À 20 ans, Jone devrait pouvoir ne penser qu’aux fêtes de l’été, à ses amis et à son premier amour. Mais tandis qu’elle découvre le désir auprès d’Olga, la maladie de Parkinson de son père s’aggrave et l’oblige à grandir beaucoup trop vite. C’est l’histoire racontée par Jone Sometimes, le premier film de Sara Fantova. Le 4 septembre 2026, il sera projeté dans 40 cinémas CGR et la moitié des bénéfices sera reversée à France Parkinson.
Un été qui aurait dû n’appartenir qu’à elle
Bilbao est en fête. Pendant la Semana Grande, les rues débordent de musique, de monde, de verres partagés et de nuits qui semblent ne jamais devoir finir. Jone a 20 ans et rencontre Olga. Elle tombe amoureuse pour la première fois avec cette sensation d’invincibilité propre aux débuts, lorsque tout paraît encore possible.
Mais chaque matin la ramène chez elle.
Jone vit avec son père, Aitor, et sa petite sœur Marta. Atteint de la maladie de Parkinson, Aitor a dû abandonner son travail. Son état se dégrade et les rôles commencent insensiblement à s’inverser. Jone n’est plus seulement sa fille. Elle veille sur lui, protège sa sœur, anticipe les difficultés et porte des responsabilités qui ne devraient pas encore être les siennes.
Elle voudrait rester dehors avec Olga, s’abandonner à cette histoire qui commence et ne penser qu’au présent. Dans le même temps, elle redoute de perdre son père et de devoir bientôt assumer seule l’avenir de la famille.
C’est dans cette contradiction que Jone Sometimes trouve son sujet : comment devenir adulte lorsque la maladie d’un parent vous oblige à le faire avant l’heure ?
Grandir trop vite lorsque son père devient vulnérable
Les jeunes aidants restent largement invisibles. Ils sont adolescents, étudiants ou jeunes adultes et accompagnent régulièrement un parent, un frère, une sœur ou un grand-parent malade, handicapé ou en perte d’autonomie.
Ils ne se définissent pas toujours eux-mêmes comme des aidants. Ils font les courses, surveillent les traitements, accompagnent aux rendez-vous, prennent soin des plus jeunes ou restent disponibles en cas de problème. Cette aide leur paraît parfois tellement naturelle qu’ils n’osent pas dire qu’elle devient lourde.
Jone se trouve précisément à cet endroit. Elle aime son père et ne remet pas en cause la nécessité de l’aider. Mais elle découvre aussi que la maladie prend de la place dans ses études, ses sorties, ses relations et jusqu’à sa manière d’imaginer l’avenir.
Le film ne réduit pourtant pas Jone à son rôle d’aidante. Elle reste une jeune femme amoureuse, parfois légère, hésitante, égoïste ou joyeuse. Elle peut rire au milieu de la nuit et avoir peur quelques heures plus tard. Elle est tantôt une fille, tantôt une sœur protectrice, tantôt une amoureuse et, parfois seulement, elle parvient à redevenir Jone.
Un film sur Parkinson qui ne transforme pas la maladie en spectacle
La réalisatrice Sara Fantova choisit de ne pas faire de la maladie de Parkinson un ressort mélodramatique permanent. Elle s’intéresse davantage à ce que la maladie modifie silencieusement dans une famille.
Un père ne parvient plus à écrire comme avant. Une conversation sur l’avenir devient soudain nécessaire. Une fille comprend que celui qui la protégeait ne pourra peut-être plus le faire. Des gestes ordinaires prennent alors une autre signification.
Ce regard quotidien permet aussi de rappeler que Parkinson ne se résume pas aux tremblements. Cette maladie neurologique évolutive peut entraîner des troubles moteurs, une lenteur des mouvements, une rigidité, mais également des symptômes non moteurs qui diffèrent selon les personnes.
Plus de 270 000 personnes vivent avec la maladie de Parkinson ou une maladie apparentée en France. Derrière chacune d’elles, des conjoints, des enfants et des proches doivent eux aussi adapter leur vie.
Jone Sometimes : notre avis sur le film
Le grand mérite de Jone Sometimes est de ne pas choisir entre la fête et la peur. La lumière de Bilbao, l’énergie de la foule et la naissance du désir coexistent avec les silences du père, la fatigue et l’angoisse de ce qui pourrait arriver.
Cette opposition donne au film sa vibration particulière. Jone ne cesse pas de vivre parce que son père est malade. Elle ne cesse pas non plus d’avoir peur lorsqu’elle danse ou embrasse Olga. Les deux réalités avancent ensemble.
Olaia Aguayo apporte à Jone une présence très naturelle, sans transformer le personnage en jeune femme sacrificielle. Josean Bengoetxea incarne un père encore désireux de rester père malgré la perte progressive de son autonomie. Ainhoa Artetxe joue Olga et Elorri Arrizabalaga interprète Marta, la jeune sœur de Jone.
Le récit reste pudique et refuse les grands effets. Cette retenue pourra déconcerter les spectateurs qui attendent un drame médical très explicatif. Mais elle permet au contraire de saisir ce que vivent de nombreuses familles : non pas une succession permanente de catastrophes, mais une transformation lente de l’équilibre familial.
D’une durée d’environ 1 h 20, tourné en basque et en espagnol, le film possède le rythme d’un souvenir d’été. Il parle de la peur de perdre un parent, mais aussi de cette culpabilité particulière qui peut surgir lorsqu’on continue à rire, aimer et sortir alors qu’une personne proche va mal.
Or, continuer à vivre n’est pas abandonner celui que l’on aide.
Le 4 septembre, le cinéma prolongera l’histoire dans la vie réelle
L’histoire de Jone Sometimes ne s’arrêtera pas à l’écran. Le 4 septembre 2026, La Fidèle Studios organise une soirée solidaire dans 40 cinémas CGR en France.
La moitié des bénéfices réalisés lors de ces séances sera reversée à France Parkinson afin de soutenir ses actions auprès des personnes malades et de leurs proches.
Dans plusieurs salles, la projection sera suivie d’un échange avec des représentants locaux de l’association. Ces rencontres permettront de parler de la maladie, mais également de la place des conjoints, des enfants et de tous ceux dont le quotidien est bouleversé.
Cette mobilisation est née après la sortie française du film, le 17 décembre 2025, dans une soixantaine de cinémas indépendants. Jean-Louis Dufloux, président de France Parkinson, avait assisté à l’avant-première parisienne. Touché par le portrait de cette jeune proche aidante, il avait ensuite échangé avec Sara Fantova et l’équipe de La Fidèle Studios. Le réseau CGR a rejoint le projet afin de lui donner une dimension nationale.
Dans quelles villes voir Jone Sometimes le 4 septembre ?
Les séances de Jone Sometimes sont programmées dans les cinémas CGR de 40 villes :
Saint-Quentin, Moulins, Troyes, Narbonne, Rodez, Vitrolles, Angoulême, La Rochelle, Bourges, Brive-la-Gaillarde, Nîmes, Blagnac, Bordeaux, Lattes, Villeneuve-lès-Béziers, La Mézière, Châteauroux, Tours, Agen, Cholet, Cherbourg, Châlons-en-Champagne, Lanester, Beauvais, Bruay-la-Buissière, Clermont-Ferrand, Pau, Bayonne, Tarbes, Rivesaltes, Colmar, Brignais, Villefranche-sur-Saône, Le Mans, Torcy, Niort, Castres, Buxerolles, Poitiers et Auxerre.
Les horaires ne sont pas identiques dans toutes les salles. Les projections sont généralement prévues lors de la première séance de la soirée, entre 19 heures et 20 h 15. Il est conseillé de vérifier l’horaire, le tarif et la présence éventuelle d’un débat directement sur le site du cinéma CGR concerné.
Une opération qui rend enfin visibles les proches aidants
France Parkinson ne soutient pas uniquement les personnes atteintes par la maladie. L’association accompagne également leurs familles grâce notamment au programme A2Pa, destiné aux proches aidants de personnes atteintes de Parkinson.
Cet accompagnement permet de mieux comprendre la maladie, de partager son expérience avec d’autres familles et de trouver des moyens de préserver sa propre santé.
Car aider un parent ne devrait jamais signifier disparaître derrière sa maladie. Un jeune aidant peut aimer profondément son proche tout en éprouvant de la fatigue, de la colère, de la peur ou l’envie de retrouver une vie plus légère. Ces émotions ne sont ni égoïstes ni honteuses.
C’est précisément ce que montre Jone Sometimes : on peut prendre soin de son père et vouloir partir danser. On peut redouter l’avenir et tomber amoureuse. On peut devenir responsable sans cesser d’avoir 20 ans.
Un premier film déjà remarqué dans plusieurs festivals
Avant sa sortie française, Jone Sometimes avait déjà été distingué dans plusieurs festivals. Sara Fantova a notamment reçu une mention spéciale du jury au Festival de Málaga en 2025.
Le film a également obtenu le Prix de l’élan collectif au festival D’A de Barcelone et le Prix des Nouveaux Cinéastes au Festival de San Sebastián. Olaia Aguayo a été récompensée comme meilleure actrice à Cinespaña Toulouse.
Présenté en séance spéciale au Festival Nouvelles Vagues de Biarritz et sélectionné à CineHorizontes à Marseille, ce premier long métrage a été produit par ESCAC Studio, Escándalo Films, Amania Films et ECPV. Il est distribué en France par La Fidèle Studios.
Pourquoi il faut parler de Jone Sometimes ?
Jone Sometimes ne prétend pas expliquer toute la maladie de Parkinson. Il fait autre chose, de plus rare : il regarde ce qui arrive autour de la personne malade.
Il montre la petite sœur qu’il faut rassurer, la fille qui anticipe déjà l’absence, le père qui tente de préserver sa place et la jeune femme qui voudrait simplement vivre son premier amour.
En reversant la moitié des bénéfices des séances du 4 septembre à France Parkinson, l’opération transforme cette histoire intime en action concrète. Elle rappelle surtout que la maladie n’atteint jamais une seule personne.
Derrière chaque patient, il y a aussi des proches qui aiment, accompagnent, s’inquiètent et, parfois, grandissent beaucoup trop vite.
Le 4 septembre, Jone Sometimes revient au cinéma pour France Parkinson
Réalisé par Sara Fantova et porté par Olaia Aguayo, Josean Bengoetxea, Ainhoa Artetxe et Elorri Arrizabalaga, Jone Sometimes se déploie pendant 1 h 20, en basque et en espagnol sous-titrés en français. Le 4 septembre 2026, le film retrouvera les écrans de 40 cinémas CGR à l’occasion d’une soirée nationale organisée au profit de France Parkinson. La moitié des bénéfices sera reversée à l’association. Les horaires variant selon les salles, ils seront précisés par chaque cinéma participant.
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Sources :
Le film Jone Sometimes – La Fidèle Studios
Horaires et réservations – Cinémas CGR
Être proche aidant d’une personne atteinte de Parkinson