Crèmes solaires à éviter : après l’alerte de Que Choisir sur des produits vendus sur Temu, Shein et AliExpress, certains détails sur le tube doivent vraiment vous alerter avant l’achat. Prix trop bas, étiquette floue, absence de logo UVA, promesses trop belles pour être vraies… mieux vaut savoir les repérer avant de s’exposer au soleil.

Crème solaire : pourquoi cette nouvelle alerte inquiète ?

À l’approche des vacances, l’alerte tombe au plus mauvais moment. Le 8 juillet 2026, Que Choisir Ensemble, ex-UFC-Que Choisir, a publié les résultats d’un test consacré à des crèmes solaires vendues sur les plateformes en ligne Temu, Shein et AliExpress.

Le constat est très inquiétant : selon l’association, sur dix produits testés, neuf ne seraient pas conformes. La majorité n’assurerait pas la protection solaire promise sur l’emballage. Certains produits afficheraient des indices élevés, alors que leur protection réelle serait extrêmement faible.

Que Choisir évoque même une protection contre le soleil “à peu près nulle” sur la majorité des produits analysés. L’association alerte aussi sur la présence de certains ingrédients nocifs, voire interdits, dans plusieurs références vendues à petits prix.

Le problème est grave, car une crème solaire inefficace ne se contente pas de mal protéger : elle peut donner une fausse impression de sécurité. On croit être protégé, on reste plus longtemps au soleil, et la peau continue pourtant d’être exposée aux rayons UV.

Temu, Shein, AliExpress : des crèmes solaires à petits prix mais pas sans risque

Les crèmes solaires pointées par Que Choisir sont commercialisées sur des plateformes très populaires, notamment Temu, Shein et AliExpress. Leur prix très bas peut attirer les consommateurs, surtout en période d’inflation, quand les produits solaires vendus en pharmacie, parapharmacie ou grande surface semblent parfois très chers.

Mais selon Que Choisir, le prix cassé peut cacher un vrai problème de sécurité. Une crème solaire doit répondre à des exigences précises, notamment sur la protection contre les UVB, responsables des coups de soleil, et les UVA, qui pénètrent plus profondément dans la peau.

Or, lorsque l’indice affiché sur le tube ne correspond pas à la protection réellement mesurée, le consommateur est trompé. Une crème solaire annoncée comme protectrice peut en réalité laisser passer beaucoup trop d’UV.

C’est précisément ce que dénonce Que Choisir : des produits qui promettent une protection, mais qui ne protègent pas assez, voire presque pas.

Crèmes solaires : les détails qui doivent vous alerter sur le tube

Avant d’acheter une crème solaire, il ne faut pas seulement regarder le prix ou le SPF écrit en gros sur l’emballage. Certains signaux doivent alerter.

Le premier est un prix anormalement bas, surtout si le produit est vendu par une marque inconnue, un vendeur peu identifiable ou une plateforme étrangère difficile à contrôler. Une crème solaire pas chère n’est pas forcément mauvaise, mais une crème solaire très peu chère avec des promesses spectaculaires doit faire réfléchir.

Deuxième signal : une étiquette floue ou mal traduite. Si les mentions sont mal rédigées, incomplètes, difficiles à comprendre ou bourrées de fautes, mieux vaut se méfier. Une crème solaire fiable doit indiquer clairement son indice SPF, sa protection UVA, sa composition, son fabricant ou distributeur, sa date limite d’utilisation et les précautions d’emploi.

Troisième signal : les promesses trop belles pour être vraies. “Protection totale”, “application unique pour toute la journée”, “waterproof absolu”, “bronzage accéléré sans danger”, “SPF 90” ou “SPF 100” affiché de manière fantaisiste… Ces arguments doivent inciter à la prudence.

Aucune crème solaire ne protège totalement. Et aucune ne permet de rester toute la journée au soleil sans renouveler l’application.

Le logo UVA : le détail que beaucoup de consommateurs oublient

Beaucoup de personnes regardent uniquement l’indice SPF. Pourtant, ce chiffre ne dit pas tout.

Le SPF, ou facteur de protection solaire, renseigne surtout sur la protection contre les UVB, les rayons qui provoquent les coups de soleil. Mais une bonne crème solaire doit aussi protéger contre les UVA.

Les UVA pénètrent plus profondément dans la peau. Ils participent au vieillissement cutané, aux taches pigmentaires et aux dommages cellulaires. Ils sont présents même lorsque le soleil semble moins fort.

Avant d’acheter une crème solaire, il faut donc vérifier la présence de la mention ou du logo UVA sur l’emballage. La DGCCRF recommande de choisir un produit avec un facteur de protection solaire élevé contre les UVB, mais aussi de vérifier la présence du logo UVA pour une protection conforme aux recommandations européennes.

Si la protection UVA n’est pas clairement indiquée, mieux vaut choisir un autre produit.

SPF 50 : ce que cette protection signifie vraiment

Un SPF 50 rassure, mais il ne signifie pas que la peau est protégée à 100 %. Cet indice indique surtout le niveau de protection contre les UVB, les rayons responsables des coups de soleil. Il ne dispense donc ni de renouveler l’application, ni de rechercher l’ombre, ni de porter un chapeau, des lunettes de soleil et des vêtements couvrants.

L’Institut national du cancer (INCA) rappelle qu’une crème solaire, même avec un indice élevé comme le SPF 50, ne filtre pas 100 % des UV. Elle doit donc être utilisée en complément des autres gestes de protection, et non comme une autorisation à rester plus longtemps en plein soleil.

Autrement dit, même avec une bonne crème solaire, il faut continuer à éviter les heures les plus chaudes, notamment entre 12 h et 16 h, et protéger particulièrement les enfants, dont la peau est plus fragile.

Une crème solaire n’est pas un bouclier magique. C’est une aide indispensable, mais elle ne remplace jamais l’ombre, les vêtements, le chapeau et les lunettes.

Crèmes solaires à éviter : les signes qui doivent faire fuir

Certaines crèmes solaires doivent clairement vous faire hésiter avant l’achat. Mieux vaut éviter un produit si plusieurs de ces signes sont réunis :

  • une marque inconnue ou impossible à vérifier ;
  • un vendeur difficile à identifier ;
  • une étiquette mal traduite ou incomplète ;
  • l’absence de logo ou de mention UVA ;
  • une composition floue ;
  • une date de péremption absente ou illisible ;
  • des promesses comme “protection totale” ou “protection toute la journée” ;
  • un indice très élevé présenté de manière fantaisiste ;
  • un prix anormalement bas pour une protection annoncée comme très performante ;
  • des informations peu claires sur le fabricant ou le pays de distribution.

Un seul détail ne suffit pas toujours à condamner un produit. Mais si plusieurs signaux s’accumulent, mieux vaut ne pas prendre de risque, surtout pour un enfant, une peau claire ou une exposition forte.

Que Choisir avait déjà alerté sur des crèmes solaires visage en 2024

Cette nouvelle alerte de 2026 fait écho à une précédente enquête publiée par l’UFC-Que Choisir en avril 2024.

À l’époque, l’association avait testé 13 crèmes solaires pour le visage affichant des indices SPF 50 ou 50+. Le test portait sur le niveau de protection contre les UVA et les UVB, la composition chimique, les risques pour l’utilisateur, l’impact environnemental et les allégations présentes sur les emballages.

Résultat : plus d’un tiers des produits analysés étaient jugés insuffisamment protecteurs. Certaines références affichées SPF 50 ou 50+ n’atteignaient en réalité qu’un niveau de protection équivalent à un SPF 30.

Parmi les références citées à l’époque figuraient notamment :

  • Lancaster Sun Sensitive Luminous Tan ;
  • Vichy Capital Soleil crème onctueuse protectrice ;
  • Biotherm crème solaire waterproof indice 50 ;
  • Rituals crème solaire invisible visage ;
  • ISDIN Fotoprotector Fusion Water Color Light SPF 50.

Ces produits avaient été pointés pour un écart entre la protection annoncée et la protection réellement mesurée en laboratoire.

Il faut toutefois rester prudent : les formules peuvent évoluer, les lots peuvent changer et un test publié en 2024 ne signifie pas forcément que tous les produits vendus aujourd’hui sont identiques. Mais cette enquête montre un problème de fond : l’indice affiché sur un tube ne suffit pas toujours à garantir une protection réelle.

Une mauvaise crème solaire peut être plus dangereuse qu’on ne le croit

Une crème solaire inefficace peut être particulièrement dangereuse parce qu’elle rassure à tort.

Quand on ne met pas de crème, on sait que l’on est exposé. Quand on applique une crème solaire censée être très protectrice, on peut avoir tendance à rester plus longtemps au soleil. C’est là que le risque augmente.

Les UV peuvent provoquer des coups de soleil, des brûlures, un vieillissement prématuré de la peau, des taches pigmentaires et des lésions cellulaires. À long terme, l’exposition excessive aux UV augmente aussi le risque de cancers de la peau.

Les enfants sont particulièrement vulnérables. Leur peau est plus fragile et les coups de soleil pendant l’enfance peuvent avoir des conséquences plus tard. Pour eux, la crème solaire doit toujours être associée à des vêtements couvrants, un chapeau, des lunettes et de l’ombre.

Peut-on utiliser une crème solaire de l’an dernier ?

C’est une question que beaucoup de familles se posent avant de partir en vacances : peut-on réutiliser une crème solaire ouverte l’été précédent ?

La réponse dépend de son état, de sa date de péremption et de la manière dont elle a été conservée.

Une crème solaire laissée dans une voiture, dans un sac de plage, sur une terrasse ou en plein soleil peut perdre en efficacité. La chaleur peut altérer la texture du produit et fragiliser ses filtres.

Avant de la réutiliser, il faut vérifier :

  • la date de péremption ;
  • le symbole du pot ouvert avec une mention du type “12M” ou “6M” ;
  • l’odeur ;
  • la couleur ;
  • la texture.

Si la crème sent mauvais, si elle est devenue liquide, granuleuse, épaisse, séparée en deux phases ou si sa couleur a changé, mieux vaut la jeter. Une crème solaire douteuse ne doit pas être utilisée “pour ne pas gâcher”, surtout chez les enfants.

Comment choisir une crème solaire vraiment fiable ?

Pour limiter les mauvaises surprises, mieux vaut acheter sa crème solaire dans des circuits de distribution connus : pharmacie, parapharmacie, grande surface, magasin spécialisé ou site marchand reconnu.

Il est conseillé de choisir un indice adapté à son exposition. Pour une exposition forte, une peau claire, un enfant, une randonnée, une journée à la plage ou des vacances au soleil, un SPF 50 ou 50+ reste le choix le plus prudent.

Il faut aussi vérifier que la protection contre les UVA est clairement indiquée. Une bonne crème solaire doit être lisible, complète et compréhensible. Le consommateur doit pouvoir identifier facilement le type de protection, le fabricant, les précautions d’emploi et la durée d’utilisation après ouverture.

Si l’emballage donne l’impression de cacher des informations, mieux vaut passer son chemin.

Les bons gestes pour éviter les coups de soleil

Même avec une bonne crème solaire, la protection repose sur plusieurs gestes.

L’Institut national du cancer recommande d’appliquer une crème solaire indice 50 anti-UVB et anti-UVA sur les parties découvertes du corps, notamment le visage, les mains et les avant-bras. L’application doit être renouvelée toutes les deux heures, ainsi qu’après la baignade ou une activité qui fait transpirer.

Mais la crème solaire ne suffit pas. Il faut aussi :

  • éviter l’exposition entre 12 h et 16 h ;
  • rechercher l’ombre dès que possible ;
  • porter un chapeau à larges bords ;
  • mettre des lunettes de soleil filtrantes ;
  • porter des vêtements couvrants ;
  • protéger particulièrement les enfants ;
  • ne jamais exposer directement les bébés au soleil ;
  • remettre de la crème après chaque baignade, transpiration ou essuyage.

La bonne protection solaire, ce n’est pas seulement un tube dans un sac de plage. C’est une combinaison de gestes.

Ce qu’il faut retenir avant d’acheter une crème solaire

La nouvelle alerte de Que Choisir rappelle que toutes les crèmes solaires ne se valent pas. Certains produits vendus à bas prix sur Temu, Shein ou AliExpress afficheraient une protection très rassurante, mais ne protégeraient pas suffisamment en réalité.

Avant d’acheter, il faut regarder au-delà du prix et du SPF écrit en gros sur le tube. La présence d’une protection UVA, la clarté de l’étiquette, l’identité du vendeur, la date de péremption et la cohérence des promesses sont des indices importants.

En matière de soleil, la vraie bonne affaire n’est pas la crème la moins chère. C’est celle qui protège vraiment.

 

 

 

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Sophie Madoun