Pancakes aux pépites de chocolat, poulet à l’indienne, parmentier au chorizo, shake fruits et skyr… Picard s’engouffre dans la folie des protéines avec neuf nouveautés lancées ce 14 septembre. Mais cette fois, l’hyperprotéiné quitte les shakers et les salles de sport pour s’installer à table, du petit-déjeuner au dîner. Bonne idée nutritionnelle ou nouvelle obsession marketing ? On a regardé ce qu’il y avait vraiment dans les boîtes.
Le shaker de salle de sport a désormais un sérieux concurrent : le congélateur.
Il n’y a encore pas si longtemps, le mot « protéiné » évoquait surtout les poudres XXL, les barres avalées après une séance de musculation et les desserts vaguement tristes estampillés fitness. En 2026, changement de décor : la protéine est devenue l’une des grandes obsessions food du moment.
Picard l’a parfaitement compris.
À partir du 14 septembre 2026, l’enseigne lance neuf références réunies sous le nom « Hyper Protéiné », avec une ambition assez claire : couvrir pratiquement toute la journée, du petit-déjeuner au dîner en passant par la collation. Picard présente même cette collection comme une première sur le marché français.
Et, bonne nouvelle, personne ne nous oblige à dîner d’un blanc de poulet vapeur accompagné d’un shaker à la vanille.
Pourquoi les protéines sont devenues la nouvelle obsession food ?
Parce que le phénomène n’a plus grand-chose d’une niche pour sportifs.
Selon les chiffres communiqués par Picard, le marché des produits protéinés pesait 2,4 milliards d’euros en 2025, avec une progression de 12 %. Une étude OpinionWay citée par la marque indique par ailleurs que 81 % des Français considèrent qu’une alimentation riche en protéines est essentielle pour la santé.
Skyr, desserts, pâtes, snacks, boissons : le mot protéines s’affiche désormais partout.
Sauf que Picard choisit un terrain un peu différent. Plutôt que d’ajouter une énième barre au rayon snacking, l’enseigne transforme directement le repas.
Selon la marque, un plat cuisiné classique apporte environ 6,7 g de protéines pour 100 g, contre 10 g pour 100 g avec cette nouvelle gamme.
C’est là que le concept devient nettement plus intéressant.
Cinq plats complets qui affichent jusqu’à 48 g de protéines
Le cœur de la gamme repose sur cinq plats apportant entre 31 et 48 g de protéines par portion.
La salade de pâtes et de poulet associe des gnocchetti, du poulet français, des légumineuses, des poivrons grillés, du kale et des œufs brouillés. Elle affiche 31 g de protéines, 384 kcal par portion de 300 g, un Nutri-Score A et un prix annoncé de 4,99 euros.
Pour les jours où l’on réclame quelque chose de plus réconfortant, le parmentier de poulet au chorizo cache sous une purée de patate douce, carotte et pomme de terre un effiloché de poulet et de chorizo. Résultat : 41 g de protéines, 504 kcal, un Nutri-Score B et un prix de 5,99 euros.
Le poulet à l’indienne joue la carte du voyage avec un dahl de lentilles corail, des légumes cuisinés au lait de coco et du riz basmati. Il apporte 40 g de protéines, pour 484 kcal et un Nutri-Score B. Lui aussi est annoncé à 5,99 euros.
Le record de la gamme revient aux crevettes sauce paprika et fromage blanc, accompagnées de fusillis, de fèves de soja, d’épinards et de graines de courge : 48 g de protéines, 528 kcal, Nutri-Score B, pour 5,99 euros. Les crevettes sont annoncées certifiées ASC.
Et les végétariens ne sont pas oubliés. Les boulettes végétariennes sauce cajun, à base de haricots rouges, céréales et légumes, apportent 38 g de protéines. Elles affichent un Nutri-Score A et coûtent 5,79 euros. Avec 652 kcal par portion de 400 g, elles rappellent au passage une chose utile : Nutri-Score A ne signifie pas forcément plat léger.
Et puis il y a les pancakes au chocolat…
C’est probablement eux qui racontent le mieux à quel point l’univers de la protéine a changé.
Les pancakes aux pépites de chocolat affichent 16 g de protéines, sont source de fibres et obtiennent un Nutri-Score A. La portion de 100 g apporte 211 kcal et coûte 1,89 euro.
Oui, nous venons bien d’écrire pancakes aux pépites de chocolat et Nutri-Score A dans la même phrase.
À leurs côtés, le shake aux fruits et au skyr mise sur 64 % de fruits — myrtille, fraise, banane et açaï — auxquels s’ajoutent 25 % de skyr. Il est annoncé sans sucre ajouté ni édulcorant, avec 16 g de protéines, un Nutri-Score B et un prix de 2,99 euros les 300 g.
Picard propose également un en-cas salé au poulet, tomate, emmental, fromage blanc et basilic. Il apporte 16 g de protéines, est source de fibres, affiche un Nutri-Score B et coûte 2,89 euros. Une option pensée aussi bien pour les amateurs de petit-déjeuner salé que pour accompagner une salade au bureau.
Enfin, la barre cacahuètes-chocolat, avec pépites de chocolat noir et cacahuètes grillées, apporte 15 g de protéines et coûte 2,59 euros les 45 g. Elle est aussi la seule référence de la gamme à afficher un Nutri-Score D.
Et c’est finalement plutôt rassurant : non, écrire « protéiné » sur un emballage ne transforme pas magiquement du chocolat et des cacahuètes en salade de kale.
Huit produits sur neuf affichent un Nutri-Score A ou B
Picard insiste beaucoup sur la composition de sa nouvelle gamme.
Selon l’enseigne, huit références sur neuf ont un Nutri-Score A ou B, tandis que les neuf recettes sont annoncées sans arôme, sans colorant et sans édulcorant. On retrouve notamment de la volaille française, des légumineuses, du skyr, du fromage blanc, des œufs brouillés et des crevettes certifiées ASC.
La marque revendique également des listes d’ingrédients les plus lisibles possible, composées d’aliments que l’on pourrait retrouver dans nos placards ou nos réfrigérateurs.
Autrement dit : Picard cherche clairement à sortir l’hyperprotéiné de son image de nutrition sportive pour l’installer dans la cuisine de tous les jours.
Non, l’hyperprotéiné n’est pas réservé aux sportifs
Et c’est peut-être l’aspect le plus intéressant de ce lancement.
Picard ne vise pas seulement les habitués des salles de sport mais aussi les actifs et les seniors. Les protéines jouent notamment un rôle dans le maintien et la réparation des tissus musculaires.
Pour autant, pas question de transformer la protéine en nouvel aliment miracle.
Le dossier de presse lui-même rappelle qu’elles doivent prendre place dans une alimentation équilibrée comportant également légumes, féculents, fibres, vitamines et minéraux.
Car « riche en protéines » ne signifie pas automatiquement « meilleur pour la santé ».
À force de voir fleurir le mot protein partout, on finirait presque par oublier que notre organisme ne fonctionne pas avec un nutriment star mais avec une alimentation variée.
Alors, cette nouvelle gamme Picard vaut-elle vraiment le coup ?
Sur le papier, Picard joue plutôt bien le coup.
Non parce que nous aurions soudain tous besoin de doubler notre ration de protéines. Et encore moins parce qu’un chiffre élevé sur un emballage ferait automatiquement d’un produit un champion de la nutrition.
Mais parce que l’enseigne réussit à rendre cette tendance beaucoup plus quotidienne.
Pas de poudre à peser. Pas de shaker. Pas de repas tristounet.
Un poulet à l’indienne quand on rentre tard. Des pancakes au chocolat au petit-déjeuner. Un parmentier lorsque l’on veut de la comfort food. Un shake aux fruits pour la collation. Un plat végétarien aux légumineuses pour changer un peu.
La vraie réussite de Picard n’est peut-être pas d’avoir ajouté davantage de protéines dans ses recettes. C’est d’avoir réussi à faire oublier qu’on mange « hyperprotéiné ».
Et c’est probablement comme ça que la tendance sortira définitivement des salles de sport pour entrer dans les cuisines.
Reste une règle toute simple : ne pas laisser le marketing décider à notre place que « plus de protéines » signifie forcément « mieux ».
La protéine est tendance.
Notre corps, lui, continue surtout à aimer la variété.
Les neuf produits de la gamme Hyper Protéiné Picard sont disponibles à partir du 14 septembre 2026 dans les magasins de l’enseigne et sur son site. Les prix indiqués par Picard sont susceptibles de varier selon les points de vente
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