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Le mal de dos et la pratique sportive sont-ils compatibles ?

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Communément appelée « mal de dos » ou « lumbago », la lombalgie est un mal très répandu : 93 % des Français déclarent avoir déjà eu des problèmes de dos1. Lorsque les douleurs sont trop intenses, le premier réflexe est de se reposer, de ne plus pratiquer de sport. Pourtant, l’arrêt de toute activité physique est le pire ennemi du dos. Pour prévenir et soulager le mal de dos, une seule recommandation : le mouvement2. Le Pr Arnaud Dupeyron, médecin physique et réadaptateur au CHU de Nîmes, livre ses conseils sur la pratique d’un sport lors d’un épisode lombalgique, car contrairement à ce que l’on pourrait penser, le sport est compatible avec le mal de dos tant que l’on respecte certaines règles.

 

Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement

En novembre dernier, l’Assurance Maladie a lancé une vaste campagne de sensibilisation pour prévenir et soulager le mal de dos. Le programme « Mal de dos ? Le bon traitement c’est le mouvement ! » invite les patients concernés à reprendre ou démarrer dès que possible une activité physique quelle qu’elle soit. Ce programme, élaboré en concertation avec un groupe de travail pluridisciplinaire3 à l’aune des recommandations médicales qui encouragent le maintien ou la reprise rapide des activités physiques, vise à lutter contre une idée répandue selon laquelle le repos serait le meilleur remède contre le mal de dos

L’activité physique regroupe à la fois l’exercice physique de la vie quotidienne (à la maison, lors du jardinage, des courses, de la marche, de l’utilisation des escaliers…) et le sport qui se réalise de manière organisée avec un cadre et des règles.

Reprendre le sport après un mal de dos

Dans le cas d’une lombalgie, la douleur peut ralentir ou empêcher la pratique sportive. « Dès que la douleur de la lombalgie est supportable, la personne peut tout à fait reprendre son sport » insiste le Pr Dupeyron. Il conseille de « reprendre progressivement, mais dès que possible, une activité sportive4 et si besoin en étant supervisé par un kinésithérapeute pour retrouver la souplesse et la dynamique de la colonne vertébrale4».

Aucun sport n’est interdit tant qu’il n’est pas pratiqué à haut niveau5,6. Comme le Pr Dupeyron le conseille à ses patients, « il faut faire le sport qui fait plaisir ! Tous les sports entraînent des chocs, des torsions et des tensions5. Tel ou tel sport n’est pas meilleur qu’un autre mais aucun ne peut être considéré comme strictement prohibé. La personne sentira d’elle-même si son sport lui convient et adaptera sa pratique à sa tolérance7,5. Le meilleur sport pour un patient qui a déjà vécu des épisodes lombalgiques sera celui qu’il pratiquera toujours dans 10 ans ! ».

 

Si le sport choisi sollicite fortement le dos, des astuces et gestes simples peuvent être mis en place2,5 :

La pratique du vélo5 : les muscles abdominaux restent relâchés dans toutes les positions et ce déséquilibre peut causer des douleurs de dos. Certains réglages comme une inclinaison plus antérieure de la selle et un pédalier positionné en arrière de l’axe de la selle amélioreraient la posture du tronc et limiteraient l’incidence des lombalgies.

La pratique de l’équitation5 : Avec des étriers longs, la lordose lombaire (creux en bas du dos) a une meilleure capacité pour absorber les forces de compression ; et les tensions musculo-ligamentaires augmentent moins dans la région lombaire et au niveau des hanches. Le choix de la selle type western avec étriers longs est donc à suggérer pour des raisons mécaniques.

Pour pratiquer un sport en toute sécurité il conviendra également de faire preuve de bon sens : s’équiper avec du matériel adapté et performant, et toujours prendre le temps de s’échauffer avant l’effort. Enfin, pratiquer systématiquement des exercices d’étirement après la séance de sport est indispensable pour éviter les courbatures.

Le sport est-il mauvais pour le dos ?

Depuis une dizaine d’années, les publications scientifiques n’ont pas apporté la preuve que le sport est nocif chez les personnes fragiles du dos. Les activités de loisir, le sport et les exercices physiques ne sont pas associés au risque de survenue de lombalgie5. « Ce serait même plutôt l’inverse, le sport est un atout qui permet de guérir plus rapidement d’une lombalgie et d’éviter la douleur chronique car le patient est en mouvement 2,4,5. Au final, le dos ne s’use que si l’on ne s’en sert pas », rajoute le Pr Dupeyron. « L’activité sportive est une méthode de prévention du mal de dos formidable », conclut le Pr Dupeyron. « Chez le patient lombalgique, le sport est un médicament efficace et sans effet secondaire à recommander sans limitation de durée pour prévenir et réduire les conséquences de la lombalgie7 ! »

 

 

Sources :

1 Baromètre BVA réalisé pour l’Assurance Maladie par Internet en juin 2017 auprès de la population française : échantillon national représentatif de 2 000 Français âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas, appliquée aux variables suivantes : sexe, âge, CSP de l’interviewé, région et catégorie d’agglomération.

2 Mal de dos ? Le bon traitement, c’est le mouvement !, Assurance Maladie, https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/lombalgie- aigue/traitement-prevention, consulté en ligne le 23 avril 2018

3 Le Collège de la médecine générale, le Collège de la masso-kinésithérapie, la Société française de rhumatologie, la Société française de médecine physique et de réadaptation et la Société française de médecine du travail.

4 Prise en charge masso-kinésithérapique dans la lombalgie commune : modalités de prescription, HAS, Mai 2005.

5 Ribaud A et Quelle activité physique, quel sport recommander au patient lombalgique chronique après rééducation ? Ann Phy s Rehabil Med. 2013;56(7-8):576-94.

6 Recommandations mondiales en matière d’activité physique pour la santé, OMS, http://www.who.int/dietphysicalactivity/factsheet_recommendations/fr/, consulté en ligne le 17 avril 2018.

7 Dupeyron A et al., Place de l’éducation thérapeutique dans la prise en charge de la lombalgie commune. Revue non systématique de la littérature et rappel des principales recommandations pour la pratique, Ann Phys Rehabil Med. 2011;54(5):319-35

 

 

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