Pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus dans le cancer de l’ovaire ? La recherche ROMEO à l’université de Caen Normandie explore la chimiorésistance cellule par cellule pour ouvrir la voie à des traitements personnalisés.

Pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus dans le cancer de l’ovaire ? Si les traitements de première ligne sont souvent efficaces au début, une chimiorésistance apparaît ensuite dans près de 80 % des cas, réduisant fortement les options thérapeutiques. À Caen, en mars 2026, une équipe de l’université de Caen Normandie, au sein de l’unité ANTICIPE (Inserm U1086), mène le projet ROMEO pour comprendre comment la résistance s’installe cellule par cellule. L’objectif : ouvrir la voie à des traitements plus personnalisés et mieux anticiper les rechutes.

Pour beaucoup de patientes, la chimiothérapie représente un immense espoir… puis une incompréhension lorsque le traitement cesse d’agir.

Pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus dans le cancer de l’ovaire ?

 

Pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus chez certaines patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire ?

 

Le cancer de l’ovaire touche environ une femme sur 70 au cours de sa vie. Il demeure l’un des cancers gynécologiques les plus graves, avec un pronostic encore très sombre, en particulier chez les femmes âgées.

Un autre facteur complique la prise en charge : le diagnostic est souvent tardif car les symptômes peuvent rester longtemps discrets :

  • ballonnements persistants ;

  • douleurs abdominales diffuses ;

  • fatigue inhabituelle.

Les traitements reposent principalement sur deux piliers :

  • la chirurgie pour retirer la tumeur ;

  • la chimiothérapie, le plus souvent à base de sels de platine, pour éliminer les cellules cancéreuses restantes.

Dans de nombreux cas, le traitement initial fonctionne. Puis la maladie réapparaît souvent : c’est là que la question devient centrale.

Pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus dans le cancer de l’ovaire ?

Le principal obstacle porte un nom : la chimiorésistance, c’est-à-dire la capacité des cellules tumorales à s’adapter aux médicaments.

Au fil des cycles, certaines cellules survivent et activent des mécanismes de défense :

  • modification du fonctionnement interne ;

  • réparation plus rapide des dommages causés par les traitements ;

  • transformations génétiques facilitant l’échappement aux médicaments.

Résultat : la chimiothérapie devient de moins en moins efficace. Le problème est d’autant plus difficile à gérer qu’aujourd’hui, selon le communiqué, les mécanismes moléculaires à l’origine de cette résistance restent largement inconnus et il n’existe aucun outil prédictif fiable pour orienter le choix thérapeutique chez les patientes devenues résistantes.

C’est précisément ce verrou que le projet ROMEO veut faire sauter.

Comment la recherche explique pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus dans le cancer de l’ovaire ?

Le projet ROMEO est porté par Monique N’Diaye, maître de conférences à la Faculté des Sciences Pharmaceutiques de l’université de Caen Normandie. Il est mené au sein de l’Unité de Recherche Interdisciplinaire pour la Prévention et le Traitement des Cancers ANTICIPE (Inserm U1086).

ROMEO fait partie des dix projets sélectionnés et soutenus par la Fondation 1432, dans le cadre d’un programme d’accompagnement de projets à fort impact sociétal.

Le projet bénéficie :

  • d’un soutien financier ;

  • d’un appui stratégique destiné à accélérer son développement et à renforcer son impact auprès des publics concernés.

Monique N’Diaye souligne dans le communiqué :

« Le soutien de la Fondation 1432 est un levier décisif pour le projet ROMEO. Au-delà de l’aide financière, il nous offre une reconnaissance institutionnelle forte et une visibilité essentielle pour faire connaître nos travaux. Être accompagné par la Fondation, c’est aussi inscrire notre recherche dans une dynamique collective au service de la société. »

Un trophée en janvier 2026 lors des trophées Phénix

ROMEO a obtenu le 1er Trophée de la Fondation 1432 le 26 janvier 2026, lors de la Soirée des partenaires de l’université de Caen Normandie et de la cérémonie des trophées Phénix.

L’événement est organisé par le Club Phénix, réseau de partenaires de l’université. Le prix a été remis par Thierry Lobel, président de la Fondation 1432, pour distinguer un projet de recherche à fort impact sociétal parmi les initiatives soutenues.

Thierry Lobel déclare :

« En soutenant le projet ROMEO, la Fondation 1432 affirme sa volonté d’accompagner des initiatives à fort impact sociétal, portées par des équipes engagées et innovantes. ROMEO illustre parfaitement notre mission : faire émerger des projets qui transforment la recherche en solutions concrètes pour la société. »

Comprendre les mécanismes de la chimiorésistance : pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus dans le cancer de l’ovaire ?

Le projet ROMEO vise à identifier les altérations précoces qui conduisent les cellules tumorales à devenir résistantes. L’enjeu est majeur : tant qu’on ne sait pas quand et comment la résistance s’installe, il est difficile d’adapter les stratégies thérapeutiques au bon moment.

Les tumoroïdes : des “mini-tumeurs” pour reproduire le comportement réel de la tumeur

ROMEO s’appuie sur des modèles de tumoroïdes, des cultures cellulaires tridimensionnelles issues directement de tumeurs de patientes. Ces modèles permettent de reproduire au plus près :

  • l’organisation réelle d’une tumeur ;

  • son comportement face aux traitements ;

  • son évolution au fil du temps.

Les chercheurs :

  • cultivent des tumoroïdes chimiosensibles ;

  • les exposent de manière répétée au carboplatine afin de mimer les six cycles de chimiothérapie subis par les patientes ;

  • analysent à différents stades du traitement, avant, pendant et après.

Une approche single-cell pour repérer les sous-populations invisibles

L’équipe réalise des analyses transcriptomiques et protéomiques en single-cell à plusieurs étapes. Cette stratégie permet :

  • de détecter des sous-populations cellulaires invisibles avec les méthodes classiques ;

  • de dresser une cartographie évolutive de la tumeur sous traitement.

La question clé devient enfin observable :

à quel moment précis une cellule bascule-t-elle vers la résistance ?

Vers de nouvelles thérapies personnalisées de seconde ligne

À partir de cette cartographie, l’équipe mène un criblage de molécules ciblées afin d’identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment des traitements de seconde ligne, adaptés au profil moléculaire de chaque patiente.

ROMEO s’inscrit ainsi, selon le communiqué, dans la dynamique nationale de médecine de précision en oncologie, avec une approche individualisée du traitement du cancer de l’ovaire.

Comprendre pourquoi la chimiothérapie ne fonctionne plus : un espoir pour mieux traiter le cancer de l’ovaire

Si les mécanismes précoces de résistance sont mieux identifiés, cela pourrait permettre :

  • d’anticiper la résistance aux traitements ;

  • d’adapter plus vite les thérapies ;

  • d’éviter des traitements inefficaces ;

  • de limiter les rechutes.

Même si l’approche est encore au stade de recherche, l’objectif est clair : transformer une compréhension fine du phénomène en décisions thérapeutiques plus pertinentes.

Pourquoi la Fondation 1432 soutient ROMEO ?

Selon le communiqué, la Fondation 1432 soutient ROMEO parce que le projet répond à ses critères :

  • engagement sociétal ;

  • innovation ;

  • impact durable.

Le comité de sélection a notamment été convaincu par :

  • le caractère interdisciplinaire du projet ;

  • sa capacité à produire des effets mesurables ;

  • sa vocation à bénéficier directement aux publics concernés.

Budget : 6 950 € de soutien, soit 11,6 % du budget total

Le soutien accordé par la Fondation 1432 s’élève à 6 950 €, soit environ 11,6 % du budget total.

Selon le communiqué, ce financement permettra de soutenir des actions clés :

  • développement des outils nécessaires à la mise en œuvre ;

  • production de supports de diffusion ;

  • organisation d’actions de terrain ;

  • évaluation de l’impact.

Le texte insiste : ce financement constitue un levier essentiel pour accélérer le déploiement de ROMEO et renforcer son rayonnement.

Appel aux dons : flécher sa contribution vers ROMEO

La Fondation 1432 lance un appel aux dons. Les donateurs peuvent soutenir :

  • les actions globales de la Fondation ;

  • ou un projet précis comme ROMEO, en fléchant directement leur contribution.

Lien dons : https://fondation1432-unicaen.givexpert.net

À retenir

  • Le cancer de l’ovaire touche environ une femme sur 70 et reste l’un des cancers gynécologiques les plus graves.

  • La chimiothérapie cesse d’agir dans près de 80 % des cas à cause de la chimiorésistance.

  • Le projet ROMEO de l’université de Caen Normandie, au sein d’ANTICIPE Inserm U1086, cherche à comprendre ce basculement cellule par cellule.

  • Les tumoroïdes et les analyses single-cell permettent d’identifier des sous-populations invisibles et de cartographier l’évolution tumorale.

  • Objectif : développer des traitements personnalisés, notamment de seconde ligne, et mieux anticiper les rechutes.

  • ROMEO a reçu le 1er Trophée de la Fondation 1432 le 26 janvier 2026 lors des trop

  • Trophées Phénix organisés par le Club Phénix.

 

 

 

Sophie Madoun

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