Votre enfant est anxieux, renfermé ou s’isole ? Une étude Inserm révèle le lien possible entre bruit des voitures et santé mentale des enfants.
Votre enfant semble anxieux, se renferme, s’isole ou rencontre des difficultés avec les autres ? On pense spontanément aux écrans, à l’école, au manque de sommeil ou à ses relations avec ses camarades. Mais un élément beaucoup plus discret pourrait également peser sur son équilibre émotionnel : le bruit des voitures autour de son domicile. Une étude française menée auprès de près de 8 000 enfants révèle qu’une exposition élevée et persistante au trafic routier durant les premières années de vie est associée à davantage de difficultés émotionnelles et relationnelles plusieurs années plus tard.
Klaxons, moteurs qui accélèrent, freinages, scooters, motos, bus, camions de livraison… En ville, le bruit de la circulation fait tellement partie du décor que nous finissons parfois par ne plus l’entendre. Pourtant, notre organisme, lui, ne s’y habitue pas nécessairement. Et le cerveau des jeunes enfants, encore en plein développement, pourrait y être particulièrement sensible.
Une nouvelle étude sur la pollution sonore et la santé mentale des enfants, menée par des chercheurs de l’Institut Sorbonne de santé publique, de l’Inserm et de Sorbonne Université, suggère que les enfants durablement exposés à un niveau élevé de bruit routier entre leur naissance et l’âge de 5 ans et demi présentent davantage de symptômes émotionnels et de difficultés relationnelles à 10 ans et demi.
Les résultats, publiés dans la revue scientifique The Lancet Public Health, ne prouvent pas que le bruit des voitures provoque directement l’anxiété, le repli sur soi ou l’isolement social. Ils montrent cependant une association suffisamment importante pour que les chercheurs appellent à considérer les nuisances sonores liées au trafic comme un véritable enjeu de santé publique.
Ce qu’il faut retenir sur le bruit et la santé mentale des enfants
- Près de 8 000 enfants de la cohorte Elfe ont été suivis depuis leur naissance jusqu’à l’âge de 10 ans et demi.
- Une exposition persistante à au moins 60 dB(A) de bruit routier entre la naissance et 5 ans et demi était associée à davantage de difficultés émotionnelles et relationnelles.
- Les enfants exposés à 2 mois et à 5 ans et demi présentaient davantage de difficultés dans leurs relations avec les autres enfants.
- Une forte exposition autour de 5 ans et demi était également associée à davantage d’hyperactivité et d’inattention.
- L’étude montre une association, mais ne prouve pas que le bruit est directement responsable des difficultés psychologiques observées.
Pourquoi mon enfant est-il anxieux, renfermé ou isolé ?
Il n’existe évidemment pas une cause unique permettant d’expliquer pourquoi un enfant devient anxieux, se replie sur lui-même ou rencontre des difficultés dans ses relations avec les autres.
La santé mentale d’un enfant dépend de nombreux facteurs : son tempérament, son histoire personnelle, son environnement familial, ses conditions de logement, la qualité de son sommeil, sa santé, sa vie scolaire, ses relations sociales et les événements auxquels il a été confronté.
Un enfant anxieux ou renfermé ne l’est donc pas forcément parce qu’il vit près d’une route passante. Et habiter dans un quartier bruyant ne signifie pas qu’un enfant développera automatiquement un trouble psychologique.
Mais l’environnement quotidien peut renforcer certaines vulnérabilités. La nouvelle étude française suggère ainsi que l’exposition chronique au bruit de la circulation pourrait constituer un facteur supplémentaire à prendre en compte, au même titre que le sommeil, la fatigue ou le stress.
Pollution sonore : plus d’un Européen sur cinq est trop exposé
En Europe, plus d’une personne sur cinq est exposée de manière chronique à des niveaux de bruit liés aux transports considérés comme nocifs pour la santé.
Le trafic routier constitue la principale source de cette pollution sonore, devant les transports ferroviaires et aériens.
Le seuil de référence retenu par la directive européenne sur le bruit dans l’environnement est fixé à 55 décibels selon l’indicateur Lden.
Le Lden ne correspond pas à une mesure prise pendant quelques secondes. Il représente une moyenne annuelle de l’exposition au bruit et accorde davantage de poids aux nuisances survenant le soir et pendant la nuit, des périodes durant lesquelles le bruit est généralement perçu comme plus gênant.
Cette exposition permanente ne doit pas être confondue avec un bruit ponctuel, comme celui provoqué par des travaux occasionnels.
Les bruits liés aux voitures, aux motos, aux trains ou aux avions peuvent être réguliers, prolongés et difficiles à éviter, notamment dans les grandes villes et autour des axes très fréquentés.
Pourquoi les jeunes enfants sont-ils plus vulnérables au bruit ?
Les enfants pourraient être particulièrement sensibles aux effets de la pollution sonore chronique parce que leur développement physique, cognitif, émotionnel et social est encore en construction.
Leurs capacités d’adaptation face au stress et aux nuisances environnementales sont également plus limitées que celles des adultes.
Au cours des premières années, le cerveau connaît une phase de développement très importante. Le sommeil, les interactions avec les adultes et les autres enfants, le langage, les apprentissages et la régulation des émotions jouent alors un rôle déterminant.
Une nuisance régulière susceptible de perturber le repos, l’attention ou la sensation de sécurité pourrait donc avoir des conséquences particulières pendant cette période.
C’est l’une des raisons pour lesquelles les chercheurs ont étudié l’exposition au bruit dès l’âge de 2 mois, puis à 3 ans et demi et à 5 ans et demi.
Le bruit peut-il rendre un enfant anxieux ?
L’étude ne permet pas d’affirmer que le bruit rend directement un enfant anxieux. Elle met en évidence une association entre exposition durable au bruit des voitures et difficultés émotionnelles ultérieures.
Le bruit pourrait agir de plusieurs manières.
Une exposition aiguë peut entraver le sommeil et provoquer une fatigue physique et mentale. Elle déclenche également des réponses physiologiques de stress, avec une augmentation de la sécrétion d’hormones telles que le cortisol et les catécholamines.
Lorsque cette exposition se prolonge pendant des mois ou des années, les mécanismes du stress peuvent rester durablement activés.
Cette situation pourrait avoir des conséquences sur le bien-être, les capacités de concentration, les fonctions cognitives, la régulation des émotions et la santé mentale des enfants.
Même pendant le sommeil, l’organisme continue à percevoir les sons de l’environnement. Le passage répété de voitures, de scooters ou de camions peut provoquer des réactions physiologiques, sans nécessairement réveiller complètement l’enfant.
Le sommeil peut alors devenir plus fragmenté et moins réparateur. Dans la journée, l’enfant peut être davantage fatigué, irritable, agité ou inattentif.
Ces réactions constituent des hypothèses susceptibles d’expliquer les associations observées entre bruit, stress, sommeil, anxiété et difficultés relationnelles chez l’enfant.
L’étude ne permet toutefois pas de déterminer avec certitude les mécanismes exacts impliqués.
Près de 8 000 enfants suivis depuis leur naissance
Pour réaliser cette étude, les chercheurs se sont appuyés sur les données de la cohorte française Elfe, qui suit plusieurs milliers d’enfants depuis leur naissance.
Près de 8 000 enfants ont été inclus dans cette nouvelle analyse et suivis jusqu’à l’âge de 10 ans et demi.
Les adresses de leur domicile ont été recueillies à trois moments importants de leur développement :
- à l’âge de 2 mois ;
- à 3 ans et demi ;
- à 5 ans et demi.
Les chercheurs ne se sont donc pas contentés de demander aux parents s’ils trouvaient leur rue ou leur quartier bruyant.
À partir de données publiques géographiques et de circulation, ainsi que d’un travail de modélisation, ils ont estimé l’exposition moyenne au bruit de chaque enfant à son domicile.
Le bruit du trafic routier a été modélisé à partir de données géographiques et de données publiques sur la circulation, selon la méthode européenne harmonisée CNOSSOS-EU.
Les niveaux d’exposition au bruit ferroviaire et au bruit aérien provenaient des cartes stratégiques officielles du bruit, elles aussi établies selon cette méthode européenne.
Les différentes sources de bruit ont été exprimées en décibels pondérés A ou dB(A), une unité qui reflète la sensibilité de l’oreille humaine aux différentes fréquences sonores.
Il s’agit bien d’une estimation de l’exposition résidentielle moyenne et durable, et non d’une simple mesure ponctuelle effectuée à l’intérieur du logement.
Comment les difficultés émotionnelles des enfants ont-elles été évaluées ?
Lorsque les enfants ont atteint l’âge de 10 ans et demi, leurs parents ont rempli un questionnaire scientifique de référence : le Strengths and Difficulties Questionnaire, également appelé SDQ.
Cet outil permet d’évaluer différentes dimensions du comportement, des émotions et des relations sociales de l’enfant.
Les chercheurs ont distingué deux grandes catégories de symptômes.
Les symptômes internalisés regroupent notamment :
- les difficultés émotionnelles ;
- le repli relationnel ;
- les difficultés dans les interactions avec les autres enfants ;
- les problèmes dans les relations avec les pairs.
Les symptômes externalisés comprennent :
- les troubles du comportement ;
- l’hyperactivité avec ou sans inattention ;
- les difficultés d’attention.
L’étude n’a donc pas posé de diagnostic médical d’anxiété, de dépression ou de TDAH. Elle a évalué des niveaux de symptômes émotionnels, relationnels et comportementaux rapportés par les parents.
À partir de 60 décibels, davantage de difficultés émotionnelles et relationnelles
Les résultats montrent que les enfants exposés de manière persistante à un niveau élevé de bruit routier, supérieur ou égal à 60 dB(A), entre leur naissance et l’âge de 5 ans et demi présentent des niveaux plus élevés de symptômes internalisés à 10 ans et demi.
Concrètement, ces enfants rencontrent davantage de difficultés émotionnelles, de repli relationnel et de problèmes dans leurs interactions avec les autres enfants.
Le seuil de 60 dB(A) ne correspond pas nécessairement à un vacarme spectaculaire. C’est justement ce qui rend le phénomène trompeur : un bruit de fond routier peut sembler supportable aux adultes tout en constituant une exposition chronique pour un enfant qui vit, joue et dort quotidiennement dans cet environnement.
La mesure employée dans l’étude correspond à une exposition moyenne calculée sur une période prolongée. Elle ne doit donc pas être directement comparée au nombre de décibels affiché pendant quelques secondes par une application de téléphone.
Bébé, enfant de 5 ans : deux périodes particulièrement sensibles
Les chercheurs ont également voulu savoir si certaines périodes de la vie étaient plus sensibles que d’autres.
Une forte exposition au bruit routier à l’âge de 2 mois et à 5 ans et demi était associée à davantage de difficultés dans les relations avec les pairs à 10 ans et demi.
L’exposition autour de 5 ans et demi était aussi associée à davantage de symptômes externalisés, ainsi qu’à des niveaux plus élevés d’hyperactivité et d’inattention.
Ces résultats suggèrent que les manifestations associées au bruit pourraient varier selon l’âge auquel l’enfant est exposé.
Au début de la vie, les conséquences pourraient davantage concerner le développement émotionnel et les interactions sociales. Autour de 5 ans, lorsque les apprentissages scolaires et la socialisation prennent une place croissante, elles pourraient également se traduire par davantage d’agitation ou de difficultés d’attention.
« Bien qu’ils requièrent confirmation dans d’autres études, ces résultats suggèrent que le moment de l’exposition au bruit routier pourrait aussi être important, avec une vulnérabilité accrue au début de la vie et autour de l’âge de 5 ans », explique Eloi Chazelas, premier auteur de l’étude et chercheur à l’Inserm.
Le bruit est-il réellement responsable des difficultés observées ?
Il faut être très clair : cette étude met en évidence une association entre bruit et difficultés émotionnelles, mais elle ne permet pas d’affirmer que le bruit est, à lui seul, responsable des problèmes observés.
Un enfant peut être anxieux, renfermé, inattentif ou en difficulté avec ses camarades pour de multiples raisons.
Les résultats suggèrent plutôt que l’exposition sonore chronique pourrait représenter un facteur de vulnérabilité supplémentaire.
En perturbant le sommeil, en augmentant la fatigue et en maintenant l’organisme dans un état de stress répété, le bruit pourrait contribuer à fragiliser l’équilibre émotionnel de certains enfants.
C’est précisément parce qu’il s’ajoute à d’autres facteurs que le bruit des voitures autour du logement mérite d’être mieux pris en compte.
Le bruit des avions et des trains produit-il les mêmes effets ?
Les chercheurs ont également étudié les effets potentiels du bruit provenant du trafic aérien et ferroviaire.
Aucune association significative n’a été mise en évidence entre le bruit des avions et les difficultés émotionnelles ou comportementales étudiées.
Plus étonnant, l’exposition au bruit ferroviaire a d’abord semblé associée à des niveaux plus faibles de symptômes internalisés.
Mais cette relation n’était plus statistiquement significative après différentes analyses de sensibilité destinées à vérifier la solidité des résultats.
Cela ne signifie donc pas que le bruit des trains protège la santé mentale des enfants. Cette observation inattendue peut notamment être liée aux caractéristiques des populations étudiées, aux niveaux d’exposition ou aux limites de la modélisation.
Les résultats les plus nets concernent l’exposition précoce, élevée et persistante au bruit de la circulation routière.
Quelles sont les limites de cette étude ?
Comme tout travail observationnel, cette étude présente certaines limites.
L’exposition au bruit a été modélisée à partir des adresses et des données officielles de circulation. Les chercheurs n’ont donc pas mesuré en permanence le niveau sonore à l’intérieur de chaque logement.
L’isolation du bâtiment, l’emplacement de la chambre, les habitudes d’ouverture des fenêtres ou le temps réellement passé au domicile peuvent modifier l’exposition individuelle de l’enfant.
La santé mentale et le comportement ont également été évalués à partir d’un questionnaire rempli par les parents.
Enfin, une association statistique ne suffit pas à démontrer un lien direct de cause à effet.
La taille de la cohorte, le suivi des enfants depuis leur naissance, l’étude de plusieurs périodes de développement et la prise en compte de différentes sources de bruit donnent néanmoins un intérêt important à ces résultats.
Comment savoir si son enfant est trop exposé au bruit ?
Il n’est pas toujours facile d’évaluer objectivement le niveau sonore d’un logement.
Certains indices peuvent néanmoins attirer l’attention : devoir fermer les fenêtres pour entendre une conversation, augmenter régulièrement le volume de la télévision, être réveillé par la circulation ou entendre nettement les moteurs dans la chambre de l’enfant.
Les cartes stratégiques du bruit publiées par les grandes villes et les collectivités permettent de connaître l’exposition sonore estimée d’un quartier. Elles fournissent une vision plus représentative de l’exposition moyenne qu’une mesure ponctuelle réalisée avec un téléphone.
Une application mesurant les décibels peut néanmoins fournir une première indication, à condition de ne pas considérer son résultat comme une expertise acoustique.
Il faut surtout distinguer une exposition occasionnelle à un bruit très fort d’une pollution sonore modérée mais permanente.
Dans cette étude, les chercheurs ont analysé une exposition résidentielle répétée pendant plusieurs années, et non un événement sonore isolé.
Comment protéger un enfant du bruit de la circulation ?
Toutes les familles ne peuvent évidemment pas déménager. Mais certaines mesures peuvent contribuer à réduire l’exposition quotidienne au bruit.
Lorsque cela est possible, la chambre de l’enfant peut être installée du côté le plus calme du logement, loin de la rue. Il peut aussi être utile d’aérer aux heures où la circulation est moins dense.
Vérifier l’étanchéité des fenêtres, poser des joints adaptés ou renforcer l’isolation acoustique du logement peut faire une différence importante.
Les rideaux épais, tapis et bibliothèques peuvent limiter une partie de la résonance à l’intérieur d’une pièce, même s’ils ne remplacent pas une véritable isolation contre les bruits extérieurs.
Il est également important de préserver des moments de calme pendant la journée, notamment avant le coucher.
Ajouter en permanence de la musique, la télévision ou un bruit blanc n’est pas toujours la meilleure réponse. L’objectif reste de diminuer la charge sonore globale plutôt que de masquer systématiquement un bruit par un autre.
Si un enfant présente une anxiété persistante, un repli inhabituel, des troubles du sommeil ou des difficultés importantes avec ses camarades, il convient d’en parler avec un médecin.
Le bruit peut constituer un élément de son environnement, mais il ne faut pas passer à côté d’une autre cause nécessitant un accompagnement.
Réduction du trafic, limitation de vitesse : un enjeu de santé publique
Pour les chercheurs, la responsabilité ne doit pas reposer uniquement sur les familles.
Le bruit des voitures constitue aussi une question d’aménagement urbain, de santé environnementale et de politique de santé publique.
La réduction du trafic, la limitation de la vitesse, la création d’espaces protégés autour des crèches et des écoles et l’amélioration de l’isolation acoustique des bâtiments pourraient contribuer à diminuer l’exposition des enfants.
« Ces résultats soulignent l’importance de mieux prendre en compte les nuisances sonores liées au trafic routier comme un enjeu de santé publique. Des mesures d’aménagement urbain, de réduction du trafic, de limitation de la vitesse ou encore d’amélioration de l’isolation acoustique des bâtiments pourraient contribuer à réduire l’exposition des enfants au bruit », conclut Maria Melchior, directrice de recherche à l’Inserm et dernière autrice de ces travaux.
Cette étude ne doit pas conduire les parents vivant en ville à culpabiliser ou à s’alarmer. Elle montre surtout que le bruit n’est pas une simple gêne à laquelle les enfants devraient apprendre à s’habituer.
Lorsqu’il est intense, précoce et permanent, le bruit de la circulation pourrait représenter l’un des nombreux facteurs susceptibles de fragiliser leur sommeil, leur équilibre émotionnel et leurs relations avec les autres.
Une étude menée dans le cadre des projets Child E&D et RESEDA
Cette recherche a été menée dans le cadre du projet Child E&D et s’inscrit dans la continuité des travaux du projet européen ERC RESEDA.
Elle a bénéficié d’un financement dans le cadre de l’appel à projets consacré au croisement des données de santé et des données environnementales, porté conjointement par le Green Data for Health de l’Anses et la Plateforme des données de santé, ou Health Data Hub.
Bruit et santé mentale des enfants : les réponses aux questions des parents
Le bruit peut-il rendre un enfant anxieux ?
L’étude montre une association entre une exposition élevée et persistante au bruit de la circulation pendant la petite enfance et davantage de difficultés émotionnelles plusieurs années plus tard. Elle ne prouve pas que le bruit provoque directement l’anxiété.
À partir de combien de décibels des difficultés ont-elles été observées ?
Dans cette étude, les associations ont été observées chez les enfants exposés de manière persistante à un niveau de bruit routier supérieur ou égal à 60 dB(A).
À quel âge les enfants semblent-ils les plus vulnérables ?
Les résultats suggèrent une vulnérabilité particulière au début de la vie, notamment autour de 2 mois, ainsi qu’autour de 5 ans et demi.
Quelles difficultés ont été observées chez les enfants ?
Les chercheurs ont constaté davantage de difficultés émotionnelles, de repli relationnel et de problèmes dans les relations avec les autres enfants. Une exposition autour de 5 ans et demi était également associée à davantage d’hyperactivité et d’inattention.
Le bruit des avions ou des trains produit-il les mêmes effets ?
Aucune association significative n’a été observée pour le bruit aérien. L’association initialement constatée avec le bruit ferroviaire n’était plus statistiquement significative après les analyses complémentaires.
Un enfant exposé au bruit développera-t-il forcément de l’anxiété ?
Non. L’étude met en évidence une association statistique et non une certitude individuelle. La santé mentale d’un enfant dépend de nombreux facteurs personnels, familiaux, sociaux et environnementaux.
SOURCES
Inserm – Une exposition élevée et persistante au bruit routier au début de l’enfance est associée à un risque accru de difficultés émotionnelles et relationnelles à 10 ans :
Étude publiée dans The Lancet Public Health :
https://doi.org/10.1016/S2468-2667(26)00128-3
Agence européenne pour l’environnement – Exposition de la population européenne au bruit :
https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/exposure-of-europe-population-to-noise
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Sophie Madoun