Des produits chimiques ont été détectés dans six des dix vêtements pour enfants ciblés et testés par les autorités françaises. Il s’agit de PFAS, les substances per- et polyfluoroalkylées surnommées « polluants éternels ». Quels vêtements sont concernés, dans quelles boutiques ont-ils été vendus et comment vérifier les références ? Voici les informations concrètes à connaître.
En bref
- 10 vêtements pour enfants ont été prélevés et testés en France.
- Il s’agissait notamment de manteaux, vestes, coupe-vent et pantalons imperméables.
- 6 produits sur 10 contenaient des PFAS et ne respectaient pas les exigences des contrôles.
- Les six produits concernés ont été retirés du marché.
- L’échantillon était ciblé : il ne permet pas d’affirmer que 60 % de tous les vêtements pour enfants vendus en France sont non conformes.
- Le rapport ne publie pas la liste des dix marques et boutiques contrôlées en France.
- Des rappels officiels distincts permettent néanmoins d’identifier plusieurs modèles vendus chez Kiabi, Okaïdi et Okaïdi+, ainsi que sur Internet et, pour certains produits, sur Amazon.

Sur dix vêtements pour enfants ciblés en France, six ne respectaient pas les exigences des contrôles en raison de la présence de PFAS. Cet échantillon ciblé n’est pas représentatif de l’ensemble du marché.
Six vêtements pour enfants sur dix ne passent pas les contrôles français
Le résultat est suffisamment spectaculaire pour retenir l’attention des parents : sur dix vêtements pour enfants testés en France, seuls quatre répondaient aux exigences minimales des contrôles. Les six autres contenaient des PFAS, c’est-à-dire des substances per- et polyfluoroalkylées, à des niveaux entraînant une non-conformité.
Les prélèvements ont été effectués par la DGCCRF, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Ils portaient notamment sur des manteaux, des vestes, des coupe-vent et des pantalons imperméables.
Ces vêtements ont été envoyés dans un laboratoire accrédité afin d’y subir des analyses chimiques. Les autorités ont également contrôlé leurs étiquettes, leurs marquages, leurs avertissements et les informations fournies aux consommateurs.
Les six produits français concernés ont depuis été retirés du marché.
« Le fait que six des dix produits ciblés n’aient pas satisfait à nos contrôles ne doit pas être perçu comme un motif d’inquiétude, mais comme la démonstration de l’efficacité de notre surveillance ciblée. Nous identifions les secteurs où les risques sont les plus susceptibles d’apparaître et nous concentrons nos efforts sur ces points sensibles. Tous les produits concernés ont été retirés du marché. Le message adressé aux fabricants est sans équivoque : les règles doivent être respectées, et nous veillons à leur application. »
Mélanie Janin, cheffe de projet à la DGCCRF
Cette précision est fondamentale : le chiffre de 60 % ne concerne pas un échantillon représentatif de l’ensemble des vêtements pour enfants vendus en France. Les autorités ont sélectionné des produits considérés comme davantage susceptibles de poser problème, notamment des vêtements imperméables ou déperlants.
On ne peut donc pas conclure que six vêtements pour enfants sur dix présents dans toutes les boutiques françaises contiennent des substances interdites. En revanche, le taux de non-conformité constaté parmi ces produits ciblés montre que le problème est loin d’être théorique.
Quels vêtements pour enfants contenant des PFAS ont été rappelés ?
| Enseigne | Vêtement rappelé | Substance officiellement signalée | Mesure publiée | Référence à vérifier |
|---|---|---|---|---|
| Kiabi | Coupe-vent métallisé à capuche pour enfant | PFAS au-dessus des seuils autorisés | 660 µg/kg de PFAS totaux | DJP97 – GTIN 3616039212153 |
| Kiabi | Combinaison pilote matelassée pour bébé, Flowerbico | PFAS au-dessus des seuils autorisés | Quantité non publiée | DBB51 – GTIN 3616038746482 |
| Kiabi | Coupe-vent vert à capuche et base élastiquée pour enfant | PFAS au-dessus des seuils autorisés | Quantité non publiée | DQG39 – GTIN 3616034264973 |
| Okaïdi | Ciré GOCIRE 712003, Vert Cyprès, Rouge Capucine ou Bleu foncé | PFAS au-dessus des seuils réglementaires | Jusqu’à 41 mg/kg de PFAS totaux | GTIN 3604274071 ou 3604273712 |
| Okaïdi | Ciré GACIRE 712011, Rose foncé | PFAS au-dessus des seuils réglementaires | Quantité non publiée | GTIN 3604273714 |
Attention : ces modèles proviennent des fiches officielles de rappel publiées en France. Les autorités n’ont pas confirmé publiquement qu’ils correspondaient exactement aux six vêtements non conformes de l’opération CASP. Le rapport ne révèle pas la liste complète des marques et boutiques contrôlées.
Les données sont confirmées par les fiches de RappelConso consacrées aux PFAS.
Quelles sont exactement les substances chimiques recherchées ?
Le bilan français indique que les dix vêtements ont été testés pour rechercher cinq substances chimiques dangereuses. Il confirme la présence de PFAS dans les six produits non conformes, mais il ne donne ni le nom précis des cinq substances recherchées en France ni celui de chaque molécule retrouvée dans chaque vêtement.
Le rapport européen CASP 2025 consacré aux produits chimiques fournit en revanche la grille générale des analyses prévues pour les vêtements et chaussures pour enfants.
Cette grille comprend six grandes familles de substances ou de tests. Il n’y a pas forcément de contradiction avec les cinq substances mentionnées pour la France : tous les tests ne s’appliquaient pas à tous les produits. Leur utilisation dépendait de la matière, des composants du vêtement et des restrictions réglementaires correspondantes.
Les PFAS, utilisés pour repousser l’eau et les taches
PFAS signifie « substances per- et polyfluoroalkylées ». Cette immense famille rassemble des milliers de composés chimiques de synthèse utilisés notamment pour rendre un textile imperméable, déperlant, antitache ou résistant aux graisses.
Le laboratoire a notamment recherché plusieurs PFAS déjà soumis à des restrictions :
- le PFOS, ou sulfonate de perfluorooctane ;
- le PFOA, ou acide perfluorooctanoïque ;
- le PFHxS, ou acide perfluorohexane sulfonique ;
- certains PFCA, c’est-à-dire des acides carboxyliques perfluorés comprenant entre 9 et 14 atomes de carbone.
Ces substances sont surnommées « polluants éternels » parce qu’elles se dégradent extrêmement lentement. Elles peuvent persister dans l’eau, les sols, les aliments et les organismes vivants.
Tous les PFAS n’ont pas exactement la même toxicité. Certains sont toutefois associés à des effets sur le système immunitaire, la reproduction, le développement, le fonctionnement hormonal ou le cholestérol, ainsi qu’à un risque accru de certains cancers. Le niveau de risque dépend de la molécule, de la dose et de la durée d’exposition.
Les PCCC, des paraffines chlorées persistantes
PCCC signifie « paraffines chlorées à chaîne courte ». Elles sont également désignées par le sigle anglais SCCP, pour Short-Chain Chlorinated Paraffins.
Ces substances peuvent être utilisées comme plastifiants, lubrifiants ou retardateurs de flamme. Elles sont très persistantes et peuvent s’accumuler dans les organismes vivants. Les PCCC figurent parmi les POP, les polluants organiques persistants, encadrés par la réglementation européenne.
Dans l’enquête, un vêtement ou une chaussure pour enfant a échoué au test concernant les PCCC.
Les retardateurs de flamme bromés
Les retardateurs de flamme bromés sont ajoutés à certains matériaux pour ralentir leur inflammation et la propagation du feu.
Plusieurs de ces composés sont persistants et susceptibles de s’accumuler dans l’environnement. Certains sont également suspectés d’agir sur le système hormonal ou le développement neurologique. Leur présence et leur concentration sont donc strictement encadrées.
Les colorants azoïques
Les colorants azoïques sont utilisés pour obtenir des couleurs intenses et résistantes sur les textiles.
Certains peuvent libérer des amines aromatiques dangereuses lors de leur dégradation. Plusieurs de ces amines sont classées comme cancérogènes ou susceptibles de provoquer des réactions allergiques. Tous les colorants azoïques ne sont pas interdits : les restrictions concernent ceux qui peuvent libérer certaines substances dangereuses au-delà des limites autorisées.
Le cadmium
Le cadmium est un métal lourd qui peut se retrouver dans certains pigments, plastiques, revêtements ou accessoires.
Une exposition répétée peut notamment endommager les reins et fragiliser les os. Le cadmium est également classé comme cancérogène. Sa présence fait donc l’objet de restrictions dans de nombreux produits de consommation.
Les HAP
HAP signifie « hydrocarbures aromatiques polycycliques ». Ces substances peuvent provenir de certaines huiles, de matières plastiques, du caoutchouc ou de procédés de combustion incomplets.
Plusieurs HAP sont considérés comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction. Ils sont notamment recherchés dans les composants en plastique ou en caoutchouc susceptibles d’entrer régulièrement en contact avec la peau.
Comment les vêtements ont-ils été analysés ?
Les analyses ont été réalisées conformément à deux grandes réglementations européennes.
Le règlement REACH concerne l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des substances chimiques, ainsi que les restrictions applicables à leur utilisation. Son nom vient de l’anglais Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals.
Le règlement POP encadre les polluants organiques persistants, c’est-à-dire des substances qui restent très longtemps dans l’environnement, peuvent se déplacer sur de grandes distances et s’accumuler dans les organismes vivants.
Plusieurs méthodes normalisées ont été utilisées :
- la norme européenne EN 17681-1:2025 pour rechercher les PFAS dans les textiles et les matériaux enduits ;
- la norme ISO 14362-1:2017 pour détecter certains colorants azoïques dans les produits comportant des parties textiles ;
- la norme européenne EN 1811:2023 pour évaluer la libération de nickel par les bijoux fantaisie.
Le sigle EN désigne une norme européenne. ISO renvoie à l’Organisation internationale de normalisation.
Le rapport souligne que la méthode EN 17681-1:2025 utilisée pour les PFAS est plus rigoureuse que sa version précédente. Elle peut donc permettre de détecter davantage de non-conformités.
Quelles boutiques et quels vêtements faut-il vérifier ?
C’est la principale limite de l’annonce : le rapport ne publie pas les noms des marques, des vendeurs et des boutiques correspondant aux dix vêtements précisément testés par la DGCCRF.
Il est donc impossible d’affirmer que les six produits français de l’opération CASP correspondent exactement aux modèles présentés ci-dessous.
En revanche, les fiches officielles de Rappel Conso permettent d’identifier plusieurs vêtements pour bébés et enfants récemment rappelés en France pour une présence de PFAS supérieure aux seuils autorisés.
Ces rappels concernent notamment Kiabi, Okaïdi et Okaïdi+.
Le sigle GTIN signifie Global Trade Item Number. Il s’agit du numéro international qui permet d’identifier précisément un produit commercialisé. Ce code est plus fiable que la seule couleur ou l’apparence du vêtement.
| Enseigne | Vêtement et coloris | Référence, GTIN et lots | Période de vente | Boutiques et sites déclarés |
|---|---|---|---|---|
| Kiabi | Coupe-vent métallisé à capuche pour enfant | DJP97 – GTIN 3616039212153 | Du 19 juin au 27 octobre 2025 | Magasins Kiabi |
| Kiabi | Combinaison pilote matelassée pour bébé, coloris Flowerbico | DBB51 – GTIN 3616038746482 | Du 2 septembre au 22 décembre 2025 | Magasins Kiabi |
| Kiabi | Coupe-vent vert à capuche et base élastiquée pour enfant | DQG39 – GTIN 3616034264973 | Du 20 juin au 22 décembre 2025 | Magasins Kiabi |
| Okaïdi | Ciré GOCIRE 712003, coloris Vert Cyprès, Rouge Capucine ou Bleu foncé | GTIN 3604274071 : commandes 42079801, 42964601, 43067703, 42079901 et 43179901. GTIN 3604273712 : commandes 42079101, 42079102, 43067701 et 43067702 | Du 3 février au 27 octobre 2025 | Okaïdi, Okaïdi+ et site Internet |
| Okaïdi | Ciré GACIRE 712011, coloris Rose foncé | GTIN 3604273714 : commandes 42080601 et 42080602 | Du 3 février au 4 novembre 2025 | Okaïdi, Okaïdi+ et site Internet |
Les alertes européennes signalent également la commercialisation en ligne de certains de ces produits sur les sites des enseignes et, pour certains modèles, sur Amazon. Il faut donc vérifier le code exact du vêtement, même lorsqu’il a été commandé en ligne.
Trois vêtements Kiabi pour enfants à contrôler
Le coupe-vent métallisé DJP97, rappelé en décembre 2025, contient des PFAS au-dessus des seuils autorisés. L’alerte européenne Safety Gate mentionne une valeur totale mesurée de 660 microgrammes par kilogramme.
Un microgramme correspond à un millionième de gramme.
Deux autres vêtements Kiabi destinés aux enfants ont fait l’objet d’un rappel en mars 2026 :
- la combinaison matelassée pour bébé DBB51, coloris Flowerbico ;
- le coupe-vent vert DQG39.
Pour ces produits, les consignes officielles sont de ne plus les utiliser et de les rapporter au point de vente afin d’obtenir un remboursement. Le service client Kiabi est joignable au 09 69 32 00 23.
Deux cirés Okaïdi également rappelés
Le ciré GOCIRE 712003 a été vendu en Vert Cyprès, Rouge Capucine et Bleu foncé. L’alerte européenne correspondante fait état d’une teneur totale pouvant atteindre 41 milligrammes de PFAS par kilogramme.
Un milligramme correspond à un millième de gramme, soit 1 000 microgrammes. Ces mesures ne doivent toutefois pas être utilisées seules pour comparer directement le danger des différents vêtements : les PFAS recherchés, les matériaux, les méthodes d’analyse et les seuils réglementaires applicables peuvent différer.
Le ciré GACIRE 712011, de couleur rose foncé, est lui aussi concerné par un dépassement des seuils réglementaires.
Les consommateurs doivent cesser d’utiliser ces cirés et les rapporter pour obtenir un remboursement. Le service consommateur Okaïdi est joignable au 09 69 39 23 90.
Au total, 128 produits ont été testés dans douze pays
Les résultats français s’intègrent dans l’édition 2025 du programme CASP, pour Coordinated Activities on the Safety of Products. En français, il s’agit des « activités coordonnées en matière de sécurité des produits ».
Ce programme est financé par la Direction générale de la justice et des consommateurs de la Commission européenne, également appelée DG JUST.
Son objectif est d’aider les ASM, les autorités de surveillance du marché, à coordonner leurs contrôles dans les pays de l’UE, l’Union européenne, et de l’AELE, l’Association européenne de libre-échange.
Douze pays ont participé à cette opération : l’Allemagne, la Belgique, la Croatie, l’Espagne, la France, la Hongrie, l’Italie, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, Malte et la Suède.
Les autorités ont prélevé 129 produits dans des boutiques physiques et sur Internet. Un article en plastique a ensuite été exclu, car il n’entrait pas dans le champ de l’étude. 128 produits ont donc réellement été testés :
- 53 vêtements et chaussures pour enfants ;
- 33 articles de consommation bon marché en plastique ;
- 21 produits pour enfants en plastique ;
- 12 bijoux fantaisie coûtant moins de 30 euros ;
- 9 produits pour enfants comportant des parties textiles.
Quels produits européens ont échoué aux analyses ?
Sur les 128 produits testés en laboratoire, 25 ne respectaient pas les exigences chimiques des règlements REACH ou POP, soit 20 %. À l’inverse, 103 produits, ou 80 %, étaient conformes aux analyses chimiques.
Vêtements et chaussures pour enfants : 17 échecs sur 53
Parmi les 53 vêtements et chaussures pour enfants :
- 36 produits, soit 68 %, étaient conformes ;
- 17 produits, soit 32 %, étaient non conformes ;
- 16 ont échoué en raison de substances apparentées aux PFAS ;
- un produit a échoué en raison de PCCC.
Parmi les 16 produits non conformes pour les PFAS, 15 étaient des imperméables, des coupe-vent, des vestes ou des articles comparables. Le dernier était une paire de tongs.
Produits pour enfants avec du textile : un costume non conforme
Parmi les neuf articles pour enfants comportant des parties textiles, un costume a échoué au test relatif aux PFAS.
En revanche, les neuf produits respectaient les exigences concernant les colorants azoïques.
Produits en plastique pour enfants : aucun échec chimique
Les 21 produits pour enfants en plastique ont tous satisfait aux tests portant sur :
- les HAP ;
- les phtalates ;
- le cadmium ;
- les PCCC ;
- les retardateurs de flamme bromés.
Les phtalates sont des substances utilisées pour assouplir certains plastiques. Plusieurs sont classés comme toxiques pour la reproduction ou comme perturbateurs endocriniens et font l’objet de restrictions.
Articles en plastique bon marché : rideaux de douche et réflecteurs concernés
Sur 33 articles de consommation bon marché en plastique, trois étaient non conformes :
- deux rideaux de douche contenaient trop de substances apparentées aux PFAS ;
- un ensemble de réflecteurs contenait trop de cadmium.
Bijoux fantaisie : cadmium, plomb et nickel détectés
Quatre des douze bijoux fantaisie testés, soit 33 %, dépassaient les niveaux autorisés :
- quatre contenaient trop de cadmium ;
- un contenait trop de plomb ;
- un libérait trop de nickel.
Un même bijou pouvait cumuler plusieurs non-conformités, ce qui explique que le nombre de dépassements soit supérieur au nombre de bijoux concernés.
Le plomb est particulièrement toxique pour le système nerveux, notamment chez l’enfant. Le cadmium peut endommager les reins et les os et favoriser certains cancers. Le nickel peut provoquer une allergie cutanée persistante.
Étiquettes et avertissements : 51 produits non conformes au total
Les analyses chimiques ne constituaient qu’une partie des contrôles. Les autorités ont également vérifié les avertissements, les marquages, les instructions et les informations fournies avec les produits.
Sur les 128 échantillons, 33 présentaient une non-conformité formelle, par exemple une information, un avertissement ou un marquage insuffisant ou incorrect.
En combinant les échecs aux analyses chimiques et les anomalies d’étiquetage, 51 produits sur 128, soit 40 %, présentaient au moins une non-conformité. Certains cumulaient les deux types de problèmes.
Les évaluations ont identifié :
- 18 produits présentant un risque grave ;
- 6 produits présentant un risque élevé ;
- 13 produits présentant un risque faible ;
- 11 non-conformités uniquement formelles ;
- 3 produits dont le niveau de risque n’avait pas été communiqué.
Au total, 24 produits ont donc été classés comme présentant un risque grave ou élevé.
Retraits, interdictions, destructions et rappels
À partir des analyses et des évaluations des risques, les autorités nationales ont décidé des mesures à prendre.
Selon le bilan communiqué :
- la vente de 10 produits a été interdite ;
- 10 autres produits ont été retirés du marché ;
- 6 produits ont dû être détruits ;
- 6 ont fait l’objet d’un rappel auprès des consommateurs.
Ces mesures peuvent se cumuler pour un même produit : un article peut par exemple être retiré des rayons, rappelé auprès des acheteurs puis détruit.
Douze vêtements et chaussures pour enfants ont également fait l’objet d’une notification dans Safety Gate, le système européen d’alerte rapide sur les produits non alimentaires dangereux.
Ces notifications sont encadrées par le RSGP, le règlement relatif à la sécurité générale des produits, applicable dans l’Union européenne.
Les achats en ligne sont-ils plus risqués ?
Le rapport européen ne relève pas de différence significative entre les résultats des produits achetés en ligne et ceux prélevés dans des magasins physiques.
Autrement dit, le risque ne se limite pas aux grandes plateformes ou aux boutiques étrangères. Un article non conforme peut être vendu aussi bien dans un magasin traditionnel que sur Internet.
Pour un achat en ligne, les autorités recommandent de privilégier les sites qui identifient clairement le fabricant et le distributeur. L’absence d’adresse, d’identité précise du vendeur ou d’informations réglementaires doit inciter à la prudence.
Que faire si vous possédez l’un de ces vêtements ?
Commencez par consulter l’étiquette intérieure, le ticket de caisse, la facture électronique ou l’historique de votre compte client. Comparez le nom du modèle, sa couleur, sa référence, son GTIN et, lorsqu’il est indiqué, son numéro de lot ou de commande.
Si le vêtement correspond à une référence rappelée :
- cessez de le faire porter à votre enfant ;
- ne comptez pas sur un lavage pour rendre le produit conforme ;
- ne le jetez pas avec les ordures ménagères, car les PFAS peuvent contaminer l’environnement ;
- rapportez-le dans le point de vente indiqué ;
- demandez le remboursement prévu par la procédure de rappel ;
- contactez le service consommateur de l’enseigne en cas de doute.
Vous pouvez vérifier un produit sur RappelConso ou sur le portail européen Safety Gate.
Si vous constatez qu’un article rappelé est toujours en vente, vous pouvez le signaler sur SignalConso.
Tout problème de sécurité ou accident lié à un produit peut également être déclaré sur le portail européen Consumer Safety Gateway.
La liste des autorités nationales de surveillance du marché est également disponible en ligne.
Les consommateurs ont le droit d’interroger les fabricants
Le rapport rappelle qu’un consommateur peut demander au fabricant ou au distributeur si un produit contient une substance considérée comme extrêmement préoccupante.
Dans le cadre du règlement REACH, le professionnel doit répondre à cette demande dans un délai de 45 jours lorsque les conditions réglementaires sont réunies.
Avant d’acheter un vêtement imperméable ou déperlant, il est également possible de rechercher des finitions non fluorées ou des traitements à base de cires naturelles. Cette indication ne constitue pas à elle seule une garantie absolue, mais elle permet d’éviter les produits pour lesquels des composés fluorés ont été volontairement ajoutés.
Pourquoi trouve-t-on encore des PFAS dans des vêtements en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2026, la France interdit les cosmétiques, les vêtements, les chaussures et les farts pour skis contenant des PFAS, dans les conditions et limites fixées par la loi et son décret d’application. À partir de 2030, l’interdiction doit être étendue à l’ensemble des textiles concernés.
Une partie des vêtements rappelés avait cependant été commercialisée en 2025. Par ailleurs, certains PFAS comme le PFOS, le PFOA ou le PFHxS étaient déjà soumis à des restrictions européennes.
Le ministère de la Transition écologique rappelle que ces substances sont utilisées dans de nombreux produits du quotidien et qu’elles sont extrêmement persistantes dans l’environnement.
Les résultats des contrôles montrent donc que l’interdiction ne suffit pas à elle seule. Elle doit s’accompagner d’analyses, de contrôles réguliers, de retraits rapides et d’informations suffisamment précises pour que les consommateurs puissent identifier les produits concernés.
Comment fonctionne le programme CASP ?
Les pays participants commencent par choisir ensemble les catégories de produits à surveiller et les critères des tests. Les autorités nationales prélèvent ensuite les échantillons sur leurs marchés respectifs, aussi bien dans des magasins physiques que sur Internet.
Les produits sont envoyés dans un laboratoire accrédité. Une fois les résultats obtenus, chaque autorité nationale évalue le niveau de risque et décide des mesures correctives : arrêt des ventes, modification du produit, retrait d’une plateforme, rappel, destruction ou interdiction.
Chaque édition du programme CASP porte sur de nouvelles priorités. Outre les produits chimiques, le second groupe de produits étudié dans l’édition 2025 concerne les sièges pour enfants destinés aux bicyclettes.
Le programme comprend également une activité horizontale consacrée aux risques pour la santé mentale. Ces activités horizontales permettent aux autorités européennes d’échanger leurs connaissances et de créer des méthodes et des outils communs.
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Sophie Madoun