Un souvenir d’enfance face à un monument national. Des œuvres à découvrir au fil de l’ascension, des matières, des parfums et Paris au sommet… Avec La Tempête à l’Arc de Triomphe, Jérémy Pradier-Jeauneau propose une autre manière de visiter l’un des lieux les plus photographiés de France. Une exposition à découvrir du 10 septembre au 4 octobre 2026, selon le calendrier officiel du monument. Programme de l’exposition.
Vous connaissez sa silhouette. Ses sculptures, sa présence au bout des Champs-Élysées, les avenues qui rayonnent autour de lui. Peut-être êtes-vous déjà monté sur sa terrasse. Mais avez-vous déjà regardé l’Arc de Triomphe en vous demandant ce qui lui manque ?
C’est cette question qui traverse La Tempête, l’exposition monumentale imaginée par Jérémy Pradier-Jeauneau, invité par le Centre des monuments nationaux. Au cœur du projet, une absence au sommet du monument et un souvenir d’enfance de l’artiste. Deux choses presque impossibles à rapprocher, tant leurs dimensions semblent différentes. Et pourtant, c’est précisément là que commence l’histoire.
Au sommet de l’Arc de Triomphe, une histoire que l’on connaît moins
Le point de départ de La Tempête est le couronnement envisagé pour l’Arc de Triomphe : autrement dit, un décor sculpté destiné à surmonter l’édifice. La présentation du projet rattache cette intention à son architecte, Jean-François-Thérèse Chalgrin.
L’histoire mérite toutefois mieux qu’une formule affirmant que le monument serait simplement « resté inachevé ». Au fil du chantier et des changements de régime, plusieurs projets de décors ont été imaginés. Le Centre des monuments nationaux rappelle notamment une proposition de l’architecte Huyot, en 1830, comprenant 36 statues représentant les grandes villes de France. Le monument a ensuite été achevé sous la direction de Guillaume Abel Blouet. Histoire de l’Arc de Triomphe.
Ce sommet et ses projets successifs nourrissent aujourd’hui l’imaginaire de Jérémy Pradier-Jeauneau. L’artiste fait de l’absence une matière de création. Que peut-on raconter à partir de ce qui n’est plus là, ou de ce qui aurait pu être ?
Un souvenir d’enfance vient bousculer le monument
La question qui accompagne le projet tient en une phrase : « Alors, comment quelque chose d’aussi petit peut-il changer quelque chose d’aussi grand ? »
Ce « petit », c’est un souvenir d’enfance. Le « grand », un monument consacré aux armées françaises, chargé d’histoire et de mémoire collective.
La rencontre donne à cette exposition à Paris en septembre 2026 un fil plus intime qu’une simple présentation d’objets. Elle met en regard ce que chacun porte en soi et ce qu’un pays conserve dans ses monuments. Un souvenir personnel peut-il modifier notre façon de regarder une architecture familière ? Une œuvre peut-elle attirer notre attention sur un détail que nous n’avions jamais remarqué ?
Le parcours est conçu autour de ces déplacements du regard. D’une séquence à l’autre, il accompagne une progression du tumulte vers l’apaisement, de l’ombre vers la lumière. Les œuvres prolongent les lignes de l’architecture, soulignent certains détails et introduisent d’autres récits dans la visite.
Que découvre-t-on à l’exposition La Tempête ?

À l’intérieur de l’Arc de Triomphe, La Tempête fait dialoguer création contemporaine, architecture et métiers d’art.
L’exposition se déploie dans plusieurs espaces du monument : l’entresol, la salle des palmes, la salle de l’attique et la terrasse. La montée devient ainsi le fil conducteur de la découverte. Le programme s’inscrit dans la Paris Design Week et les Journées européennes du patrimoine.
Bois, verre, céramique, parfum et musique participent à cette proposition sensorielle. L’intérêt est de faire varier les perceptions au cours de la visite : regarder les formes, s’arrêter sur une matière, prêter attention à une ambiance. Ces différents moyens d’expression sont annoncés par l’artiste dans la présentation de La Tempête.
Un parcours olfactif imaginé par BDK Parfums accompagne notamment l’exposition. Au sommet, une terrasse Fermob complète le dispositif. Deux éléments confirmés par le monument, qui donnent une idée de la place accordée aux sensations et à la manière d’habiter temporairement les lieux.
Derrière les œuvres, les gestes des artisans d’art
La Tempête porte la signature d’un artiste, mais elle repose aussi sur un travail collectif. Le projet réunit des manufactures, des maisons et des ateliers dont les savoir-faire donnent forme aux créations.
Parmi eux figurent la Manufacture Prelle, la Manufacture Pinton, Duvelleroy, Pierre Frey, l’Atelier Pictet, Maleville et la Fonderie d’art Macheret.
Ce dialogue entre art contemporain et métiers d’art constitue l’un des ressorts de l’exposition. Le patrimoine se retrouve aussi dans les gestes transmis, les techniques maîtrisées et la capacité de ces ateliers à répondre à une idée nouvelle.
En parcourant les œuvres, on peut donc regarder deux choses à la fois : ce qu’elles racontent et la façon dont elles ont été réalisées. C’est une autre porte d’entrée dans l’exposition, particulièrement concrète pour qui aime les matières, les objets et les détails de fabrication.
Qui est Jérémy Pradier-Jeauneau ?
Après des débuts dans le cinéma comme producteur, Jérémy Pradier-Jeauneau développe une pratique mêlant notamment sculpture, écriture, peinture et scénographie.
En 2025, il présente Le Labyrinthe à l’Hôtel de la Marine, un premier projet personnel monumental. Avec La Tempête, il poursuit cette exploration des lieux historiques et de la création contemporaine, en travaillant avec des artistes et des artisans.
Le choix de l’Arc de Triomphe donne une dimension particulière à cette démarche : comment introduire une histoire personnelle dans un lieu que tant de visiteurs associent d’abord à l’histoire de France ?
Dates, prix, horaires : préparer sa visite de La Tempête
L’exposition est annoncée au public du 10 septembre au 4 octobre 2026. Le 9 septembre est la date du vernissage sur invitation. L’accès au parcours dans le monument est compris dans le billet d’entrée.
| Informations | Détails |
|---|---|
| Adresse | Arc de Triomphe, place Charles-de-Gaulle, Paris 8e |
| Tarif individuel en septembre | 22 €, sauf le mercredi : 16 € |
| Tarif individuel du 1er au 4 octobre | 16 € |
| Gratuités principales | Moins de 18 ans ; 18–25 ans ressortissants de l’UE ou résidents réguliers non européens en France ; autres situations sur justificatif |
| Horaires en septembre | 10 h–23 h, sauf le mardi : 11 h–23 h |
| Horaires en octobre | 10 h–22 h 30, sauf le mardi : 11 h–22 h 30 |
| Dernière entrée | 45 minutes avant la fermeture |
| Transports | Métro 1, 2, 6 ou RER A, station Charles-de-Gaulle–Étoile |
Attention au calendrier : le monument annonce une fermeture le samedi 26 septembre, ainsi qu’une interruption de 18 h 30 à 19 h 30 le vendredi 11 septembre.
L’accès se fait par le passage du Souvenir. La terrasse se rejoint par 284 marches ; l’ascenseur étant signalé en maintenance lors de notre vérification, renseignez-vous avant de venir si vous en avez besoin. Informations pratiques et accès à la billetterie officielle.
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Sophie Madoun