Violences sexuelles : les cinq graves erreurs à ne pas commettre

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Que vous le sachiez ou non, quelqu’un de votre entourage a, un jour, été victime de violences sexuelles. Peut-être même vous-même. Environ un homme sur six et une femme sur quatre sont victimes de telles violences dans leur vie, des dizaines de milliers d’enfants tous les jours. Parler de violences sexuelles, c’est travailler avant toute chose à la protection de l’enfance, car les violences sexuelles débutent dès ce stade.

violences sexuellesCette violence engendre de nombreux maux, conscients ou inconscients, le plus souvent non ou mal traités. Ces violences sont bien souvent la racine d’autres violences.

La violence sexuelle tue, directement ou à petit feu… et son potentiel infectant peut être dirigé contre la victime ou contre un tiers.

C’est donc une véritable épidémie qui s’étend, ce d’autant plus qu’enfants et adolescents ont leurs repères perturbés par l’hyper sexualisation et la pornographie qui envahissent tous les supports audio-vidéo. C’est aussi la pérennisation de nombreux cas d’incestes qui touchent toutes les couches de la société, par manque d’éducation à la sexualité, manque de repère, manque de prévention à tous les niveaux.

Les violences sexuelles sont un fléau camouflé : par les victimes elles-mêmes, qui n’osent pas parler, que l’on ne veut pas écouter, qui ont refoulé très loin dans leur mémoire les violences vécues tellement elles sont douloureuses, à qui on demande de requalifier des viols en agressions. Et par une omerta multi facettes qui touche tous les secteurs, par méconnaissance, manque de formation, insuffisance de savoir-faire et de moyens dans la gestion du problème, voire par malveillance.

Pour lutter contre ce fléau, voici les 5 graves erreurs à ne pas commettre :

Méconnaître les dégâts d’un attouchement

Un attouchement conduit très souvent aux mêmes dégâts qu’un viol.

Il n’est pas légitime de différencier viol et attouchement, et pour ces deux types d’agressions, la tolérance zéro doit s’appliquer, comme de nombreux pays l’ont maintenant bien compris et mis en place.

Méconnaître l’ampleur des dégâts de la violence sexuelle

La violence sexuelle réalise des dégâts colossaux, aux facettes multiples, conduisant en général à la mort physique et/ou psychique, rapide ou à petit feu.

La violence sexuelle réalise le meurtre de l’âme et impacte négativement la vie des êtres humains qui en sont victimes ; c’est un véritable crime contre l’Humain et contre l’Humanité étant donné son ampleur. C’est aussi pour cela que la tolérance zéro doit s’appliquer aux violences sexuelles.

Méconnaître le refoulement et les délais d’émergence du traumatisme

Le principal mécanisme de protection psychique est le refoulement du/des traumatismes. Il est l’une des principales raisons des prises de conscience tardives chez la plupart des victimes.

C’est pourquoi la tolérance zéro qui doit s’appliquer aux violences sexuelles doit inclure l’imprescriptibilité sur le plan juridique.

Cette imprescriptibilité est également un des outils de prévention utiles de par sa dimension de dissuasion.

Faire des violences sexuelles un problème essentiellement féminin

La violence sexuelle concerne hommes et femmes dans des proportions très proches.

Les racines de la violence sexuelle se trouvent dans les agressions sexuelles faites aux enfants, garçons et filles.

Méconnaître la nature d’un agresseur

Les agresseurs sont le plus souvent des victimes d’agressions sexuelles, vécues en général dans l’enfance. Un agresseur enfant envers un enfant a souvent une mauvaise définition des limites, peut vouloir tester ce que lui a été fait, peut exprimer sa colère et sa haine, peut vouloir agresser pour se venger. Un agresseur adulte, ancienne victime, est un malade qui exprime sa colère et sa haine, peut agresser pour se venger.

Si de nombreuses personnes, groupes, associations essayent d’agir, force est de constater que le fléau est toujours là, et que notre pays est en échec sur la gestion des violences sexuelles.

Notre analyse de cet échec concerne l’angle d’attaque du problème : la majorité des acteurs intervenant en matière de violences sexuelles agissent dans une stratégie de « lutte » là où il convient d’avoir une stratégie « d’éradication ».

La deuxième raison de cet échec est le manque de communication transversale entre tous les acteurs impliqués. Nous avons la conviction que remobiliser tous les intervenants sur une stratégie d’éradication, basée sur le modèle d’une stratégie vaccinale, devrait être réellement efficace.

Il est temps que les choses changent, que la planète et notre pays en particulier disent STOP aux violences sexuelles, de façon déterminée, avec une vraie stratégie d’éradication, et prennent soin des personnes en souffrance pour les conduire à la guérison, une vraie guérison grâce à des protocoles de soins pertinents.

Violaine Guérin, Présidente de l’Association « Stop aux Violences sexuelles » – Médecin, endocrinologue et gynécologue

 

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