COMPRENDRE LES DOULEURS DU SEIN

 

 

 

SEIN

Un sein douloureux, cela inquiète toujours, avec la crainte plus ou moins consciente et exprimée d’une lésion grave. Le plus souvent, heureusement, il n’y a rien de méchant.

Pourquoi un sein fait-il mal ?

Un sein, c’est essentiellement de la graisse et des glandes. Ces glandes se regroupent comme les grains d’une grappe de raisin autour de canaux qui vont rejoindre le mamelon pour s’ouvrir à l’extérieur. Entre les glandes et les canaux, se trouvent des vaisseaux, veines, artères lymphatiques. Quand les glandes sécrètent, elles se met­tent sous tension et le sein devient sensible et plus ou moins douloureux ; la plupart du temps, s’y associe une congestion circulatoire importante (c’est ce qui se passe avant les règles ou lors d’un déséquilibre hormonal). Sécrétion, dilatation vasculaire et œdème vont distendre glandes et canaux, ainsi que les espaces entre les glandes. La douleur qui apparaît est com­parable à celle qu’on peut connaître au niveau des jambes, sous l’effet de la chaleur ou d’une station debout prolongée. Si un sein (ou les deux) est globalement sensible ou doulou­reux, en général de façon répétitive au même moment du cycle menstruel, ce phénomène reste banal.

Si la douleur de sein est localisée, en particulier avec percep­tion d’un noyau plus ou moins gros, il peut s’agir d’un kyste, presque toujours bénin, apparu en quelques jours. Il peut aussi apparaître un noyau solide, plus ferme, et c’est alors, la plu­part du temps, un adénofibrome, tumeur bénigne du sein la plus fréquente chez la jeune femme. Parfois, ce sera un pla­card douloureux chez une femme plus âgée et on parlera de mastose.

Dans tous ces tableaux pourtant différents, il n’est pas rare de retrouver un facteur psychologique comme cause déclenchante du phénomène douloureux. Le stress va pouvoir intervenir directement sur le fonctionnement glandulaire ; des modifications dans le comportement, le régime alimentaire, le sommeil, réagiront aussi à leur tour sur le fonctionnement glandulaire. Dans tous les cas, il faut cependant consulter le médecin qui, le plus souvent, va rassurer ; celui-ci, parfois, mettra en évidence comme cause de la douleur un problème autre que mammaire (muscle, ligaments, articulations costales). Le praticien, de toute façon, adaptera la conduite, demandera les examens utiles (mammographie, échographie, ponction) et proposera un traitement s’il est nécessaire. Le sein douloureux présente donc des aspects multiples et bien que des facteurs psychogènes peuvent être en cause et que les risques de gravité restent moins élevés qu’on a tendance à le croire, il faut malgré tout et quoi qu’il en soit rester très vigilant.

Mieux comprendre la mastose

Maladie kystique du sein très fréquente, la mastose se présente sous forme de kystes, parfois volumineux, facilement perçus mais il peut aussi s’agir de très petits kystes donnant un aspect  » grenu  » à la glande. Outre les kystes, la mastose associe d’autres modi­fications : une multiplication des canaux du sein, une prolifération cellulaire et de la fibrose. La mastose survient le plus souvent après 35 ans, de préférence chez des femmes qui ont eu peu d’enfants ou pas du tout. Se surajoutent dans beaucoup de cas un désé­quilibre hormonal et un terrain de dystonie nerveuse marquée. Majoritairement, la mastose va régresser à la ménopause.

Comment se présente-t-elle ?

Principalement, outre de gros kystes faciles à percevoir, il existe des placards assez banals, sensibles avant les règles, avec parfois des zones fermes ou mal limitées. La mammographie est l’élément de diagnostic et de surveillance essentiel. Enfin, il faut savoir que peut se produire une augmentation du risque du cancer du sein dans certaines mastoses à foyers glandulaires très prolifératifs. S’impose alors la nécessité d’une surveillance très régulière, associant la clinique, la mammographie, l’échographie et les cytoponctions.

 

Docteur André Chérasse, Chef de service de gynécologie-obstétrique, directeur de centre de planification

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