A l’occasion de la publication du livre « Oser la Bienveillance *» (le 2 mai), la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais  a commandé à l’Ifop une enquête sur ce concept récemment popularisé en France par Emmanuel Macron mais qui reste encore mal connu et assez flou pour nombre de ses administrés. Réalisée auprès d’un échantillon national représentatif de 1 000 personnes, cette étude riche en enseignements sur un sujet montre notamment que la « bienveillance » constitue une valeur positive que l’on s’attribue beaucoup plus à soi qu’aux autres…

1)    LA BIENVEILLANCE : UN CONCEPT ENCORE MAL CONNU ET ASSEZ FLOU

  • Moins d’un Français sur deux (46%) ont entendu parler du concept de « bienveillance ».
  • Le sens que les Français donnent à la bienveillance est assez flou, relevant aussi bien de « l’empathie aux autres » (90%) qu’à l’idée de « prendre soin de soi pour bien prendre soin des autres » (83%).

2)    UNE VALEUR POSITIVE QUE L’ON S’ATTRIBUE BEAUCOUP PLUS A SOI QU’AUX AUTRES

  • Une attitude perçue très positivement : 94% des Français y voient plus une qualité qu’un défaut (6%) et un signe de force (88%) que de faiblesse (12%).
  • Des Français qui se jugent quasiment tous bienveillants (95%) mais qui trouvent majoritairement (55%) que leurs concitoyens ne le sont pas.

3)    UNE ATTITUDE QUI SUSCITE DES CRAINTES ET QUI RESTE DIFFICILE A ADOPTER A L’ÉGARD DES INCONNUS

  • Les freins à la bienveillance restent puissants, notamment chez les hommes chez qui elle suscite la crainte d’être trop sollicité (83%) ou de ne pas se faire respecter (76%).
  • Un degré de bienveillance qui varie beaucoup en fonction du niveau de proximité avec les gens, passant de 96% avec ses amis à 71% avec des inconnus dans la rue.

4)    DES CHEFS D’ÉTAT RAREMENT PERÇUS COMME BIENVEILLANTS

  • Le Premier ministre canadien Justin Trudeau apparaît aux Français comme le chef d’État le plus bienveillant (68%), devant la chancelière allemande Angela Merkel (61%) qui doit sans doute son score à son ouverture à l’égard des migrants syriens.
  • A peine plus d’un tiers des Français jugent Emmanuel Macron (36%) alors même que c’est lui qui a popularisé le concept en France depuis 2017.

5)    ERIC ZEMMOUR : LE JOURNALISTE POLITIQUE LE MOINS BIENVEILLANT

  • A peine un tiers des Français (31%) jugent Eric Zemmour bienveillant avec ses invités politiques.
  • A l’inverse, des présentateurs/intervieweurs plus consensuels comme Nikos Aliagas (TF1, Europe 1), David Pujadas (LCI) ou Laurence Ferrari (CNews, Canal+) paraissent bienveillants à plus de quatre Français sur cinq.

 

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS DE L’ENQUÊTE

1)    LA BIENVEILLANCE : UN CONCEPT ENCORE MAL CONNU ET ASSEZ FLOU

  • Globalement, moins d’un Français sur deux (46%) a entendu parler du concept de « bienveillance » dont seulement 19% voient même précisément de quoi il s’agit. Portée par Emmanuel Macron depuis son élection, la bienveillance est particulièrement bien connue des sympathisants LREM (64%) contre seulement 38% des sympathisants RN, signe d’une distance idéologique à l’égard de cette notion dans les électorats opposés à Emmanuel Macron.Le sens que les Français donnent à la bienveillance semble par ailleurs assez flou, relevant aussi bien de « l’empathie aux autres » (90%) qu’à l’idée de « prendre soin de soi pour bien prendre soin des autres » (83%).
  • 2)    UNE VALEUR POSITIVE QUE L’ON S’ATTRIBUE BEAUCOUP PLUS A SOI QU’AUX AUTRESLa bienveillance est une attitude perçue très positivement par les Français. En effet, 94% d’entre eux y voient plus une qualité qu’un défaut (6%) et 88% un signe de force plutôt que le marqueur d’une faiblesse (12%). Sur cette rare unanimité à propos des valeurs entourant la bienveillance, les Français marquent une différence de point de vue selon qu’ils s’auto-évaluent ou qu’ils jugent les autres : unanimement, les Français se trouvent quasiment tous bienveillants (95%) mais sont à peine plus d’un sur deux (55%) à estimer que les autres ne le sont pas.

3)    UNE ATTITUDE QUI SUSCITE DES CRAINTES ET QUI RESTE DIFFICILE A ADOPTER A L’EGARD DES INCONNUS

  • Malgré la large popularité de la notion, les freins à la bienveillance restent puissants, notamment parmi les hommes chez qui elle suscite la crainte d’être trop sollicité (83% contre 82% dans l’ensemble) ou de ne pas se faire respecter (76% contre 73% dans l’ensemble).

4)    DES CHEFS D’ÉTAT RAREMENT PERÇUS COMME BIENVEILLANTS

  • Parmi les principaux dirigeants politiques du monde, le Premier ministre canadien Justin Trudeau apparaît à 68% des Français comme le chef d’État le plus bienveillant, juste devant la chancelière allemande Angela Merkel (61%) qui doit sans doute son score à son ouverture à l’égard des migrants syriens en 2015.
  • A peine plus d’un tiers des Français (36%) jugent Emmanuel Macron bienveillant alors même que c’est lui qui a popularisé le concept en France depuis 2017. Les sympathisants de LREM sont 91% à lui reconnaitre cette qualité contre seulement 17% parmi les sympathisants RN et 13% parmi ceux de la France Insoumise.
  • En queue du classement, on retrouve le très controversé président des Etats-Unis Donald Trump dont à peine une personne interrogée sur dix reconnait la bienveillance : il se place ainsi derrière les dirigeants à la pratique autoritaire du pouvoir que sont Recep Tayyip Erdogan (13%) et Vladimir Poutine (16%).

5)    ERIC ZEMMOUR : LE JOURNALISTE POLITIQUE LE MOINS BIENVEILLANT

  • Parmi les principaux journalistes politiques français, à peine un tiers des Français (31%) jugent Eric Zemmour (Paris Première, RTL) bienveillant avec ses invités politiques. Un taux particulièrement faible pour le journaliste qui se positionne en dernière position du classement, derrière Thierry Ardisson (51% le jugeant bienveillant avec ses invités) et Jean-Jacques Bourdin (50%).
  • A l’inverse, des présentateurs/intervieweurs plus consensuels comme Nikos Aliagas (TF1, Europe 1), Laurence Ferrari (CNews, Canal+) ou David Pujadas (LCI) paraissent bienveillants à plus de quatre Français sur cinq (respectivement 88%, 87% et 85%).

 

LE POINT DE VUE DE JASMIN ROY

Selon Robert Waldinger, psychiatre de l’université Harvard et 4e directeur d’une étude longitudinale portant sur la santé et le bonheur chez l’être humain qui a duré 75 ans, c’est la qualité des relations sociales qui nous rendrait heureux et pourrait même contribuer à nous garder en bonne santé. Être proche de sa famille, de ses amis et de sa communauté serait bon pour nous ; ces connexions sociales contribueraient à une vie plus longue et saine. Il a été démontré que les individus heureux sont 55 % plus créatifs et 31 % plus productifs. La bienveillance est donc une approche nécessaire à la création de relations saines et de qualités.

En 2019, le concept de bienveillance reste encore méconnu de la majorité des Français, il serait opportun d’investir pour en faire la promotion et, surtout, de s’entendre sur une définition claire et propre à toutes et tous. Le sondage IFOP commandé par la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais révèle une dichotomie étonnante puisque 95 % des Français se trouvent bienveillants, tandis que seulement 45 % des Français trouvent les autres Français bienveillants. Cette opposition révèle, entre autres, une difficulté à faire confiance à ses pairs, une mauvaise perception égocentriste de la bienveillance et un besoin urgent à inviter la population à mettre en place des mesures permettant de développer leurs compétences émotionnelles et relationnelles.

La bienveillance c’est :

Prendre soin de soi pour bien prendre soin des autres

  • Prendre soin des autres (attention : ne veut pas dire de le faire pour l’autre ou à sa place).

  • Démontrer que l’autre personne est importante.

  • Communiquer avec délicatesse, être sensible à l’autre dans nos échanges.

  • Considérer l’autre, inclure les autres, être accueillant.

  • Écouter les autres avec ouverture, démontrer de l’intérêt.

  • Soutenir, démontrer de l’empathie.

  • Vouloir le bien de l’autre, être attentif.

 

A lire :

Osez la bienveillance, Jasmin Roy – Michel Lafon, 17,95 euros

**Étude Ifop pour la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 15 au 16 mars 2019 auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine