Que contient réellement un e-liquide ? Nicotine, propylène-glycol, glycérine végétale, arômes… Depuis 2020, l’Anses met à disposition des données sur la composition des produits du tabac et du vapotage commercialisés en France. Alors que les cigarettes électroniques ont évolué et que les pods se sont largement développés, que sait-on aujourd’hui de leur composition, de leur utilisation et de leurs effets sur la santé ?
Dans le cadre de la réglementation sur les produits du tabac et les produits du vapotage, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a constitué une importante base de données permettant de mieux connaître les produits commercialisés sur le marché français.
Lors de son premier grand bilan publié en 2020, l’Agence avait analysé les déclarations concernant 3 173 produits du tabac et 33 813 produits du vapotage présents ou destinés au marché français entre mai 2019 et juin 2020. Pour les produits de vapotage, il s’agissait essentiellement d’e-liquides vendus en flacons ou en cartouches de recharge.
La France faisait alors figure de pionnière en Europe en rendant accessibles autant d’informations sur les produits commercialisés.
Une liste des ingrédients des produits du tabac et du vapotage
Depuis l’entrée en vigueur de la réglementation européenne sur les produits du tabac et les produits connexes, les fabricants et importateurs doivent transmettre différentes informations concernant les produits qu’ils souhaitent commercialiser.
Ces produits sont principalement répartis en plusieurs catégories : produits du tabac, produits du vapotage et produits à fumer à base de plantes.
Les déclarations des fabricants comprennent notamment des données concernant les ingrédients utilisés dans les e-liquides. L’objectif est de permettre aux autorités sanitaires d’identifier les substances présentes et de mieux évaluer leur utilisation et leurs éventuels effets.
L’Anses avait réalisé un important travail de structuration de ces informations, issues d’un système de déclaration centralisé au niveau européen.
Cette surveillance est d’autant plus importante que le vapotage s’est durablement installé en France. Selon le Baromètre de Santé publique France, en 2024, 7,9 % des personnes âgées de 18 à 79 ans déclaraient vapoter et 6,1 % vapotaient quotidiennement.
Parmi les vapoteurs quotidiens, presque tous avaient déjà fumé du tabac : 47,7 % étaient également fumeurs et 49,5 % étaient d’anciens fumeurs.
Cigarette électronique : les pods ont changé les formats de vapotage
Depuis les premières données publiées par l’Anses, le marché de la cigarette électronique s’est considérablement diversifié.
À côté des cigarettes électroniques traditionnelles rechargeables se sont notamment développés les pods, de petits dispositifs généralement plus compacts qui utilisent une cartouche contenant le e-liquide.
Selon les appareils, cette cartouche peut être remplie par l’utilisateur ou remplacée lorsqu’elle est vide. Il existe aujourd’hui différents pods cigarette électronique, dont les caractéristiques varient notamment selon la capacité de la cartouche, le type de résistance ou le système de remplissage.
Malgré leurs différences de format, le principe général reste similaire : le dispositif chauffe un e-liquide afin de produire un aérosol inhalé par l’utilisateur.
Le développement des pods et des nouveaux modèles de cigarettes électroniques ne supprime donc pas les enjeux liés à la composition des liquides et aux substances susceptibles d’être inhalées après chauffage.
Que contient un e-liquide pour cigarette électronique ?
La composition exacte varie considérablement d’un produit à l’autre, mais les e-liquides peuvent notamment contenir :
- du propylène-glycol ;
- de la glycérine végétale ;
- de la nicotine, à différentes concentrations lorsque le produit en contient ;
- différents arômes ;
- selon les formulations, des édulcorants ou d’autres substances destinées à modifier le goût ou les caractéristiques du liquide.
Le propylène-glycol et la glycérine végétale servent notamment de base au liquide et permettent la formation de l’aérosol lorsque celui-ci est chauffé.
Les arômes permettent quant à eux de créer une très grande variété de saveurs.
Le fait qu’une substance puisse être utilisée dans l’alimentation ou dans certains produits de consommation ne signifie toutefois pas automatiquement que son inhalation après chauffage présente exactement le même profil de risque. C’est précisément l’une des raisons pour lesquelles les substances présentes dans les produits du vapotage font l’objet d’une surveillance spécifique.
Les effets à long terme du vapotage restent étudiés
L’une des principales questions scientifiques concerne toujours les effets d’une exposition prolongée aux aérosols produits par les cigarettes électroniques.
Contrairement à la cigarette traditionnelle, la cigarette électronique ne fonctionne pas par combustion du tabac. Elle n’expose donc pas l’utilisateur aux substances issues de cette combustion de la même manière qu’une cigarette classique.
Cela ne signifie cependant pas que vapoter soit sans risque.
Les chercheurs s’intéressent notamment aux substances initialement présentes dans les e-liquides mais également aux composés susceptibles de se former lorsque le liquide est chauffé.
La multiplication des formulations, des arômes, des concentrations et des nouveaux dispositifs explique également pourquoi la surveillance doit évoluer parallèlement au marché.
Cigarette électronique et arrêt du tabac : que disent les études ?
Les connaissances ont également progressé concernant l’utilisation de la cigarette électronique pour arrêter de fumer.
Les dernières analyses de la Collaboration Cochrane concluent que les cigarettes électroniques contenant de la nicotine peuvent permettre à davantage de fumeurs d’arrêter le tabac pendant au moins six mois que les traitements substitutifs nicotiniques utilisés seuls dans les études comparées.
Les chercheurs estiment ainsi que, pour 100 personnes utilisant une cigarette électronique contenant de la nicotine dans une démarche d’arrêt du tabac, environ 8 à 10 pourraient parvenir à arrêter, contre environ 6 sur 100 utilisant des substituts nicotiniques dans les études analysées.
Ces résultats ne permettent toutefois pas de considérer le vapotage comme une pratique anodine ou destinée aux personnes qui ne fument pas.
Les auteurs de la revue Cochrane soulignent également que des études plus longues et portant sur davantage de personnes restent nécessaires pour évaluer complètement les effets indésirables et les conséquences à long terme du vapotage.
Vapoter n’est pas recommandé aux non-fumeurs
La cigarette électronique doit donc être replacée dans son contexte : celui de la consommation de tabac et, pour certains utilisateurs, d’une démarche de réduction ou d’arrêt du tabagisme.
Pour une personne qui ne fume pas, commencer à vapoter, particulièrement avec un produit contenant de la nicotine, n’apporte aucun bénéfice en matière de sevrage tabagique.
La nicotine est une substance addictive, quelle que soit la manière dont elle est consommée.
La surveillance de la composition des e-liquides, des cartouches et des différents dispositifs de vapotage reste donc essentielle afin d’améliorer les connaissances sur ces produits dont les usages et les technologies continuent d’évoluer.
La vente de cigarettes électroniques, de produits de vapotage et de e-liquides aux mineurs est interdite.
La nicotine est une substance addictive : son utilisation est déconseillée aux non-fumeurs.
Conformément à la réglementation en vigueur, la communication autour des produits de vapotage est strictement encadrée.
Sources
- Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) – Données et bilan sur les produits du tabac et du vapotage commercialisés en France.
- Santé publique France – Vapotage : usage et évolutions récentes. Baromètre de Santé publique France, résultats de l’édition 2024, publié en décembre 2025.
- Cochrane – Revue systématique sur l’efficacité des cigarettes électroniques dans le sevrage tabagique, données actualisées jusqu’en 2026.