La pandémie ralentit nettement en France. Mais le variant Delta inquiète au sommet de l’état car dans certains territoires il se développe très rapidement. Alors pourquoi les autorités sanitaires ont peur du variant Delta ?

(Mise à jour le 8 juillet 2021) Pourquoi les autorités sanitaires ont peur du variant Delta ? La situation épidémique est « très préoccupante » en Guyane, alors que les Landes et le Bas-Rhin font l’objet d’une mobilisation et d’une vigilance renforcées.

Lors du compte rendu du conseil des ministres, Gabriel Attal a déclaré : « Il y a une menace liée au variant Delta ». Mais il n’est « par prévu aujourd’hui de prendre des mesures de restriction supplémentaires » dans ces territoires, a précisé le porte-parole du gouvernement.

Ce variant, originellement découvert en Inde a une nouvelle version : le Delta plus. Celui-ci inquiète les autorités françaises car beaucoup plus contagieux que les autres variants, déjà eux-mêmes plus transmissibles que la souche initiale du Covid-19.

Forte progression dans les Landes

Pourquoi les autorités sanitaires ont peur du variant Delta ? Le vaiannt Delta représente entre 9 et 10 % des contaminations à l’échelle nationale et jusqu’à 12 à 13 % en Ile-de-France. Mais comme l’a souligné Gabriel Attal, il est responsable de 70 % des cas positifs détectés dans les Landes. C’est ainsi que dans un Ehpad de Pontonx-sur-l’Adour dans les Landes, un cluster d’une trentaine de cas a été Détecté. Le département du Sud-Ouest, où le Premier ministre, Jean Castex et le ministre de la Santé, Olivier Véran viennent d’arriver ce jeudi, est le seul, en France, où l’épidémie progresse. Son taux d’incidence a augmenté, en une semaine, de 10 %, taux qui surpasse le seuil d’alerte de 50 cas pour 100 000 habitants sur une semaine.

20 % de hausse en 7 jours

Après quelques semaines d’accalmie depuis le mois de mai, le gouvernement s’inquiète. Le virus « gagne à nouveau du terrain » à cause du variant Delta qui est « redoutable et extrêmement rapide« , et qui représente maintenant « plus de 40 % des contaminations » en France, a expliqué Gabriel Attal à la sortie du Conseil des ministres. C’est ainsi que le nombre de nouveaux cas positifs à la Covid-19 a connu « une augmentation de plus de 20 % en sept jours » et « chez les 20-29 ans, le taux d’incidence a quasiment doublé en une semaine« , a indiqué le porte-parole du gouvernement.

« Onze régions voient leur taux d’incidence augmenter« , a expliqué Gabriel Atall :la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et l’Ile-de-France dont Paris. Il a aussi noté que la situation se détériorait très vite en Martinique et à La Réunion. Le nombre de cas quotidiens est repassé mercredi au-dessus des 4000 dans l’hexagone, pour la première fois depuis près d’un mois. L’exécutif craint que la France se retrouve dans la même situation qu’au Royaume-Uni, en Espagne ou au Portugal, où « le variant a provoqué une accélération considérable de l’épidémie« .

Gare au relâchement !

« Il est très probable que le variant Delta circule largement pendant l’été » et qu’il représente « 90% des nouvelles infections dans l’Union européenne d’ici fin août (…) en particulier chez les jeunes qui ne sont pas ciblés par la vaccination », avertit Andrea Ammon, directrice de l’agence européenne des maladies, interrogée par l’AFP.

Une étude sur les cas de variant Delta au Royaume-Uni montre que les personnes les plus touchées par cette mutation ne sont pas vaccinées (77%), ou n’ont reçu qu’une première dose. Pour faire face à son émergence et éviter un rebond épidémique, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) appelle donc à accélérer les vaccinations et à maintenir les gestes barrières.

« Tout relâchement au cours de l’été (…) pourrait entraîner une augmentation rapide et significative du nombre de cas quotidiens dans tous les groupes d’âge », met en garde l’agence européenne des maladies.

Cette augmentation de cas positifs au variant delta mènerait à une hausse des hospitalisations et des décès, « qui pourrait atteindre les mêmes niveaux qu’à l’automne 2020 si aucune mesure supplémentaire n’était prise », avertit l’ECDC.

 

AFP, BFM, ECDC