Le 1er septembre 2026 à 19 h 30, la Tour Eiffel scintillera pour la première fois en soutien à Septembre Rouge. Ce spectacle lancera un mois entier de mobilisation contre les cancers du sang, qui représentent environ 45 000 nouveaux diagnostics par an en France, soit près de cinq chaque heure. Leucémies, lymphomes, myélomes, néoplasies myéloprolifératives… Que recouvrent ces maladies et quels signes ne faut-il pas laisser traîner ?

Septembre Rouge 2026 : toutes les informations à retenir

  • Dates de la campagne : du 1er au 30 septembre 2026
  • Édition : cinquième édition anniversaire
  • Lancement : scintillement de la Tour Eiffel le 1er septembre à 19 h 30
  • Particularité : première participation de la Tour Eiffel à Septembre Rouge
  • Organisateur : association Vivre avec une NMP
  • Parrain 2026 : Benjamin Duhamel
  • Haut patronage : Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées
  • Partenaire : Fédération française pour le don de sang bénévole
  • Soutiens : Institut national du cancer, Inserm, Société française d’hématologie, Établissement français du sang et Institut de la leucémie
  • Mobilisation : métropole, Outre-mer et international
  • Recherche : soutien à la bourse du France Intergroupe des syndromes myéloprolifératifs

Pourquoi la Tour Eiffel scintillera-t-elle à 19 h 30 ?

Ce mardi 1er septembre, les lumières de la Dame de fer porteront un message qui dépasse largement la magie parisienne. À 19 h 30, la Tour Eiffel scintillera pour ouvrir la cinquième édition de Septembre Rouge 2026, la campagne nationale de sensibilisation aux cancers du sang.

C’est la première fois que le monument parisien offre son scintillement à cette mobilisation créée en 2022. Un symbole visible bien au-delà de Paris, choisi pour sortir de l’ombre des maladies dont les noms restent parfois difficiles à comprendre, mais qui concernent des milliers de patients et de familles.

Pendant tout le mois de septembre, professionnels de santé, chercheurs, associations, institutions et citoyens seront invités à mieux faire connaître ces cancers, leurs manifestations et les besoins des personnes malades.

Près de cinq nouveaux diagnostics chaque heure en France

Chaque année, environ 45 000 personnes sont diagnostiquées d’un cancer du sang en France, ce qui représente près de cinq nouveaux cas chaque heure.

Cette estimation provient d’une étude publiée par Santé publique France. En 2018, le nombre de nouveaux cas d’hémopathies malignes en France métropolitaine était estimé à 45 000 : 25 000 chez les hommes et 20 000 chez les femmes.

Ces maladies représentaient alors près de 12 % de l’ensemble des nouveaux cancers. Autrement dit, plus d’un cancer diagnostiqué sur dix appartient à cette grande famille.

Le chiffre de 45 000 repris par Septembre Rouge ne correspond donc pas à un comptage effectué en 2026, mais à la dernière estimation nationale globale de référence citée par la campagne.

Malgré leur fréquence, les cancers du sang restent beaucoup moins identifiés par le grand public que les cancers du sein, du poumon, de la prostate ou du côlon. C’est cette méconnaissance que Septembre Rouge souhaite combattre.

Leucémie, lymphome, myélome : que recouvrent les cancers du sang ?

L’expression « cancer du sang » ne désigne pas une maladie unique. Elle regroupe de nombreuses pathologies dont l’évolution, les traitements et le pronostic peuvent être très différents.

Selon l’Institut national du cancer, les cancers hématologiques apparaissent dans la moelle osseuse, où sont fabriqués les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes, ou dans certains organes du système lymphatique, notamment les ganglions et la rate.

On distingue principalement trois grandes familles :

  • les leucémies, qui touchent les cellules produites par la moelle osseuse et circulant dans le sang ;
  • les lymphomes, qui se développent à partir des lymphocytes, des cellules participant aux défenses immunitaires ;
  • les myélomes, qui concernent des globules blancs particuliers appelés plasmocytes.

À ces grandes familles s’ajoutent d’autres maladies, comme les syndromes myélodysplasiques et les néoplasies myéloprolifératives, ou NMP.

Ces dernières comprennent notamment la polyglobulie de Vaquez, la thrombocytémie essentielle et la myélofibrose. Certaines peuvent évoluer lentement durant plusieurs années et nécessiter une surveillance régulière, tandis que d’autres formes de cancers du sang demandent une prise en charge beaucoup plus rapide.

Pourquoi certains cancers du sang passent-ils inaperçus ?

Contrairement à de nombreux cancers dits « solides », les cancers du sang ne forment pas nécessairement une masse localisée que l’on pourrait voir ou sentir. Certains sont découverts fortuitement lors d’une prise de sang réalisée pour un bilan de santé ou pour une autre raison.

Leurs manifestations peuvent également ressembler à celles de maladies courantes. Une fatigue, un ganglion gonflé ou des sueurs nocturnes peuvent avoir de nombreuses origines sans aucun rapport avec un cancer.

Ce qui doit attirer l’attention, c’est surtout le caractère inhabituel, persistant ou inexpliqué de certains symptômes.

Les symptômes à ne pas laisser traîner lorsqu’ils persistent

Les manifestations possibles varient selon le type de cancer du sang et son stade d’évolution. Elles peuvent notamment comprendre :

  • une fatigue inhabituelle qui ne s’améliore pas avec le repos ;
  • une pâleur, un essoufflement ou des vertiges pouvant être liés à une anémie ;
  • des infections répétées ou une fièvre sans cause clairement identifiée ;
  • des bleus nombreux, des saignements inhabituels ou de petites taches rouges sous la peau ;
  • un ou plusieurs ganglions gonflés et persistants, notamment dans le cou, sous les aisselles ou au niveau de l’aine ;
  • des sueurs nocturnes importantes ;
  • une perte de poids ou d’appétit inexpliquée ;
  • des douleurs osseuses ou des fractures inhabituelles dans certaines formes de myélome.

L’Institut national du cancer cite notamment, parmi les manifestations possibles d’un lymphome, l’augmentation persistante d’un ou plusieurs ganglions, la fatigue, la fièvre, les sueurs nocturnes et la perte de poids.

La présence d’un seul de ces signes ne signifie évidemment pas que l’on souffre d’un cancer. En revanche, un symptôme qui persiste, s’aggrave, revient fréquemment ou reste sans explication mérite d’être signalé au médecin traitant.

Celui-ci pourra prescrire un hémogramme, c’est-à-dire une analyse des différentes cellules du sang, puis orienter si nécessaire vers un hématologue. Aucun symptôme ni aucune prise de sang isolée ne permet de poser soi-même un diagnostic.

Une cinquième édition anniversaire placée sous un haut patronage

La cinquième édition de Septembre Rouge est placée sous le haut patronage de Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées.

Cette reconnaissance institutionnelle marque une étape importante pour une campagne qui s’est progressivement développée depuis sa création en 2022.

Le journaliste Benjamin Duhamel, parrain de Septembre Rouge 2026, accompagnera la campagne et contribuera à porter son message auprès du grand public.

L’association Vivre avec une NMP organise cette édition en partenariat avec la Fédération française pour le don de sang bénévole, ou FFDSB.

La campagne bénéficie également du soutien de plusieurs institutions scientifiques et médicales de référence :

  • l’Institut national du cancer, ou INCa ;
  • l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, ou Inserm ;
  • la Société française d’hématologie, ou SFH ;
  • l’Établissement français du sang, ou EFS ;
  • l’Institut de la leucémie.

Une mobilisation en métropole, dans les Outre-mer et à l’international

Du 1er au 30 septembre 2026, des actions de sensibilisation, des conférences, des rencontres, des stands d’information et des événements solidaires seront organisés dans différentes villes.

Septembre Rouge sera déployé dans l’Hexagone, mais aussi à La Réunion, en Polynésie française, en Nouvelle-Calédonie et aux Antilles.

La campagne franchira également les frontières grâce à des relais et partenaires situés en Allemagne, en Australie, en Belgique, en Suisse, au Burkina Faso, au Québec et en Espagne.

Le programme et les lieux participants peuvent être suivis sur la carte de Septembre Rouge 2026, actualisée au fur et à mesure de la mobilisation.

Pourquoi le don de sang est-il important pour les patients ?

Sensibiliser aux cancers du sang, c’est aussi rappeler le rôle indispensable des donneurs.

La maladie elle-même ou certains traitements peuvent perturber la production des cellules sanguines. Selon leur situation, les patients peuvent alors avoir besoin de transfusions de globules rouges ou de plaquettes.

L’Établissement français du sang rappelle que les dons servent notamment à prendre en charge des personnes atteintes de leucémie, de lymphome, de myélome ou de myélodysplasie.

Le don de moelle osseuse peut également offrir une possibilité de traitement à certains malades. Contrairement à une idée encore répandue, la moelle osseuse n’est pas la moelle épinière. Il s’agit du tissu situé à l’intérieur des os qui fabrique les cellules du sang.

Toutes les personnes atteintes d’un cancer du sang n’ont toutefois pas besoin d’une greffe. Celle-ci est proposée dans certaines situations précises, en fonction de la maladie, de son évolution et du profil du patient.

Une bourse pour financer la recherche sur les NMP

Dans le cadre de Septembre Rouge 2026, l’association Vivre avec une NMP s’associe à la bourse pour la recherche du France Intergroupe des syndromes myéloprolifératifs, ou FIM.

Créé en 2008, ce groupe coopératif national réunit des médecins, des biologistes et des chercheurs impliqués dans la compréhension, le diagnostic et le traitement des néoplasies myéloprolifératives.

Les dons collectés contribueront au financement de la recherche sur la polyglobulie de Vaquez, la thrombocytémie essentielle, la myélofibrose et les autres syndromes myéloprolifératifs.

Une collecte au profit de la recherche du FIM est ouverte par l’association.

Qui est l’association Vivre avec une NMP ?

Créée en 2021, Vivre avec une NMP est une association de patients consacrée aux personnes atteintes de néoplasies myéloprolifératives ainsi qu’à leurs proches.

Elle informe sur ces cancers du sang rares, accompagne les patients, soutient la recherche et contribue à améliorer la reconnaissance de ces maladies auprès du grand public, des professionnels et des décideurs.

L’association est à l’origine de Septembre Rouge, dont la première édition a été lancée en 2022.

Le 1er septembre, le scintillement de la Tour Eiffel ne durera que quelques minutes. Mais le message porté par Septembre Rouge 2026 devra rester visible bien plus longtemps : les cancers du sang ne sont ni anecdotiques ni exceptionnels. Les connaître, savoir repérer des manifestations inhabituelles et soutenir les patients constitue déjà une première manière d’agir.

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Sophie Madoun