Une molécule française, Icerguastat, entre dans le parcours de l’Institut Charcot pour accélérer un essai clinique contre la maladie de Charcot, aussi appelée SLA.

 

La maladie de Charcot, aussi appelée SLA ou sclérose latérale amyotrophique, reste l’une des maladies neurologiques les plus terribles. Elle attaque les neurones moteurs, provoque une paralysie progressive et reste aujourd’hui sans traitement curatif. Mais en France, une nouvelle piste attire l’attention : Icerguastat, une molécule développée par la biotech française Enemsa Pharma, entre dans le parcours de développement thérapeutique de l’Institut Charcot afin d’accélérer un essai clinique de phase 2b.

Une molécule française contre la maladie de Charcot

C’est une annonce importante pour la recherche française. En cette Journée mondiale de lutte contre la SLA, l’Institut Charcot franchit une nouvelle étape avec l’entrée d’Enemsa Pharma dans son parcours de développement thérapeutique. Cette biotech française est la première à intégrer ce pipeline dédié à la maladie de Charcot et aux maladies du motoneurone.

L’objectif est clair : accélérer le développement d’un essai clinique de phase 2b autour d’Icerguastat, une molécule qui pourrait ouvrir une nouvelle voie contre cette maladie qui détruit progressivement les capacités motrices.

Ce n’est pas encore un traitement disponible. Ce n’est pas une guérison annoncée. Mais c’est une avancée structurante : une molécule française, un institut spécialisé, une stratégie d’essais cliniques et la volonté d’aller plus vite pour les patients.

Maladie de Charcot : pourquoi cette annonce donne de l’espoir ?

La maladie de Charcot est une maladie neurodégénérative grave. Elle touche les motoneurones, ces cellules nerveuses qui permettent au cerveau de commander les muscles volontaires. Quand ces neurones dégénèrent, les muscles ne reçoivent plus correctement les messages du cerveau.

Peu à peu, le corps perd sa force. La marche, les gestes, la parole, la déglutition puis la respiration peuvent être atteints. L’ARSLA (Association pour la recherche sur la SLA) rappelle que la SLA entraîne une paralysie progressive, une détresse respiratoire puis le décès du patient dans les 3 à 5 ans suivant le diagnostic.

C’est précisément pour cela que chaque piste sérieuse compte. Dans une maladie aussi rapide, l’enjeu n’est pas seulement de découvrir des molécules. Il faut aussi réussir à les transformer plus vite en essais thérapeutiques.

Icerguastat : comment agit cette piste thérapeutique ?

L’intérêt d’Icerguastat est qu’elle ne cible pas un seul mécanisme isolé. Cette molécule agit sur plusieurs processus biologiques impliqués dans les maladies neurodégénératives : le stress oxydatif, l’inflammation et l’agrégation protéique.

C’est un point essentiel. La SLA est une maladie complexe, multifactorielle et hétérogène. Elle ne repose pas sur un seul dysfonctionnement. Elle implique notamment la neuroinflammation, les altérations du métabolisme, le stress oxydatif, l’agrégation protéique pathologique et les dysfonctionnements mitochondriaux et énergétiques.

Autrement dit, la recherche ne cherche plus seulement “la bonne molécule” miracle. Elle cherche à comprendre comment plusieurs leviers biologiques peuvent être ciblés ensemble, au bon moment, chez les bons patients.

Pourquoi Icerguastat est surveillée de près ?

Icerguastat a montré une efficacité dans plusieurs modèles animaux de maladies neurodégénératives, notamment des modèles de SLA. Les phases 1 et 2a chez l’humain ont confirmé la sécurité du traitement et montré des résultats encourageants sur les plans clinique et biologique.

Autre élément important : la molécule peut être administrée par voie orale, seule ou en association avec le Riluzole, et peut traverser la barrière hématoencéphalique. Cette barrière protège le cerveau et le système nerveux central, mais elle complique aussi l’accès des traitements aux zones concernées.

C’est pourquoi cette piste intéresse les chercheurs : elle coche plusieurs cases importantes dans une maladie où les options thérapeutiques restent très limitées.

Institut Charcot : accélérer la recherche contre la SLA

L’Institut Charcot a été lancé en octobre 2025 par l’ARSLA. Son ambition est de structurer le premier pipeline translationnel français dédié à la SLA et aux maladies du motoneurone.

Derrière ce terme scientifique, l’idée est simple : rapprocher plus vite le laboratoire, les données biologiques, les chercheurs, les médecins, les patients, les biotechs, l’intelligence artificielle et les essais cliniques.

Dans une maladie aussi grave que la maladie de Charcot, ce rapprochement est crucial. Une découverte scientifique ne suffit pas. Il faut ensuite la tester, l’encadrer, la financer, recruter des patients, analyser les données et respecter les exigences réglementaires.

L’Institut Charcot veut précisément construire cet écosystème. Et l’entrée d’Enemsa Pharma avec Icerguastat en est la première illustration concrète.

Une stratégie française pour les essais cliniques

Cette annonce porte aussi un enjeu de souveraineté biomédicale française. Elle traduit la volonté de renforcer la recherche en France et de faciliter le recrutement de patients français dans les essais cliniques.

Pour les malades et leurs proches, cela ne signifie pas qu’un traitement sera disponible demain matin. Mais cela peut signifier une recherche mieux structurée, plus rapide, plus coordonnée et plus proche des patients français.

Valérie Goutines, présidente de l’ARSLA, décrit l’entrée d’Enemsa Pharma dans le pipeline de l’Institut Charcot comme une étape extrêmement importante, capable de rapprocher concrètement les découvertes scientifiques des futurs essais thérapeutiques.

Pierre Miniou, CEO d’Enemsa Pharma, rappelle de son côté que les maladies neurodégénératives complexes comme la SLA nécessitent probablement des approches capables d’agir sur plusieurs mécanismes biologiques en parallèle.

En clair : ce que cette annonce change vraiment

Cette annonce ne veut pas dire qu’un nouveau traitement contre la maladie de Charcot est déjà disponible.

Elle veut dire qu’une molécule française, Icerguastat, va pouvoir avancer dans un cadre plus structuré, avec l’objectif d’accélérer un essai clinique de phase 2b.

Elle veut aussi dire que la France tente de mieux organiser sa recherche sur la SLA, en rapprochant les biotechs, les chercheurs, les médecins, les données biologiques et les patients.

Pour Nicolas Beretti, patient atteint de SLA et membre fondateur de l’Institut Charcot, accélérer la recherche ne se mesure pas seulement en découvertes scientifiques, mais dans la capacité à transformer plus vite ces découvertes en essais thérapeutiques.

Maladie de Charcot : une maladie déjà portée par des visages connus

La maladie de Charcot reste encore trop peu connue du grand public. Pourtant, plusieurs personnalités ont contribué à rendre la SLA plus visible.

Le physicien Stephen Hawking en est l’un des symboles mondiaux. Diagnostiqué très jeune, il a vécu pendant plusieurs décennies avec la maladie, bien au-delà de l’évolution habituelle.

En France, Charles Biétry, ancien grand nom du journalisme sportif, a choisi de parler publiquement de sa maladie. L’entrepreneur Olivier Goy, diagnostiqué d’une SLA en décembre 2020, est devenu l’un des visages les plus engagés de la mobilisation autour de la recherche.

L’humoriste Jean-Yves Lafesse et l’ancien joueur de tennis Jérôme Golmard font aussi partie des personnalités françaises associées à la maladie de Charcot.

Ces noms comptent, non par curiosité people, mais parce qu’ils donnent un visage à une maladie souvent invisible. Ils rappellent que la maladie de Charcot peut toucher des scientifiques, des journalistes, des sportifs, des artistes, des entrepreneurs, mais aussi des milliers d’anonymes.

Pourquoi il faut continuer à parler de la SLA ?

La SLA est rare, mais elle n’est pas marginale pour ceux qui la vivent. Elle bouleverse tout : le corps, l’autonomie, la famille, les soins, les aidants, l’organisation quotidienne et l’avenir.

En parler, ce n’est pas faire peur. C’est expliquer. C’est donner de la visibilité aux patients. C’est rappeler que la recherche a besoin de moyens, de temps, de coordination et de financements.

Depuis 1985, l’ARSLA est l’association nationale de référence dans la lutte contre la SLA. Elle accompagne plus de 4 000 personnes concernées et leur famille chaque année, finance des programmes de recherche, améliore la prise en charge des patients et sensibilise le grand public.

Maladie de Charcot traitement : où en est-on aujourd’hui ?

Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement curatif contre la maladie de Charcot. Les prises en charge permettent d’accompagner les patients, de préserver la qualité de vie le plus longtemps possible et de ralentir certains aspects de l’évolution, mais elles ne permettent pas encore de stopper la maladie.

C’est pourquoi l’arrivée d’Icerguastat dans le parcours de l’Institut Charcot est suivie avec attention. Elle ne promet pas une guérison immédiate. Elle ne doit pas être présentée comme un remède. Mais elle représente une nouvelle étape dans la recherche française contre la SLA.

Et dans une maladie qui avance si vite, chaque étape sérieuse mérite d’être regardée de près.

FAQ : maladie de Charcot, SLA et molécule française

La maladie de Charcot et la SLA, est-ce la même chose ?

Oui. La maladie de Charcot est le nom courant de la sclérose latérale amyotrophique, aussi appelée SLA. Elle fait partie des maladies du motoneurone.

Que signifie SLA ?

SLA signifie sclérose latérale amyotrophique. C’est une maladie neurologique et neurodégénérative qui touche les neurones moteurs, responsables des mouvements volontaires.

Existe-t-il un traitement contre la maladie de Charcot ?

Il n’existe pas encore de traitement curatif contre la maladie de Charcot. Certaines prises en charge peuvent accompagner les patients, mais la recherche se poursuit pour trouver de nouvelles solutions thérapeutiques.

Icerguastat est-il déjà disponible pour les patients ?

Non. Icerguastat est une molécule en développement. Son entrée dans le parcours de l’Institut Charcot vise à accélérer un essai clinique de phase 2b, mais elle n’est pas encore disponible comme traitement contre la SLA.

Pourquoi Icerguastat suscite-t-elle de l’espoir ?

Icerguastat suscite de l’intérêt parce qu’elle agit sur plusieurs mécanismes impliqués dans les maladies neurodégénératives, notamment le stress oxydatif, l’inflammation et l’agrégation protéique. Les premières phases chez l’humain ont confirmé la sécurité du traitement et montré des signaux encourageants.

Pourquoi parle-t-on d’un espoir français ?

Parce que la molécule est développée par Enemsa Pharma, une biotech française, et qu’elle entre dans le pipeline de l’Institut Charcot, lancé par l’ARSLA pour structurer en France le développement de nouvelles pistes thérapeutiques contre la SLA.

Pour aider la recherche rendez-vous sur le site de l’Association pour la recherche sur la maladie de Charcot ; ARSLA

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