La méditation a le vent en poupe! De plus en plus de français y sont adeptes. Mais quel est l’impact de la méditation sur notre cerveau? Éléments de réponse.

 

La méditation, surtout si non-directive, permettrait de stimuler le traitement des souvenirs émotionnels stressants. C’est ce que suggère une étude conduite en Norvège et publiée dans Frontiers in Human Neurosciences. L’activité plus intense du réseau en mode par défaut (composé notamment du cortex préfrontal, de l’hippocampe et de l’amygdale) lors de la méditation non-directive en fait une technique à fort potentiel pour aider les personnes à dépasser des évènements difficiles.

L’étude, intitulée “la méditation non-directive active le réseau de mode par défaut et les zones associées à la récupération de mémoire et au traitement émotionnel”, fait partie du top 5% des articles scientifiques répertoriés par Altmetrics avec plus de 56.000 vues et du top 1% des articles publiés par Frontiers in Human Neurosciences.

Que sont le réseau en mode par défaut et la méditation non-directive ?

Revenons aux bases de cette étude. Le “réseau en mode par défaut” est la partie du cortex qui est active lorsque nous sommes au repos, et dont l’activité est diminuée lorsque nous effectuons des tâches mentalement exigeantes (comme résoudre un problème mathématique). L’activité dans cette partie du cortex est associée à l’errance mentale, c’est-à-dire aux pensées, aux images et aux émotions qui traversent l’esprit.

La méditation non-directive recouvre des techniques de méditation qui permettent aux pensées, aux images, aux sensations, aux souvenirs et aux émotions spontanées d’émerger et de passer librement, sans chercher à “calmer le mental”. Ces méthodes diffèrent des techniques concentratives, qui utilisent la concentration pour réduire l’errance mentale.

Objectif de l’étude : étudier les effets de la méditation sur le réseau en mode par défaut

Conclusion de l’impact de la méditation sur notre cerveau : une activité cérébrale plus intense

santecool.netLes participants étaient expérimentés en méditation Acem (une forme de méditation non-directive), et ont été scannés par IRM pendant trois activités :

  • Pratiquer la méditation non-directive, basée sur la répétition d’un son
  • Se détendre sans méditer
  • Répéter le son de méditation en essayant de ne pas se perdre dans leurs pensées (une forme de méditation concentrative)

Il est apparu que méditer augmente l’activité du réseau de mode par défaut, davantage que le repos ordinaire. Paradoxalement, la méditation non directive et concentrative sont plus actives que le repos passif ordinaire, mais elles activent néanmoins davantage le réseau en mode par défaut.

Les résultats sont également intéressants pour notre compréhension de la méditation. Contrairement à une idée reçue généralement admise, la répétition (non directive et concentrative) du son de méditation augmentait l’errance mentale au lieu de la réduire.