Depuis le mois de mai, plusieurs dizaines de cas de la variole du singe viennent d’être recensés en Europe. Les autorités sanitaires ont rapporté ce jeudi 19 mai 2022 un premier cas suspect de variole du singe, en Île-de-France. Qu’est-ce que cette maladie ? Comment se transmet-t-elle ? Est-elle dangereuse ? On vous explique tout.

(Mise à jour le 29 mai ) Après le Royaume-Uni, la Suède, l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Belgique, les États-Unis, le Canada et la France où seize cas ont été détecté (12 en Ile de France, 1 en Auvergne-Rhône-Alpes, deux en Occitanie, un en Normandie) la variole du singe d’habitude cantonné à l’Afrique de l’ouest se répand à travers le monde.

Mais pour quelle raison, cette maladie cantonnée d’habitude en Afrique est soudain présente sur d’autre continents, notamment en Europe ? Pour l’Europe, le patient zéro a été, très certainement, été contaminé au Nigeria et est allé au Royaume-Uni.

Combien de cas ont été détectés ?

Depuis le 7 mai de nombreux cas ont été rapportés :

  • 7 au Royaume-Uni,
  • Une quarantaine au Portugal (dont plus de 20 dans la région de Lisbonne) et en Espagne  ( dont 23 dans la région de Madrid),
  • 2 en Belgique,
  • 1 en Italie,
  • 1 en Suède,
  • 13 au Canada,
  • Plusieurs cas aux États-Unis.

Qu’est-ce que la variole du singe ?

La variole du singe est une maladie rare, cousine de la variole qui entraine bon nombre d’épidémie en Afrique, sans que l’on en parle. Elle a été découverte à Copenhague (Danemark) sur des singes vivant dans une animalerie, en 1958 qui présentaient des lésions cutanées qui ressemblait à la variole. D’où son nom : la variole du singe. Mais ce virus est bien plus présents chez les écureuils et les rongeurs.

Le premier cas a été détecté en Afrique Centrale sur un enfant en 1970.

Quels sont les symptômes de la variole du singe ?

La variole du singe entraine l’apparition de lésions au niveau de la peau formant ensuite des croûtes qui ressemble à la varicelle. La maladie peut aussi être accompagnée, dans les premiers jours de l’infection :

  • de maux de tête,
  • de fatigue,
  • de la fièvre,
  • de douleurs musculaires.

Est-elle dangereuse et quels sont les traitements ?

En principe, la maladie est bénigne et cesse au bout d’une vingtaine de jours, sans aucun traitement. 

Même si elle est la plupart du temps sans danger, il y a des formes graves et des décès (la létalité oscille entre 1 à 10%) surtout chez les enfants, les personnes âgées ou les personnes présentant des comorbidités.

D’après les dernières petites études, il semblerait que le vaccin classique contre la variole serai efficace à 85% et empêcherai les formes graves (vaccin qui n’est plus prescrit automatiquement en France depuis 1978).

Comment se transmet-elle ?

La variole du singe est, au départ une zoonose c’est à dire une maladie infectieuse transmise des animaux à l’homme. Rappelons que ce sont des rongeurs et des écureuils qui sont porteurs de la maladie.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) nous apprend qu’elle se transmet essentiellement avec les gouttelettes respiratoires mais en restant longtemps en présence de la personne contaminée. D’où sa faible contagiosité contrairement au Covid où les gouttelettes se propagent dans l’air.

Cependant, comme la variole du singe entraine des éruptions cutanées remplies de liquide infecté, si vous touchez un objet qu’une personne contaminée aura touché avant vous, un bouton d’ascenseur ou une poignée de porte, par exemple, vous risquez d’être également contaminé. Et bien entendu, le « peau à peau » est vecteur de contamination.

D’après les nouvelles observations des médecins africains, il semblerait que la variole du singe soit une IST (infection sexuellement transmissible) touchant beaucoup les homosexuels hommes mais aussi les hétérosexuels.

Notons, enfin, que cette maladie a été très peu étudiée car découverte dans des endroits perdus au Congo ou au fin fond de l’Afrique Centrale et les autorités sanitaires mondiales la connaissent encore très mal.

Comment se protéger de la maladie ?

Les autorités sanitaires mondiale préconisent d’isoler les personnes contaminées afin de bien circonscrire la maladie et évitez une éventuelle pandémie.

Pour éviter d’être contaminé :

  • Lavez-vous régulièrement les mains,
  • Ne touchez pas une personne malade,
  • Ne restez pas longtemps en présence de quelqu’un ayant attrapé le virus,
  • Ayez des rapports sexuels protégés.

Faut-il s’inquiéter ?

Les cas de variole du singe risque d’augmenter ces prochaines semaines. C’est pour cette raison que L’OMS a annoncé le 17 mai mettre en place un « traçage des cas » afin de trouver « la source de leur infection ».

Quant au Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) va publier son premier rapport d’évaluation des risques « en début de semaine prochaine ».

Au vue de la multiplication des cas, l’Espagne a commandé de milliers de vaccins contre la variole ‘normale’.

La Haute autorité de santé (HAS) préconise la mise en place d’une « stratégie vaccinale réactive ». Celle-ci a pour but de ne vacciner que les cas contacts à risque.

D’ici trois semaines nous saurons vraiment ce qu’il en est.

 

Sophie Madoun