Entre fin juillet et octobre 2018, 148 échantillons de cheveux ont été prélevés dans 6 pays de l’UE : Allemagne, Danemark, Royaume-Uni (Pays de Galles), Italie, France et Belgique. Les échantillons ont été analysés afin de rechercher la présence de l’un ou l’autre d’une liste de 30 pesticides comprenant des insecticides, des fongicides et des herbicides. Résultat : deux européens sur trois sont contaminés.

 

Les pesticides sont omniprésents dans notre environnement et notre nourriture. Après avoir montré combien nous étions tous intoxiqués au glyphosate, les écologistes du Parlement Européen ont lancé une campagne de mesure de l’exposition humaine à grande échelle sur une sélection de 30 pesticides, signalés comme perturbateurs du système endocrinien, parmi la population de l’UE.

Entre fin juillet et octobre 2018, 148 échantillons de cheveux ont été prélevés dans 6 pays de l’UE : Allemagne, Danemark, Royaume-Uni (Pays de Galles), Italie, France et Belgique. Les échantillons ont été analysés afin de rechercher la présence de l’un ou l’autre d’une liste de 30 pesticides comprenant des insecticides, des fongicides et des herbicides. 

 Deux européens sur trois sont contaminés par les pesticides

Résultat : deux européens sur trois, en moyenne, sont contaminés par au moins un ou plusieurs des 30 résidus de pesticides mesurés. Les enfants et les adolescents (10-20 ans) sont les plus exposés (73,7% de cette catégorie d’âge). Tous les pesticides détectés sont des perturbateurs endocriniens (selon les classifications de l’UE, de l’EPA américaine ou du Pesticides Action Network).

Michèle RIVASI, membre de la Commission santé et environnement déclare : « Ces premiers résultats, car nous n’avons mesuré que 150 personnes en Europe dont 25 personnes en France, donne une idée de l’étendue de notre contamination. On voit que la contamination est globale. Nul n’est épargné. Et des pesticides interdits persistent dans notre quotidien. C’est d’autant plus grave que ces pesticides sont tous des perturbateurs endocriniens avérés ou suspectés. L’autre enseignement est que notre exposition aux pesticides ne se fait pas que par voie alimentaire : elles passent par des traitements et colliers anti-puces ou anti-tiques de nos animaux familiers dans le cas du Fipronil, interdit en tant que pesticide mais qui reste le plus fréquemment trouvée dans les cheveux en France. La contamination passe aussi par les traitements conservateurs du bois pour l’insecticide Perméthrine par exemple. Les sources d’expositions sont multiples, même pour celles et ceux qui pensent s’en prémunir en soignant leur alimentation. La contamination de notre environnement dépasse le simple cadre de notre assiette.

Cette contamination globale montre bien que notre réglementation est insuffisante. Elle ne protège pas les citoyens. Pire, l’effet cocktail des réglementations incohérentes, avec des législations qui à la fois interdisent l’usage comme pesticide mais autorisent la même substance en tant que biocide, s’avère tout aussi inefficace pour nous protéger. Une remise à plat, réelle et complète, de la réglementation Pesticides est indispensable pour redonner confiance dans l’Europe qui protège»