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Le microbiote intestinal, un allié santé pour toute la vie

L’équilibre du microbiote, ensemble de micro-organismes (bactéries, levures, champignons, virus) vivant dans le corps humain, est essentiel pour être en bonne santé. Présent dès la naissance, le microbiote intestinal nous accompagne tout au long de la vie. Nos modes de vie actuels ont un impact parfois durable sur notre écologie microbienne, et seraient à l’origine de l’apparition des premiers signes de vieillissement pathologique (cardiovasculaires, métaboliques...). Et si la clé était de prendre soin de son microbiote intestinal pour rester en bonne santé et heureux le plus longtemps possible ?

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L’équilibre du microbiote, ensemble de micro-organismes (bactéries, levures, champignons, virus) vivant dans le corps humain, est essentiel pour être en bonne santé. Présent dès la naissance, le microbiote intestinal nous accompagne tout au long de la vie. Nos modes de vie actuels ont un impact parfois durable sur notre écologie microbienne, et seraient à l’origine de l’apparition des premiers signes de vieillissement pathologique (cardiovasculaires, métaboliques…). Et si la clé était de prendre soin de son microbiote intestinal pour rester en bonne santé et heureux le plus longtemps possible ?

LE MICROBIOTE INTESTINAL EST PROPRE A CHACUN

Le microbiote humain correspond à l’ensemble des micro-organismes vivant dans le corps et avec lesquels l’être humain cohabite : des bactéries pour l’essentiel, mais également des virus et des champignons. Il existe dans le corps plusieurs microbiotes et leur composition diffère selon les surfaces colonisées : on distingue le microbiote intestinal (appelé également flore intestinale), le microbiote vaginal, le microbiote cutané, le microbiote respiratoire, le microbiote ORL, le microbiote urinaire… et il existe même un microbiote tissulaire localisé dans nos organes.

« Le microbiote intestinal est de loin le plus important avec ses 100 000 milliards de germes. Cette écologie est issue d’une double acquisition. D’une part, un héritage génétique parental prédispose certains individus à posséder dans leur microbiote certains germes issus de leur parents plutôt que d’autres1. D’autre part, l’environnement, notamment le type d’alimentation, contribue à la construction de la flore intestinale. » explique le Pr. Rémy Burcelin, directeur de l’unité Inserm U1048 (Hôpital Rangueil, Toulouse).

A la naissance, tous les nouveau-nés sont stériles. De nombreuses études ont démontré l’impact du mode de naissance sur le microbiote des premières années de vie. Un accouchement par voie basse facilite la transmission du microbiote maternel dont la composition participe au développement du système immunitaire du nouveau-né2. L’allaitement est également un élément prépondérant dans la mise en place du microbiote intestinal de l’enfant3. Selon les choix des parents et l’ensemble des événements extérieurs auxquels chaque individu est confronté tout au long de sa vie (régime alimentaire, facteurs environnementaux, sédentarité, etc.), la composition du microbiote ne sera pas la même. Seule une petite fraction d’espèces est partagée dans la population humaine : environ 60 espèces bactériennes sont portées par 50 % des individus d’une même zone géographique. Il y a donc autant de « signatures » microbiennes qu’il y a d’individus sur Terre. Des jumeaux homozygotes n’ont pas le même microbiote intestinal alors qu’ils partagent exactement le même patrimoine génétique.

A QUOI RECONNAIT-ON UN MICROBIOTE INTESTINAL SAIN ?

Le microbiote est une « signature » pour chaque individu. Il paraît donc complexe de déterminer les caractéristiques d’un microbiote intestinal sain. « Ballonnement, stress, dépression,…Tout cela peut être dû à un microbiote déséquilibré. »

Selon le Pr Rémy Burcelin, « le microbiote intestinal étant propre à chacun, l’idéal n’existe pas. Il n’est idéal que pour l’hôte lui-même. Il se diversifie entre 0 et 3 ans puis se stabilise jusqu’à l’âge adulte. Plus le microbiote est riche et diversifié, meilleure est la santé des individus. Cela permet d’être résistant aux bactéries et autres pathogènes extérieurs. Il n’existe à ce jour aucun référentiel pour savoir si l’on possède un bon microbiote ou non. Cependant, nous avons pu ces dernières années, identifier une vingtaine de bonnes bactéries présentes dans le microbiote de personnes dites en bonne santé. ». La bonne santé est associée à la longévité de la vie.

Actuellement, il n’existe pas d’examen de routine dans la prévention de maladies liées au microbiote. Il est possible toutefois de réaliser une cartographie du microbiote à un instant donné. Si aucun diagnostic ne peut être émis par un professionnel de santé à l’heure actuelle, le Pr. Rémy Burcelin précise : « il serait intéressant de comparer deux cartographies faites à deux moments de vie. Nous pourrions ainsi évaluer la présence de telle ou telle espèce dans le microbiote intestinal et évaluer les éventuels déséquilibres microbiens qui pourraient entrainer un vieillissement pathologique. »

ALTÉRATION DU MICROBIOTE ET VIEILLISSEMENT PATHOLOGIQUE

Le vieillissement pathologique est associé à l’apparition de signes cliniques pouvant mener à des troubles neurologiques (ex : maladie d’Alzheimer4), métaboliques (ex : obésité, diabète de type 25) ou encore cardio-vasculaires. Selon le Pr Rémy Burcelin, le vieillissement pathologique est la résultante d’un microbiote déséquilibré. Une étude irlandaise6 a notamment prouvé que la composition du microbiote était en corrélation avec la bonne santé des individus. Un microbiote altéré est associé à des maladies chroniques incluant l’obésité et les maladies inflammatoires. « Tout ce qui agit sur le microbiote (stress, hormones, médicaments, alimentation, pollution7, etc.) peut le modifier. Les bactéries se mettent alors à libérer des molécules dans notre organisme et entraîner, si l’exposition est prolongée, l’apparition de pathologies. ». Une étude plus récente, a démontré l’impact négatif d’un dérèglement du microbiote sur les cellules souches, qui permettent le renouvellement des tissus endommagés et maintiennent l’homéostasie dans le corps humain8.

L’identification des facteurs de risques influençant la composition du microbiote ainsi que son altération fait l’objet de nombreuses recherches ces dernières années. Le microbiote intestinal jouerait notamment un rôle dans le développement du syndrome de l’intestin irritable9 et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin10. Dans ces maladies, un déséquilibre du microbiote (dysbiose) a été observé et pourrait être à l’origine de réactions inflammatoires de la muqueuse intestinale, responsables de ces troubles.

PRÉSERVER SON MICROBIOTE POUR RESTER EN BONNE SANTÉ

L’équilibre du microbiote intestinal est en partie lié aux habitudes alimentaires. Il est conseillé de garder une bonne hygiène alimentaire (un régime riche en fibres, pauvre en graisses) qui favorise le maintien d’un microbiote diversifié, de qualité et bénéfique pour son fonctionnement. Une équipe irlandaise a récemment étudié l’impact de l’activité physique sur notre flore intestinale11. Ces résultats confirment le lien entre exercice physique et santé métabolique.

En parallèle, il est possible de moduler le microbiote, pour cela on va chercher soit à stimuler la croissance des espèces microbiennes favorables en consommant des prébiotiques soit à apporter des micro-organismes bénéfiques en consommant des probiotiques comme par exemple, avant de partir en vacances à l’étranger.

« Il faut être son propre cobaye et faire ses expériences. Ce qui est bon pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre. Lors d’un changement de rythme de vie, l’état hormonal de l’individu change ainsi que l’environnement. Cela peut avoir un impact sur le microbiote. C’est le cas quand on part à l’étranger et que l’alimentation, le cycle nycthéméral (jour/nuit), le stress et l’environnement changent. Il serait donc potentiellement intéressant d’aider son microbiote via une alimentation adaptée ou par la prise de pré et probiotiques à certains moments de la vie. » précise le Pr. Rémy Burcelin.

Sources :

[1] Goodrich J. et al. Human genetics shape the gut microbiome. Cell (2014)

[2] Wampach L, Heintz-Buschart A, Fritz J et al. Birth mode is associated with earliest strain-conferred gut microbiome functions and immunostimulatory potential. Nature Communications (2018)

[3] Christopher J. Stewart et al, Temporal development of the gut microbiome in early childhood from the TEDDY study. Nature (2018)

[4] Cattaneo A, Cattane N, Galluzzi S, et al. Association of brain amyloidosis with pro-inflammatory gut bacterial taxa and peripheral inflammation markers in cognitively impaired elderly. Neurobiol Aging (2017)

[5] Harsch IA, Konturek PC. The Role of Gut Microbiota in Obesity and Type 2 and Type 1 Diabetes Mellitus: New Insights into «Old» Diseases. Med Sci (Basel). (2018)

[6] Marcus J. Claesson, Ian B. Jeffery, et al. Gut microbiota composition correlates with diet and health in the elderly, Nature (2012)

[7] Alderete T., Jones R., Chen Z. et al., Exposure to traffic-related air pollution and the composition of the gut microbiota in overweight and obese adolescents. Environmental Research (2018)

[8] Tan Y, Wei Z, Chen J, et al. Save your gut save your age: The role of the microbiome in stem cell ageing. J Cell Mol Med. (2019)

[9] Fan et al. Close association between intestinal microbiota and irritable bowel syndrome. Eur J Clin Microbiol Infect (2017)

[10] Torres J, et al. Crohn’s disease. Lancet (2017)

[11] W. Barton et al., The microbiome of professional athletes differs from that of more sedentary subjects in composition and particularly at the functional metabolic level, Gut (2018)

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