De nombreuses études menées par la Communauté des Allergologues, entre autres organismes, ont révélé que nous passions près de 80 % de notre temps journalier en intérieur, qu’il s’agisse de son logement, de son bureau, de magasins et autres lieux fermés ou semi-fermé. Il a été évalué que l’air intérieur était 5 fois plus pollué que l’air extérieur. Raison pour laquelle, il est souvent rappelé qu’il est important d’aérer régulièrement son habitat. Entretien avec le Docteur Fabien Squinzai*.

Quels sont les principaux effets délétères sur la santé quand notre habitation est polluée ?

Docteur Fabien Squinazi :

La gravité est variable et les impacts progressifs.

On peut les classer en 3 groupes :

– Irritation des yeux ou de la gorge. Ces sentiments de gène est un système d alerte pour prendre les mesures idoines.
– Maladies allergiques respiratoires. Elles sont dus aux acariens, aux animaux domestiques, à la pollution chimique. Nous trouvons aussi les phénomènes infectieux. Enfin, des problèmes d’intoxication au monoxyde de carbone peuvent apparaître.
– Pathologies à plus long terme dus à des substances cancérigènes, respiratoires chroniques

Du fait de cette concentration intérieure l’impact est non négligeable sur la santé. Surtout pour les jeunes enfants, les personnes âgées, les asthmatiques,…

des médecins allergologues se préoccupant de la qualité de l’air intérieur et de trouver leurs conseils sur www.monair.info

Quelles sont les mesures à prendre pour limiter la pollution de l’air intérieur ?

Docteur Fabien Squinazi : Il y a 3 mesures :

  • Choisir des matériaux (parquet, peinture, colle, moquette,..) dont l’innocuité à été prouvée. depuis septembre 2013 il y a un étiquetage (A+, A, B et C) pour s’assurer de la non dangerosité. A+ étant le moins polluant et C le plus). Hélas cela n’existe pas encore pour les meubles ni les produits ménagers. Et l’on espère que ce même étiquetage verra rapidement le jour. Mais pour les produits ménagers, il est aisé de les choisir en connaissance de cause.
  • Évitez aussi de fumer, de faire bruler de l’encens, des bougies pour éviter les polluants.
  • Dépoussiérez avec un linge humide, nettoyer votre literie.
  • Renouveler l’air de la maison en aérant matin et soir afin d’évacuer les polluants qui ce sont accumulés.

Que pensez-vous des purificateurs d’air ? Si vous pensez que certains d’entre eux sont efficaces comment bien les choisir ?

Docteur Fabien Squinazi : En complément des mesures présentées le purificateur d’air peut aider, surtout les personnes sensibles ;
Il existe deux sortes de purificateurs d’air : ceux qui filtrent et ceux qui détruisent les polluants. Depuis 2011, il y a des normes qui permettent de vérifier leur sécurité. Les purificateurs d’air à filtres sont moins à risques.

Que pensez-vous des plantes dépolluantes ?

Docteur Fabien Squinazi : La conclusion de l’observatoire de l’air intérieur n’a pas démontré, en situation réelle, quelles pouvaient avoir un effet sur la qualité de l’air.

Quels sont les coûts de la pollution intérieur?

Docteur Fabien Squinazi : Depuis quelques années, on commence à avoir des études. en 2014, l’OMS a publié le nombre de 7 millions de décès prématurés au niveau mondial.
L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a étudié les 6 polluants classiquement trouvés dans nos habitats et a estimé à 19 millions d’euros le coût pour la collectivité de la pollution intérieure.
Le Ministère de l’Environnement a fait paraitre une étude en avril 2015 montrant que le coût des maladies respiratoire (bronchite chronique, asthme, cancer,..) se chiffrait à 1 milliard d’euros.

En terme d’absentéisme, les américains qui se plaignent de l’air intérieur ; appelé syndrome des bâtiments malsains ; s’élève à 20 milliards d’euros. En 2013, le Ministère de la Santé Fiançais a évalué ce coût de 10 à 40 milliards d’euros.

Les États-Unis estiment qu’ils pourraient gagner 17 milliards de dollars si les bureaux n’étaient pas pollués.

La pollution intérieure est un enjeu sanitaire et économique important. Des solutions existent. Le plan santé d’action de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur vise l’étiquetage de l’ameublement et des produits ménagers. Un certain nombre d’action doit être mise en place dans les années à venir. Les personnes peuvent faire des choses elles-mêmes pour ne pas dégrader la qualité de l’air.

 

Docteur Fabien Squinazi
Ancien Directeur du Laboratoire d’hygiène de la ville de Paris
Membre du Haut Conseil de la Santé Publique (Commission spécialisée Risques liés à l’Environnement)
Membre de l’Observatoire de la Qualité de l’Air Intérieur (Conseil scientifique)
Membre correspondant de l’Académie Nationale de Pharmacie (Groupe Projet Santé Environnement)
Membre du Collège d’experts de l’ARCAA

 

 

 

Entretien réalisé par Sophie Madoun