.org/documents/page70/fiche-pratique-70-1302703056. pdf. Consulté le 23/08/19

6 Le COFER, Collège Français des Enseignants en Rhumatologie, Item 56 Ostéoporose. 2010-2011. [En ligne] http://campus.cerimes.fr/ rhumatologie/enseignement/rhumato4/site/html/cours.pdf consulté le 23/08/19

7 Sunyecz JA, The use of calcium and vitamin D in the management of osteoporosis. Therapeutics and Clinical Risk Management 2008; 4(4):827-36.

8 Recommandations du GRIO. www.grio.org/espace-gp/calcul-apport-calcique-quotidien.php. Dernière mise à jour : janvier 2017.

9 Institut de veille sanitaire. Étude nationale nutrition santé ENNS, 2006. Situation nutritionnelle en France en 2006 selon les indicateurs d’objectif et les repères du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Premiers résultats, 12 décembre 2007

10 Benhamou CL. La vitamine D chez l’adulte : recommandations du GRIO. Presse Med 2011:40:673-682.

11 Institut de veille sanitaire. Statut en vitamine D de la population adulte en France : l’Étude nationale nutrition santé (ENNS, 2006-2007). Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°16-17 du 24 avril 2012.

12 Lips P. vitamin D deficiency and secondary hyperparathyroidism in the elderly : consequences for bone loss and fractures and therapeutic implications. Endocrine reviews 2001; 22(4):477-501

13 Sahota O. Osteporosis and the role of vitamin D and calcium-vitamiD deficiency, vitamin D insufficiency and vitamin D sufficiency. Age and ageing 2000;29:301-4

 

Merci au laboratoire Arrow