De pus en plus d’enfants sont soumis à du harcèlement. Dévastateur au possible! La protection des élèves contre le cyberharcèlement est devenue un devoir. Comment faire? Réponses.

Pendant que se poursuit le débat sur l’efficacité de l’enseignement numérique dans les écoles, l’utilisation des ordinateurs et des ressources en ligne est l’un des piliers des salles de classe aujourd’hui. Des statistiques publiées en janvier de cette année ont montré que l’utilisation des Google Chromebooks par les étudiants et les enseignants avait atteint 30 millions d’unités dans le monde, et que la suite logicielle de Google pour d’Éducation avait atteint 80 millions d’utilisateurs dans le monde depuis son lancement en 2006.

L’apprentissage en ligne permet aux élèves d’accéder à une mine d’informations, et les enseignants utilisent des ressources sur Internet pour planifier les cours, collaborer et fournir un soutien personnalisé interactif. Cependant, cela peut également exposer les élèves au côté sombre d’Internet. Les cybercriminels utilisent Internet pour tourmenter les autres, même lorsqu’ils vont à l’école.

Protection des élèves contre le cyberharcèlement

Au Royaume-Uni, un enfant sur quatre âgé de 11 à 16 ans a déjà « vécu quelque chose de bouleversant sur un site de réseau social », et la même proportion a déjà « été confrontée à des messages racistes ou haineux en ligne », selon la NSPCC. Environ un jeune sur huit a été victime de harcèlement sur les réseaux sociaux, selon l’Ofcom.

Le cyberharcèlement est une grave préoccupation politique, éducative et de santé publique. Le cyberharcèlement nécessite moins de courage qu’une attaque en personne puisqu’il n’y a pas d’interaction face à face avec les victimes, et peut donner l’illusion que son auteur peut rester anonyme. De même, la notion de distance inhérente au cyberharcèlement peut encourager les jeunes à ignorer ses conséquences et le considérer comme étant plus amusant que nuisible. Comme toujours, les jeunes peuvent être soumis à une pression sociale importante les poussant à participer à un comportement de harcèlement.

Bien que les smartphones et les appareils des élèves soient souvent utilisés pour le cyberharcèlement (comme récemment rapporté, les enfants passent en moyenne plus de 3 heures par jour sur des « smartphones et autres gadgets »), les ordinateurs portables et les tablettes scolaires peuvent également être utilisés. Comme indiqué ci-dessus, les Chromebooks de Google sont particulièrement répandus dans les écoles, les collèges et autres environnements éducatifs, bien qu’ils ne soient qu’un des nombreux types d’appareils pouvant être achetés par les établissements d’enseignement et distribués aux élèves. Les réseaux sans fil devenant de plus en plus la norme dans les écoles, il est plus facile que jamais pour les auteurs d’actes de cyber-harcèlement de se connecter et d’utiliser les réseaux scolaires à des fins malveillantes ou nuisibles.

Chasser le cyberharcèlement en classe

L’éducation elle-même a un rôle clair à jouer pour aider les écoles et les collèges à lutter contre le cyberharcèlement. Informer les jeunes des conséquences très réelles du cyber-harcèlement, tant sur le plan de la santé et du bien-être de la victime que des conséquences pénales potentielles pour l’auteur, est essentiel. De même qu’aider les jeunes à reconnaître et signaler les comportements préjudiciables avant qu’ils ne dégénèrent.

La lutte contre le cyberharcèlement comporte également des aspects technologiques. Le filtrage des URL est utilisé depuis des années par les écoles pour contrôler les sites web accessibles depuis les réseaux des écoles. Cela permet aux écoles et aux instances éducatives d’établir des politiques informatiques sûres, en spécifiant les sites web dont l’accès doit être autorisé, limité ou bloqué, et en filtrant le langage inapproprié. De nouvelles techniques ont permis d’étendre le filtrage aux applications Internet ainsi qu’aux sites web. Check Point propose notamment des fonctions de filtrage pour plus de 7 800 applications pédagogiques en ligne. L’accès aux sites web et aux applications est géré à partir d’une base de règles communes, d’une console d’administration et d’un système de génération de rapports.

Protection contre les contenus malveillants

Quand bien même le filtrage des contenus indésirables constitue une base technique solide pour lutter contre le cyberharcèlement, il ne va pas assez loin. Les jeunes doivent également être protégés contre les abus en ligne tels que les contenus inappropriés, les tentatives de phishing et le cyberharcèlement dans les discussions en ligne, la messagerie instantanée et les sites de réseaux sociaux, notamment Instagram et Facebook. Cela nécessite une technologie de filtrage et de sandboxing avancée, permettant d’identifier et d’extraire les contenus nuisibles avant qu’ils ne parviennent aux utilisateurs. Des fonctions de navigation sécurisée doivent permettre aux jeunes de faire des recherches en toute sécurité sur différents moteurs tels que Google, Yahoo et Bing, tout en filtrant les images et les contenus perturbants sur YouTube.

Les enseignants et les responsables des établissements d’enseignement doivent être en mesure de définir des fonctionnalités de recherche sûres, et surveiller, empêcher et signaler de manière centralisée le langage grossier. Les fonctionnalités de lutte contre le harcèlement doivent être personnalisables via des mots-clés en liste noire, des catégories de sites web et des actions de détection/alerte/blocage. Le cyberharcèlement évoluant continuellement, les intervenants doivent avoir la possibilité de faire évoluer ces contrôles.

Des fonctionnalités avancées de protection et de filtrage doivent être déployées sur des appareils scolaires, tels que Chromebooks, afin de protéger les expériences en ligne des élèves, et apporter aux enseignants et aux responsables pédagogiques les moyens d’utiliser la technologie numérique à des fins d’apprentissage, sans augmenter le risque de cyberharcèlement. Les cybermenaces ciblant les enfants constituent un danger manifeste, et le cyberharcèlement n’est en aucun cas un jeu d’enfant. Il peut causer de graves dommages et donner lieu à des comportements violents.

Le cyberharcèlement ne peut être éradiqué qu’avec la participation active des élèves, des parents, des enseignants, des académies et des experts de la communauté, et en tirant parti de solutions avancées permettant d’identifier les actions et les mots utilisés par ses auteurs dans les applications de réseaux sociaux, les messages texte et les emails. Grâce à cette approche combinée, les écoles pourront offrir à leurs élèves un lieu plus sûr pour apprendre et se développer, à l’abri du cyberharcèlement.

Thierry Karsenti, Vice-President EMEA