Avez-vous entendu parler du protocole AIP ? Il s’agit d’une nouvelle approche diététique destinée à soigner les personnes souffrant de maladies auto-immunes. Mais qu’est-ce exactement que le protocole AIP et comment pourrait-il vous être bénéfique ? Réponses.

Face aux défis des maladies auto-immunes, le Protocole AIP (Autoimmune Protocol) émerge comme une approche révolutionnaire offrant espoir et soulagement. Ce guide détaillé vous invite à explorer le Protocole AIP, un régime diététique conçu pour réduire l’inflammation et améliorer la santé intestinale, deux facteurs clés dans la gestion des maladies auto-immunes.

Maladies auto-immunes et système digestif

Les maladies auto-immunes, telles que la polyarthrite rhumatoïde, l’arthrite psoriasique ou les maladies inflammatoires de l’intestin, sont des problèmes de santé où le système immunitaire, qui devrait protéger le corps, attaque par erreur nos propres tissus. Cela cause une inflammation continue dans les parties affectées du corps. La cause exacte de ces maladies est inconnue mais  les chercheurs pensent que la génétique et l’environnement jouent un rôle important. Actuellement, il n’y a pas de traitement ni de guérison pour ces maladies, et beaucoup de personnes doivent suivre un traitement tout au long de leur vie pour atténuer les symptômes.

Pour simplifier, imaginons notre système digestif comme une grande usine où les aliments sont transformés. Les protéines, par exemple, sont des éléments essentiels que notre corps utilise pour se construire et se réparer. Cependant, dans le cas des maladies auto-immunes, notre système immunitaire, qui comprend des éléments comme les lymphocytes (un type de globules blancs), se trompe et attaque nos propres cellules. Normalement, les lymphocytes fabriquent des anticorps pour nous protéger contre les envahisseurs étrangers, les pathogènes, mais dans une maladie auto-immune, ils peuvent s’attaquer à notre propre corps.

Qu’est-ce que le protocole AIP ?

Le protocole AIP, acronyme pour Autoimmune Protocol, est un régime spécialement conçue pour les personnes souffrant de maladies auto-immunes. Il a été développé par le Dr. Loren Cordain et plus tard affiné et popularisé par le Dr. Sarah Ballantyne. Le Dr. Cordain est reconnu comme l’un des principaux experts du régime Paléo, sur lequel le Protocole AIP est en partie basé. Le Dr. Ballantyne, également connue sous le nom de « The Paleo Mom« , a aussi joué un rôle crucial dans l’élaboration du Protocole AIP tel qu’il est connu aujourd’hui. Elle a approfondi les principes de base du régime Paléo en intégrant des recherches scientifiques sur l’auto-immunité et l’alimentation pour mettre en place un régime plus spécifique et ciblé pour les personnes souffrant de maladies auto-immunes. Son travail a grandement contribué à populariser et à rendre accessible le Protocole AIP à un public plus large.

Inspiré du régime Paléo, il se distingue par une approche plus stricte dans la sélection des aliments. L’objectif principal du Protocole AIP est de réduire l’inflammation et d’aider à la guérison de l’intestin, en éliminant les aliments susceptibles de provoquer une réponse immunitaire ou d’irriter l’intestin. Par ce processus, il vise à atténuer les symptômes des maladies auto-immunes et à améliorer le bien-être général de l’individu.

Comment ça marche ?

Le protocole AIP se concentre sur notre alimentation pour aider à calmer cette réaction. Il encourage un régime alimentaire qui soutient la flore intestinale, c’est-à-dire les milliards de bonnes bactéries qui vivent dans notre tube digestif et aident à la digestion. Ce régime évite les aliments comme le gluten, qui peuvent perturber cette flore ou irriter le tube digestif.

En consommant des aliments qui sont plus faciles à digérer et riches en vitamines, on aide à restaurer l’équilibre dans le tube digestif, ce qui réduit l’inflammation et aide le corps à fonctionner correctement. Cette approche peut également aider à calmer le système nerveux, qui est souvent affecté dans les maladies auto-immunes.

Pour ceux qui cherchent des moyens supplémentaires de gérer leurs symptômes, le protocole AIP peut être une plus que salutaire. Ce régime est une version adaptée du régime paléo, qui imite la façon de manger de nos ancêtres préhistoriques en évitant les aliments transformés modernes. Le Protocole AIP commence par éliminer certains aliments et habitudes alimentaires occidentaux qui nuisent à la santé de l’intestin, ce qui peut dérégler le système immunitaire. Ce régime a gagné en popularité grâce aux témoignages de personnes qui ont ressenti un soulagement de leurs symptômes de maladies auto-immunes en le suivant.

Le but du régime AIP est de réduire ou d’apaiser les symptômes liés aux maladies auto-immunes, aidant ainsi les patients à se sentir mieux et à avoir une meilleure qualité de vie.

Ce protocole a, notamment, été étudié  pour les maladies inflammatoires de l’intestin et la thyroïdite de Hashimoto, avec des résultats encourageants dans certains cas, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer son efficacité à long terme.

Pour comprendre l’efficacité du protocole AIP, il  faut comprendre ces points clés :

Enzymes : dans le cadre du protocole AIP, une attention particulière est portée à la consommation d’aliments qui soutiennent la production d’enzymes digestives. Ces enzymes sont cruciales pour décomposer correctement les aliments dans l’intestin grêle, facilitant une meilleure absorption des nutriments.

Cytokines : ce sont des protéines qui jouent un rôle dans la signalisation du système immunitaire. Le régime AIP vise à réduire les inflammations en limitant les aliments qui peuvent provoquer une surproduction de cytokines inflammatoires.

Cellules immunitaires : le protocole AIP se concentre sur la régulation du système immunitaire. En promouvant un intestin sain, ce régime aide à maintenir un équilibre adéquat des cellules immunitaires qui résident dans le tractus gastro-intestinal.

Intestin grêle : le régime AIP met l’accent sur la santé de l’intestin grêle, où se déroule une grande partie de la digestion et de l’absorption des nutriments, et où une grande partie du système immunitaire est située.

Pathologies : en réduisant les irritants alimentaires, le protocole AIP peut aider à atténuer les symptômes de diverses pathologies auto-immunes.

Bactéries : le régime AIP encourage la consommation d’aliments riches en probiotiques et en fibres prébiotiques pour soutenir un microbiome intestinal sain, essentiel pour une bonne digestion et un système immunitaire fort.

Perméabilité : un aspect clé du protocole AIP est de réduire la « perméabilité intestinale », souvent associée à des troubles inflammatoires et auto-immuns, en évitant les aliments qui peuvent endommager la muqueuse intestinale.

Défenses immunitaires : le régime AIP vise à renforcer les défenses immunitaires, notamment en optimisant la fonction des cellules immunitaires et en réduisant l’inflammation dans le corps.

Bactéries : en favorisant un microbiome intestinal équilibré, le protocole AIP contribue à améliorer les défenses immunitaires bactériennes contre les pathogènes et à maintenir une bonne santé digestive.

En résumé, le protocole AIP n’est pas seulement un régime alimentaire, c’est une approche globale qui vise à aider les patients atteints de maladies auto-immunes en soutenant le système digestif et en réduisant l’inflammation dans le corps.

Quelles maladies auto-immunes peuvent bénéficier du protocole AIP ?

Le protocole AIP pourrait être utile pour plus de 100 maladies auto-immunes. Parmi les plus communes, on trouve :

  • La polyarthrite rhumatoïde

  • L’arthrite psoriasique

  • La sclérose en plaques

  • La sarcoïdose

  • La maladie cœliaque

  • Le lupus

  • La maladie de Crohn

  • La thyroïdite de Hashimoto

  • Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

  • La fatigue surrénale

  • La spondylarthrite ankylosante

En quoi consiste le régime AIP ?

Le régime AIP aide à identifier et à limiter les aliments qui peuvent causer de l’inflammation intestinale et des intolérances alimentaires. L’objectif est de réduire le risque de « l’hyperperméabilité intestinale » ou « syndrome de l’intestin qui fuit » :  la muqueuse intestinale laisse passer des substances indésirables dans le corps, ce qui entraine certaines maladies intestinales et auto-immunes.

Le régime AIP encourage également la consommation d’aliments riches en nutriments, un bon sommeil, la gestion du stress, et un soutien social.

Le Protocole AIP, conçu pour les personnes souffrant de maladies auto-immunes, se déroule en trois phases : élimination, entretien et réintroduction. C’est un processus personnalisable, dont la durée varie d’une personne à l’autre.

Des experts recommandent de suivre ce régime avec l’aide d’une équipe de santé comprenant un médecin et un diététiste. Ils conseillent de vérifier régulièrement s’il y a des carences nutritionnelles et de surveiller les progrès par des analyses de sang. Arika Hoscheit, une diététiste, explique que ce régime aide à identifier les aliments qui peuvent causer de l’inflammation.

Phase d’élimination : on commence par retirer certains aliments pendant environ 4 à 6 semaines. L’objectif est de réduire l’inflammation en mangeant des aliments très nutritifs.

Phase d’entretien : cette étape consiste à maintenir l’élimination des aliments interdits jusqu’à ce que les symptômes s’améliorent. La durée varie, certaines personnes ressentent des améliorations rapidement, tandis que d’autres peuvent prendre jusqu’à 90 jours.

Phase de réintroduction : lorsque les symptômes s’améliorent, on réintroduit progressivement les aliments éliminés, en prêtant attention à la réaction du corps. Hoscheit suggère d’introduire un aliment à la fois, en commençant par une petite quantité et en augmentant progressivement.

Si une réaction négative se produit lors de la réintroduction d’un aliment, il est conseillé de l’éviter et de tenir un journal alimentaire pour suivre les réactions.

Aliments à éviter pendant la phase d’élimination

  • Céréales
  • Légumineuses
  • Légumes solanacés (aubergines, tomates)
  • Produits laitiers
  • Œufs
  • Noix et graines
  • Aliments transformés
  • Sucres raffinés
  • Huiles transformées
  • Additifs alimentaires
  • Café et alcool

Aliments encouragés dans le régime AIP

  • Fruits
  • Légumes non-solanacés
  • Racines et tubercules
  • Viandes nourries à l’herbe
  • Volaille
  • Fruits de mer riches en oméga-3
  • Aliments fermentés
  • Bouillon d’os
  • Huiles peu transformées (olive, avocat, noix de coco)
  • Herbes et épices
  • Miel et thé

Le régime AIP a-t-il des effets secondaires  ?

Comme tout régime qui supprime certains groupes d’aliments, même temporairement, il y a un risque de ne pas recevoir tous les nutriments nécessaires, selon le Dr Purdy. Le régime AIP, s’il est bien suivi, peut être très nutritif, affirme Hoscheit. Cependant, elle met en garde contre le fait de se limiter à une petite sélection d’aliments, car cela peut augmenter le risque de carences. Elle souligne l’importance de varier son alimentation.

Le Dr Purdy conseille de toujours consulter avec son médecin avant de commencer le régime AIP pour s’assurer qu’on reçoit tous les nutriments essentiels.

A lire :

Soigner l’auto-immunité avec le protocole AIP

Vitiligo, diabète de type 1, thyroïdite de Hashimoto, sclérose en plaques, maladie de Crohn, polyarthrite rhumatoïde, lupus… Ce sont là quelques-unes des maladies auto-immunes, affectant entre 5 et 10 % de la population, avec une prévalence plus élevée chez les femmes.

Ce livre pionnier, écrit par deux auteures elles-mêmes touchées par des maladies auto-immunes, propose un protocole anti-inflammatoire ayant déjà aidé des dizaines de milliers de personnes. Leur but ? Identifier les facteurs déclenchants, apaiser les symptômes et améliorer la qualité de vie.

Ce guide, le premier du genre en France, se base sur des études médicales récentes et l’expérience personnelle des auteures. Il offre des informations précieuses pour comprendre ces maladies et gérer sa santé de manière naturelle.

Le protocole AIP, au cœur du livre, vise une approche globale : réduction de l’inflammation, comblement des carences nutritionnelles, identification des sensibilités alimentaires, régulation hormonale et digestive, rééquilibrage du microbiote intestinal et restauration de la barrière intestinale. Il se concentre sur deux aspects majeurs :

  • Alimentation : élimination des aliments pro-inflammatoires, réintroduction des aliments anti-inflammatoires, et transition vers un régime personnalisé.
  • Mode de vie : gestion du stress et du sommeil, réduction des toxines environnementales, et pratique d’exercices physiques adaptés.

Au fil des pages, découvrez :

  • Les causes et déclencheurs des maladies auto-immunes.
  • Les aliments à éviter puis à réintroduire progressivement.
  • Des exemples de repas type suivant le protocole AIP.
  • 60 recettes salées et sucrées pour renforcer le système immunitaire.
  • Des conseils pour améliorer le sommeil et limiter l’exposition aux toxines.

Un ouvrage essentiel pour tous ceux qui cherchent à comprendre et à prendre en main leur santé face aux maladies auto-immunes.

Soigner l’auto-immunité avec le protocole AIP, Ludivine de Menten et Sonia Sidle, Thierry Souccar, 21,90 €

 

 

Sources :

Autoimmune Diseases. National Institute of Environmental Health Sciences. Accessed 10/27/2022.

The Autoimmune Protocol. Dr. Sarah Ballantyne’s The Paleo Mom. Accessed 10/27/2022.

 

 

Sophie Madoun