Quelles substances inhale-t-on vraiment en vapotant ? L’Anses révèle les composés à risque présents dans la cigarette électronique.

Le vapotage continue de gagner du terrain en France et s’installe dans les usages quotidiens. Pourtant, les substances réellement inhalées restent encore mal connues. L’Anses publie une liste de composés préoccupants présents dans les e-liquides et leurs émissions afin d’évaluer précisément les risques liés à l’inhalation.

Pourquoi la question des substances inhalées est devenue essentielle

Plusieurs millions de personnes vapotent aujourd’hui en France, et une part importante de ces usagers vapotent au quotidien. Malgré cette diffusion massive, la composition réelle de la vapeur inhalée reste encore insuffisamment documentée.

L’Anses a identifié près de 1 775 substances déclarées par les fabricants et classé 106 d’entre elles comme particulièrement préoccupantes : substances cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction, ou susceptibles de devenir irritantes lors de la chauffe.

Parmi ces composés figurent le formaldéhyde, l’acroléine, certains aldéhydes issus de la dégradation thermique et parfois des traces de métaux lourds.

Identifier ne suffit pas : il faut mesurer ce que les vapoteurs inhalent réellement

Le danger dépend de l’exposition réelle, qui varie fortement selon :

• la température de chauffe
• le modèle de cigarette électronique
• les arômes utilisés
• la fréquence du vapotage
• le profil de l’usager

Pour affiner l’évaluation des risques, une campagne de mesures est menée afin de déterminer les concentrations effectives de ces substances dans la vapeur inhalée. C’est un passage nécessaire pour déterminer quelles molécules posent un risque avéré et dans quelles conditions.

Le grand angle mort : le DIY et les e-liquides sans nicotine

Une large part des vapoteurs fabrique désormais leurs propres mélanges (« Do It Yourself »). Selon les dernières enquêtes disponibles, environ un tiers des usagers déclarent utiliser régulièrement des liquides faits maison ou des bases/arômes non conçus spécifiquement pour être vaporisés.

Problème majeur :
les liquides sans nicotine et les ingrédients destinés au DIY n’entrent pas dans le cadre réglementaire actuel.

Aucun contrôle officiel.
Aucune obligation de déclaration.
Aucune transparence sur les risques potentiels lors de la chauffe.

L’Anses recommande donc d’étendre la réglementation à tous les produits du vapotage, qu’ils soient nicotinés ou non, prêts à l’emploi ou fabriqués par les usagers.

Quels e-liquides sont considérés comme les plus sûrs aujourd’hui ?

Même si la réglementation reste partielle, certains fabricants vont plus loin que les obligations légales. Les e-liquides réputés les plus fiables sont ceux qui :

• utilisent des arômes qualité alimentaire validés pour l’inhalation
• suppriment les additifs controversés (édulcorants chauffés, colorants, sucralose)
• publient des analyses d’émissions indépendantes
• garantissent une traçabilité complète
• respectent les normes AFNOR lorsqu’elles s’appliquent

Ces formulations plus courtes et plus transparentes réduisent le risque de production de composés irritants ou toxiques lors de la chauffe.

Pour en savoir plus : une sélection de e-liquides contrôlés et mieux formulés est disponible dans notre dossier spécial.

Ce que la réglementation encadre déjà

Les produits contenant de la nicotine sont soumis à :

• l’interdiction de certains ingrédients à risque
• l’obligation de déclaration à l’Anses
• la vérification de la sécurité des ingrédients, chauffés ou non

Mais cette réglementation ne couvre ni les liquides sans nicotine ni les pratiques DIY.

Ce que l’on attend maintenant

L’expertise en cours vise à répondre à trois questions fondamentales :

  1. Quelles substances dangereuses sont effectivement inhalées ?

  2. À quelles concentrations ?

  3. Comment adapter la réglementation pour protéger l’ensemble des vapoteurs ?

En résumé

• Plusieurs millions de Français vapotent aujourd’hui
106 substances sont jugées prioritaires par l’Anses
• Le DIY et les liquides sans nicotine restent hors champ réglementaire
• Les mesures d’émissions permettront enfin d’évaluer le risque réel
• Une extension du cadre réglementaire est envisagée