Kavinsky est mort à 50 ans, à deux jours de son anniversaire. Derrière Nightcall, Drive et les JO, qui était vraiment Vincent Belorgey ?
Kavinsky est mort à 50 ans, à seulement deux jours de son anniversaire. Le DJ français, créateur de l’inoubliable Nightcall, a été retrouvé sans vie mardi soir à son domicile parisien. De Drive aux Jeux olympiques de Paris, Vincent Belorgey avait imposé dans le monde entier sa musique peuplée de néons, de voitures rouges, de héros solitaires et de nuits sans fin. Que sait-on de sa mort et quelle carrière laisse derrière lui cette figure majeure de l’électro française ?
Le monde de la musique électronique est en deuil. Kavinsky, de son vrai nom Vincent Belorgey, a été retrouvé mort mardi 28 juillet 2026 à son domicile à Paris. Il avait 50 ans et devait célébrer son 51e anniversaire vendredi 31 juillet.
Le parquet de Paris a confirmé mercredi 29 juillet la disparition du DJ, compositeur et producteur français, sollicité par l’AFP. Une enquête a été ouverte afin d’établir précisément les circonstances et l’origine de son décès.
De quoi est mort Kavinsky ? La piste d’un AVC évoquée
La cause de la mort de Kavinsky n’est pas encore officiellement établie.
Le parquet de Paris a indiqué qu’aucun élément suspect n’avait été découvert sur place par les premiers secours. Une enquête en recherche des causes de la mort est néanmoins en cours.
Selon les informations du Parisien, la piste d’un accident vasculaire cérébral, ou AVC, serait envisagée. Vincent Belorgey se serait plaint de maux de tête au cours des derniers jours.
Cette hypothèse n’a cependant pas été confirmée par le parquet. À ce stade, il serait donc prématuré d’affirmer que Kavinsky est mort d’un AVC. Seuls les résultats des investigations pourront déterminer la cause exacte de son décès.
Maux de tête et AVC : pourquoi aucune conclusion ne peut être tirée ?
Des maux de tête ne signifient pas nécessairement qu’une personne est victime d’un accident vasculaire cérébral. Ils peuvent avoir des causes extrêmement diverses.
Un mal de tête particulièrement intense, brutal et inhabituel peut cependant constituer un signe d’alerte, notamment lorsqu’il est accompagné d’une déformation soudaine de la bouche, d’une faiblesse d’un bras, de troubles de la parole, de la vision ou de l’équilibre.
Face à de tels symptômes, il faut immédiatement appeler le 15 ou le 112. Une prise en charge rapide peut réduire les risques de décès et de séquelles, rappelle l’Assurance Maladie.
Dans le cas de Kavinsky, aucun diagnostic médical officiel n’a pour le moment été communiqué.
Qui était Kavinsky, le DJ retrouvé mort à Paris ?
Kavinsky s’appelait Vincent Pierre Claude Belorgey. Il était né le 31 juillet 1975 à l’hôpital Lariboisière, dans le quartier de Barbès à Paris.
L’artiste avait raconté avoir grandi dans un milieu modeste. Sa mère travaillait comme infirmière à l’hôpital Lariboisière tandis que son père vendait, selon ses propres souvenirs, des photocopieuses ou des chaussettes.
Aîné de trois enfants, il avait d’abord vécu au Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, avant de s’installer à Pantin avec sa mère après la séparation de ses parents.
Avant de devenir l’une des figures les plus reconnaissables de l’électro française, Vincent Belorgey s’était tourné vers le cinéma. Sa rencontre avec le musicien et réalisateur Quentin Dupieux, alias Mr. Oizo, allait être déterminante.
C’est relativement tard, autour de 30 ans, qu’il commence réellement à composer. Avec un ordinateur, des synthétiseurs et une immense culture cinématographique, il façonne un son évoquant une bande originale de film des années 1980.
Kavinsky, le mort-vivant au volant d’une Ferrari Testarossa
Kavinsky n’était pas un simple pseudonyme. Vincent Belorgey avait imaginé un véritable personnage de fiction, avec son apparence, son histoire et sa propre mythologie.
Selon cette légende, Kavinsky trouve la mort en 1986 au volant de sa Ferrari Testarossa. Il revient vingt ans plus tard sous la forme d’un producteur zombie, reconnaissable à ses yeux rouges, ses lunettes noires et son blouson.
Ses disques racontent les aventures de cet homme revenu d’entre les morts.
Les voitures lancées à pleine vitesse, les autoroutes désertes, les amours perdues et les lumières nocturnes deviennent les éléments centraux de sa musique. Son univers puise dans les séries policières des années 1980, Miami Vice, les jeux vidéo, John Carpenter, Giorgio Moroder et les films de Dario Argento.
Kavinsky a ainsi contribué à populariser la synthwave et l’esthétique rétrofuturiste « outrun » auprès d’un public international.
Teddy Boy et Testarossa Autodrive : les débuts de Kavinsky
En 2006, Kavinsky publie son premier EP, Teddy Boy, sur le label Record Makers.
Le disque contient notamment Testarossa Autodrive, morceau fondateur inspiré par la célèbre Ferrari rouge. Le titre devient la bande-son du personnage qu’il vient de créer.
L’EP 1986 paraît en 2007, suivi de Blazer en 2008. Le remix de Testarossa Autodrive réalisé par SebastiAn est utilisé dans les jeux vidéo Grand Theft Auto IV et Gran Turismo 5 Prologue.
Kavinsky se rapproche alors des artistes de la nouvelle scène électro française : Justice, SebastiAn, Mr. Oizo, Pedro Winter et l’entourage du label Ed Banger.
En 2007, Kavinsky et SebastiAn participent à plusieurs dates de la mythique tournée Alive de Daft Punk. La French Touch est en train de conquérir une nouvelle génération et Kavinsky y impose déjà son esthétique très cinématographique.
Nightcall : le tube qui a changé la vie de Kavinsky
La carrière de Kavinsky bascule en 2010 avec Nightcall.
Le morceau est composé par Vincent Belorgey et Guy-Manuel de Homem-Christo, membre de Daft Punk. Il est produit par les deux artistes, mixé par SebastiAn et porté par la voix de Lovefoxxx, chanteuse brésilienne du groupe CSS.
Dès les premières secondes, Nightcall installe une atmosphère devenue immédiatement reconnaissable : une sonnerie de téléphone, une voix robotique, puis une mélodie sombre, romantique et hypnotique.
En 2011, le réalisateur Nicolas Winding Refn choisit Nightcall pour accompagner le générique d’ouverture de Drive.
À l’écran, Ryan Gosling conduit la nuit dans les rues illuminées de Los Angeles. Le mariage entre la musique de Kavinsky et les images du film devient instantanément culte.
Nightcall n’a pas été composé spécialement pour Drive, puisqu’il était sorti l’année précédente. Mais le film propulse le morceau et son créateur dans le monde entier.
Le titre est également entendu dans La Défense Lincoln avec Matthew McConaughey et sera repris par de nombreux artistes, dont London Grammar.
Nightcall a été certifié diamant en France en octobre 2024, quatorze ans après sa sortie.
OutRun, l’album culte de Kavinsky
Le 22 février 2013, Kavinsky publie son premier album studio, OutRun. Il ne s’agit pas d’une simple collection de morceaux mais d’un véritable film sonore racontant l’histoire de son personnage mort-vivant.
L’album est principalement produit par Kavinsky et SebastiAn. Guy-Manuel de Homem-Christo, Lovefoxxx, Havoc du groupe Mobb Deep et la chanteuse britannique Tyson participent également au disque.
Parmi les morceaux les plus marquants figurent :
- Nightcall, son hymne mondial ;
- Testarossa Autodrive, à l’origine du personnage de Kavinsky ;
- ProtoVision, l’un de ses titres électro les plus puissants ;
- Roadgame, qui évoque une course-poursuite nocturne ;
- Odd Look, ensuite revisité avec The Weeknd ;
- Suburbia, enregistré avec Havoc de Mobb Deep ;
- Deadcruiser ;
- Grand Canyon ;
- First Blood ;
- Blizzard ;
- Endless.
De Prelude à Endless, OutRun raconte la naissance, la mort et la résurrection de Kavinsky. La Ferrari Testarossa rouge figurant sur la pochette devient indissociable de son identité.
Odd Look : la collaboration de Kavinsky avec The Weeknd
Quelques mois après la sortie d’OutRun, Odd Look connaît une nouvelle vie grâce à The Weeknd.
Abel Tesfaye pose sa voix sur une version inédite du morceau, produite par SebastiAn. L’univers nocturne et inquiétant de Kavinsky rencontre parfaitement celui du chanteur canadien.
Le titre apparaît également sur l’édition deluxe de Kiss Land, le premier album studio de The Weeknd. Cette collaboration prestigieuse confirme le rayonnement international du producteur français.
Pourquoi Kavinsky a-t-il disparu pendant neuf ans ?
Après le succès mondial d’OutRun et de Nightcall, Kavinsky se fait beaucoup plus discret.
L’artiste expliquera plus tard avoir eu besoin de prendre du recul. Le succès soudain de Nightcall avait complètement bouleversé sa vie et il ne souhaitait pas enregistrer immédiatement un nouvel album simplement pour profiter de sa notoriété.
Kavinsky continue à produire des maquettes chez lui, mais sans éprouver le besoin de les publier. Cette pause durera près de neuf ans.
Reborn : le grand retour de Kavinsky
En novembre 2021, Kavinsky annonce son retour avec Renegade, un titre interprété par le chanteur américain Cautious Clay.
Son deuxième album, Reborn, sort le 25 mars 2022, neuf ans après OutRun.
Enregistré dans le célèbre studio Motorbass de Philippe Zdar à Paris, Reborn est coproduit avec Victor Le Masne et Gaspard Augé, membre du groupe Justice.
Kavinsky y conserve ses synthétiseurs et son univers cinématographique, tout en intégrant davantage de funk, de pop, de cordes, de saxophone et de voix.
L’album rassemble de nombreux artistes :
- Cautious Clay sur Renegade ;
- Sébastien Tellier sur Goodbye ;
- Kareen Lomax sur Cameo ;
- Prudence et Morgan Phalen sur Zenith ;
- Romuald sur Reborn ;
- Morgan Phalen sur Plasma, Vigilante et Zombie ;
- Phoenix sur Horizon.
Zenith est imaginé comme une suite spirituelle de Nightcall. La chanson raconte une nouvelle histoire d’amour nocturne, mélancolique et cinématographique.
Le triomphe mondial de Nightcall aux JO de Paris
Le 11 août 2024, Kavinsky apparaît devant des millions de téléspectateurs lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris au Stade de France.
Installé sur scène aux côtés du groupe Phoenix, il lance les premières notes de Nightcall. Angèle les rejoint pour interpréter la partie chantée du morceau.
En quelques minutes, une chanson sortie quatorze ans plus tôt redevient un phénomène mondial.
Après sa diffusion pendant la cérémonie, Nightcall devient le titre le plus recherché en une seule journée dans l’histoire de Shazam. Il bat également le record de la minute la plus « shazamée » de l’histoire de l’application.
La France, les États-Unis et le Mexique figurent parmi les pays ayant le plus recherché le morceau.
Une version studio réunissant Kavinsky, Angèle et Phoenix sort le 20 septembre 2024. Elle atteint la troisième place du classement français des singles avant d’être, à son tour, certifiée diamant.
Kavinsky participe également à la cérémonie de clôture des Jeux paralympiques de Paris, le 8 septembre 2024, aux côtés d’une vingtaine de figures de l’électro française.
Kavinsky était aussi acteur
Avant et parallèlement à sa carrière musicale, Vincent Belorgey avait joué dans plusieurs films français décalés ou devenus cultes.
Il avait notamment incarné :
- Patt dans Nonfilm de Quentin Dupieux ;
- un agent de la SNCF dans Aaltra de Benoît Delépine et Gustave Kervern ;
- Boon et Ricardo Bello-Radio Skotlett dans Atomik Circus, le retour de James Bataille, avec Vanessa Paradis, Benoît Poelvoorde et Jean-Pierre Marielle ;
- Verbrugghe dans Ultranova de Bouli Lanners ;
- Dan dans Steak de Quentin Dupieux, avec Éric Judor et Ramzy Bedia.
En 2025, Kavinsky était également apparu dans Banger, la comédie électro de So Me diffusée sur Netflix. Il y incarnait un disquaire aux côtés de Vincent Cassel, Laura Felpin, Mister V, Justice et Pedro Winter.
Ce caméo constitue sa plus récente apparition connue au cinéma.
Quels sont les plus grands tubes de Kavinsky ?
Nightcall restera son morceau le plus célèbre, mais la carrière de Kavinsky ne peut pas être résumée à un seul titre.
Ses compositions les plus emblématiques comprennent :
- Nightcall ;
- Testarossa Autodrive ;
- ProtoVision ;
- Roadgame ;
- Odd Look, notamment dans sa version avec The Weeknd ;
- Deadcruiser ;
- First Blood ;
- Suburbia ;
- Renegade ;
- Zenith ;
- Cameo ;
- Goodbye.
Sa discographie comprend deux albums studio majeurs : OutRun, sorti en 2013, et Reborn, publié en 2022.
Une musique éternellement lancée dans la nuit
Kavinsky n’aura publié que deux albums studio en vingt ans. Cela lui aura suffi pour imposer un son, une silhouette et tout un imaginaire.
Il n’était ni un DJ traditionnel ni seulement un représentant de la French Touch. Il avait créé son propre cinéma : une œuvre sans film dans laquelle chacun pouvait imaginer sa voiture, sa route, sa nuit et son histoire d’amour impossible.
L’ironie est bouleversante. Vincent Belorgey avait inventé Kavinsky comme un homme mort en 1986 avant de revenir à la vie vingt ans plus tard.
Désormais, c’est sa musique qui continuera de faire vivre son personnage.
Lorsque les premières notes de Nightcall retentiront, quelque part, une Testarossa rouge reprendra toujours la route.
Les questions que tout le monde se pose sur la mort de Kavinsky
De quoi est mort Kavinsky ?
La cause officielle de la mort de Kavinsky n’est pas encore connue. Selon Le Parisien, la piste d’un accident vasculaire cérébral est envisagée, mais elle n’a pas été confirmée par le parquet de Paris. Une enquête est en cours.
Kavinsky est-il mort d’un AVC ?
Il est impossible de l’affirmer actuellement. L’AVC est seulement une hypothèse rapportée par la presse. Les résultats des investigations devront établir la cause exacte du décès.
Pourquoi les maux de tête de Kavinsky sont-ils évoqués ?
Selon Le Parisien, Kavinsky se serait plaint de maux de tête durant les jours précédant sa mort. Un mal de tête ne permet toutefois pas, à lui seul, de diagnostiquer un AVC.
Quel âge avait Kavinsky ?
Kavinsky avait 50 ans. Né le 31 juillet 1975, il devait fêter son 51e anniversaire deux jours après l’annonce de sa mort.
Quel était le vrai nom de Kavinsky ?
Kavinsky s’appelait Vincent Belorgey. Il avait imaginé Kavinsky comme un personnage de fiction revenu d’entre les morts après un accident de Ferrari Testarossa en 1986.
Pourquoi Kavinsky était-il célèbre ?
Kavinsky était mondialement connu pour Nightcall, morceau devenu culte grâce au film Drive avec Ryan Gosling. Il avait également interprété le titre avec Angèle et Phoenix lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Paris 2024.
Qui chante dans la version originale de Nightcall ?
La voix féminine de la version originale de Nightcall est celle de Lovefoxxx, chanteuse du groupe brésilien CSS. Le morceau a été composé et produit par Kavinsky avec Guy-Manuel de Homem-Christo, membre de Daft Punk, puis mixé par SebastiAn.
Quels albums Kavinsky a-t-il enregistrés ?
Kavinsky a publié deux albums studio : OutRun en 2013 et Reborn en 2022. Il avait auparavant sorti plusieurs EP, dont Teddy Boy, 1986, Blazer et Nightcall.
Kavinsky a-t-il joué dans des films ?
Oui. Vincent Belorgey a notamment joué dans Nonfilm et Steak de Quentin Dupieux, Aaltra, Atomik Circus, Ultranova et, plus récemment, Banger sur Netflix.
Sophie Madoun