En France, chaque année, 100 000 personnes sont traitées ou vivent avec un lymphome et près de 14 000 nouveaux cas sont diagnostiqués1, ce qui en fait l’une des formes de cancer les plus répandues. Ils sont responsables de 5 000 décès par an. Les lymphomes peuvent toucher tout le monde et à tout âge. C’est d’ailleurs le 1er cancer chez les adolescents et jeunes adultes.

lymphomesOn estime que près de 200 000 personnes décèdent d’un lymphome et que 360 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde. 3ème cancer le plus commun chez les enfants et 5ème cancer en termes d’incidence chez l’adulte, les lymphomes sont une des formes de cancer dont la fréquence augmente le plus. Aujourd’hui, plus de 1 million de personnes vivent avec un lymphome. Si l’incidence du lymphome de Hodgkin a un peu diminué, le nombre de nouveaux cas de lymphomes non hodgkiniens, les plus communs, a augmenté de près 5 % par an au cours des dernières décennies.

1. Qu’est-ce qu’un lymphome ?

Les lymphomes sont une forme de cancer qui se développe dans le système lymphatique.

Les lymphomes sont des tumeurs qui se développent dans l’ensemble du système lymphatique mais peuvent atteindre aussi des organes. Ils surviennent lorsque certaines cellules du système lymphatique, les lymphocytes, commencent à être produites de façon anormale. Ces cellules se multiplient de manière incontrôlée (prolifération maligne) et, comme elles vivent plus longtemps que les cellules saines, elles s’accumulent. Elles finissent ainsi par former des tumeurs dans divers éléments du système lymphatique, en particulier les ganglions lymphatiques qui filtrent la lymphe, provoquant leur gonflement. D’autres organes très divers peuvent également être touchés par cette maladie puisque les lymphocytes circulent dans tout le corps et dans tous les organes.

Dans sa classification de 2008, l’OMS a recensé 80 types différents de lymphomes, de gravité et d’évolution très variables, qui sont essentiellement classés en deux grandes catégories :

Les lymphomes hodgkiniens, encore appelés « lymphomes de Hodgkin », forme la plus connue de lymphome qui représente moins d’un cas de lymphomes sur sept ;

Les lymphomes non hodgkiniens, communément appelés « lymphomes », les plus fréquents, dont le nombre de nouveaux cas a augmenté de près 5 % par an au cours des dernières décennies.

2. Qu’est-ce que le système lymphatique ?

Le système lymphatique fait partie du système immunitaire de l’organisme. Il assure la défense de l’organisme contre la plupart des infections mais également contre certaines maladies comme le cancer.

Il constitue un véritable réseau de minces canaux, les vaisseaux lymphatiques, souvent accolés aux vaisseaux sanguins, par lesquels circulent les anticorps, les cellules qui les produisent et celles qui détruisent les virus et les bactéries. Ce réseau se ramifie à travers tout le corps. Par analogie avec le sang et le système sanguin, les vaisseaux lymphatiques transportent la lymphe, un liquide pâle, qui véhiculent des nutriments, des déchets mais également les cellules servant à la défense de l’organisme, en particulier les lymphocytes B et T, faisant partie des globules blancs ou « leucocytes ». Les lymphocytes T sont à l’origine de la réponse immunitaire à médiation cellulaire qui vise à détruire les cellules infectées ou anormales. Les lymphocytes B produisent quant à eux les anticorps qui permettent de détruire les micro-organismes.

Sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, en particulier au niveau des coudes, de l’aine, de l’abdomen, de la poitrine, du cou et des aisselles se trouvent des groupes de petits organes en forme de haricots : les ganglions lymphatiques. Ces petits noyaux répartis dans l’ensemble de l’organisme ont pour missions de filtrer la lymphe et d’éliminer toutes les bactéries, virus et autres substances étrangères qui peuvent s’y trouver. La lymphe est également filtrée par d’autres organes dits « lymphoïdes », comme la rate, la moelle osseuse, les amygdales et le thymus, qui font aussi partie du système lymphatique.

3. Origine des lymphomes : des causes imprécises

Comme pour la plupart des tumeurs, les causes exactes de la maladie ne sont pas connues avec précision. Néanmoins, les lymphomes non hodgkiniens sont un des rares cancers pour lesquels certains facteurs directement responsables sont identifiés. Une autre particularité des lymphomes réside dans le fait que plusieurs causes peuvent provoquer une même forme de cancer.

Les lymphomes ne sont pas des maladies contagieuses.

On sait néanmoins que, dans 5 % des cas, les lymphomes non hodgkiniens sont favorisés quand le système immunitaire est affaibli ou déficient après un traitement ou lors de différentes pathologies. Certains virus et bactéries peuvent ainsi être directement responsables des lymphomes tels que des bactéries de l’estomac (Helicobacter Pylori), le virus de l’hépatite C ou encore le virus du Sida qui multiplie le risque de lymphome par un facteur 100. Certaines maladies du système immunitaires (polyarthrite rhumatoïde, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin…) ou formes de déficit héréditaire de l’immunité peuvent aussi constituer des facteurs de risque.

Enfin, pour les lymphomes non hodgkiniens, des facteurs environnementaux sont suspectés (exposition à des toxiques chimiques : dioxines, pesticides…) ont également été mis en cause pour expliquer l’augmentation de leur fréquence. Ces facteurs potentiels sont en cours d’étude par la communauté scientifique.

4. Les différents types de lymphomes

Les 2 grands types de lymphomes diffèrent par la nature de la cellule, le lymphocyte, ce globule blanc particulier à l’origine de la tumeur, mais aussi par leur évolution, l’âge auquel ils surviennent et les modalités de traitement.

Les lymphomes hodgkiniens

Les lymphomes hodgkiniens, qui touchent un peu plus de 2 0007 nouvelles personnes chaque année en France, portent le nom du médecin qui les a découverts. Ils se caractérisent par la présence de certaines cellules lymphoïdes anormales dans les organes atteints, les cellules de Reed Sternberg. Cette forme rare de lymphome peut survenir à tout âge mais elle reste plus fréquente chez l’homme (60 %) que chez la femme (40 %) et survient plutôt chez l’adulte jeune (20-30 ans) même si l’on distingue deux pics de fréquence de la maladie de Hodgkin : l’un autour de 30 ans, l’autre autour de 60 ans. La mortalité de la maladie de Hodgkin est en diminution, avec une majorité de patients guéris à long terme. Le taux de guérison reste cependant dépendant de plusieurs facteurs de classification, dont l’âge et le stade (ou étendue de la maladie).

Les lymphomes non hodgkiniens

Tout lymphome qui n’est pas un lymphome hodgkinien est dit non hodgkinien. Ce sont les lymphomes les plus fréquents avec plus de 12 000 nouveaux cas estimés chaque année en France.

Il en existe plusieurs dizaines de formes différentes qui surviennent surtout après 50 ans. Elles sont en général réparties en deux grandes familles selon la vitesse d’évolution de la tumeur :

Les lymphomes indolents, à évolution plutôt lente.

Les cellules cancéreuses se développent et se propagent lentement ce qui rend le diagnostic difficile. La survie du malade est longue mais la guérison peu fréquente. Les personnes doivent apprendre à vivre avec la maladie et une proportion non négligeable de ces malades souvent âgés, décèdent d’une autre cause. Dans les formes étendues ou avancées de la maladie, les traitements actuels ne permettent malheureusement pas d’obtenir une guérison définitive mais visent à allonger le temps de vie sans manifestations de la maladie et l’espérance de vie. Parmi ces lymphomes, le plus fréquent est le lymphome folliculaire lié à la multiplication incontrôlée de lymphocytes B au niveau des follicules des ganglions lymphatiques (25 % des cas de lymphomes non hodgkiniens).

Les lymphomes agressifs, à évolution rapide.

Les cellules cancéreuses se développent et se propagent rapidement dans l’organisme. Si la maladie n’est pas prise en charge à temps, le patient peut mourir dans les six mois à deux ans. Contrairement aux lymphomes indolents, les traitements contre les lymphomes agressifs peuvent aboutir à une guérison complète du patient mais les premiers mois du traitement sont un cap délicat à passer. Parmi ces lymphomes agressifs, les plus fréquents sont les lymphomes diffus à grandes cellules B (lymphomes faits d’une prolifération de grandes cellules lymphoïdes B), qui représentent 35 % des cas de lymphomes non hodgkiniens.

5. Les symptômes révélateurs de la maladie

Les symptômes de la maladie ne sont pas spécifiques aux lymphomes, ils peuvent se rapprocher de ceux d’autres affections comme la grippe, ce qui ne facilite pas son dépistage par le médecin traitant.

Le plus souvent, les lymphomes se manifestent par:

–  le gonflement d’un ou plusieurs ganglions atteints, palpables au niveau du cou, des aisselles, de l’aine ou d’un organe, lié à l’accumulation des cellules cancéreuses. Cette augmentation du volume des ganglions est la plupart du temps bénigne, rendant ainsi le dépistage difficile.

D’autres signes peuvent aussi être révélateurs d’un lymphome :

– une perte de poids,

– une fièvre inexpliquée,

– des sueurs nocturnes abondantes,

– de la fatigue,

– des malaises,

– des démangeaisons permanentes 

– des douleurs abdominales.

Il est donc important que toute personne présentant des symptômes persistants comme une grosseur indolore, dure au toucher, une perte de poids, de la fièvre, des sueurs nocturnes abondantes ou encore de la fatigue, en parle à son médecin. Les examens à visée diagnostique (bilan biologique et radiologique) réalisés par le médecin traitant et l’hématologue permettent d’affirmer ou d’exclure la présence d’un lymphome.

6. Un diagnostic et une prise en charge bien établis

Le diagnostic et la prise en charge des lymphomes sont aujourd’hui bien maîtrisés par les hématologues. Comme le préconise le plan Cancer, ils sont organisés en réseaux de santé très structurés sur le territoire national et s’appuient sur des recommandations de bonnes pratiques établies par des groupes coopérateurs qui permettent de poser un diagnostic sûr et d’optimiser la prise en charge des patients.

Le diagnostic

Le diagnostic repose sur l’examen clinique et radiologique. Mais c’est l’examen d’un prélèvement de tissu atteint (examen histologique au microscope d’une biopsie de ganglion) qui apporte le diagnostic de certitude et permet de déterminer le type de lymphome.

Les lymphomes pouvant atteindre n’importe quel organe (moelle osseuse, rate, tube digestif, poumons, peau, foie…), le diagnostic est complété par un bilan d’extension du lymphome qui vise à rechercher d’autres localisations de la maladie dans l’organisme et permet d’adapter au mieux le traitement en fonction de son stade d’avancement et de son agressivité. Ce bilan nécessite la réalisation d’examens complémentaires à la biopsie tels que : un hémogramme (numération des cellules sanguines), une biopsie de moelle osseuse, un bilan sanguin, une radiographie, une échographie, un scanner, un PET-scan, un examen ORL ou encore une ponction lombaire (prélèvement de liquide céphalo-rachidien). Il est également réalisé à l’issue du traitement afin de vérifier la disparition de toutes les localisations de la maladie.

Les différents types de traitement des lymphomes

Il existe plusieurs traitements possibles contre les lymphomes qui peuvent être administrés seuls ou de façon successive. Les stratégies thérapeutiques mises en oeuvre dépendent du type de lymphome, de son stade d’évolution et de l’âge du patient.

La mise en route d’un traitement ne suit pas systématiquement le diagnostic, notamment dans le cas des lymphomes indolents. Une période dite d’observation peut être préférée dans un premier temps. À l’inverse, un traitement doit être instauré rapidement en cas de lymphome agressif.

Les traitements des lymphomes sont extrêmement hétérogènes puisqu’ils vont de la prise d’antibiotiques dans certaines formes de lymphome de l’estomac localisées et associées à Helicobacter Pylori, à la greffe de moelle osseuse. Néanmoins, on distingue quatre grandes catégories de traitements :

La chimiothérapie : elle repose sur l’administration d’un ou de plusieurs médicaments qui agissent sur les cellules cancéreuses, soit en les détruisant, soit en empêchant leur croissance. Le choix des médicaments et la durée du traitement, qui définissent le protocole, sont déterminés en fonction de la situation de chaque malade. Certaines formes de lymphome plus agressives peuvent également nécessiter des chimiothérapies dites « lourdes », c’est-à-dire à fortes doses.

L’immunothérapie : il peut s’agir de traitements qui stimulent ou restaurent les défenses naturelles de l’organisme, dont font partie les lymphocytes, pour l’aider à mieux lutter contre la maladie. Actuellement, les traitements d’immunothérapie reposent essentiellement sur l’administration d’anticorps monoclonaux. Obtenus par génie génétique, les anticorps monoclonaux sont des molécules qui imitent les anticorps naturels. Les lymphomes correspondent en effet à une prolifération monoclonale, c’est-à-dire la multiplication incontrôlée d’une cellule lymphoïde également appelée clone. Les anticorps monoclonaux visent à reconnaître le clone à l’origine de la tumeur. Ils ciblent ainsi de façon spécifique les cellules cancéreuses pour les détruire.

L’association de plusieurs médicaments est utilisée pour vaincre les résistances des cellules du lymphome. Dans la majorité des lymphomes non hodgkiniens, l’association de chimiothérapie et d’anticorps monoclonaux (appelée encore immunochimiothérapie) est le traitement de référence.

La radiothérapie : elle fait appel à des rayons X puissants qui détruisent les cellules cancéreuses. La radiothérapie est intéressante dans les formes de lymphome localisées puisque seule une partie du corps est ciblée. Elle se pratique au cours de séances de quelques minutes. Le nombre et le rythme des séances sont adaptés pour chaque patient. La radiothérapie peut également être menée de façon ciblée grâce aux anticorps monoclonaux qui servent de véhicule à des radio-isotopes capables de tuer les cellules cancéreuses alentour (on parle alors d’immunoradiothérapie).

La greffe de cellules souches hématopoïétiques (fabriquées dans la moelle osseuse) : il est parfois nécessaire de réaliser une greffe de cellules souches hématopoïétiques pour traiter le lymphome. La greffe est alors accompagnée d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie à fortes doses.

Les lymphomes doivent être pris en charge par des spécialistes de l’hématologie. En France, pays pionnier et référent depuis plus de 15 ans dans ce domaine, les patients bénéficient des grandes avancées thérapeutiques.

Les services d’onco-hématologie ont aujourd’hui la chance de disposer d’un arsenal thérapeutique large mais également de mesures d’accompagnement, comme la mise en place d’une consultation d’annonce et de cellules de soutien psychologique, qui contribuent fortement à l’acceptation de la maladie et du traitement par le patient et son entourage mais également à la qualité de la prise en charge. Ainsi, un livret détaillant les modalités de suivi et de surveillance thérapeutique est remis au patient à l’issue de chaque consultation d’annonce.

Des traitements efficaces qui permettent de contrôler, voire de guérir la maladie

Les patients bénéficient des progrès importants réalisés au cours des 15 dernières années. Les traitements sont mieux ciblés et donc plus efficaces et mieux tolérés.

Le pronostic dépend cependant de plusieurs facteurs : le type de lymphome, l’âge du malade et les maladies associées, le stade d’avancement de la maladie ainsi que d’autres facteurs pronostiques biologiques.

Dans la maladie de Hodgkin, une rémission complète est obtenue dans près de neuf cas sur dix après le traitement initial et les rechutes sont rares. Le traitement de référence consiste essentiellement :

Dans les formes localisées, en une chimiothérapie courte associée à des séances de radiothérapie sur les ganglions atteints ;

Dans les formes disséminées, en une chimiothérapie plus longue qui peut durer de 6 à 8 mois.

L’évolution des lymphomes non hodgkiniens est par contre variable selon leur type. Ainsi les lymphomes à petites cellules, dits lymphomes indolents, évoluent généralement très lentement, mais la réponse de la maladie aux chimiothérapies est incomplète et les rechutes ne sont pas rares. À l’inverse, les lymphomes à grandes cellules, dits lymphomes agressifs, évoluent très rapidement sans traitement. Mais grâce à l’efficacité des traitements actuels, la guérison est fréquente (90 %) dans les formes localisées, et de plus en plus souvent obtenue dans les formes étendues. De même, le lymphome de Burkitt, qui nécessite une prise en charge thérapeutique urgente, est très agressif mais très sensible à la chimiothérapie.

Le traitement des lymphomes non hodgkiniens a connu une révolution ces dix dernières années avec l’arrivée des anticorps monoclonaux, obtenus par génie génétique. Associés à la chimiothérapie (immunochimiothérapie), ils augmentent de façon importante l’efficacité du traitement. L’immunochimiothérapie constitue d’ailleurs aujourd’hui le traitement de référence des lymphomes non hodgkiniens.

Aussi, les lymphomes agressifs, à évolution rapide, peuvent être guéris dans environ la moitié des cas grâce à l’efficacité des traitements actuels. Quant aux lymphomes indolents, à évolution lente, ils sont aujourd’hui considérés comme des maladies chroniques, les traitements actuels permettant d’obtenir une certaine maîtrise de leur évolution et de prolonger ainsi significativement la durée de vie des malades dans de bonnes conditions de qualité de vie (sans rechute).

Les lymphomes nécessitent une surveillance régulière et prolongée afin de prendre en charge les effets secondaires des différents traitements et détecter suffisamment tôt une éventuelle récidive. Journée Mondiale du Lymphome 2013 – Dossier de presse – 16/24

Sources

Projection de l’incidence et de la mortalité par cancer en France en 2011 – 11 juillet 2011 – InVS, INCa

Informations :

http://www.francelymphomeespoir.fr/L-ASSOCIATION/Charte