La santé mentale des jeunes se dégrade. Pression scolaire, réseaux sociaux, climat, avenir, anxiété des adultes : pourquoi les enfants portent parfois une angoisse qui n’est pas la leur.
La santé mentale des jeunes ne se joue pas seulement dans leur tête. Elle se construit aussi dans le monde qu’ils regardent : inquiétude des adultes, pression scolaire, réseaux sociaux, climat anxiogène, avenir incertain. Beaucoup d’enfants portent une angoisse qu’ils n’ont pas fabriquée seuls.
Santé mentale des jeunes, harcèlement scolaire, violences entre adolescents, réseaux sociaux, mal-être adolescent, dépression chez les jeunes, pensées suicidaires : les nouveaux chiffres de Santé publique France racontent bien plus qu’un état des lieux sanitaire. Ils dessinent le portrait d’une génération qui grandit dans une société saturée d’inquiétudes, d’images violentes, de faits divers anxiogènes et de pressions permanentes.
Les enfants ne grandissent pas dans une bulle. Ils entendent parler de collégiens armés, d’agressions filmées, de harcèlement, d’attaques au couteau, de violences sexuelles, de guerres, de crise climatique, de réseaux sociaux où tout se compare, tout s’expose et tout peut humilier en quelques secondes.
Santé mentale des jeunes : des chiffres qui disent autre chose qu’un simple malaise adolescent
Selon l’enquête EnCLASS 2024, 70 % des collégiens et 63 % des lycéens déclarent un bon niveau de bien-être mental, en hausse par rapport à 2022. Mais derrière cette amélioration apparente, les signaux restent lourds : 45 % des collégiens de 6e, 5e et 4e rapportent des plaintes psychologiques répétées, 19 % des lycéens présentent un risque important de dépression, 20 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires au cours des douze derniers mois et 15 % disent avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie.
Chez les plus jeunes aussi, l’alerte existe. L’étude Enabee estime que 13 % des enfants de 6 à 11 ans présentent au moins un trouble probable de santé mentale. Dans le détail : 5,6 % présentent probablement un trouble émotionnel, 6,6 % un trouble oppositionnel et 3,2 % un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité.
Comme le souligne Santé publique France, les études Enabee et EnCLASS offrent « un panorama unique sur la santé mentale des jeunes, de l’enfance à l’adolescence ». Et la formule est essentielle : la santé mentale des enfants et des adolescents est désormais « l’affaire de tous ».
Santé mentale des jeunes : les chiffres s’améliorent mais l’alerte reste sérieuse
À première lecture, les résultats de Santé publique France peuvent ressembler à une bonne nouvelle. Après la dégradation marquée observée entre 2018 et 2022, certains indicateurs s’améliorent. Le bien-être mental des adolescents progresse. Le sentiment de solitude recule. Les jeunes déclarent un peu moins souvent certaines souffrances qu’au moment le plus dur de l’après-Covid.
Mais ce serait une erreur de conclure que tout va bien.
En 2024, 82 % des collégiens et 78 % des lycéens se perçoivent en bonne ou excellente santé. 80 % des collégiens et 72 % des lycéens se disent satisfaits de leur vie actuelle. Pourtant, ces indicateurs restent en baisse par rapport à 2018.
Le tableau est donc contrasté. Les jeunes vont parfois mieux qu’en 2022, mais ils ne sont pas sortis de la zone d’alerte. La souffrance psychique des adolescents reste installée, particulièrement chez les filles et chez certains lycéens.
Chez les collégiens, les plaintes les plus fréquentes sont la nervosité à 32 %, l’irritabilité à 29 % et le sentiment de déprime à 21 %. Chez les lycéens, le risque important de dépression concerne 19 % des élèves, avec des symptômes très concrets : manque d’énergie à 58 %, difficultés de concentration à 44 % et sentiment de découragement à 42 %.
Ce ne sont pas de simples états d’âme. Ce sont des signaux de mal-être adolescent qui durent, se répètent et finissent parfois par abîmer la scolarité, les relations, le sommeil, l’image de soi, le rapport au corps et la confiance dans l’avenir.
Pourquoi les enfants absorbent l’angoisse des adultes ?
Un enfant ne comprend pas toujours tous les mots des adultes, mais il comprend l’ambiance.
Il sent quand ses parents ont peur. Il entend quand on parle d’un drame à l’école. Il voit les visages se fermer devant une notification. Il comprend qu’un prénom d’enfant dans l’actualité n’est jamais bon signe. Il perçoit l’inquiétude autour des réseaux sociaux, des sorties, des trajets, des mauvaises rencontres, des groupes de classe, des vidéos qui circulent.
Depuis plusieurs mois, les faits divers impliquant des mineurs ou touchant des enfants sont devenus obsédants. Des attaques dans des établissements scolaires, des agressions entre adolescents, des violences filmées, des affaires de pédocriminalité ou des disparitions d’enfants occupent régulièrement l’espace public.
Ces drames ne résument évidemment pas la jeunesse française. Il faut le dire avec force : la souffrance psychique ne rend pas violent. La grande majorité des jeunes en souffrance ne sont pas dangereux. Et tous les actes violents commis par des mineurs ne relèvent pas d’un trouble de santé mentale.
Mais ces faits disent quelque chose d’un climat. Une société où les adultes parlent de mineurs ultra-violents, d’attaques au couteau, de harcèlement scolaire, de cyberharcèlement, de pédocriminalité, de crise de l’école et de réseaux sociaux dangereux est une société dont les enfants finissent par absorber une partie de la peur.
Lyhanna, Maëlys, Lola : quand les drames d’enfants deviennent des traumatismes collectifs
Certaines affaires dépassent le fait divers. Elles touchent la société dans ce qu’elle a de plus sensible : l’enfance.
L’affaire Lyhanna a bouleversé la France. Cette collégienne de 11 ans a disparu dans le Gers. Un corps sans vie portant des vêtements similaires à ceux de la fillette a ensuite été retrouvé. Un homme adulte, père d’une amie de l’enfant, a été mis en cause dans l’enquête.
À ce stade, la prudence reste indispensable : une enquête judiciaire n’est pas un procès achevé, et les qualifications pénales doivent être établies par la justice. Mais pour les familles, l’effroi est déjà là : le danger peut parfois venir d’un adulte connu, d’un proche, d’un entourage en apparence familier.
Ces affaires réactivent des angoisses très profondes. Maëlys. Lola. Lyhanna. Des prénoms d’enfants deviennent des symboles nationaux. Ils rappellent aux parents que protéger un enfant ne consiste pas seulement à regarder des notes, des horaires ou un téléphone. C’est aussi parler de consentement, de corps, de secret dangereux, de prédation sexuelle, de signalement, de confiance, de droit de dire non.
La pédocriminalité n’est pas seulement une affaire judiciaire. C’est aussi un sujet de santé mentale des enfants. Lorsqu’un pays découvre qu’un enfant aurait pu être approché, enlevé ou agressé par un adulte de son environnement, quelque chose se fissure dans l’imaginaire collectif : l’idée que les enfants sont spontanément protégés parce qu’ils sont entourés.
Il ne faut pas élever les enfants dans la terreur. Mais il faut leur donner des repères simples.
Ton corps t’appartient.
Un adulte n’a pas le droit de te demander un secret qui te fait peur.
Tu peux toujours parler, même si tu as honte.
Si quelqu’un te menace, c’est lui qui est en tort.
Tu ne seras pas puni parce que tu demandes de l’aide.
Ces phrases ne traumatisent pas les enfants. Elles les protègent.
Harcèlement scolaire : une violence qui commence parfois très tôt
Le harcèlement scolaire n’est pas une simple histoire d’enfants qui se chamaillent. C’est une mécanique de domination. Un groupe contre un seul. Une répétition. Une peur. Une honte. Une perte de confiance.
Santé publique France indique que, chez les enfants de 6 à 11 ans, le fait d’être probablement victime de harcèlement de la part d’autres enfants est associé à la présence plus fréquente d’au moins un trouble probable de santé mentale. Le rapport insiste toutefois sur un point important : ces associations ne doivent pas être lues comme des causalités automatiques.
Cela veut dire une chose très simple : on ne peut pas affirmer qu’un facteur provoque directement un trouble. Mais on peut repérer des contextes de vulnérabilité, des situations où l’enfant a davantage besoin d’attention, de protection et de soutien.
Dans l’étude Enabee, 10,3 % des enfants de l’échantillon sont considérés comme victimes probables de harcèlement par d’autres enfants selon le parent ou l’enseignant.
Derrière ce chiffre, il y a des enfants qui traînent des pieds le matin. Des enfants qui inventent un mal de ventre pour éviter l’école. Des enfants qui ne veulent plus aller au centre de loisirs. Des enfants qui disent “ça va” parce qu’ils ont peur que parler aggrave les choses.
Cyberharcèlement : quand la violence ne s’arrête plus à la sortie des cours
Avant, un enfant pouvait parfois respirer en rentrant chez lui. La cour de récréation restait derrière la grille.
Aujourd’hui, le téléphone suit l’enfant partout.
Une moquerie peut devenir une capture d’écran. Une rumeur peut circuler dans un groupe. Une photo peut être détournée. Une vidéo intime peut être partagée. Une agression peut être filmée. Une humiliation peut être rejouée à l’infini.
Pour un adolescent, être humilié devant un groupe est déjà violent. Être humilié devant une caméra, puis voir cette humiliation circuler, peut devenir dévastateur.
Le cyberharcèlement transforme la chambre en prolongement de la cour. Il entre dans le lit, dans les vacances, dans les repas de famille, dans les nuits. Il fabrique une présence permanente de la menace.
C’est pourquoi la santé mentale des adolescents ne peut plus être pensée sans les réseaux sociaux. Pas parce que les écrans expliqueraient tout. Mais parce qu’ils amplifient parfois ce qui existait déjà : exclusion, moquerie, domination, sexualisation, comparaison, honte.
Les adolescentes paient un prix plus lourd
Les données de Santé publique France sont nettes : les filles ont globalement une santé mentale moins favorable et un niveau de bien-être mental moins élevé que les garçons. Les écarts s’accentuent au cours du secondaire.
Chez les collégiennes de 6e, 5e et 4e, 59,9 % rapportent au moins une plainte psychologique répétée, contre 30,5 % des garçons. Les filles déclarent davantage de déprime, d’irritabilité, de nervosité et parfois d’agitation intérieure.
Au lycée, le risque important de dépression atteint 25,7 % chez les filles, contre 11,7 % chez les garçons. Santé publique France précise que la hausse se poursuit chez les filles depuis 2018 et qu’elle augmente aussi chez les garçons depuis 2022. Ce risque dépressif ne doit pas être réduit à une humeur passagère : il peut traduire un mal-être installé, surtout lorsqu’il s’accompagne de troubles du sommeil, d’insomnie, de repli ou d’une perte durable d’élan.
Pourquoi les filles sont-elles si exposées ? Il n’y a pas une seule explication. Mais plusieurs pressions s’additionnent : image du corps, sexualisation précoce, peur du rejet, réputation, diffusion d’images intimes, violences sexistes, comparaison permanente, charge émotionnelle, harcèlement, réseaux sociaux.
Une adolescente doit souvent tout gérer en même temps : réussir scolairement, être sociable, être jolie sans être jugée, être visible sans être trop exposée, avoir confiance sans paraître arrogante, se protéger sans passer pour paranoïaque.
Ce n’est pas une fragilité individuelle. Ce n’est pas non plus une faiblesse comportementale ou un manque de volonté. C’est une pression sociale qui peut peser sur le corps, l’estime de soi, les apprentissages, la confiance et le développement cognitif.
Dès 6 ans, certains enfants portent déjà trop
Il serait faux de croire que la santé mentale des jeunes commence au collège. L’étude Enabee montre que des fragilités sont déjà visibles chez les enfants de 6 à 11 ans.
Santé publique France identifie plusieurs caractéristiques associées à la présence plus fréquente d’au moins un trouble probable : sexe masculin de l’enfant, complications médicales déclarées pendant la grossesse, maladie chronique, difficultés scolaires, événements difficiles comme un deuil, une agression ou un placement à l’Aide sociale à l’enfance, anxiété probable du parent répondant, faible soutien social, parents séparés ou climat conflictuel, situation financière difficile, harcèlement probable et pénibilité ou inquiétude importantes liées au Covid-19.
Ce passage est essentiel : cela ne veut pas dire qu’un enfant qui vit une séparation, un deuil, une maladie chronique ou des difficultés scolaires ira forcément mal. Santé publique France rappelle que l’étude ne permet pas d’établir une relation causale. Elle permet d’identifier des associations, donc des contextes de vigilance. Autrement dit, il ne s’agit pas de poser un diagnostic à distance, mais de mieux repérer les enfants qui peuvent être plus vulnérables.
Mais cela confirme une évidence souvent oubliée : un enfant vit dans un écosystème. Sa santé mentale dépend aussi de l’école, de la famille, des pairs, des écrans, du sommeil, des événements de vie, du corps, de la sécurité affective et des adultes disponibles autour de lui.
Certains enfants peuvent être souffrants sans le dire clairement. Chez eux, la détresse passe parfois par le silence, le retrait, les pleurs, l’agressivité, l’opposition, les difficultés scolaires ou des changements de conduite. Ces signes ne veulent pas dire qu’il y a forcément des troubles mentaux ou un problème psychiatrique, mais ils justifient une attention réelle. Quand la souffrance dure ou s’aggrave, un médecin, un psychologue ou un psychiatre peut aider à comprendre ce qui se joue.
Un enfant ne “craque” jamais dans le vide. Derrière certains troubles, il peut y avoir un traumatisme, une peur, une humiliation répétée, une insécurité, une violence subie, un conflit qui dure ou une accumulation de petites choses que les adultes n’ont pas toujours vues à temps.
Post-Covid : une génération qui n’a pas tout effacé
La pandémie n’est plus au centre des conversations mais elle n’a pas disparu de la vie psychique des enfants.
Santé publique France confirme que la pénibilité importante du confinement ou une inquiétude importante au sein du ménage pendant la pandémie sont associées à une présence plus fréquente d’au moins un trouble probable de santé mentale chez l’enfant.
Le Covid n’a pas seulement fermé les écoles. Il a coupé des liens. Il a augmenté les tensions familiales. Il a exposé certains enfants à l’isolement, à l’inquiétude économique, aux écrans, à la peur de contaminer, à l’incertitude.
On a demandé aux enfants de reprendre “normalement”. Mais tous n’ont pas repris au même endroit intérieurement.
EnCLASS montre une amélioration entre 2022 et 2024 qui pourrait être liée à la reprise des interactions sociales et scolaires altérées par la crise sanitaire. Mais cette amélioration coexiste avec des indicateurs encore préoccupants.
Les enfants ne sont pas fragiles par nature
On entend parfois : “Les jeunes d’aujourd’hui ne supportent plus rien.”
Cette phrase est fausse et injuste.
Les enfants d’aujourd’hui supportent beaucoup : des emplois du temps lourds, des réseaux sociaux sans pause, des classements permanents, des images violentes, des comparaisons de corps, des angoisses climatiques, des crises familiales, des informations anxiogènes, des humiliations publiques, des conversations d’adultes auxquelles ils sont exposés très tôt.
Ils ne sont pas fragiles par nature. Ils grandissent dans une société qui leur demande trop souvent d’être solides avant l’heure.
Santé mentale des jeunes : quels signes doivent alerter les parents ?
Il ne s’agit pas de transformer chaque humeur triste en diagnostic. Un adolescent peut être fermé, agacé, silencieux, insolent ou changeant sans être en danger.
Mais certains signes doivent alerter lorsqu’ils durent, s’accumulent ou marquent une rupture nette avec l’enfant d’avant.
Un changement brutal de comportement. Un isolement inhabituel. Une chute scolaire. Un refus répété d’aller en classe. Une peur d’un groupe. Une perte d’envie. Des propos sombres. Une honte persistante. Une rupture avec les amis. Une irritabilité intense. Une fatigue qui s’installe. Des difficultés de concentration. Un découragement répété. Une panique autour du téléphone. Une obsession de ce qui circule dans les groupes.
Certaines phrases doivent toujours être prises au sérieux : “Je sers à rien”, “personne ne m’aime”, “je voudrais disparaître”, “j’en peux plus”, “je ne veux plus retourner là-bas”.
L’objectif n’est pas de poser un diagnostic à la maison. L’objectif est de ne pas laisser l’enfant seul avec ce qui déborde.
Que faire concrètement quand un enfant ou un ado va mal ?
La première réponse n’est pas l’interrogatoire.
Ce n’est pas non plus la punition immédiate, la confiscation brutale du téléphone ou le “à ton âge, on n’a pas de problèmes”.
La première réponse, c’est ouvrir une porte.
On peut dire : “J’ai l’impression que quelque chose est lourd pour toi en ce moment. Tu n’es pas obligé de tout me dire maintenant, mais je suis là.”
Puis il faut regarder les lieux où la souffrance peut se fabriquer : école, groupes de messagerie, réseaux sociaux, trajets, sport, quartier, famille, adultes de l’entourage.
En cas de harcèlement scolaire ou de cyberharcèlement, il faut garder les preuves, noter les dates, conserver les messages, identifier les témoins, prévenir l’établissement et demander un rendez-vous clair avec le professeur principal, le CPE, la direction, l’infirmière scolaire ou le psychologue de l’Éducation nationale.
Si un enfant parle de mort, de disparition ou de suicide, il ne faut jamais minimiser. Il faut demander de l’aide.
Les solutions existent pour améliorer la santé mentale des jeunes
Santé publique France insiste sur le développement des compétences psychosociales en milieu scolaire. Ces compétences aident les enfants à identifier leurs émotions, demander de l’aide, résister à la pression du groupe, comprendre l’autre, gérer les conflits et prévenir les dynamiques de domination et de violence entre pairs.
L’Agence rappelle avoir contribué à la construction du kit empathie de l’Éducation nationale, généralisé à la rentrée 2024 dans les écoles maternelles et élémentaires.
Des programmes comme le Good Behavior Game ou le programme de soutien aux familles et à la parentalité sont aussi cités parmi les interventions de prévention. Santé publique France mentionne également des ressources comme CléPsy et Psycom, ainsi que Mon soutien psy, qui permet l’accès à un psychologue pour les enfants dès 3 ans.
Ces solutions ne règlent pas tout. Mais elles rappellent une chose essentielle : la prévention ne peut pas être seulement sécuritaire. Elle doit aussi être éducative, relationnelle, familiale, sociale et psychologique.
Santé mentale des jeunes : les numéros à connaître
Fil Santé Jeunes : 0 800 235 236. Ligne d’écoute pour les 12-25 ans, anonyme et gratuite, accessible 7 jours sur 7 de 9h à 23h.
3114 : numéro national de prévention du suicide, gratuit et confidentiel, accessible 24h/24 et 7j/7.
119 Enfance en danger : numéro national pour signaler une situation de danger ou de risque de danger concernant un enfant.
3018 : numéro national contre le harcèlement et les violences numériques.
Mon soutien psy : dispositif permettant l’accès à un psychologue pour les enfants dès l’âge de 3 ans.
Ce que les parents peuvent retenir
La santé mentale des jeunes n’est pas une mode. Ce n’est pas une faiblesse générationnelle. Ce n’est pas un caprice d’ados trop connectés.
C’est un sujet massif, documenté, qui commence parfois dès le primaire et s’aggrave souvent à l’adolescence.
Les enfants absorbent l’époque : les violences, les peurs, les images, les humiliations, les silences, les conflits, les écrans, les secrets, les drames d’enfants, les faits divers, les angoisses des adultes.
Mais ils absorbent aussi autre chose : les paroles justes, les adultes présents, les écoles attentives, les amis protecteurs, les repères clairs, les espaces d’écoute, les phrases qui ouvrent une porte.
Si les chiffres de Santé publique France disent une chose, c’est celle-ci : il ne suffit plus de constater le mal-être des adolescents. Il faut agir tôt, parler mieux, protéger davantage, repérer plus vite et ne jamais laisser un enfant seul avec une peur qu’il ne sait pas nommer.
Réponses à vos questions sur la santé mentale des jeunes
Réponses à vos questions sur la santé mentale des jeunes
Quels sont les signes d’un mal-être chez les enfants et les adolescents ?
Chez les enfants comme chez les adolescents, un changement brutal de comportement, un isolement inhabituel, une chute scolaire, un refus répété d’aller en classe, une peur d’un groupe, une perte d’envie, des propos sombres ou une rupture avec les amis peuvent alerter. Ces signes ne permettent pas de poser un diagnostic, mais ils doivent ouvrir le dialogue, surtout s’ils s’accompagnent de troubles du sommeil, d’un repli durable ou de troubles du comportement.
Pourquoi la santé mentale des jeunes inquiète-t-elle autant ?
Parce que les chiffres restent élevés malgré une amélioration de certains indicateurs. En 2024, 45 % des collégiens rapportent des plaintes psychologiques répétées, 19 % des lycéens présentent un risque important de dépression et 20 % déclarent des pensées suicidaires dans l’année. Ces données rappellent que les troubles psychiques peuvent apparaître tôt chez les enfants et les adolescents, puis parfois se prolonger jusqu’à l’âge adulte lorsqu’ils ne sont pas repérés.
Le harcèlement scolaire peut-il abîmer la santé mentale d’un enfant ?
Le harcèlement scolaire est associé à une présence plus fréquente d’au moins un trouble probable de santé mentale chez les enfants de 6 à 11 ans. Santé publique France rappelle toutefois que ces associations ne prouvent pas une causalité directe. Elles montrent surtout qu’un enfant exposé à des violences répétées peut devenir plus vulnérable sur le plan anxieux, relationnel, scolaire ou émotionnel.
Les réseaux sociaux aggravent-ils le mal-être adolescent ?
Ils peuvent amplifier certaines souffrances : comparaison permanente, humiliation publique, cyberharcèlement, diffusion d’images, pression du corps, peur de l’exclusion. Ils ne sont pas la seule cause du mal-être adolescent, mais ils peuvent prolonger la violence au-delà de l’école et favoriser certaines conduites à risque, notamment lorsqu’un élève se sent seul, exposé ou honteux.
Pourquoi les adolescentes sont-elles plus touchées par le mal-être ?
Les filles déclarent davantage de solitude, de plaintes psychologiques et un niveau de bien-être mental plus faible que les garçons. Les écarts s’accentuent au fil du secondaire. Plusieurs pressions peuvent s’additionner chez les adolescentes : image du corps, sexualisation précoce, comparaison permanente, réputation, violences sexistes, peur du jugement. Chez certaines, cela peut aussi se traduire par un comportement alimentaire perturbé, avec des situations d’anorexie ou de boulimie qui nécessitent une prise en charge adaptée.
Quand faut-il consulter un professionnel pour un enfant ou un adolescent ?
Il faut demander de l’aide lorsqu’un enfant ou un adolescent change brutalement, s’isole, parle de disparaître, ne dort plus, refuse l’école, semble envahi par la peur ou perd durablement l’envie de faire ce qu’il aimait. Un médecin, un psychologue, un pédopsychiatre ou un professionnel de psychiatrie peut aider à évaluer la situation. Une psychothérapie, une thérapie familiale ou un accompagnement ponctuel peuvent parfois éviter que la souffrance ne s’installe. Dans les situations les plus lourdes, une prise en charge psychiatrique peut être nécessaire.
Que faire si un adolescent parle de suicide ?
Il faut prendre ces paroles au sérieux, ne pas minimiser, ne pas laisser l’adolescent seul et demander de l’aide rapidement. Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, gratuit, confidentiel, accessible 24h/24 et 7j/7. Ce type de parole ne signifie pas forcément qu’un passage à l’acte est imminent, mais il indique toujours une souffrance qui mérite une réponse immédiate, humaine et professionnelle.
À partir de quel âge un enfant peut-il être accompagné psychologiquement ?
Le dispositif Mon soutien psy permet l’accès à un psychologue pour les enfants dès l’âge de 3 ans. Un accompagnement peut être utile bien avant l’adolescence, notamment en cas de peur persistante, de difficultés scolaires, de harcèlement, de deuil, de séparation familiale, de troubles du sommeil, de troubles du comportement ou de souffrance émotionnelle durable. L’objectif est d’aider l’enfant à ne pas rester seul avec ce qui déborde.
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