Hallucinant : ma fille de 7 ans 1/2 a les seins qui poussent! Non non le titre n’est pas un superlatif. Mon petit bébé chéri, en CE1 a une puberté précoce. Sidérant lorsque l’on sait que j’ai toujours été extrêmement vigilante quant aux pollutions en tous genres et aux perturbateurs endocriniens en particulier. Il faut que je comprenne et que j’agisse!

Il y a à peine trois semaines, ma préoccupation principale était que ma fille croit encore au Père Noël le 24 décembre. Elle me disait, alors, qu’à l’école, presque tous les enfants de sa classe clamaient que leurs parents ou leurs grand frère ou grande sœur leur avaient dit que le Père Noël n’existait pas. Mais oui, bien sûr, « il ne faut pas mentir aux enfants aux risques qu’ils ne nous croient pas plus tard » proclament bon nombre de psy. C’est la mode, vous comprenez?! Et bien moi, la mode, je m’en fiche complètement. Et je veux que ma fille profite à fond de son enfance avec toute la candeur et l’innocence propre à son âge. Mais voilà soudain, que cette inquiétude (futile, ridicule désormais au vu de ce qu’il vient d’arriver et je l’avoue égoïste aussi) a été remplacé par une autre nettement plus grave car c’est hallucinant ma vie de 7 ans 1/2 a les seins qui poussent!!!

« J’ai mal à la poitrine, Maman »

Il y a environ un mois, ma fille, Clara, couchée dans son lit avec tous ses « enfants » : Dino, Madame Panthère, Choupy, Minette et les cinquante autres, me dit qu’elle a mal à la poitrine. Bon, je regarde vite fait je l’avoue, ne remarque rien d’anormal et lui dis : »T’inquiète pas mon bébé c’est le stress! ». Les jours passent, et, régulièrement revient sur le sujet. Il faut que je vous dise que ma fille, comme beaucoup d’enfants de son âge a toujours mal quelque part. Je n’y prête donc pas attention. Et ce d’autant plus que je lui donne le bain tous les jours. Et jeudi… elle s’en plaint à nouveau. Je décide donc de regarder et là je vois son petit sein droit gonflé. A cela, elle me dit avoir mal au niveau du front. Bon, je prendrai rendez-vous demain chez le pédiatre. En attendant, je fais ce qu’il ne faut jamais faire dans pareil cas : je vais sur internet. Et là je lis des tas de choses. De témoignages de Maman à qui s’est arrivé et qui sont totalement désemparées face au diagnostique de puberté précoce, à d’horribles articles sur différents cancers. Je n’ai quasiment pas dormi de la nuit suite à ces affreuses lectures.

Le lendemain, j’appelle son pédiatre demande un rendez-vous en urgence : « pas avant mardi 11h20 ou 12h30 » me dit la secrétaire. « Parfait », je lui réponds « pour une fois la grève a du bon! ». Le soir, rebelote, je ne peux m’empêcher de faire des recherches sur la puberté : l’âge moyen de son commencement, les symptômes et également sur la puberté précoce. Là, je lis, le message d’une Maman affolée racontant qu’elle avait toucher le petit sein de sa fille de 8 ans et avait senti une boule. Je n’ose pas toucher mon bébé chéri. Je commence à avoir sérieusement peur. Peur de cette précocité, peur qu’elle souffre plus tard d’un cancer du sein, peur qu’elle est une tumeur au cerveau,… Bref, l’horreur!!!

Le surlendemain, je décide quand même de toucher son téton. Et là horreur, je sens une boule bien dure! Panique!!!

Dimanche, nous passons une agréable journée et, en fin d’après-midi, Clara se plaint à nouveau de douleurs au front, au sein et à l’oreille. Et ce, à plusieurs reprises. Là, pensant au pire, je ne peux plus attendre. Il faut absolument qu’elle voit un médecin. Mais je veux un pédiatre. Je regarde sur internet et tape SOS Pédiatrie. Et là Ô miracle, ça existe!!! C’est 130 euros la consultation remboursée uniquement par la mutuelle (que je n’ai actuellement plus) mais ce n’est pas grave : la santé de ma fille n’a pas de prix. Le pédiatre arrive deux heures plus tard, ausculte mon bébé adoré et déclare : « pas de souci c’est la puberté qui se met en place. Dans un mois, son autre sein aura poussé! ». Je lui dis : « Mais docteur, c’est quand même très précoce ». « Mais non, me dit il en riant. C’est normal. Elle aura ses règles dans 1 an 1/2 – 2 ans tout va bien ». Bon, de toute évidence nous n’avons pas la même définition de la normalité. Mais en tout cas je suis rassurée (ou presque parce que ma fille va tout de même aller chez son pédiatre mardi) : ce ne serai pas une maladie grave.

Le rôle des perturbateurs endocriniens

Durant ces quatre jours d’angoisse, je me suis posée plein de question. Me suis remémorée ce que j’avais donné à ma fille. Quelle pouvait être ma responsabilité dans tout cela. Et bien je ne vois pas trop. Bon ok, j’avoue, je n’ai pas utilisé de couches lavables. Mais ai fais hyper attention à son alimentation en évitant les plats préparés, en fuyant le plastique, en ne la nourrissant qu’avec de bons produits bios, en ne lui mettant sur la peau que des soins écolos, en ne faisant le ménage qu’avec des produits d’entretien écolos, en ne mettant que des meubles écolos dans sa chambre et n’ayant peint les murs qu’avec de la peinture naturelle. Et bien ça n’a pas suffit…

Je sais que l’on trouve des perturbateurs endocriniens partout. Et quand  je dis partout c’est partout. Dans l’alimentation industrielle, bien entendu, mais aussi dans l’eau, dans l’air, dans les cosmétiques, dans les emballages, dans les meubles, dans les vêtements, les jouets en plastique., les composants électroniques,.. Bref, l’ignominie totale! Je n’allais tout de même pas enfermer ma fille sous cloche!!! Et puis, il y a la cantine scolaire!!! Mais que fais le gouvernement??? Ne peuvent-ils pas faire appel à d’autres prestataires que Sodexo, Compax ou Elios et remettre des cuisines dans les écoles pour que nos enfants ne mangent pas toutes ces saletés enfermées dans du plastique et préparées avec une tonne d’additifs???

De toute façon, on nage tellement dans cette pollution que l’effet cocktail est un vrai désastre! D’où la promptitude de notre gouvernement pour l’interdiction du plastique en 2040 c’est à dire dans 21 ans!!!

Saloperies, vous avez empoisonné mon enfant!!!

On connait les effets délétères des perturbateurs endocriniens et de leur lien avec les pubertés précoces. Santé Publique France a, notamment publié une étude en 2018 montrant que ceux-ci touchaient dix fois plus les filles que les garçons en répertoriant 1200 nouveaux cas entre 2011 et 2013.

Quant aux chiffres officiels, il n’y en n’a pas!!! Pouvez-vous m’expliquer pourquoi???

Le rôle du stress

Ma fille de 7 ans 1/2 a les seins qui poussent… Serait-ce du au stress? Il est vrai que ma pauvre petite chérie a perdu a du faire face en quelques mois à quatre décès dont celui de son Papa, de son p’tit frère (son toutou chéri), de son Papi adoré. Bref, une hécatombe qui n’a pas du améliorer sa santé. Malgré le manque d’intérêt du corps médical sur le lien entre puberté précoce et stress, la pédiatre et endocrinologue Louise Greenspan* a pointé du doigts le rôle du stress. Les petites filles privées de leur père seraient deux fois plus touchées par cette précocité hormonale que les autres. Mais les médecins français doutent sérieusement. Pour eux, cela n’auraient aucun lien. Ah mais c’est vrai, j’oubliai que dans notre cher hexagone on ne mélange pas le corps et l’esprit! Que je suis sotte!!!

Et maintenant, je fais quoi?

Bon je ne vous ai pas donné la cause de l’autre raison qui entrainerait le fait que la puberté précoce pourrait être du au surpoids et au manque d’activité car ma fille est grande et élancée et ne rentre donc pas dans ce cas. Je ne manquerai pas de faire un article complet sur le sujet. Mais maintenant j’agis comment face à mon bébé qui pleurs en me disant « je ne veux pas être comme toi et avoir des seins »? Et bien, je ne sais pas trop. Si je la sens trop mal je l’emmènerai voir un psy. Je vais tenter de dédramatiser au maximum en disant que ça fait partie de la nature et que c’est normal (sauf qu’elle m’a déjà entendu pester contre la pollution ambiante…). Et puis surtout, il ne faut surtout pas que je la vois autrement. C’est toujours mon petit bébé. Et même si elle a des seins et des poils, je ne dois jamais oublié que c’est une petite fille qui n’a que 7 ans 1/2, qui aime la Reine des Neiges, les fées et les princesses, qui n’a même pas 4 dents définitives, qui croit au Père Noël à la petite souris et aux cloches de Pâques, qui a peur des monstres,… Bref, une petite fille de son âge. Mon bébé adoré, Maman t’aime tellement…

 

Si vous aussi êtes confrontées à la puberté précoce de votre enfant, n’hésitez pas à me laisser des messages!!! On est plus forte à plusieurs face à ce tsunami.

 

*Auteure de « The New puberty : How to Navigate Early Development in Today’s Girls » (éd. Rodale Books).
*« Weighing the Causes of Early Puberty », Ted Med.

 

 

Sophie Madoun