Depuis juin 2024, je me bats contre Boursorama (BoursoBank) et Generali pour l’assurance vie bloquée de ma fille : argent invisible, versements refusés, rachats impossibles et indemnisation dérisoire. 

 

J’ai voulu ouvrir une assurance vie pour ma fille mineure pour la protéger. Depuis juin 2024, je me bats contre Boursorama, devenue BoursoBank, et Generali : assurance vie bloquée, argent introuvable pendant un temps, rachats compliqués, versement libre de 15 000 euros bloqué, lettres recommandées, médiateur, silence, et au bout de tout cela, une indemnité de 200 euros, ridicule au regard du préjudice subi.

Quand on ouvre une assurance vie pour un enfant, on croit faire un geste simple, prudent, évident : mettre de l’argent de côté, protéger son enfant, préparer son avenir, construire un capital. C’est exactement ce que j’ai voulu faire pour Clara. Je n’imaginais pas qu’en avril 2026, je serais encore en train de me battre, presque deux ans après le début du dossier, pour une assurance vie mineur bloquée, pour de l’argent bloqué, pour des opérations banales devenues impossibles, et pour faire reconnaître un préjudice que personne n’a vraiment pris au sérieux.

Le plus dur, dans cette histoire, n’a pas été seulement l’argent. Le plus dur, cela a été ce que ce dossier a réveillé humainement. Clara est adoptée et, au départ, elle ne portait pas le même nom que moi. Très vite, dans les échanges, dans les demandes répétées, dans les blocages, j’ai eu cette impression terrible d’être traitée comme si je n’étais pas sa mère. Comme s’il fallait sans cesse recommencer, justifier, prouver, renvoyer, expliquer. Comme si le lien le plus évident au monde devait être revalidé en permanence par une mécanique froide. J’en ai perdu le sommeil pendant un mois. Pas une mauvaise nuit. Un mois. Parce qu’il ne s’agissait pas d’un produit bancaire abstrait. Il s’agissait de l’argent de ma fille, et de ma place de mère face à des interlocuteurs qui, à force de procédures, de retards et de silence, ont fini par me faire vivre un véritable préjudice moral.

Assurance vie mineur bloquée : comment tout a commencé ?

Tout commence le 18 juin 2024. J’engage l’ouverture d’une assurance vie enfant chez Boursorama, devenue depuis BoursoBank, avec Generali derrière le contrat. Sur le papier, cela paraît simple. Dans la réalité, le dossier s’enlise presque immédiatement. Les demandes se répètent. Les justificatifs repartent. Les échanges s’accumulent. Je n’ai eu de cesse de leur écrire, à BoursoBank, à Generali, par messages, par mails, par lettres recommandées avec accusé de réception, en renvoyant encore et encore les pièces, les preuves, les documents, les éléments qu’on me demandait. Je l’ai fait sérieusement, proprement, patiemment, parce que je pensais qu’à force de clarté et de persévérance, le dossier finirait par avancer. Mais non. Les semaines ont glissé vers les mois, et les mois vers une situation devenue absurde.

5 000 euros débités puis devenus invisibles

À un moment, 5 000 euros ont été débités du compte de Clara. Et là, l’incompréhensible a commencé. Pendant un temps, cet argent n’était plus visible nulle part. Plus sur le compte. Pas sur l’assurance vie. Plus rien à l’écran. On peut appeler cela “traitement technique”, “transfert”, “phase intermédiaire”, tous les mots qu’on veut. Quand c’est l’épargne de son enfant qui disparaît des radars, on n’appelle pas cela un détail. On appelle cela une angoisse, une peur, un choc. Ce que je voyais, c’était simple : l’argent de ma fille était sorti, mais je ne le voyais nulle part.

Puis est venue cette date qui, pour moi, reste un symbole du problème : le contrat a été affiché avec une ouverture au 25 juillet 2024. Sauf que dans la réalité vécue, ce contrat n’était pas réellement visible ni réellement opérant comme il aurait dû l’être. Ce n’est que début 2026 qu’il est devenu vraiment visible dans l’espace client. C’est cela qui me heurte encore aujourd’hui : cette dissociation entre ce que les systèmes affichent et ce que le client vit. Officiellement, le contrat existe. Concrètement, il ne fonctionne pas normalement. Officiellement, une date est posée. Dans les faits, le parcours est encore bancal, bloqué, opaque.

200 euros en 2025 : une indemnité dérisoire

En 2025, on m’a accordé une indemnité de 200 euros. Deux cents euros. Je l’écris noir sur blanc parce qu’il faut mesurer l’écart entre la réalité du préjudice et la réponse apportée. 200 euros, alors que cela faisait déjà des mois que je me débattais avec des blocages, des retards, des justificatifs répétés, de l’argent mal suivi, un stress énorme, une fatigue nerveuse, et cette impression d’être seule face à un mur. Cette indemnité n’était pas seulement faible. Elle était ridicule. Ridicule au regard du temps passé. Ridicule au regard du préjudice moral. Ridicule au regard du préjudice financier. Ridicule au regard de l’énergie engloutie depuis juin 2024. On ne répare pas une telle situation avec 200 euros.

Et le pire, c’est que cette somme n’a rien réglé. Le fond du problème est resté intact.

En avril 2026, le versement de 15 000 euros est toujours bloqué

Aujourd’hui encore, en avril 2026, je me bats sur l’opération la plus banale qui soit : un versement libre de 15 000 euros pour Clara. Et cet argent reste dehors. Il ne travaille pas. Il n’est pas placé comme il devrait l’être. Une assurance vie bloquée, encore. Une situation qui dure.

J’ai aussi demandé à récupérer une petite partie de l’argent : 1 500 euros, puis 3 000 euros. Là aussi, rien de simple. Là aussi, des délais interminables. Là aussi, l’impression de devoir arracher des réponses à des interlocuteurs qui laissent traîner. Presque deux mois pour répondre à une demande. Presque deux mois pour finir par m’écrire, le 3 avril 2026, que je ne pouvais pas faire ce versement depuis l’espace client et qu’il fallait encore passer par un bulletin de versement libre. Encore un formulaire. Encore une étape. Encore une complication. Encore du temps perdu, alors que l’argent de Clara reste dehors et ne travaille pas.

J’ai écrit sans cesse, jusqu’au PDG

J’ai relancé sans arrêt. Je n’ai pas laissé tomber. J’ai écrit à BoursoBank. À Generali. J’ai envoyé des LRAR. J’ai refait les chronologies. J’ai répondu aux demandes. J’ai fourni le dossier. J’ai même écrit directement à Benoît Grisoni, le PDG de BoursoBank, parce qu’à un moment, on se dit qu’une situation aussi grave, aussi longue, aussi aberrante, concernant l’argent d’une enfant, mérite au moins qu’une direction entende ce qui se passe. Là encore, rien. Pas de réponse. Pas de geste. Pas de prise en charge digne de ce nom.

J’ai saisi le médiateur

J’ai donc saisi le médiateur bancaire. Là aussi, il a fallu tout reprendre, tout reclasser, tout démontrer, tout renvoyer. Et je l’ai fait. Parce qu’au bout d’un moment, il faut bien qu’un tiers regarde ce dossier et mesure ce qu’il contient réellement : presque deux ans de combat pour une assurance vie bloquée, des fonds invisibles pendant un temps, des rachats compliqués, des versements empêchés, des réponses tardives, des courriers recommandés, des mails sans effet, une mère traitée comme si elle devait sans cesse refaire la preuve de sa légitimité, et au bout de cela, 200 euros jetés comme si cela soldait quoi que ce soit.

Ce que cette affaire dit des assurances vie pour mineurs

Ce que je veux dire ici, ce n’est pas seulement que mon dossier est compliqué. Ce que je veux dire, c’est qu’une assurance vie mineur peut devenir un piège administratif terrible lorsque les choses déraillent. On vend aux parents une solution de placement, de prévoyance, de long terme, de transmission, de sécurité. Ce qu’on ne leur dit pas assez, c’est qu’en cas de dysfonctionnement, ils peuvent se retrouver à se battre pendant des mois, voire des années, simplement pour voir, comprendre, gérer ou récupérer l’argent de leur enfant.

Et quand l’enfant est adopté, quand les noms diffèrent, quand l’histoire familiale ne rentre pas dans les cases les plus simples, la brutalité administrative peut devenir encore plus douloureuse.

Pourquoi je raconte cette histoire aujourd’hui ?

Je témoigne aujourd’hui pour une raison simple : je ne veux plus que cette histoire reste noyée dans des mails, des procédures et des silences. Je veux que les gens comprennent ce que signifie vraiment une assurance vie enfant bloquée. Je veux que les parents sachent qu’un versement libre peut être empêché, qu’un rachat peut devenir un combat, que l’argent d’un mineur peut se retrouver immobilisé, qu’un dossier peut s’étirer de juin 2024 à avril 2026 sans solution digne de ce nom.

Je veux que l’on comprenne qu’au bout de cette histoire, il n’y a pas seulement des chiffres. Il y a une mère, une enfant, des nuits blanches, du stress, de la colère, de l’épuisement, et une confiance détruite.

Je n’écris pas pour faire du bruit. J’écris parce que cela fait bientôt deux ans que je me bats pour l’argent de ma fille Clara. J’écris parce que je me suis heurtée à Boursorama devenue BoursoBank, à Generali, à des circuits internes opaques, à des délais inacceptables, à une indemnisation humiliante, et à un système incapable de mesurer ce qu’il fait vivre à ceux qui sont en face. J’écris parce qu’à un moment, raconter devient une façon de reprendre un peu de pouvoir sur une histoire qui vous en a retiré énormément.

Ce qu’il faut retenir

Depuis juin 2024, je me bats pour l’assurance vie mineur de ma fille Clara.
5 000 euros ont été débités puis sont devenus invisibles pendant un temps.
Le contrat a été affiché au 25 juillet 2024 sans être réellement visible ni opérant comme il aurait dû l’être.
Ce n’est que début 2026 qu’il est devenu vraiment visible dans l’espace client.
En 2025, on m’a accordé une indemnité de 200 euros, totalement dérisoire.
En avril 2026, un versement libre de 15 000 euros reste bloqué.
J’ai demandé à récupérer 1 500 euros, puis 3 000 euros, sans traitement normal.
Le 3 avril 2026, on m’a expliqué qu’il fallait encore passer par un bulletin de versement libre.
J’ai écrit à BoursoBank, à Generali, envoyé des LRAR, saisi le médiateur et même écrit à Benoît Grisoni.
Et malgré tout cela, le fond du problème n’est toujours pas réglé.

 

 

Sophie Madoun