Un brocoli abandonné, des petits pois triés un à un, une courgette repérée sous le fromage… Quand les enfants boudent les légumes, les repas peuvent vite tourner à la négociation. Pourtant, une autre texture, une recette familière ou le plaisir de cuisiner ensemble ouvrent parfois l’appétit. Des idées à essayer à la maison aux nouveautés dans les cantines, comment leur donner envie de goûter ?
Le gratin sort du four, joliment doré. Tout semblait bien parti jusqu’à cette question : « Il y a quoi dedans ? » Quelques secondes plus tard, le chou-fleur est découvert et la fourchette repose sur la table. Vous aviez pourtant pris soin de préparer quelque chose qui devait plaire à tout le monde.
Pour faire manger des légumes aux enfants, on cherche souvent la recette qui passera enfin. Mais avant de changer le menu, mieux vaut comprendre ce qui les rebute. Le goût, bien sûr, compte. La consistance, l’odeur ou la présence de morceaux inattendus peuvent également décider du sort d’une assiette.
D’ailleurs, un enfant qui refuse la courgette vapeur pourra l’apprécier dans une galette. Ses préférences donnent des pistes, à condition de les explorer sans transformer chaque dîner en séance de dégustation obligatoire.
Pourquoi les enfants refusent-ils de manger des légumes ?
Un poireau filandreux, un champignon un peu élastique ou une odeur de chou peuvent suffire à couper l’envie. Derrière le fameux « je n’aime pas », il y a parfois une sensation très précise que l’enfant ne sait pas encore expliquer.
Chez les plus jeunes, la néophobie alimentaire joue aussi un rôle. Cette réticence envers certains aliments nouveaux, ou auparavant acceptés, apparaît fréquemment à partir de 18 mois et peut durer plusieurs années, selon l’Assurance maladie. Une purée autrefois appréciée peut ainsi devenir suspecte du jour au lendemain.
Pour comprendre comment ces préférences évoluent, notre article sur la formation du goût chez les enfants revient sur les premières découvertes alimentaires.
À l’âge scolaire, une question toute simple peut déjà aider : « Qu’est-ce qui te déplaît dedans ? » Si votre enfant évoque les morceaux, inutile de commencer par changer l’assaisonnement. S’il trouve le goût trop fort, une présentation plus amusante ne suffira peut-être pas.
Changer la texture peut lui donner envie de réessayer
Une carotte râpée croque, une carotte cuite fond, une carotte rôtie développe des notes plus douces. Le légume reste le même, mais l’expérience en bouche change.
C’est pourquoi varier les cuissons et les présentations mérite souvent un nouvel essai. Santé publique France recommande notamment de proposer les légumes sous différentes formes, en soupe, en tarte, en gratin ou au four, pour explorer plusieurs saveurs et consistances.
Encore faut-il partir de ce que votre enfant vous montre. Voici quelques préparations à essayer selon ses préférences :
| Ce qui le rebute | Une préparation à essayer |
|---|---|
| Les carottes très molles | Des carottes râpées finement, s’il maîtrise cette texture |
| Les morceaux dans la soupe | Un velouté de courge bien lisse |
| Les courgettes qui rendent de l’eau | Une galette de courgette râpée et soigneusement égouttée |
| Le goût prononcé du chou-fleur | Une petite quantité dans un gratin de pommes de terre |
| Les légumes mélangés à la sauce | Les ingrédients servis séparément |
| Les épinards en branches | Des épinards hachés dans une omelette |
Ces propositions permettent de chercher ce qui lui convient. Adaptez les morceaux et les textures à ses capacités à mâcher. Et si une préparation ne plaît pas, laissez passer un peu de temps avant de revenir au même légume. Il n’est pas nécessaire d’en faire le sujet de toute la semaine.
Quelle quantité de légumes servir selon son âge ?
Devant une assiette très remplie, l’envie de découvrir peut vite s’effacer. Pour goûter un légume peu familier, une petite quantité suffit à commencer.
Entre 4 et 6 ans, une portion représente en moyenne la moitié de celle d’un adulte, selon Manger Bouger. Entre 7 et 11 ans, elle augmente progressivement pour s’en rapprocher. Pour les légumes, le volume du poing de l’enfant constitue également un repère visuel pratique.
Ces indications servent à ajuster ce que l’on propose. Elles ne fixent pas une quantité à faire terminer. L’appétit varie d’un enfant à l’autre et d’un repas à l’autre : mieux vaut pouvoir resservir que demander de finir une portion trop généreuse.
Des recettes familières pour découvrir de nouvelles saveurs
Les pâtes ont leurs fidèles, le gratin aussi. Autant profiter de ces plats appréciés pour leur associer des légumes : quelques petits pois dans le riz, des dés de carotte dans une sauce tomate ou du chou-fleur dans des macaronis au fromage.
Les associations entre légumes et féculents font partie des pistes proposées par Manger Bouger, avec notamment le risotto aux légumes, le couscous ou le gratin de brocolis et de pâtes. Une omelette peut aussi accueillir de la courgette, une tarte quelques épinards et une purée de pommes de terre un peu de potimarron.
Vous pouvez annoncer les ingrédients naturellement. La carotte mixée dans la sauce a toute sa place dans la cuisine familiale, sans devenir un secret à défendre au premier soupçon. À l’inverse, si votre enfant préfère identifier chaque aliment, proposez la sauce à côté ou gardez une partie des légumes séparée.
Cuisiner ensemble, sans y consacrer tout le mercredi
Laver une courgette, mélanger une sauce ou répartir des légumes dans un plat permet de participer à la préparation du dîner. L’enfant découvre les aliments avant de les retrouver cuisinés.
L’Unicef recommande d’associer les enfants aux courses et aux préparations adaptées à leur âge pour développer leur familiarité avec les ingrédients. Choisir un légume, observer sa couleur ou sentir une herbe aromatique fait aussi partie de cette découverte.
Inutile, cependant, de prévoir un atelier complet à chaque repas (les soirées sont déjà bien assez courtes). Pendant que vous cuisinez, confiez-lui une tâche qui contribue vraiment au plat. Vous pouvez également lui laisser choisir entre deux accompagnements : carottes râpées ou soupe de courge ? Petits pois ou brocolis en gratin ?
À la cantine, les parents attendent aussi une éducation au goût
Les repas pris à l’école occupent une place importante dans cette découverte. Selon une étude OpinionWay pour Scolarest réalisée en juin 2026, 76 % des parents placent la qualité des repas en tête de leurs priorités pour la cantine et 61 % souhaitent qu’elle contribue à l’acquisition de bonnes habitudes alimentaires. Ces résultats, rapportés par Scolarest, décrivent les attentes des parents interrogés.
C’est dans ce contexte que Scolarest, marque de Compass Group France, et Bonduelle ont annoncé leur partenariat pour l’année scolaire 2026-2027. Scolarest indique servir chaque jour 300 000 élèves dans près de 1 500 établissements, de la crèche à l’enseignement supérieur.
Le projet associe des recettes conçues avec les jeunes convives et des activités pour leur faire découvrir les ingrédients. Anne-Marie Geryl, directrice générale de Bonduelle France, explique :
« Parce que l’éducation au goût se construit dès le plus jeune âge, nous voulons aider les enfants à découvrir le plaisir des légumes. »
Carott’Cœur, une galette testée par les jeunes convives
Parmi les nouveautés, Carott’Cœur, une galette individuelle élaborée avec des légumes d’origine française. Selon les informations communiquées par les deux entreprises, elle contient plus de 50 % de légumes, est sans additif et affiche un Nutri-Score A.
Sa recette a fait l’objet de plusieurs mois de développement, puis de tests et d’ajustements auprès des jeunes convives. Elle doit être proposée à près de 270 000 enfants et adolescents, de la maternelle au lycée, à l’automne 2026.
Elle s’inscrit dans « Cultiv’ ta forme », un programme de Scolarest associant recettes, défis et découvertes autour des légumes. En parallèle, Bonduelle Food Service sera partenaire de l’édition 2026-2027 du Concours des Petits Chefs de Scolarest, consacrée aux légumes. Les élèves participants imagineront et réaliseront des recettes à partir de produits Bonduelle. Lors de la finale, des chefs des deux entreprises les accompagneront pour travailler leurs associations et leurs préparations.
Une occasion de découvrir les légumes en cuisine, avant de les retrouver à table. Les résultats de ces initiatives sur les quantités réellement consommées restent à observer.
D’où viennent les légumes servis aux élèves ?
Au-delà des recettes, le partenariat met aussi en avant l’approvisionnement. Bonduelle indique travailler avec près de 2 000 agriculteurs partenaires dans le monde et cultiver au moins 30 légumes et légumineuses. Le groupe est certifié B Corp depuis janvier 2026, une certification portant sur des critères sociaux et environnementaux.
Par ailleurs, Bonduelle Food Service France annonce son engagement dans le commerce équitable français avec le label Agri-Éthique depuis le 1er janvier 2026. Dans les Hauts-de-France, l’entreprise fait état de plus de 1 000 fermes concernées, de 12 000 tonnes de légumes et de plus de 100 références certifiées. Cette démarche vise notamment à assurer aux agriculteurs un prix rémunérateur couvrant leurs charges.
Au rayon surgelé, des légumes rôtis pour les soirs pressés
À la maison, les légumes surgelés permettent de préparer une soupe, une poêlée ou une omelette sans passer par l’épluchage. Les versions déjà cuisinées peuvent aussi renouveler les accompagnements lorsque le temps manque.
Cet automne, Bonduelle propose Récoltes Rôties, avec quatre recettes qui associent légumes et féculents :
- Légumes du Soleil & Pommes de terre : courgettes, pommes de terre, oignons violets et tomates cerises, relevés au romarin.
- Légumes Rustiques & Pommes de terre : carottes, pommes de terre, oignons violets et champignons, au persil et à l’ail.
- Pommes de terre, Oignons & Persil : pommes de terre rôties à l’ail et au persil, avec des oignons préfrits.
- Patates douces, Oignons & Romarin : patates douces et oignons violets au romarin.
La marque annonce une préparation en 8 minutes à l’Airfryer ou en 14 à 15 minutes au four, selon les instructions du sachet. Les pommes de terre et patates douces apportent la partie féculente de ces accompagnements.
Prix : 3,99 € le sachet de 600 g.
Des rigatoni aux aubergines pour varier des pâtes à la tomate
La gamme Pasta Poêlée accueille également des Rigatoni Aubergines & Ricotta. La recette associe des pâtes, des morceaux d’aubergines et une sauce à la ricotta et au basilic. Elle rejoint une gamme lancée en septembre 2025.
Prix : 3,99 € le sachet de 750 g.
Et s’il mange des légumes à l’école mais pas à la maison ?
Avant de vous demander pourquoi la cantine réussit là où votre gratin échoue, interrogez-le sur la préparation. Les carottes sont-elles râpées plus finement ? Le chou-fleur est-il servi avec une sauce ? Les légumes arrivent-ils séparément ?
Le contexte compte également. Selon l’Assurance maladie, les repas partagés favorisent la découverte : voir d’autres enfants ou des membres de la famille manger un aliment peut encourager à l’essayer. Elle recommande aussi de proposer de nouveau les aliments refusés à une autre occasion, sans forcer ni punir.
En revanche, si les refus s’étendent à de nombreux aliments, s’accompagnent de difficultés à mâcher ou à avaler, ou retentissent sur la croissance, parlez-en au médecin. Ces situations méritent un accompagnement adapté.
Pour le prochain dîner, partez d’un détail : une soupe plus lisse, une sauce servie à côté ou la recette de carottes qu’il apprécie à l’école. Sa réponse vous donnera une piste pour le repas suivant.
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Sources : Assurance maladie, alimentation des enfants ; Santé publique France, portions selon l’âge ; Unicef, alimentation des enfants. Informations sur le partenariat, l’enquête OpinionWay et les produits : Bonduelle et Scolarest, documents de septembre et du 15 octobre 2026. La taille de l’échantillon et la méthode de l’enquête OpinionWay ne sont pas précisées dans le document transmis.
Sophie Madoun
