Affaire Lyhanna : comment protéger son enfant des pédophiles ? Corps qui change, regards d’adultes, réseaux sociaux, signalements, consentement : les repères essentiels pour les parents.

Comment protéger son enfant des pédophiles ? Après l’affaire Lyhanna, et dans le souvenir de Maëlys, Lola et d’autres drames, cette question traverse de nombreux parents. Dans le langage courant, on parle de pédophiles. En droit et dans les politiques de protection de l’enfance, on parle surtout de pédocriminalité, de violences sexuelles sur mineurs, d’agressions sexuelles ou de prédateurs sexuels. Mais pour les familles, l’inquiétude est immédiate : comment protéger ses enfants sans les enfermer dans la peur ?

Cette peur devient encore plus concrète quand le corps des adolescentes change parfois très tôt, alors qu’elles restent des enfants. Certaines jeunes filles ont 10, 12 ou 14 ans, un corps qui se transforme, mais pas encore les codes pour comprendre les regards insistants, les adultes ambigus, les compliments déplacés ou les situations qui les mettent mal à l’aise. C’est ce décalage, entre un corps qui grandit et une maturité encore fragile, qui bouleverse tant de parents aujourd’hui.

Pédophiles : comment protéger son enfant sans le terroriser ?

Parler de pédophiles à son enfant est l’une des conversations les plus difficiles pour un parent. On veut prévenir, protéger, éviter le pire. Mais on ne veut pas non plus installer la peur partout, ni faire croire à une fille, à un garçon, à un adolescent ou à une adolescente que le monde entier est dangereux.

La pédocriminalité commence rarement par quelque chose d’évident. Elle peut avancer par petites touches : une attention trop insistante, un secret demandé, une conversation qui glisse, un compliment déplacé, une photo réclamée, un rendez-vous proposé loin des adultes. C’est justement pour cela qu’il faut parler tôt, simplement, avec des mots clairs.

Protéger son enfant des pédophiles, ce n’est pas lui faire peur. C’est lui apprendre une règle essentielle : aucun adulte n’a le droit de l’isoler, de le culpabiliser, de lui demander un secret ou d’entrer avec lui dans une relation à caractère sexuel.

Lyhanna, Maëlys, Lola : pourquoi ces affaires de pédo-criminels touchent autant les parents ?

Certaines affaires de pédo-criminalité dépassent le fait divers. Elles deviennent des blessures collectives.

Maëlys, disparue lors d’un mariage en 2017, reste associée à l’idée d’une fête familiale transformée en cauchemar. Lola, 12 ans, tuée à Paris en 2022, a marqué durablement l’opinion par la violence du crime et par l’âge de la victime. L’affaire Lyhanna, dans le Gers, ravive aujourd’hui cette peur parentale immense : comment protéger son enfant des pédophiles, des prédateurs sexuels, des adultes dangereux, des situations ambiguës, mais aussi des failles possibles du système ?

Dans le dossier Lyhanna, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a jugé « tout à fait inacceptable » la procédure judiciaire concernant le suspect principal, déjà visé par des signalements et des plaintes, selon Le Parisien. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé, avec le ministre de la Justice, l’ouverture d’une enquête administrative pour comprendre le traitement d’une plainte déposée en août 2025 contre l’homme soupçonné dans l’affaire. Le suspect reste présumé innocent à ce stade.

C’est là que beaucoup de parents décrochent de la simple compassion pour entrer dans une peur beaucoup plus personnelle.

Ils ne se disent plus seulement : « Quelle horreur. »
Ils se disent : « Et si cela arrivait à mon enfant ? »
Ils se disent : « Comment puis-je savoir ? »
Ils se disent : « Qu’est-ce que je n’ai pas vu ? »

Cette peur dit quelque chose de profond : les parents savent qu’ils ne peuvent pas surveiller chaque trajet, chaque adulte, chaque message, chaque rencontre, chaque moment de la vie d’un adolescent. Ils savent aussi qu’un enfant peut croiser le danger dans un lieu ordinaire, au contact d’un adulte apparemment banal, dans la rue, dans l’entourage ou derrière un écran.

Elles ont un corps d’ado mais ce sont encore des enfants

Il y a une réalité que beaucoup de parents connaissent, surtout les mères de filles : le corps d’une adolescente peut changer très vite, parfois très tôt. Certaines petites filles entrent dans la puberté dès 10 ou 11 ans. Leur silhouette se transforme, leurs formes apparaissent, leur allure change. Mais dans leur tête, dans leur maturité, dans leur manière de comprendre le monde, ce sont encore des enfants.

Et c’est là que le malaise commence.

Car le regard de certains adultes, lui, ne respecte pas toujours cette frontière. Beaucoup de mères l’ont déjà vécu : marcher avec leur fille, encore très jeune, et sentir des regards insistants, déplacés, parfois franchement obscènes. Des regards d’hommes adultes posés sur un corps qui change, alors que l’enfant, elle, ne comprend pas forcément ce qui se joue.

Elle peut trouver cela bizarre, gênant, intrusif, sans avoir les mots pour l’expliquer. Elle ne mesure pas toujours la charge sexuelle que certains adultes projettent sur elle. Et c’est précisément là que la vigilance devient indispensable : un regard déplacé, une remarque sur son corps, une attention trop insistante, une proximité ambiguë ou une parole à caractère sexuel peuvent déjà signaler une limite franchie.

C’est une violence silencieuse. Une violence du regard. Une manière de sexualiser des filles qui ne sont pas des femmes, même si leur corps commence à leur ressembler.

La nature crée parfois un décalage cruel : le corps avance plus vite que la conscience, plus vite que l’expérience, plus vite que la capacité à repérer le danger. Une adolescente de 14 ou 15 ans peut attirer le regard d’adultes tout en restant profondément jeune, vulnérable, encore en construction.

Elle peut vouloir plaire sans comprendre ce que certains adultes cherchent. Elle peut confondre attention et intérêt, compliment et manipulation, proximité et emprise psychologique. Elle peut ne pas voir qu’un adulte franchit une limite parce qu’elle n’a pas encore les outils pour nommer ce qu’elle ressent.

C’est pour cela que parler de pédophiles, de pédo-criminalité et de protection des enfants ne peut pas se résumer à des slogans. Il ne suffit pas de dire « ton corps t’appartient », même si cette phrase est essentielle. Il faut aussi expliquer concrètement ce qu’un malaise peut vouloir dire, pourquoi un adulte n’a pas à commenter le corps d’une adolescente, pourquoi il n’a pas à chercher une complicité secrète avec une mineure, ni à glisser vers des propos sexuellement ambigus.

Un pédophile ou un adulte au comportement pédo-criminel ne commence pas toujours par un geste évident. Il peut avancer par petites touches : un compliment trop appuyé, une remarque déplacée, une conversation privée, une demande de secret, une tentative d’isolement. C’est ainsi que certains prédateurs sexuels installent une confusion, puis une pression.

L’enfant doit comprendre une chose simple : si un adulte la regarde, lui parle ou agit d’une manière qui la met mal à l’aise, ce malaise compte. Elle n’a pas besoin de tout analyser. Elle n’a pas besoin d’avoir les bons mots. Elle a le droit de s’éloigner, de refuser, de prévenir, de raconter.

Et surtout, elle doit savoir qu’elle ne sera pas jugée. Rien, jamais, ne rend un enfant responsable du regard d’un adulte, d’une tentative de manipulation, d’un abus sexuel, d’attouchements, de harcèlement sexuel ou d’un comportement pédo-criminel. La prévention sert précisément à cela : donner aux enfants des repères clairs avant qu’un adulte dangereux ne tente de les brouiller.

Pédo-criminalité : les chiffres qui obligent à regarder la réalité en face

La pédo-criminalité n’est pas un phénomène marginal. Elle n’est pas non plus limitée aux affaires médiatiques les plus terribles.

Selon les travaux de la CIIVISE, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, environ 160 000 enfants seraient victimes chaque année de violences sexuelles en France. La commission a publié en 2023 un rapport majeur consacré aux violences sexuelles faites aux enfants, avec 82 préconisations de politique publique pour mieux écouter, protéger et accompagner les victimes.

UNICEF France rappelle aussi une donnée glaçante : toutes les trois minutes, un enfant est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle en France. L’organisation estime également que 5,4 millions d’adultes déclarent avoir subi des violences sexuelles avant leurs 18 ans.

Ces chiffres changent le regard.

Ils montrent que le sujet ne concerne pas seulement les affaires exceptionnelles qui bouleversent les journaux télévisés. Il concerne aussi les silences, les secrets, les violences intrafamiliales, les agressions commises par des proches, les manipulations en ligne, les adultes qui utilisent la confiance des enfants pour les isoler.

Voilà pourquoi la question comment protéger son enfant des pédophiles ne relève pas seulement de la peur parentale. Elle relève d’un enjeu de société : écouter plus vite, croire davantage, relier les alertes, former les adultes, protéger les enfants avant qu’un drame ne vienne révéler ce qui aurait dû être vu plus tôt.

Comment protéger une adolescente d’un pédophile sans l’enfermer ?

Protéger une adolescente (ou d’un adolescent) d’un éventuel pédophile ne veut pas dire la surveiller comme une suspecte ni lui transmettre l’idée que le monde entier est dangereux. Cela veut dire lui donner des repères simples, répétés, solides.

Une adolescente doit savoir qu’elle peut dire non. Qu’elle peut partir. Qu’elle peut appeler. Qu’elle peut mentir à un adulte pour se dégager d’une situation gênante. Qu’elle peut envoyer un message même si elle a honte. Qu’elle ne sera pas grondée parce qu’elle a eu peur, parce qu’elle a répondu à quelqu’un, parce qu’elle s’est trompée, parce qu’elle n’a pas osé parler tout de suite.

C’est un point essentiel : un enfant qui craint d’être puni parle moins. Un enfant qui sait qu’il sera cru parle davantage.

La protection commence donc par une phrase très simple, à répéter souvent :

« Si quelqu’un te met mal à l’aise, même quelqu’un que l’on connaît, tu peux me le dire. Je ne te gronderai pas. Je t’aiderai. »

Cette phrase vaut pour un inconnu, un proche, un voisin, un adulte de confiance, un professeur, un entraîneur, un ami de la famille, une personne rencontrée en ligne. Elle ne désigne personne d’avance. Elle ouvre une porte.

Et pour une adolescente, cette porte doit rester ouverte tout le temps.

Ce qu’il faut dire à son enfant sans le terroriser

Le piège, avec la pédo-criminalité, c’est de vouloir tout dire d’un coup. On veut prévenir. On veut protéger. On veut secouer. Mais trop de peur peut produire l’effet inverse : l’enfant se ferme, banalise ou pense que le parent exagère.

Il vaut mieux parler simplement à son enfant (fille ou garçon).

Dire qu’un adulte n’a pas à demander un secret à un enfant. Dire qu’un adulte n’a pas à faire des compliments insistants sur son corps. Dire qu’un adulte n’a pas à réclamer une photo intime. Dire qu’un adulte n’a pas à isoler un enfant d’un groupe. Dire qu’un adulte n’a pas à proposer un rendez-vous caché. Dire qu’un adulte n’a pas à faire culpabiliser un enfant s’il refuse.

Il faut aussi rappeler qu’un danger peut commencer par quelque chose qui semble banal : une conversation, une flatterie, un cadeau, une confidence, une demande de discrétion.

Le mot clé, ici, c’est le malaise.

Un enfant n’a pas besoin de prouver qu’il a raison pour parler. S’il ressent un malaise face à un adulte, à un message, à un regard, à une demande ou à une situation, cela suffit pour venir chercher de l’aide. C’est une base essentielle pour protéger son enfant des pédophiles, des prédateurs sexuels et des adultes qui franchissent les limites.

Ce que les parents doivent expliquer très concrètement

Il faut parfois dire les choses sans détour, avec des mots adaptés à l’âge de sa fille ou de son fils.

Un adulte n’a pas à commenter ton corps.
Un adulte n’a pas à te demander de garder un secret.
Un adulte n’a pas à te faire des compliments qui te mettent mal à l’aise.
Un adulte n’a pas à t’écrire en privé comme s’il était ton ami.
Un adulte n’a pas à te demander une photo.
Un adulte n’a pas à te faire croire que tu es « plus mature que les autres ».
Un adulte n’a pas à te proposer un rendez-vous caché.
Un adulte n’a pas à te faire culpabiliser si tu refuses.
Un adulte n’a pas à te faire croire que tu lui dois quelque chose parce qu’il est gentil.

Et surtout :

Un adulte normal accepte les limites d’un enfant. Un adulte dangereux essaie de les déplacer.

Cette phrase devrait être dite, redite, adaptée, répétée à on enfant. Parce qu’elle donne un repère clair. Elle ne demande pas à l’enfant de devenir enquêteur. Elle lui apprend simplement à reconnaître une limite franchie, une situation d’emprise, un comportement intrusif, une demande anormale ou une pression qui n’a pas lieu d’être.

Réseaux sociaux, messages privés, jeux en ligne : le danger de la pédo-criminalité ne passe plus seulement par la rue

Pendant longtemps, les parents ont surtout pensé au trajet, à la sortie de l’école, à la voiture inconnue, au parc, au voisinage. Aujourd’hui, une partie du danger peut entrer directement dans la chambre d’un enfant par un téléphone.

Les prédateurs sexuels en ligne peuvent utiliser les réseaux sociaux, les messageries, les plateformes de jeux, les faux profils, les compliments, les promesses, les menaces ou le chantage affectif. Ils peuvent se faire passer pour un adolescent. Ils peuvent installer une relation progressive. Ils peuvent pousser l’enfant à garder le secret.

Là encore, l’objectif n’est pas de supprimer toute vie numérique. Ce serait irréaliste, surtout avec des adolescents. L’objectif est de poser des règles nettes.

Un compte privé. Pas d’ajout d’adultes inconnus. Pas de photo intime. Pas de rendez-vous avec une personne rencontrée en ligne. Pas de secret imposé par quelqu’un. Et surtout : possibilité de montrer un message gênant sans craindre une punition immédiate.

Car si la seule réponse parentale est : « Je te confisque ton téléphone », l’enfant risque de cacher la prochaine alerte.

Pour protéger son enfant des pédophiles et des prédateurs sexuels en ligne, le plus important est donc de garder une porte ouverte : l’enfant doit savoir qu’il peut montrer un message, raconter une gêne, signaler une pression ou dire qu’un adulte lui parle bizarrement sans être immédiatement puni ou privé de tout.

Signalements, plaintes, justice : la colère des parents face aux failles

L’affaire Lyhanna choque aussi parce qu’elle pose une question institutionnelle majeure : que deviennent les signalements ? Que deviennent les plaintes ? Que deviennent les alertes lorsqu’elles ne débouchent pas immédiatement sur une protection effective de l’enfant ?

La colère des familles ne vient pas seulement de la violence des faits. Elle vient du sentiment que des signaux peuvent exister sans que le système réagisse assez vite. Dans les affaires de pédophilie, de pédocriminalité ou de violences sexuelles sur mineurs, cette question devient insupportable : combien d’alertes faut-il pour qu’un enfant soit réellement mis à l’abri ?

Ce point est central.

Quand des parents entendent qu’un suspect avait déjà été visé par des signalements ou des plaintes, ils ne se demandent pas seulement ce qui s’est passé dans une affaire précise. Ils se demandent si les institutions protègent vraiment. Ils se demandent si la parole de l’enfant est prise au sérieux. Ils se demandent si les informations circulent correctement entre la justice, la police, les services sociaux, l’école et les adultes chargés de protéger les mineurs.

Il ne s’agit pas de condamner avant la justice. Il s’agit de poser une exigence collective : les alertes concernant des enfants doivent être traitées avec rapidité, coordination et gravité. Face aux prédateurs sexuels, aux adultes dangereux et aux situations d’emprise, la prudence juridique ne doit jamais devenir une lenteur qui laisse les familles seules avec leur peur.

Sur ce sujet, la prudence n’empêche pas la fermeté.

La vigilance parentale ne doit pas remplacer la responsabilité collective contre les pédophiles

On demande souvent aux parents d’être vigilants. C’est nécessaire. Mais cela ne peut pas suffire.

Les parents ne peuvent pas tout voir. Ils ne peuvent pas enquêter seuls. Ils ne peuvent pas contrôler chaque adulte, chaque trajet, chaque activité, chaque message privé, chaque conversation en ligne, chaque regard, chaque malaise. La protection des enfants repose aussi sur la justice, l’école, les clubs sportifs, les activités périscolaires, les institutions, les plateformes numériques, les services sociaux, les associations, les voisins, les familles et tous les adultes qui croisent la vie d’un enfant.

La protection de l’enfance ne peut pas être une responsabilité privée laissée aux seuls parents.

Elle doit devenir une culture collective.

Cela veut dire former les adultes. Croiser les informations. Prendre les signalements au sérieux. Ne pas minimiser les propos d’un enfant. Ne pas protéger les réputations au détriment des victimes. Ne pas attendre le drame pour découvrir que des alertes existaient déjà.

Car comment protéger son enfant des pédophiles si chaque famille doit porter seule la vigilance, la peur, les soupçons, les trajets, les écrans, les sorties et les silences ? La réponse ne peut pas reposer uniquement sur les parents. Elle doit engager toute la société.

Comment protéger son enfant des pédophiles et rester vigilant sans transmettre la peur permanente ?

La bonne ligne pour protéger son enfant contre les pédophiles est difficile mais elle existe.

Il faut parler sans terrifier. Surveiller sans espionner. Croire sans paniquer. Prévenir sans enfermer. Poser des règles sans couper l’enfant du monde. Pour beaucoup de parents, la question comment protéger son enfant des pédophiles ne relève pas seulement d’une inquiétude abstraite : elle touche aux trajets, aux réseaux sociaux, aux messages privés, aux adultes ambigus, aux regards insistants, aux sorties entre amis, aux activités sportives, aux lieux de confiance et à tout ce que l’on ne peut pas contrôler en permanence.

Un parent peut dire :

« Je ne veux pas que tu aies peur de tout le monde. Je veux que tu apprennes à écouter ce qui te met mal à l’aise. Et je veux que tu saches que tu peux toujours venir me voir. »

Cette phrase protège mieux qu’un discours catastrophiste.

Elle donne à l’adolescente une boussole intérieure : son ressenti compte. Son malaise compte. Son refus compte. Sa parole compte. Face aux adultes manipulateurs, aux situations d’emprise, aux demandes de secret, aux compliments déplacés ou aux comportements intrusifs, un enfant n’a pas besoin d’avoir les bons mots pour être entendu.

Et c’est exactement ce dont les enfants ont besoin face aux pédophiles, aux prédateurs sexuels et aux adultes qui franchissent les limites : sentir qu’ils ont le droit de parler, le droit de refuser, le droit d’être crus, le droit de s’éloigner et le droit de demander de l’aide sans être jugés ni punis.

Ce que les affaires Lyhanna, Maëlys et Lola disent de notre époque

Ces affaires, que beaucoup de parents associent spontanément à la pédophilie, ne disent pas seulement que le danger existe. Elles disent que les familles vivent aujourd’hui dans une tension permanente entre autonomie et protection, entre le besoin de laisser grandir les enfants et la peur de les exposer à des adultes dangereux, à des prédateurs sexuels, à des violences sexuelles sur mineurs ou à des situations qu’ils ne savent pas encore décoder.

On veut que nos enfants grandissent. On veut qu’ils sortent, rient, apprennent, aiment, se trompent, rentrent seuls, prennent confiance. On veut qu’ils aient une vie d’enfant, puis d’adolescent, sans méfiance permanente. Mais on sait aussi que le monde n’est pas toujours tendre. On sait que certains adultes savent manipuler. On sait que les violences sexuelles faites aux enfants, l’inceste, les signalements non entendus, les plaintes mal suivies et les failles de la protection de l’enfance ne sont ni rares ni lointains.

Alors oui, beaucoup de parents ont peur.

Mais cette peur peut devenir autre chose qu’une panique. Elle peut devenir une demande de lucidité. Une exigence de justice. Une volonté de mieux protéger. Une parole plus claire avec les enfants. Une pression plus forte sur les institutions, l’école, les clubs sportifs, les plateformes numériques, les adultes de l’entourage et tous les lieux où un enfant devrait pouvoir être en sécurité.

Le but n’est pas d’apprendre aux filles à vivre enfermées.

Le but est de construire une société où elles peuvent vivre libres, grandir, sortir, aimer, apprendre, rire et prendre leur place sans être livrées seules au danger. Une société où la vigilance parentale ne remplace pas la responsabilité collective. Une société où la parole de l’enfant est entendue assez tôt pour protéger avant qu’un drame ne vienne révéler ce qui aurait dû l’être depuis longtemps.

 

FAQ : comment protéger son enfant des pédophiles sans le terroriser ?

Comment parler à ma fille adolescente des pédophiles sans lui faire peur ?

Pour parler à ma fille adolescente des pédophiles, il faut rester simple, concret et direct. Un enfant, une fille, un garçon, un adolescent ou une adolescente doit savoir qu’un adulte n’a pas à demander un secret, une photo intime, un rendez-vous caché ou une conversation à caractère sexuel. La pédo-criminalité commence parfois par une phrase banale, une flatterie, un cadeau, une attention insistante ou une demande qui met mal à l’aise.

Le but n’est pas de terroriser l’enfant mais de lui donner des repères clairs pour repérer un comportement pédo-criminel ou une situation d’abus.

Quels comportements peuvent révéler un pédophile ou un pédo-criminel ?

Un pédophile ou un pédo-criminel peut chercher à isoler un mineur, à créer une relation de confiance excessive, à demander des secrets, à banaliser des propos sexistes ou sexuellement ambigus, puis à franchir progressivement les limites. Certains agresseurs utilisent aussi le harcèlement, le harcèlement sexuel, la culpabilité ou la peur pour empêcher l’enfant de parler.

Un adulte qui insiste pour parler seul avec une fille, un garçon, un adolescent ou une adolescente, surtout en dehors du regard des parents, doit alerter.

Quelle différence entre pédo-criminalité, abus sexuels, attouchements et viols ?

La pédo-criminalité désigne les violences et infractions sexuelles commises contre des enfants ou des mineurs. Elle peut recouvrir des abus sexuels, des attouchements, une atteinte sexuelle, du harcèlement sexuel, des images ou demandes à caractère sexuel, et dans les cas les plus graves des viols.

Le Code pénal distingue plusieurs infractions : certains faits relèvent d’un délit, d’autres de crimes. Les sanctions peuvent aller jusqu’à de lourdes peines d’emprisonnement, selon l’âge de la victime, les faits subis et les circonstances.

Que faire si mon enfant a été victime d’un pédophile ?

Si un enfant dit avoir été victime d’un pédophile, d’un pédo-criminel, d’abus sexuels, d’attouchements ou de violence sexuelle, il faut d’abord l’écouter sans le contredire ni le culpabiliser. Beaucoup d’enfants, d’adolescents, d’adolescentes et de femmes victimes mettent du temps à parler, surtout quand les faits ont été traumatiques.

Ensuite, il est possible de signaler les faits, de demander conseil à des professionnels spécialisés et de porter plainte. Les accusations doivent être recueillies avec sérieux. Une enquête peut ensuite conduire à des poursuites, voire à une personne mise en examen si les éléments le justifient.

Pourquoi un enfant victime de pédo-criminalité ne parle-t-il pas toujours tout de suite ?

Un enfant ou un adolescent victime de pédo-criminalité peut se taire parce qu’il a peur, honte, ou parce qu’un agresseur lui a fait croire qu’il était responsable. L’emprise psychologique est souvent au cœur des abus sexuels : le pédo-criminel peut utiliser le secret, la flatterie, la menace ou la culpabilité pour garder le contrôle.

C’est pourquoi il faut répéter à un enfant qu’il ne sera jamais puni s’il parle, même s’il a répondu à un message, accepté un cadeau ou envoyé une photo sous pression.

Comment protéger son enfant des pédophiles sur Internet ?

Pour protéger son enfant des pédophiles sur Internet, il faut lui expliquer qu’un adulte n’a pas à lui demander de photo intime, de conversation secrète, de rendez-vous caché ou de confidence sexuelle. Un pédophile peut se présenter sous une fausse identité, se faire passer pour un jeune, flatter l’enfant, puis glisser vers des demandes à caractère sexuel.

Une fille, un garçon, un adolescent ou une adolescente doit savoir qu’il peut bloquer, refuser, montrer les messages à un adulte et demander de l’aide sans honte.

Un parent peut-il porter plainte en cas de soupçon de pédo-criminalité ?

Oui. En cas de soupçon sérieux de pédo-criminalité, d’abus sexuels, de harcèlement sexuel, d’atteinte sexuelle, d’attouchements ou de viols, un parent peut signaler les faits et porter plainte. Il n’a pas besoin de mener l’enquête lui-même : c’est aux autorités compétentes d’évaluer les faits, les preuves, les témoignages et les éventuels délits ou crimes prévus par le Code pénal.

L’essentiel est de ne pas laisser un enfant seul face à une situation de violence sexuelle ou à un adulte au comportement pédo-criminel.

 

 

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Sophie Madoun