KYS, PNJ, aura -1000, Tana, cooked, ratio, dox, mass report… Le langage des ados évolue à toute vitesse sur TikTok, Snapchat, Instagram, Discord ou dans les groupes de discussion. Derrière ces expressions parfois incompréhensibles pour les adultes peuvent se cacher de simples plaisanteries, mais aussi des humiliations, des menaces ou des attaques collectives. Voici le grand dictionnaire du langage ado 2026 pour comprendre ces nouveaux codes et repérer ceux qui peuvent accompagner une situation de cyberharcèlement.

« T’es cooked », « il a zéro aura », « ratio mérité », « go report », « KYS »…

Pour beaucoup de parents, ces expressions ressemblent à un langage parallèle. Pour les adolescents, leur signification peut être parfaitement claire. Et le décalage entre les générations est spectaculaire.

Selon une étude réalisée en ligne par Occurrence, groupe IFOP, en mai 2025 pour Allianz France, 75 % des Français pensent maîtriser les codes utilisés par les jeunes. Pourtant, seulement 1,3 % parviennent à déchiffrer correctement six exemples concrets.

Dans le même temps, huit Français sur dix perçoivent les risques liés à ce langage codé. La campagne de prévention d’Allianz France évoque également un pic du cyberharcèlement à 11 ans chez les garçons et à 13 ans chez les filles.

L’enjeu n’est évidemment pas de transformer chaque nouveau mot prononcé par un adolescent en signal d’alarme. Une grande partie de ce vocabulaire appartient simplement à la culture des réseaux sociaux, du gaming, du rap ou des mèmes.

Mais certains termes prennent une tout autre dimension lorsqu’ils servent à humilier quelqu’un, l’exclure d’un groupe, attaquer sa réputation, diffuser ses informations personnelles ou mobiliser plusieurs personnes contre lui.

Langage ado 2026 : la signification des mots à connaître en un coup d’œil

Expression Signification Quand faut-il être vigilant ?
KYS « Kill Yourself », soit « suicide-toi » Toujours vérifier immédiatement le contexte et l’état du jeune visé
PNJ Personnage non joueur, personne jugée sans personnalité Si le terme est répété pour isoler ou humilier quelqu’un
Aura -1000 Perte de charisme ou de crédibilité Si toute une communauté se moque publiquement d’une personne
Cooked « Cuit », perdu, fini ou ridiculisé Si le mot accompagne une humiliation ou une attaque collective
Tana Insulte sexiste visant une fille jugée « facile » Si une adolescente est sexualisée, insultée ou désignée publiquement
BDH « Bandeuse d’hommes » Si le terme sert à salir la réputation d’une fille
Ratio Réponse destinée à ridiculiser un commentaire grâce aux likes Si plusieurs personnes se coordonnent contre la même cible
Dox ou doxxer Diffuser les informations personnelles d’une personne Situation grave : conserver les preuves et demander rapidement de l’aide
Raid Attaque collective contre un compte ou une personne Dès qu’un groupe est mobilisé pour menacer ou humilier
Mass report Signalements effectués en masse contre un compte Si les signalements sont utilisés pour faire taire ou nuire
PDF files Code pouvant faire référence à un pédophile Le contexte est indispensable, car l’expression désigne aussi de simples fichiers PDF
Troll Personne qui provoque sous couvert d’humour Si les provocations deviennent répétées, ciblées et humiliantes

Un adolescent sur six a déjà subi du cyberharcèlement

Le phénomène dépasse largement les frontières françaises.

D’après l’étude internationale HBSC publiée par l’Organisation mondiale de la santé en mars 2024, 15 % des adolescents interrogés, soit environ un sur six, ont déclaré avoir subi du cyberharcèlement.

L’enquête reposait sur les réponses de plus de 279 000 jeunes âgés de 11, 13 et 15 ans dans 44 pays et régions d’Europe, d’Asie centrale et au Canada. Les données avaient été recueillies entre 2021 et 2022.

La proportion de garçons déclarant avoir subi du cyberharcèlement est passée de 12 % en 2018 à 15 %. Chez les filles, elle est passée de 13 % à 16 %. Ces chiffres, détaillés par l’OMS (Organisation mondiale de la santé) montrent que les violences numériques ne constituent plus un phénomène marginal.

Le cyberharcèlement possède en outre une particularité redoutable : il ne s’arrête pas à la porte de l’établissement. Les messages, commentaires, groupes de discussion, jeux en ligne et vidéos peuvent prolonger les attaques jusque dans la chambre de l’adolescent.

Pourquoi les ados utilisent-ils des mots volontairement mal orthographiés ?

Une faute d’orthographe apparente n’en est pas toujours une.

Allianz France explique que les adolescents utilisent notamment des emojis, des abréviations et des mots volontairement transformés. Ces codes peuvent simplement permettre aux jeunes de créer leur propre langage et d’affirmer leur appartenance à un groupe.

Mais certaines orthographes détournées servent aussi à rendre les messages plus difficiles à comprendre par les adultes ou à contourner les systèmes automatiques de modération des plateformes.

Résultat : une phrase qui semble absurde ou inoffensive à un parent peut avoir une signification immédiatement identifiable pour un adolescent.

Cela ne signifie pas que tous les jeunes cherchent à dissimuler des comportements dangereux. Le langage adolescent a toujours évolué. Les réseaux sociaux accélèrent simplement la naissance, la diffusion et parfois la disparition de ces nouveaux mots.

KYS, doxing, raid : les termes qui doivent réellement alerter

Tous les mots du langage ado ne présentent pas la même gravité. Certains peuvent être employés pour plaisanter. D’autres désignent des menaces, des attaques collectives ou la diffusion d’informations personnelles.

KYS : que signifie cette abréviation ?

KYS est l’abréviation anglaise de « Kill Yourself », soit littéralement « suicide-toi ».

Il s’agit d’une injonction extrêmement violente adressée à une personne. Elle ne doit pas être banalisée lorsqu’elle apparaît dans une conversation, un commentaire, un jeu en ligne ou un message privé.

Certains adolescents peuvent employer KYS sur le ton d’une plaisanterie brutale ou de l’autodérision. Mais ce contexte supposément humoristique ne permet pas de savoir comment la personne qui reçoit le message le vit.

Lorsque KYS est répété, accompagné d’autres insultes ou adressé à un jeune déjà fragilisé, le message devient particulièrement préoccupant.

La première question à poser n’est pas : « Qu’as-tu fait pour recevoir cela ? », mais plutôt : « Est-ce que ce message t’était adressé ? Est-ce que tu te sens en sécurité ? »

Dox ou doxxer : lorsque les informations personnelles sont diffusées

Le doxing consiste à rechercher puis à rendre publiques les informations personnelles d’une personne afin de lui nuire.

Cela peut concerner :

  • son adresse ;
  • son nom complet ;
  • son numéro de téléphone ;
  • son établissement scolaire ;
  • le lieu de travail de ses parents ;
  • ses photos privées ;
  • ou toute autre donnée permettant de l’identifier ou de la retrouver.

Le doxing peut exposer la victime à des appels malveillants, des menaces, des déplacements à son domicile, une usurpation d’identité ou une nouvelle vague de harcèlement.

« On a ton @, on va te retrouver »

Cette phrase peut constituer une menace implicite après une dispute ou un message conflictuel.

Le symbole @ désigne généralement le nom du compte ou le pseudonyme utilisé sur un réseau social. Affirmer que l’on possède le @ d’une personne peut signifier que l’on cherche à remonter jusqu’à son identité, son entourage ou son adresse.

Selon Allianz France, ce type de menace peut précéder une tentative de doxing.

Raid

Un raid correspond à une mobilisation collective destinée à attaquer ou envahir un espace en ligne.

Il peut s’agir d’un compte, d’une publication, d’une vidéo, de commentaires, d’un serveur Discord ou d’un groupe de discussion. Des dizaines de personnes peuvent alors publier des insultes, des menaces ou des contenus humiliants en quelques minutes.

Mass report, go report ou go signaler

Un mass report est un appel à effectuer des signalements en masse contre un compte ou une publication.

Les expressions « go report », « go signaler » ou « signalez-le » reposent sur le même principe.

Signaler un contenu réellement violent, dangereux ou illégal est parfaitement légitime. Ce qui pose problème est l’utilisation coordonnée du signalement dans le but de faire suspendre le compte d’une personne, de la faire taire ou de lui nuire.

PNJ, aura -1000, cooked : les mots qui peuvent devenir humiliants

D’autres expressions ne sont pas nécessairement dangereuses lorsqu’elles sont utilisées une fois entre amis. Elles peuvent néanmoins devenir des outils d’humiliation lorsqu’elles sont répétées sous les publications d’une même personne ou reprises par tout un groupe.

PNJ : que veut dire cette expression chez les jeunes ?

PNJ signifie « personnage non joueur », un terme issu de l’univers des jeux vidéo.

Un PNJ est un personnage contrôlé par le jeu et non par un joueur. Il suit généralement un comportement programmé.

Appliqué à une personne réelle, le terme sert à la présenter comme passive, prévisible, naïve ou sans personnalité, comme si elle suivait les autres sans réfléchir.

L’expression PNJ energy décrit de la même façon une attitude jugée banale, prévisible ou dépourvue d’originalité.

Aura -1000, zéro aura ou aura négative

Dans le langage des réseaux sociaux, avoir de « l’aura » signifie dégager du charisme, du style, de la prestance ou de la crédibilité.

Dire qu’une personne a « aura -1000 », « zéro aura » ou une « aura négative » revient à affirmer qu’elle vient de perdre toute crédibilité après un geste jugé ridicule ou embarrassant.

L’expression peut être une simple plaisanterie. Elle devient blessante lorsqu’un groupe comptabilise publiquement les prétendues « pertes d’aura » d’un adolescent afin de le rabaisser.

Cooked ou cuit

Une personne cooked, c’est-à-dire « cuite », est considérée comme perdue, finie ou ridiculisée.

« Il est cooked » peut signifier qu’une personne a raté quelque chose, qu’elle se trouve dans une situation compliquée ou qu’elle vient d’être humiliée publiquement.

« Il est fini » ou « t’es fini »

Cette expression signifie qu’une personne est considérée comme dépassée, condamnée à échouer ou complètement humiliée.

Selon le contexte et le ton, elle peut également prendre la forme d’une menace.

Washed

Washed désigne une personne jugée dépassée ou moins performante qu’auparavant.

Le terme est notamment utilisé dans le sport, le gaming, la musique ou pour se moquer de la perte de popularité d’une personne.

Rincé ou rincax

Une personne, une blague ou un contenu qualifié de rincé ou de rincax est considéré comme dépassé, mauvais ou sans intérêt.

Éclaté ou éclaté au sol

« Éclaté » signifie très mauvais ou de faible qualité.

« Éclaté au sol » constitue simplement une version renforcée de cette critique.

Cringe, malaisant et hard watch

Le mot cringe qualifie une scène, une publication ou un comportement considéré comme gênant ou embarrassant.

« Malaisant » possède un sens très proche.

Un hard watch désigne un contenu jugé particulièrement gênant ou difficile à regarder.

Ces expressions sont souvent utilisées pour commenter des vidéos. Mais répétées sous les publications d’une même personne, elles peuvent participer à son humiliation publique.

Brain rot

Littéralement « pourriture du cerveau », brain rot désigne un contenu considéré comme idiot, absurde ou abrutissant.

Le terme peut aussi faire référence à la consommation répétée de contenus très courts, vides ou volontairement absurdes sur les réseaux sociaux.

Bot

Un bot est normalement un programme automatisé.

Lorsqu’il est utilisé pour désigner une personne, le mot l’accuse de réfléchir ou d’agir automatiquement, comme si elle était incapable de former sa propre opinion.

Flop

Un flop désigne un échec ou un manque de succès.

Sur les réseaux sociaux, le mot peut également qualifier une publication qui recueille très peu de vues, de réactions ou de commentaires.

L ou Loss

La lettre L vient du mot anglais « loss », qui signifie défaite.

« Prendre un L » signifie donc subir une défaite, un échec ou une humiliation. Son contraire est « prendre un W », pour « win », c’est-à-dire une victoire.

Ratio et ratio mérité

Sur les réseaux sociaux, un ratio se produit lorsqu’une réponse recueille davantage de likes que le message auquel elle répond. Le but peut être de contredire publiquement l’auteur du commentaire et de le ridiculiser.

« Ratio mérité » signifie que la personne est considérée comme méritant cette humiliation publique.

Un ratio n’est pas automatiquement du cyberharcèlement. Il peut le devenir lorsqu’une même personne est systématiquement visée ou lorsqu’un groupe est appelé à intervenir contre elle.

Cancel

Cancel signifie demander l’exclusion, le boycott ou la mise à l’écart d’une personne.

Le mot peut être employé dans des situations très différentes. Une critique collective n’est pas nécessairement du harcèlement. La répétition, la violence, les menaces et la volonté de nuire changent cependant la nature de la situation.

Expose

Expose signifie montrer ou dénoncer publiquement une personne.

Il peut s’agir de publier une capture d’écran d’une conversation privée, une photo, une vidéo ou des accusations afin de provoquer des réactions contre elle.

Une publication présentée comme un simple « expose » peut entraîner une avalanche de commentaires avant même que les faits aient été vérifiés.

Affiché ou s’afficher

Être affiché signifie être rendu ridicule publiquement.

« S’afficher » signifie au contraire se ridiculiser soi-même ou adopter un comportement considéré comme embarrassant.

Photoshame, bodyshame ou body shaming

Le photoshame ou le body shaming consiste à juger et rabaisser une personne en raison de son apparence physique.

Le poids, le visage, les vêtements, la peau, les cheveux, le handicap ou la morphologie peuvent devenir le prétexte à des commentaires humiliants.

« Il force » ou « tu forces »

Cette expression consiste à accuser une personne d’en faire trop, d’exagérer ou de rechercher excessivement l’attention.

Elle peut être une simple remarque entre amis, mais aussi servir à exclure quelqu’un en présentant chacune de ses interventions comme agaçante ou illégitime.

Osef

Osef est l’abréviation de « on s’en fout ».

Elle sert à rejeter ce que vient de dire une personne ou à montrer qu’un sujet est considéré comme sans intérêt.

Troll ou trollage

Le trollage désigne un comportement destiné à provoquer des réactions, souvent sous couvert d’humour.

Une plaisanterie ponctuelle n’est pas forcément du harcèlement. En revanche, des provocations répétées, ciblées et destinées à faire craquer une personne peuvent devenir une forme de violence numérique.

T’es un timi, un plot, un noob ou un bambi

Ces expressions, en partie issues de l’univers du gaming, servent généralement à dire à une personne qu’elle est nulle, inexpérimentée, inutile ou incapable de comprendre ce qui se passe.

Le contexte reste déterminant : une moquerie échangée pendant une partie n’a pas la même portée qu’une étiquette répétée chaque jour contre le même adolescent.

Tana, BDH, 92i : les insultes sexistes et les jugements sur la sexualité

Une partie du langage recensé dans le glossaire d’Allianz vise particulièrement les filles et leur réputation. Derrière des mots parfois présentés comme de simples plaisanteries se cachent des jugements sexistes et une forme de contrôle de la sexualité féminine.

92i

Dans le glossaire Allianz, 92i est présenté comme un terme pouvant servir à discriminer une fille en fonction de son apparence ou de son style vestimentaire, en référence au label 92i de Booba.

Comme toujours avec les codes issus du rap et des réseaux sociaux, le contexte est indispensable.

BDH

BDH signifie « bandeuse d’hommes ».

Le terme sert à accuser une fille de tout faire pour attirer l’attention des garçons ou des hommes. Il peut être utilisé pour salir sa réputation ou la présenter comme aguicheuse.

BDG

BDG signifie « bandeur de gadjis ».

Le terme est généralement présenté comme l’équivalent masculin de BDH, même si les conséquences sociales et la violence sexiste de ces deux expressions ne sont pas toujours comparables.

Tana

Tana est un terme vulgaire et péjoratif utilisé pour désigner une fille perçue comme sexuellement « facile ».

Employé publiquement ou repris par tout un groupe, il peut devenir une véritable attaque contre la réputation d’une adolescente.

Tanaland

Tanaland est présenté comme un lieu fictif où se trouveraient toutes les « tanas ».

Le terme peut être utilisé de façon ironique, mais également comme une insulte collective et dégradante envers les filles.

« T’as tourné » ou « t’es mondial »

Ces expressions servent à stigmatiser et juger la sexualité d’une fille, en laissant entendre qu’elle aurait eu de nombreux partenaires ou qu’elle serait connue pour cela.

Elles font partie des expressions particulièrement sexistes du glossaire.

Seggs

Seggs est une façon détournée d’écrire « sexe ».

Cette orthographe permet notamment d’évoquer la sexualité sans employer directement le mot susceptible d’être repéré par certains filtres ou systèmes de modération.

Doro

Dans le glossaire Allianz, doro désigne un acte sexuel.

Le terme n’est pas nécessairement une insulte. Tout dépend de la manière dont il est utilisé et de la personne qu’il vise.

Paf

Selon le même glossaire, paf peut être utilisé pour faire référence au sexe masculin.

« PDF files » : un code impossible à deviner pour beaucoup d’adultes

Sur certaines plateformes, « PDF files » peut être utilisé comme code pour faire référence à un pédophile.

L’expression désigne évidemment aussi de simples fichiers PDF. Il serait donc absurde de s’alarmer à chaque fois qu’un adolescent prononce ces mots.

Ce double sens montre surtout pourquoi le contexte d’une conversation est indispensable. Le terme peut apparaître pour contourner la modération automatique ou éviter d’écrire directement « pédophile ».

Gwer

Dans le glossaire Allianz, gwer est présenté comme un terme pouvant être employé de manière péjorative pour désigner une personne blanche ou caucasienne.

Comme pour beaucoup d’expressions issues de l’argot et des réseaux sociaux, son sens précis et sa portée dépendent fortement du contexte.

Pain, Six Seven, chokbar : les autres expressions ado à connaître en 2026

Toutes les expressions que les adultes ne comprennent pas ne cachent heureusement ni insulte ni cyberharcèlement.

Pour répondre à la grande question « Mais qu’est-ce qu’il raconte ? », voici quelques autres mots très présents dans les dictionnaires du langage ado en 2026.

Pain ou boulangerie

Un pain désigne une personne que l’on trouve attirante ou pour laquelle on éprouve un coup de cœur physique.

La boulangerie désigne, par extension, un endroit où se trouvent plusieurs « pains », c’est-à-dire plusieurs personnes jugées attirantes.

Six Seven ou 6-7

Six Seven est une expression virale, souvent accompagnée d’un mouvement des mains comme si l’on pesait deux possibilités.

Elle ne possède pas de signification unique et stable. Son absurdité fait précisément partie de la plaisanterie et permet aux jeunes de montrer qu’ils connaissent le mème.

Chokbar ou chockbar

Être chokbar signifie être très choqué, surpris ou impressionné.

Le mot peut exprimer une réaction positive comme négative.

Yomb

Être yomb signifie être énervé, contrarié ou en colère.

« Je suis yomb, j’ai perdu mon téléphone » signifie simplement : « Je suis très énervé d’avoir perdu mon téléphone. »

POV

POV est l’abréviation anglaise de « point of view », soit « point de vue ».

Sur TikTok, Instagram ou YouTube, le terme sert souvent à introduire une vidéo dans laquelle le spectateur est invité à imaginer qu’il vit une situation particulière.

Banger

Un banger désigne un morceau de musique, une vidéo, une soirée ou un moment considéré comme excellent.

Dire « ce son est un banger » constitue donc un compliment.

Slay

Slay signifie réussir brillamment quelque chose, être particulièrement élégant ou impressionner les autres.

Dire à quelqu’un « tu slay » revient généralement à le féliciter.

Goumin

Le goumin désigne une rupture ou une peine amoureuse particulièrement intense.

« Être en goumin » signifie avoir le cœur brisé ou vivre très douloureusement une déception sentimentale.

ICK

Le ICK désigne un détail ou un comportement qui provoque soudainement un sentiment de dégoût ou de rejet envers une personne qui plaisait auparavant.

Un geste, une parole ou une attitude peut ainsi « donner le ick ».

« T’as tout whippin »

Cette expression signifie que quelqu’un mélange des sujets sans rapport, confond tout ou devient complètement hors sujet.

Reste branché

Dans le glossaire Allianz, « reste branché » signifie rester vigilant ou rester à l’affût.

Et les emojis utilisés par les jeunes ?

Les mots ne représentent qu’une partie de ce langage.

Allianz France recense également des emojis susceptibles de prendre un sens très différent de leur apparence selon la conversation.

Par exemple :

  • le flocon peut être utilisé pour parler de cocaïne ;
  • le brocoli peut évoquer le cannabis ;
  • le clown peut servir à ridiculiser quelqu’un.

D’autres symboles peuvent être associés à des insultes sur le physique, des propos racistes ou homophobes, une personne jugée soumise ou inutile, des contenus pornographiques ou des attaques collectives.

Il ne faut pas leur attribuer automatiquement un sens caché. Un emoji conserve de multiples significations et seul le contexte permet de comprendre ce qu’il exprime réellement.

Retrouvez notre décryptage complet dans l’article Emojis des jeunes : attention au cyberharcèlement silencieux.

Un mot isolé suffit-il à parler de cyberharcèlement ?

Non.

Un jeune qui écrit « cringe », « flop », « cooked », « PNJ » ou « zéro aura » n’est pas automatiquement victime ou auteur de cyberharcèlement.

Ces expressions appartiennent aussi au langage ordinaire des adolescents. Ce qui doit attirer l’attention est plutôt la dynamique générale de la conversation :

  • les insultes sont-elles répétées ?
  • une même personne est-elle systématiquement visée ?
  • plusieurs jeunes l’attaquent-ils en même temps ?
  • des photos humiliantes circulent-elles ?
  • ses informations personnelles sont-elles recherchées ou diffusées ?
  • reçoit-elle des menaces ?
  • est-elle volontairement ridiculisée devant un groupe ?
  • fait-elle l’objet d’un raid ou de signalements organisés ?
  • semble-t-elle avoir peur de consulter son téléphone ?
  • quitte-t-elle brusquement certains groupes ou réseaux ?
  • son sommeil, son humeur ou son comportement ont-ils changé ?

Le cyberharcèlement repose généralement sur une répétition ou une dynamique collective. Mais un acte unique peut déjà être extrêmement grave lorsqu’il s’agit d’une menace, de la diffusion d’une image intime ou de la publication d’une adresse.

Quels sont les chiffres du harcèlement scolaire en France en 2026 ?

D’après les résultats de l’enquête nationale menée en novembre 2025 et publiés en juin 2026 par le ministère de l’Éducation nationale, les situations s’apparentant à du harcèlement concernent :

  • 3 % des écoliers du CE2 au CM2 ;
  • 4 % des collégiens ;
  • 2 % des lycéens.

Des situations intermédiaires considérées comme « à surveiller » concernent par ailleurs :

  • 13 % des écoliers ;
  • 6 % des collégiens ;
  • 5 % des lycéens.

Ces chiffres proviennent de grilles d’autoévaluation remplies par les élèves. Ils ne signifient pas que seuls 2 à 4 % des jeunes connaissent des violences ou des difficultés. Ils correspondent aux situations répondant aux critères retenus par l’enquête.

Les résultats complets sont publiés par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l’Éducation nationale.

Que faire si son enfant reçoit KYS, des menaces ou subit un raid ?

Le premier réflexe est de conserver les preuves.

Ne supprimez pas immédiatement les messages et ne demandez pas à l’enfant de fermer son compte avant d’avoir enregistré les éléments utiles.

Gardez notamment :

  • les captures d’écran ;
  • les messages complets ;
  • les pseudonymes et noms des comptes ;
  • les dates et les heures ;
  • les liens vers les contenus concernés ;
  • les photos ou vidéos diffusées ;
  • le nom des témoins éventuels ;
  • la chronologie des attaques.

Les captures doivent si possible montrer le nom du compte, le contenu et la date. Les messages éphémères peuvent disparaître rapidement : mieux vaut donc les enregistrer dès qu’ils sont découverts.

Il est ensuite possible de bloquer et signaler les comptes ou les contenus concernés. Lorsque des élèves sont impliqués, il faut également informer l’établissement scolaire : professeur principal, CPE, direction ou référent harcèlement.

Ne tentez pas d’organiser vous-même une confrontation avec les jeunes soupçonnés ou leurs familles. Cela pourrait aggraver la situation, provoquer la suppression des preuves ou exposer davantage l’enfant.

Le 3018 : le numéro national contre le cyberharcèlement

Le 3018 est le dispositif national destiné aux jeunes victimes, témoins ou auteurs de harcèlement ou de violences numériques, ainsi qu’à leurs parents et aux professionnels.

Il est gratuit, anonyme et confidentiel. Il est accessible 7 jours sur 7, de 9 heures à 23 heures, par téléphone, sur le site 3018.fr et par tchat via l’application 3018.

Le service est opéré par l’association e-Enfance. Il peut conseiller les familles et intervenir auprès des plateformes pour accélérer la suppression de contenus ou de comptes préjudiciables.

Toutes les informations sont disponibles sur le site officiel du 3018.

KYS et risque suicidaire : quand appeler le 3114 ?

Si un adolescent parle de mourir, de disparaître ou de se suicider, s’il affirme que les autres seraient mieux sans lui ou si son comportement laisse craindre un passage à l’acte, il faut demander de l’aide sans attendre.

Le 3114, numéro national de prévention du suicide, est accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, partout en France. Il peut être appelé par la personne en souffrance comme par un proche inquiet.

Des professionnels formés évaluent la situation, écoutent et orientent vers l’aide adaptée. Retrouvez les informations officielles sur 3114.fr.

En cas de danger immédiat ou de passage à l’acte en cours, appelez le 15 ou le 112.

Comment parler de ces mots avec son adolescent sans l’espionner ?

Pas besoin d’apprendre tout le dictionnaire par cœur ni de transformer chaque repas familial en interrogatoire.

Une question simple peut suffire :

« Ça veut dire quoi chez vous ? »

Ou :

« Vous utilisez ce mot pour rire ou pour insulter quelqu’un ? »

Le sens d’un terme peut évoluer très rapidement sur les réseaux sociaux et dépend souvent du groupe qui l’utilise. Un mot employé entre deux amis pour plaisanter peut prendre une tout autre dimension lorsqu’il est répété par vingt personnes sous la photo d’un adolescent.

Évitez également de confisquer immédiatement le téléphone d’un jeune qui vient montrer un message inquiétant. Il pourrait comprendre qu’en demandant de l’aide, il perd son accès à ses amis et à sa vie sociale, puis hésiter à parler la prochaine fois.

L’objectif n’est pas de surveiller chacune de ses conversations. Il est de maintenir une porte ouverte pour qu’il sache qu’il peut venir montrer un message, raconter une humiliation ou demander de l’aide sans être accusé ni puni.

Ce qu’il faut retenir du langage ado en 2026

KYS, dox, raid, mass report, Tana, PNJ, aura -1000, ratio, cooked ou troll n’ont ni la même signification ni la même gravité.

Un mot isolé ne suffit généralement pas à conclure à une situation de cyberharcèlement. Mais comprendre le vocabulaire utilisé par les adolescents peut permettre aux adultes de repérer une humiliation, une menace ou une attaque collective qui serait autrement passée sous leur radar.

Le plus important n’est pas de parler exactement comme les jeunes. C’est de savoir reconnaître le moment où une plaisanterie devient une violence et de permettre à l’adolescent concerné de ne pas rester seul.

 

Sources

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Mis à jour le 1er septembre 2026

 

Sophie Madoun