Une baleine qui semble répondre à la musique, des adolescentes que la médecine peine à soulager, des plantes qu’on découvre à hauteur d’insecte… Du 22 au 26 octobre 2026, le festival Pariscience transforme le Jardin des Plantes en rendez-vous pour les curieux. Et les séances grand public sont gratuites.
Vous cherchez une sortie gratuite à Paris pendant les vacances de la Toussaint, avec quelque chose à raconter en rentrant ? Le festival Pariscience 2026 a des arguments plutôt séduisants. On peut y suivre les aventures de deux personnages minuscules dans le monde végétal, découvrir l’histoire du végétarisme ou s’interroger sur un trouble menstruel encore trop souvent mal compris. Un film, puis une conversation avec celles et ceux qui connaissent le sujet : voilà l’idée de ce festival de cinéma scientifique qui fête sa 22e édition.
L’Association Science & Télévision a réuni pour cette édition 92 œuvres issues de 23 pays, en comptant l’ensemble de la programmation scolaire et grand public. Le volet ouvert à tous se déroule du jeudi 22 au lundi 26 octobre, au Muséum national d’Histoire naturelle et à l’Institut de physique du globe de Paris.
Des baleines à bosse et des enfants qui découvrent les plantes : les films à voir en famille
Une baleine à bosse peut-elle réagir à de la musique ? Le compositeur Rone a remarqué que ses sons semblaient attirer des cétacés. Dans La Baleine et le Musicien, réalisé par Valentin Paoli, il part avec des scientifiques à La Réunion pour explorer cette étrange rencontre entre création musicale et biologie marine. La question donne immédiatement envie de voir les images. Le film montre surtout comment se construit une expérience : on observe, on se pose des questions, on cherche à comprendre ce qui se passe réellement. Samedi 24 octobre à 14 h 30, au Muséum.
Pour les plus jeunes, Patouille et Momo propose de changer d’échelle. Patouille peut devenir microscopique ; son compagnon Momo, un oiseau, sait accélérer le temps. De quoi regarder une plante comestible comme un paysage immense, saisir comment elle pousse et découvrir ce qui se cache derrière des feuilles que l’on croise tous les jours. Samedi 24 octobre à 11 h, séance « Plantes familières » ; dimanche 25 octobre à 10 h, séance « Animaux et végétaux ». Le dimanche à 11 h 30, un atelier de dessin à l’Agora permet aux enfants de composer la couverture de leur propre herbier avec l’animatrice Madolia Dubois.
Autre proposition à partager : Mercredi, c’est safari !, de Paul-Aurélien Combre et Marie-Élise Tang. Pendant une année, des cinéastes animaliers et leurs enfants suivent les animaux sauvages près de chez eux. Caméras pièges, traces de castors et affûts en forêt rappellent qu’une aventure naturaliste commence parfois à quelques kilomètres de la maison. Dimanche 25 octobre à 14 h.
Santé des femmes : un documentaire sur un trouble menstruel encore mal connu
Il y a des films dont le sujet mérite qu’on reste discuter après la projection. Dans mon ventre, écrit et réalisé par Joséphine Jourdan, fait partie de ceux-là. Projeté samedi 24 octobre à 17 h 30, il aborde le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM), une affection qui peut provoquer, dans la période précédant les règles, des symptômes émotionnels particulièrement intenses et une réelle altération de la vie quotidienne.
Pour comprendre le sujet, il faut distinguer ce trouble des manifestations prémenstruelles courantes : l’intensité, le retentissement sur les études, le travail ou les relations et le rythme des symptômes comptent. Les témoignages et les recherches présentés dans le film interrogent aussi les années d’errance avant que certaines femmes trouvent une écoute et des réponses. (On aimerait que le simple fait de décrire précisément ses symptômes suffise toujours à être prise au sérieux.)
Dans un autre registre, Teenage Life Interrupted, réalisé par Åse Svenheim Drivenes, suit quatre adolescentes hospitalisées dans le nord de la Norvège, aux prises avec des symptômes difficiles à expliquer. Les médecins Hans Petter Fundingsrud et Elin Drivenes choisissent de prendre le temps de les écouter et de reconstituer leurs histoires. Le film questionne la relation de soin et la place accordée à la parole des patientes, sans prétendre que l’écoute remplace les examens ou les traitements. Dimanche 25 octobre à 20 h 30.
Greffes de cœur, végétarisme : quand les animaux nous obligent à réfléchir
Recevoir un cœur de porc : la perspective de la xénogreffe, c’est-à-dire la transplantation d’un organe d’une espèce à une autre, soulève des questions médicales et éthiques vertigineuses. Avec When Pigs Fly, Denise Riedmayr suit deux vétérinaires et s’intéresse autant aux recherches qu’à l’intelligence et au bien-être des cochons. L’enjeu est de regarder l’animal autrement que comme un simple fournisseur potentiel d’organes. Vendredi 23 octobre à 16 h.
À 17 h le même jour, L’Adieu à la viande : la grande histoire des végétariens, de Martin Blanchard, remonte l’histoire d’un choix alimentaire que l’on croit souvent récent. Philosophes antiques, traditions religieuses, militants du XIXe siècle : le documentaire montre que les raisons de renoncer à la viande ont varié selon les époques. Une bonne manière de nourrir le débat sans le réduire aux querelles sur les réseaux sociaux.
L’Agora : un autre endroit où les enfants peuvent poser mille questions
On peut aussi profiter de Pariscience sans enchaîner les projections. L’Agora, installée au 12 rue Cuvier dans le 5e arrondissement, accueille des rencontres, des ressources à consulter et des activités. Elle ouvre vendredi 23 octobre de 10 h à 18 h 30, samedi 24 de 10 h à 19 h 30 et dimanche 25 de 10 h à 20 h 30. On y trouve même une buvette gratuite, des livres et des jeux de société. Vendredi, une conférence flash est notamment consacrée à l’intelligence artificielle, de 12 h 30 à 13 h 45.
Cette volonté de faire dialoguer chercheurs et spectateurs est au cœur du festival. Dans son éditorial, l’Association Science & Télévision rappelle : « L’audiovisuel scientifique est également un outil démocratique. » Un documentaire donne le temps d’expliquer ce que l’on sait, ce qui reste incertain et pourquoi deux spécialistes peuvent débattre sans être d’accord. Une raison supplémentaire de rester pour les échanges qui suivent les séances.
Les questions que vous vous posez sur Pariscience
Le festival Pariscience 2026 est-il gratuit ? Oui, les projections du programme grand public du 22 au 26 octobre sont gratuites. Il est recommandé de réserver sa place en salle.
Peut-on y aller avec des enfants ? Oui. Des séances sont conçues pour les familles, notamment Patouille et Momo et Mercredi, c’est safari !. L’âge conseillé et la durée sont à contrôler pour chaque film.
Faut-il aimer les sciences pour apprécier les films ? Pas spécialement. La sélection mêle cinéma, récits personnels, biodiversité, médecine et questions de société. Les échanges après les films permettent de poser des questions, même sans connaissances préalables.
Où se trouve Pariscience à Paris ? Les projections ont lieu dans plusieurs salles du Jardin des Plantes et de l’IPGP, dans le 5e arrondissement. L’Agora se situe au 12 rue Cuvier.
Pariscience 2026 : dates, adresses, prix et réservation
Le festival grand public a lieu du 22 au 26 octobre 2026. Les séances se déroulent notamment dans les espaces du Muséum national d’Histoire naturelle, au Jardin des Plantes, et à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP). Selon la séance, l’entrée se fait au 47 rue Cuvier (amphithéâtre Verniquet), au 36 rue Geoffroy-Saint-Hilaire (auditorium de la Grande Galerie de l’Évolution) ou à l’IPGP, 1 rue Jussieu, Paris 5e. Vérifiez l’accès précisé sur votre réservation : les salles ne partagent pas toutes la même entrée.
Prix : gratuit pour les séances du festival grand public du 22 au 26 octobre. Réservation conseillée, les places étant limitées. Certaines projections, notamment Ghost Elephants de Werner Herzog et la soirée d’ouverture Humboldt USA, sont déjà affichées complètes dans le programme officiel au 22 octobre. La séance spéciale Méli-Mélo du 19 octobre, aujourd’hui passée, avait une billetterie payante : elle ne fait pas partie des séances gratuites à venir.
Pour consulter les horaires actualisés, vérifier si une séance affiche « complet » et réserver, rendez-vous sur le programme officiel de Pariscience.
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Sophie Madoun