Le manque de confiance en soi gâche la vie. Vous êtes timide ? Vous n’osez pas prendre d’initiatives ? Vous avez peur du jugement des autres ? Alors, comment reprendre les rênes de votre vie ? Réponses.

Quelle est la différence entre l’estime de soi, l’affirmation de soi, la confiance en soi ?

L’affirmation de soi correspond à nos compétences relationnelles. La confiance en soi correspond à nos compétences personnelles, à savoir : est-ce que je me sens en confiance pour agir de telle ou telle façon ? Est-ce que je me sens bien dans mon travail ? Est-ce que je me sens être un bon parent ? Est-ce que je m’estime être un bon cycliste ? etc. L’estime de soi : il y en a trois formes, la première est l’estime de soi liée à l’approbation des autres : je m’aime quand on m’aime. La deuxième est l’estime de soi liée à la performance, c’est à dire je m’aime quand je fais les choses bien.

Enfin, l’estime de soi inconditionnelle : même si vous êtes en échec à tous niveaux, que vous avez été trahi par vos meilleurs amis, laissé tombé par votre compagnon ou compagne, vous continuez à vous accorder de la valeur. https://unmondepourlesintrovertis.fr/avoir-confiance-en-soi/ explique qu’avoir confiance en soi n’est pas une question de personnalité. Les timides, les exubérants, les extravertis comme les introvertis ont tous besoin d’avoir confiance en eux. Simplement, la recherche et la construction de cette confiance ne se dérouleront pas de la même manière. Par exemple, l’un sera tourné vers les autres quand l’autre se ressourcera seulement quand il est seul face à lui-même.

D’où vient la confiance en soi ?

La confiance en soi vient en grande partie de ce qui nous a été inculqué dès le plus jeune âge. L’enfance est véritablement capitale : cela commence par le regard que notre entourage a porté sur nous : notre famille, les instituteurs, les professeurs. Parfois, ce que l’on appelle des micro traumatismes comme un regard désapprobateur, des échecs scolaires réprimés et stigmatisés, aucun encouragement, etc. peuvent amener à une perte de confiance en soi. Mais il peut aussi y avoir des épisodes clés qui nous déstabilisent et restent ancrés dans notre cerveau. Cela provoque un conditionnement négatif qui nous fait perdre confiance en nous.

La connaissance de soi, la clé de la confiance en soi

La connaissance de soi est très importante. On a tous une capacité à regarder en soi pour savoir si l’on a ou pas une force ou une faiblesse dans un domaine précis. Et lorsque l’on a un point faible, il est important que cette métacognition ; notre capacité d’analyser la situation ; “nous dise attention, là tu es dans une zone où tu n’es pas très compétent, donc ne te fais pas trop confiance”. Ou, à l’inverse, savoir que l’on est compétent dans ce domaine et donc, se faire confiance à bon escient. Cet aspect est très important, à la pointe des recherches neuroscientifiques. En effet, cette capacité à s’auto-évaluer de façon neutre sans se sous-estimer ou se surestimer est une faculté à part dans notre cerveau.

Certains peuvent être très bons dans un domaine mais ne pas s’en rendre compte et, de fait, ne pas avoir confiance en eux. Alors que d’autres, qui sont très mauvais dans un domaine, sont persuadés qu’ils vont y arriver. La capacité à voir clairement ses forces et ses faiblesses est un phénomène cognitif très particulier, en lien avec l’introspection et repose sur des circuits cérébraux très précis qui commencent à être identifiés (le cortex préfrontal antérieur). Ce n’est pas parce que l’on a eu un avis négatif par le passé que l’on doit resté bloqué à cette période et généraliser. C’est ce qui est appelé distorsion cognitive. Un peu comme des logiciels qui traitent mal l’information, le négatif nous conforte dans ce que l’on pense de nous. Cette généralisation va néanmoins nous permettre de comprendre ce qu’il se passe en nous et pourquoi il y a ce manque de confiance en soi, afin de le traiter. Faire preuve de discernement va pouvoir contredire ces cognitions et voir les contre-exemples qui, eux, prouvent que l’on peut réussir. Il faut oser se faire confiance.

 Surmonter ses blocages

Quels sont les schémas de pensée qui empêchent une personne de parler en public, par exemple ? Les schémas cognitifs doivent être décortiqués afin que la personne reprenne confiance en elle et puisse les dépasser.

Pour repérer les distorsions cognitives, les psychologues les ont regroupées sous l’acronyme de GRIMPA :

Le G correspond à la généralisation. Suite à un échec passé, quelqu’un qui généralise va dire ” je suis nul”  au lieu de se dire ;” à l’époque je n’ai pas réussi et j’ai été nul”;. Donc au lieu de taxer son comportement de “nul “; il va se considérer, lui-même, nul en tant que personne. Et ce n’est pas tout, il va faire une généralisation globale en se disant ; “De toute façons, j’ai toujours été nul et je serai toujours nul dans ce domaine” ;. Mais ce n’est pas tout !!! Il va se dire ; “Et puis je ne suis pas nul que pour ça, je suis nul pour tout”. Quand tous ces mécanismes entre en jeu, les personnes souffrent d’une estime d’elles-mêmes pitoyable.

Le R est un raisonnement dichotomique. C’est le fameux “tout ou rien” : soit je réussis, soit j’échoue, il n’y a pas de demie mesure. Résultat, les gens se sous-estiment alors qu’ils n’ont pas plus échoué que d’autres.

Le I signifie inférence arbitraire. Il s’agit d’une référence sans preuve. La personne déduit qu’elle n’y arrivera jamais, alors qu’elle n’en a aucune preuve. Cela s’appelle aussi le raisonnement émotionnel : les personnes se donnent une impression sur elles-mêmes sans aller chercher de faits objectifs.

Le M signifie maximaliser le négatif et minimaliser le positif. La personne va être persuadée que lorsqu’elle fait quelque chose de bien ce n’est pas important, alors que lorsqu’elle rate quelque chose, elle se focalise dessus. Il est primordial que les personnes arrivent à identifier le positif et voir tout ce qu’elles ont réussi.

Le P signifie personnalisation. Si par exemple, au travail ou à une soirée entre amis, la personne voit des personnes rire, elle va penser qu’ils se moquent d’elle alors, que bien entendu, il n’en n’est rien.

Le A signifie abstraction sélective. La personne tire une conclusion générale d’un détail.

L’importance du doute

Le doute et la confiance fonctionnent main dans la main et ne sont en aucun antagonistes. Le doute fait notre humanité et partie de la vie. Il nous permet d’avancer. Il est inquiétant de voir des personnes qui ne doutent jamais : le doute est un signe de bonne santé mentale. L’intérêt du doute est de se poser des questions sur soi, de ne pas faire n’importe quoi, de ne pas prendre de décisions à l’emporte pièce, hâtives et sans réflexion.

Le doute permet d’équilibrer notre cerveau émotionnel, celui qui entraîne l’impulsivité. Il met en route notre cerveau cortical qui permet de réfléchir à la situation, de peser les avantages et les inconvénients avant de passer à l’action. Le courage, c’est avoir confiance en soi tout en ayant des doutes.

La honte

La honte est très présente chez les personnes manquant de confiance en elles-mêmes. Cette émotion fondamentale se situe par rapport au regard des autres. On ne peut pas avoir honte tout seul ! Accepter cette émotion est très importante. Ne pas se cacher ni se masquer ou faire semblant d’être quelqu’un d’autre est essentiel. Et le jour où il y a acceptation, il y a délivrance.

Devenez votre meilleur ami

Devenir son meilleur ami en se parlant comme si on était son meilleur ami est une des clés pour se sentir plus à l’aise avec soi-même.

Agissez !

L’action est un mot clé dans la confiance en soi. Un manque de confiance en soi refrène l’action. Pour ce faire, un véritable travail sur soi permet d’agir de manière réfléchie, tempérée et posée. Pas de manière impulsive, mais adaptée à la situation. Tout l’art est de faire la part des choses, entre la réalité actuelle et ce qui est lié à notre passé, à notre inconscient qui vient, sans arrêt, nous ramener à des situations traumatisantes et non appropriées à ce que l’ont vit présentement.

Relaxez-vous !

Les techniques de méditation et de relaxation soulagent énormément. Elles atténuent angoisse et anxiété, si prégnantes chez les personnes ayant une faible estime d’elles-mêmes. La méditation est un exercice sur l’attention : fixer son attention sur les sensations corporelles, sur les déplacements de la pensée est un formidable exercice d’introspection. Au fil du temps, on apprend à savoir comment nos compétences évoluent, comment nos émotions nous paralysent et à les mettre à jour afin de les désamorcer.

Sophie Madoun