Aujourd’hui 71 millions de personnes à travers le monde ont une hépatite C. Cette épidémie pourrait cesser. Pour qu’il n’y ait plus d’hépatite C d’ici 2030 les états se mobilisent. La France, par exemple, espère qu’en 2025, il n’y aura plus de cas d’hépatite C. Mais comment éliminer ce fléau? Explications.

L’infection à VHC (virus de l’hépatite C) chronique est le plus souvent asymptomatique et peut léser progressivement le foie sur une période de 20 à 30 ans, et certains patients développent des lésions hépatiques irréversibles beaucoup plus tôt. En 2015, on estimait qu’il y avait 71 millions de personnes infectées par le VHC chronique dans le monde et environ 399 000 personnes qui en sont décédées en 201621, principalement à la suite d’une cirrhose et d’un cancer primaire du foie (carcinome hépatocellulaire). L’accès au traitement est un aspect clé sur lequel se concentrer, car certains pays doivent encore abolir les restrictions de remboursement et couvrir de façon appropriée les coûts du traitement pour tous. Cependant, le taux annuel de personnes infectées par l’éhaptite et traitées a chuté depuis 2016, et le nombre de nouveaux cas diagnostiqués a dominué25. Même si de nombreux pays ont élargi la couverture du traitement du VHC, peu disposent de programmes de dépistage nationaux permettant de maintenir un nombre suffisant de personnes à traiter dans l’avenir. Mais pour qu’il n’y ait plus d’hépatite C d’ici 2030, les états se mobilisent!

A l’occasion de la journée mondiale contre les hépatites, Gilead Sciences, annonce aujourd’hui la publication d’un nouveau rapport Pour qu’il n’y ait plus d’hépatite C d’ici 2030 et, de fait, sur la capacité des pays à l’éliminer. Cette publicationproduite par la société de conseils Boston Consulting Group (BCG), à la demande de Gilead, cette analyse « Winning the Race to Eliminate Hepatitis C » a été réalisée à partir de l’étude de 29 pays incluant l’Europe, le Canada, et l’Australie. Depuis le premier rapport publié en 2017, sur les 29 pays évalués, 40 % ne disposent toujours pas d’un plan national pour coordonner tous leurs efforts. Et moins de 60 % des pays ont développé une base de données nationale sur les patients atteints du virus de l’hépatite C afin de garantir que le plus grand nombre possible d’individus terminent le processus de soins.

Que faire?

Tout d’abord, les pays doivent veiller à ce que toutes les personnes diagnostiquées reçoivent un traitement sans avoir à payer de frais importants ou, de préférence, sans aucun frais. Les pays doivent également établir un plan national d’élimination du VHC1 ( virus de l’hépatite C) reposant sur des données locales fiables2 pour guider tous les efforts d’élimination au niveau national.

Deuxièmement, les pays devraient intensifier les stratégies sanitaires liées à l’hépatite C en sensibilisant à la maladie et en consacrant davantage de ressources au dépistage afin d’augmenter le nombre de personnes diagnostiquées et de prévenir l’apparition de nouveaux cas.

Enfin, les pays doivent atteindre les patients marginalisés et moins accessibles en réduisant les délais d’orientation, en simplifiant les parcours des patients et en veillant à ce que les soins soient intégrés, coordonnés et décentralisés pour être plus proches des patients.

Ce rapport identifie différentes mesures visant à éliminer l’hépatite virale comme menace majeure pour la santé publique d’ici 2030, un objectif fixé par l’OMS en 2016. Toutefois, les mesures peuvent varier en fonction des caractéristiques de chaque pays, à savoir leur évolution à ce jour, les populations à risque (c’est-à-dire les groupes plus susceptibles d’être infectés par le virus de l’héaptite C) et de le transmettre) et les modèles de soins.

La France pense éliminer l’hépatite C d’ici 2025

La France, quant à elle, fait partie des 10 pays1 au sein des 29 étudiés qui sont actuellement en bonne voie pour atteindre les objectifs de l’OMS d’ici 2030, selon les auteurs du rapport. Dans son Plan priorité prévention 2018-2022, la France s’est fixée comme un des objectifs à atteindre l’élimination du virus de l’hépatite C à l’horizon 2025, basé sur un renforcement de l’accès aux traitements, ainsi que sur l’intensification des actions de prévention et de dépistage. Cet objectif s’inscrit dans le cadre défini par l’OMS en 2014 pour éliminer cette maladie.

Éliminer l’hépatite C, un enjeu de santé publique majeur au niveau mondial

L’élimination des hépatites virales en 2030 a été annoncée par l’Organisation Mondiale de la Santé comme un enjeu de santé publique mondial. Le virus de l’hépatite C se propage par contact de sang à sang, notamment par des pratiques d’injection dangereuses, la transfusion de sang non contrôlé et certaines pratiques sexuellesii. On estime que plus de 71 millions de personnes dans le monde vivent avec le VHC et que l’épidémie continue de croître, avec 1,75 million de nouvelles infections dans le monde chaque année. De plus, près de 81 % des personnes atteintes du VHC ne sont pas diagnostiquéesiii. L’hépatite C présente peu de symptômes, mais non traitée, elle peut entraîner une grave maladie du foie, notamment une cirrhose et un cancer du foie. A l’échelle mondiale, l’OMS estime que 399 000 personnes meurent chaque année de complications liées au VHC.

En France, on estime que plus de 80 000 patients ont été guéris depuis 2014, tandis que 90 000 autres sont toujours non diagnostiqués ou non traités.

En dépit des avancées dans la prévention, le dépistage et les traitements, l’hépatite C reste une menace majeure de santé publique.

Pour qu’il n’y ait plus d’hépatite C d’ici 2030 et donc réussir à relever le défi de l’élimination de l’hépatite C en 2030, le rapport préconise six actions majeures :

  1. Mettre en place un plan national solide avec des objectifs spécifiques à chaque pays,
  2. Allouer des ressources aux stratégies d’élimination mises en place et créer de nouveaux mécanismes de financement,
  3. Définir une stratégie de dépistage pour identifier les personnes non diagnostiquées,
  4. Décentraliser les tests et les parcours de soins pour s’assurer que toutes les personnes diagnostiquées sont traitées,
  5. Réduire les risques d’infections par injection de drogues pour prévenir les nouveaux cas, car l’injection de drogues est la principale source de nouvelles infections dans les pays à revenu élevé,
  6. Mesurer la fréquence de l’infection à VHC au moyen d’une base de données de prévalence normalisée et définir des objectifs basés sur les résultats pour évaluer les performances par rapport aux objectifs de l’OMS.

Le rapport décrit le modèle de soins idéal avec l’importance de la simplicité et de la décentralisation, le lien fort à établir entre diagnostic et traitement, l’attention particulière à porter aux populations les plus vulnérables, l’accès aux équipements et aux traitements, la mise en place d’indicateurs de suivi et de succès de la stratégie déployée.

Depuis que le rapport a été finalisé, la pandémie COVID-19 a perturbé les modèles de soins du virus de l’hépatite C et a présenté de graves risques sanitaires, sociaux et économiques pour les communautés touchées qui sont déjà parmi les plus vulnérables de notre société. Néanmoins, la réponse de santé publique à la COVID-19 a le potentiel d’accélérer certaines des conclusions du rapport, notamment la mise en place d’une approche centrée sur les personnes par l’intégration du dépistage et du traitement du VHC dans d’autres services de soins et la décentralisation des soins liés au VHC dans la communauté ou par le biais de plateformes en ligne.

 

Le rapport « Pour qu’il n’y ait plus d’hépatite C d’ici 2030 » est disponible à l’adresse suivante :

https://web-assets.bcg.com/93/66/18060f3d45de834d7c62a8121454/winning-the-race-to-eliminate-hepatitis-c.pdf.