À peine les ventilateurs rangés et les cartables ressortis, la chaleur pourrait déjà revenir. La première semaine de septembre 2026 devrait être marquée par une nette remontée des températures en France, particulièrement dans le Sud. Jusqu’à 35 °C sont envisagés localement et les températures pourraient dépasser les normales de saison de 6 °C par endroits. Alors, faut-il vraiment parler d’une nouvelle canicule ? D’une quatrième vague de chaleur ? Ou simplement d’un dernier gros coup de chaud de l’été ?
Après un été 2026 hors normes, la nuance est importante.
Canicule en septembre 2026 : que va-t-il vraiment se passer ?
Le changement devrait commencer à se faire sentir à partir du jeudi 3 septembre.
Après plusieurs journées plus fraîches et perturbées à la fin du mois d’août, une zone de hautes pressions pourrait se renforcer et favoriser la remontée d’un air beaucoup plus chaud venu de la péninsule Ibérique et du nord de l’Afrique.
Selon les tendances météorologiques disponibles ce 30 août, les régions méridionales seraient les premières touchées, avant une possible extension de la chaleur.
Le Parisien, s’appuyant notamment sur les projections de l’ECMWF et les prévisions de Météo-France, évoque jusqu’à un thermomètre de 6 °C au-dessus des normales de saison dans la moitié sud. Les maximales pourraient alors dépasser fréquemment les 30 °C et atteindre 35 °C localement.
Autrement dit : alors que l’automne météorologique commence officiellement le 1er septembre, une partie de la France pourrait retrouver des températures dignes du cœur de l’été.
Un dôme de chaleur est-il réellement en train de se former ?
Le terme dôme de chaleur revient déjà dans les prévisions.
Il décrit une situation dans laquelle de hautes pressions persistent au-dessus d’une région et limitent la circulation de l’air. De l’air chaud peut alors s’accumuler et rester piégé plusieurs jours.
Mais attention à ne pas annoncer trop vite un phénomène extrême.
Les dernières projections suggèrent plutôt une poussée chaude autour du week-end des 5 et 6 septembre, dont la durée et l’intensité restent encore à préciser. Météo-Paris estime également qu’une remontée du dôme de chaleur est possible à cette échéance, tout en soulignant que le scénario peut encore évoluer.
C’est donc bien un risque de forte chaleur que l’on surveille, pas encore une canicule officiellement établie.
Est-ce vraiment la sixième canicule de 2026 ?
Vous avez peut-être déjà vu passer ce chiffre. Certains sites parlent d’une « sixième canicule ».
Mais selon la définition climatologique de Météo-France, ce n’est pas exact.
À l’échelle nationale, trois vagues de chaleur ont été officiellement recensées en France en 2026 :
- du 17 au 30 juin ;
- du 4 au 19 juillet ;
- du 28 juillet au 19 août.
La dernière a duré 23 jours, égalant le record de durée de juillet 1983, avec une intensité supérieure.
L’épisode exceptionnellement chaud de mai avait bien entraîné des situations caniculaires dans certaines zones, mais il n’avait pas satisfait les critères permettant de le classer comme vague de chaleur nationale.
Ainsi, si les températures de début septembre franchissaient les seuils nationaux nécessaires pendant suffisamment longtemps, il s’agirait de la quatrième vague de chaleur nationale de 2026, et non de la sixième.
Et une véritable canicule, est-ce possible en septembre ?
Oui. Et ce n’est plus théorique.
En septembre 2023, la France avait connu un épisode de chaleur exceptionnel. À Paris-Montsouris, les températures avaient dépassé 30 °C pendant neuf jours consécutifs, avec jusqu’à 35,5 °C. Pour la première fois, des départements avaient même été placés en vigilance orange canicule au mois de septembre.
Mais canicule et vague de chaleur ne signifient pas exactement la même chose.
Météo-France parle de canicule lorsqu’un épisode de températures élevées persiste jour et nuit pendant au moins trois jours, avec des seuils adaptés à chaque département.
Et c’est précisément là que le scénario de début septembre reste incertain.
Les journées peuvent devenir très chaudes tout en laissant place à des nuits suffisamment fraîches pour empêcher le déclenchement d’une canicule. Les nuits sont désormais plus longues qu’en juin ou juillet, ce qui facilite davantage le refroidissement nocturne.
C’est pourquoi, à ce stade, une nouvelle période de fortes chaleurs paraît plus probable qu’une véritable canicule généralisée.
Quelles régions devraient avoir le plus chaud ?
Le Sud-Ouest, le sud du pays et certaines zones proches de la vallée du Rhône semblent actuellement les plus exposés à la remontée des températures.
Dans certaines projections, Bordeaux pourrait approcher 35 à 37 °C, tandis que Toulouse pourrait dépasser les 34 °C autour du week-end des 5 et 6 septembre.
Plus au nord, les températures devraient également remonter, mais les valeurs sont pour l’instant moins exceptionnelles.
À Paris, un retour du mercure autour ou au-dessus des 30 °C reste envisageable selon les scénarios, mais les prévisions météorologiques deviennent naturellement moins fiables lorsque l’on s’éloigne de plusieurs jours.
Il faudra donc suivre l’évolution quotidienne des modèles plutôt que s’accrocher dès aujourd’hui à une température précise.
Pourquoi cette chaleur de septembre est loin d’être anodine ?
Le problème n’est pas simplement de ressortir les shorts pour quelques jours.
L’été 2026 est déjà historique.
Juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, tous mois confondus, avec une température moyenne de 24,9 °C. Il a dépassé août 2003. Les sols ont également atteint des niveaux de sécheresse particulièrement préoccupants.
Une nouvelle période chaude accompagnée de peu de pluie pourrait donc prolonger la sécheresse, accroître les besoins en eau et maintenir la pression sur l’agriculture.
Et cela peut finir par se retrouver dans notre panier.
Lorsque chaleur et manque d’eau réduisent les rendements ou rendent les récoltes plus difficiles, certains fruits et légumes frais peuvent devenir moins abondants et donc plus chers. Après les épisodes caniculaires de l’été, quelques jours supplémentaires de coup de chaleur ne suffiront évidemment pas à eux seuls à déterminer les prix, mais ils s’inscrivent dans un contexte agricole déjà fragilisé.
Septembre devient-il le nouveau mois d’août ?
Pas exactement. Mais notre calendrier mental des fortes chaleurs est clairement en train de bouger.
Météo-France constate que les vagues de chaleur commencent désormais plus tôt et peuvent se terminer plus tard dans l’année. Des épisodes remarquables ont déjà été observés après le 15 août et jusqu’en septembre.
Dans une France plus chaude, cette saison des fortes chaleurs devrait continuer à s’allonger. Météo-France estime qu’avec un réchauffement national de +2,7 °C, certaines vagues pourraient se prolonger jusqu’à la mi-septembre ; dans une France à +4 °C, la période propice pourrait aller de la mi-mai à la fin septembre.
Voilà peut-être la véritable information de cette rentrée.
Ce qui était autrefois considéré comme un dernier coup de chaud exceptionnel en septembre pourrait devenir beaucoup moins exceptionnel.
Alors, faut-il ressortir le ventilateur ?
Probablement pas besoin de le remiser tout de suite.
Une hausse sensible des températures semble aujourd’hui probable au cours de la première semaine de septembre, notamment dans le Sud, avec un pic possible autour du 4 au 6 septembre.
En revanche, annoncer dès maintenant « une nouvelle canicule » serait prématuré.
Tout dépendra de trois choses : l’intensité réelle des maximales, la température des nuits et la durée de l’épisode.
Après trois vagues de chaleur nationales et un été déjà historique, la France pourrait donc connaître un nouveau coup de chaud pour la rentrée.
Et en 2026, le plus surprenant serait presque que cela nous surprenne encore.
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