Hopledo, un nouveau médicament contre Parkinson, pourrait aider certains patients à bouger plus longtemps dans la journée en prolongeant l’effet du traitement.
Un nouveau médicament contre la maladie de Parkinson vient de franchir une étape importante en Europe. Baptisé Hopledo, et aussi connu sous le nom IPX203, il a reçu un avis favorable du CHMP, le Comité des médicaments à usage humain de l’EMA, l’Agence européenne des médicaments.
Ce traitement oral à base de lévodopa et de carbidopa pourrait aider certains patients adultes atteints de Parkinson à mieux contrôler leurs symptômes moteurs au fil de la journée, avec moins de prises quotidiennes.
Une nouvelle option pour les patients atteints de Parkinson
La maladie de Parkinson est une maladie neurologique progressive. Elle peut entraîner des tremblements, une raideur musculaire, une lenteur des mouvements, des troubles de l’équilibre, mais aussi de la fatigue, des douleurs, des troubles du sommeil ou des difficultés dans les gestes du quotidien.
Les traitements actuels permettent souvent d’améliorer les symptômes, notamment grâce à la lévodopa, l’un des médicaments de référence contre Parkinson. Mais avec les années, son effet peut devenir moins régulier.
Chez certains patients, le médicament agit bien pendant un temps, puis son efficacité diminue avant la prise suivante. Les symptômes reviennent alors : les mouvements ralentissent, le corps se raidit, marcher, se lever ou écrire peut redevenir difficile.
Les médecins parlent de fluctuations motrices. On entend aussi parfois l’expression périodes OFF. Concrètement, cela désigne les moments où le traitement agit moins bien et où les symptômes de Parkinson réapparaissent.
Hopledo : de quel médicament parle-t-on ?
Hopledo est un nouveau médicament contre Parkinson associant deux substances déjà bien connues : la lévodopa et la carbidopa.
La lévodopa aide à compenser le manque de dopamine dans le cerveau, un mécanisme central dans la maladie de Parkinson. La carbidopa, elle, aide la lévodopa à être mieux utilisée par l’organisme, en limitant sa transformation avant qu’elle n’atteigne le cerveau.
La nouveauté vient surtout de la formulation. Hopledo associe une libération immédiate et une libération prolongée. Autrement dit, une partie du médicament agit rapidement, tandis qu’une autre partie se diffuse plus longtemps.
L’objectif est simple : prolonger les moments où les symptômes moteurs de Parkinson sont mieux contrôlés.
Un avis favorable en Europe, mais pas encore une disponibilité en France
Hopledo a reçu un avis favorable du CHMP, le Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments, pour certains adultes atteints de maladie de Parkinson avec des fluctuations motrices modérées à sévères.
C’est une étape importante, mais cela ne veut pas dire que le médicament est déjà disponible en France.
Après l’avis du CHMP, la décision finale revient à la Commission européenne. Si l’autorisation est confirmée, la mise à disposition du médicament se fera ensuite progressivement, pays par pays.
Selon le laboratoire Zambon, qui commercialise Hopledo en Europe, une arrivée progressive sur les marchés européens pourrait commencer à partir d’octobre 2026, sous réserve de l’autorisation finale.
Pourquoi Hopledo pourrait changer le quotidien de certains patients ?
Dans Parkinson, l’enjeu n’est pas seulement de prendre un traitement. Le vrai sujet, pour beaucoup de patients, est de savoir combien de temps ce traitement permet de bouger correctement dans la journée.
Quand l’effet du médicament diminue trop tôt, la vie devient moins prévisible. Sortir, marcher, préparer un repas, s’habiller ou prévoir un rendez-vous peut devenir plus compliqué si les symptômes reviennent brutalement.
Dans l’étude de phase III RISE-PD une étude clinique menée chez des pesronnes atteintes de la maladie de Parkinson, Hopledo a été comparé à une forme classique de lévodopa/carbidopa à libération immédiate.
Les résultats montrent que les patients traités par IPX203, le nom de développement de Hopledo, ont bénéficié de plus de temps quotidien avec un bon contrôle moteur, tout en prenant le médicament moins souvent.
Les spécialistes appellent cela le Good ON, que l’on peut traduire par une période où le patient bouge mieux, sans mouvements involontaires gênants.
Moins de prises dans la journée
Dans l’étude RISE-PD, Hopledo a été pris en moyenne trois fois par jour, contre cinq fois par jour pour la lévodopa/carbidopa à libération immédiate.
Dit comme cela, la différence peut sembler technique. En réalité, elle est très concrète.
Moins de prises peut signifier une journée plus simple, moins rythmée par les horaires de médicaments, avec un meilleur confort pour certains patients.
Cela ne veut pas dire que Hopledo conviendra à toutes les personnes atteintes de Parkinson. Chaque situation doit être évaluée par un neurologue, selon les symptômes, l’évolution de la maladie, les traitements déjà pris et la tolérance individuelle.
Hopledo guérit-il la maladie de Parkinson ?
Non. Hopledo ne guérit pas la maladie de Parkinson.
À ce jour, il n’existe pas de traitement capable de faire disparaître définitivement Parkinson. Ce médicament vise plutôt à mieux contrôler les symptômes moteurs chez certains patients adultes qui présentent encore des retours de symptômes malgré leur traitement oral.
Il s’inscrit donc dans une prise en charge globale : traitement médicamenteux, suivi neurologique, rééducation, activité physique adaptée, accompagnement du quotidien et surveillance des effets indésirables.
Quels effets indésirables possibles ?
Comme les autres traitements dopaminergiques utilisés dans la maladie de Parkinson, Hopledo peut entraîner des effets indésirables.
Les données disponibles mentionnent notamment des dyskinésies, c’est-à-dire des mouvements involontaires, mais aussi des nausées, une bouche sèche ou des étourdissements.
Ces effets ne concernent pas tous les patients, mais ils doivent être surveillés. En cas de symptôme gênant, d’aggravation ou de doute, il faut demander un avis médical.
Un traitement contre Parkinson ne doit jamais être commencé, arrêté ou modifié sans l’accord du neurologue.
Parkinson : une maladie de plus en plus fréquente
La maladie de Parkinson est un enjeu de santé publique majeur. Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 8,5 millions de personnes vivaient avec Parkinson dans le monde en 2019, et la fréquence de la maladie a doublé en 25 ans.
Avec le vieillissement de la population, le nombre de patients concernés augmente. Les besoins sont donc importants, en particulier pour les personnes chez qui les traitements deviennent moins stables avec le temps.
L’arrivée de nouvelles formulations comme Hopledo ne remplace pas le suivi médical. Mais elle peut offrir une option supplémentaire pour améliorer le confort et l’autonomie de certains patients.
Ce qu’il faut retenir
Hopledo est un nouveau médicament contre Parkinson à base de lévodopa/carbidopa à libération modifiée.
Il a reçu un avis favorable du CHMP, le Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments.
Il vise certains adultes atteints de maladie de Parkinson avec fluctuations motrices modérées à sévères.
Son objectif est d’aider les patients à bouger plus longtemps dans la journée, en prolongeant les périodes où les symptômes moteurs sont mieux contrôlés.
Il n’est pas encore disponible en France. La décision finale dépend de la Commission européenne, puis des modalités d’accès dans chaque pays.
Pour les patients concernés, la bonne question à poser à leur neurologue est simple : ce type de médicament peut-il être adapté à leurs symptômes et à leur quotidien ?
FAQ : Hopledo et maladie de Parkinson
Hopledo est-il déjà disponible en France ?
Non. Hopledo a reçu un avis favorable du CHMP, le Comité des médicaments à usage humain, mais l’autorisation finale dépend encore de la Commission européenne. Sa mise à disposition en Europe pourrait commencer progressivement à partir d’octobre 2026 si le médicament est approuvé.
Hopledo est-il un nouveau traitement contre Parkinson ?
Oui. Hopledo est un nouveau médicament oral contre Parkinson à base de lévodopa et de carbidopa. Il vise certains patients adultes qui présentent des retours de symptômes malgré leur traitement oral.
Pourquoi dit-on qu’il pourrait aider les patients à bouger plus longtemps ?
Parce que l’étude RISE-PD a montré une durée plus longue de bon contrôle moteur quotidien avec IPX203, le nom de développement de Hopledo, avec moins de prises par jour qu’une lévodopa/carbidopa à libération immédiate.
Que signifient les fluctuations motrices dans Parkinson ?
Les fluctuations motrices désignent les variations d’efficacité du traitement au cours de la journée. Le patient peut bien bouger à certains moments, puis voir ses symptômes revenir lorsque l’effet du médicament diminue.
Que veut dire période OFF ?
Une période OFF correspond à un moment où le traitement agit moins bien. Les symptômes de Parkinson, comme la lenteur des mouvements, la raideur ou les difficultés à marcher, peuvent alors réapparaître.
Hopledo guérit-il la maladie de Parkinson ?
Non. Hopledo ne guérit pas Parkinson. Il peut aider à mieux contrôler les symptômes moteurs chez certains patients mais la maladie reste chronique et nécessite un suivi médical régulier.
Sophie Madoun