On-a-retrouvé-les-orques-de-Norvège-santecool

Si Pierre Robert de Latour le spécialiste mondial de la plongée en apnée avec les orques sauvages, se réjouit d’une saison d’automne extrêmement riche en rencontres, le Président d’Orques Sans Frontières, lui, s’inquiète de cette nouvelle manifestation indéniable du réchauffement climatique.

Il y a 2 ans déjà, Pierre Robert de Latour, Président d’Orques Sans Frontières (OSF), lançait cette question en forme d’alerte : « Mais où sont passés les orques de Norvège ? ». En effet après des décennies de présence dans le Tysfjord, les orques en ont totalement disparus et ce, très soudainement, entre 2007 et 2009. Pierre émettait alors l’hypothèse que nous étions face à une nouvelle manifestation du réchauffement climatique.

Aujourd’hui, l’hypothèse se confirme alors que l’expédition sur 2 semaines de novembre 2014, près de Tromsø, fût la plus aboutie et la plus réussie de toutes. Pierre s’explique sur ce paradoxe, sur la vie actuelle des orques et sa double casquette.

Réchauffement climatique, un danger pour la survie des orques

« En tant que Créateur du Réseau USEA (Under Soft Encounter Alliance), cette expédition ORCA Novembre 2014 m’a comblé. Nous avons pu plonger avec les orques, mais aussi les baleines à bosses, tous les jours, du lever du jour jusqu‘à la nuit noire. Six heures au plus près des orques, à assister à leur vie, leur chasse, leurs jeux. Grâce aux approches USEA, j’ai pu réaliser près de 250 rencontres sous-marines, dont certaines inoubliables à 2 mètres des grands prédateurs et de leurs nouveau-nés. Pour les scènes sous-marines du documentaire « le peuple des orques », nous avons le choix de 170 interactions filmées.»

Pierre, Président d’OSF, lui, s’inquiète de cette brusque montée au nord, de la ressource première des orques, les harengs. « Début décembre, des températures positives en journée, de la pluie et les pentes arides des fjords sans neige. Il fait clairement trop chaud pour la saison ! Les harengs ont déjà considérablement migré au nord, à plus de 150 km du Tysfjord et ce en très peu de temps. Mais où pourront-ils aller après si la température continue de monter? En tant que défenseur des orques en liberté, je ne peux que me préoccuper de ces changements qui affectent leur milieu marin et qui peuvent, à terme, menacer l’espèce, voir tout l’écosystème. »

Car l’orque, prédateur apex, n’est que la partie visible d’un phénomène qui inquiète nombre de scientifiques, parmi lesquels Heike Vester, spécialiste reconnue des orques avec qui Pierre collabore depuis 10 ans, ainsi que les pêcheurs professionnels. Rappelons que l’augmentation de 1°C des eaux des fjords a des effets mesurables sur les harengs, principale source de nourriture des orques. Les poissons qui hivernaient dans le Tysfjord ont fui ces eaux devenues trop chaudes pour cette étape essentielle à leur reproduction.

Le Peuple des Orques en salle au printemps

Le nouveau film, « Le Peuple des Orques », qu’OSF coproduit avec IFFWater, se veut le reflet de cette situation. « Je ne peux pas militer contre la captivité et rester passif face à ces bouleversements. C’est pour témoigner et participer à une prise de conscience la plus large possible que j’ai décidé de faire une suite à « Voyage au pays des orques ». Car les océans sont connectés, il s’agit du réchauffement de l’Eau dans son ensemble, d’où ma collaboration avec IFFWater, fondation spécialisée dans les documentaires sur l’Eau. Je veux donner une dimension globale à ma vision de l’altération du milieu marin. »

La sortie de ce film, prévue au printemps, permettra de visualiser les pratiques d’approche respectueuse qu’il a mises au point et partage à travers le réseau USEA. Notons qu’une nouvelle expédition ORCA 2015 est sur le point de débuter mi-janvier, afin, cette fois, de suivre les orques le long des côtes de Norvège, sur le circuit migratoire qui amène les harengs sur leur aire de reproduction.
Pour le suivre, rdv sur USEA-TV (youtube) pour son journal de bord et ses vidéos.