Le 4 décembre dernier a ouvert , l’exposition Microbiote, d’après le charme discret de l’intestin* à la Cité des sciences et de l’industrie, elle prendra fin le 4 août 2019.  Avant-gout!

Microbiote à la Cité des sciences et de l’industrie, l’exposition est inspirée du best-seller Le Charme discret de l’intestin* de Giulia et Jill Enders, paru en France en 2015, vendu à 1 200 000 exemplaires et traduit en plus de 40 langues, cette exposition raconte sur 600 m2 l’incroyable vie du microbiote, autrefois appelé flore intestinale. Un univers microscopique aussi complexe que méconnu et qui n’en finit pas d’étonner : chaque personne possède en effet un microbiote qui lui est propre, en évolution permanente, véritable marqueur personnel au même titre que les empreintes digitales.

Aussitôt arrivé, aussitôt avalé !

À l’entrée du parcours, une bouche géante d’où s’échappent de drôles de bruits invite le visiteur à partir à la découverte du processus et de chaque organe digestifs, de la bouche à l’anus. Rythmée par des éléments décalés et décomplexés, cette entrée en matière aussi étonnante que fascinante offre un regard scientifique sur ce qui pourrait en dégoûter plus d’un.

Les premiers dispositifs permettent l’exploration du système digestif. Longeant un géant couché, le visiteur découvre des films étonnants sur la dé- glutition, la digestion et la défécation vues aux rayons X. Arrivé aux pieds de celui-ci, Miroir, ô mon miroir l’invite à découvrir où sont situés ses propres organes digestifs, superposant à son reflet le contour des différents organes digestifs dessinés sur les miroirs.

En retrait, protégée des regards intrusifs par une alcôve, une vitrine présente en toute pudeur des organes humains conservés par la technique de la plastination. Ces organes, joyaux du corps humain, sont de véritables trésors anatomiques que Giulia Enders commente en voix off.

La découverte du système digestif continue avec Fouiller les entrailles, exercice d’autopsie virtuelle que le visiteur peut mener, via un écran tactile, sur un corps scanné en 3D, et dans lequel il voyage pour observer chaque organe. En zoomant, il peut accéder jusqu’aux plus petits détails comme les stries de l’œsophage ou les villosités de l’intestin. Un dispositif perfectionné présenté pour la première fois en France.

La surface du conduit digestif est jusqu’à seize fois plus importante que celle de notre épiderme. En d’autre terme, notre « intérieur » est davantage en contact avec l’air ambiant que notre « extérieur ». Et c’est justement cet « intérieur » que le visiteur peut voir grâce à des images prises par une caméra pilule. En ouvrant la bouche d’un personnage, il plonge dans les « tuyaux » De la bouche à l’anus et inspecte les villosités de l’intestin grêle puis les creux et bosses du côlon.

La suite de l’exposition dévoile les organes digestifs les uns après les autres. Mais qu’est-ce que la salive, son rôle, sa composition ? La salive, c’est avant tout du sang filtré, passé au chinois par les glandes salivaires qui retiennent .les globules rouges, plus utiles dans les veines que dans la bouche. Sa concentration en bactéries tueuses est assez modérée. Pourtant la salive joue un rôle de pare-feu protecteur pour le système immunitaire. Sur des étagères, des flacons à pharmacie présentent Les super pouvoirs de la salive et listent ses différents composants : mucine, anticorps, lysozyme… tels les composants d’un élixir précieux.

Entre la dégustation d’un morceau de pomme et son aboutissement au fond de la cuvette, il s’écoule en moyenne une journée. En nourrissant un personnage, le visiteur découvre ce qu’il se passe dans sa bouche et son ventre : des organes digestifs qui sont pour nous terra incognita se dévoilent. Mastication, broyage, déglutition, plongeon, rebond, transformation et expulsion : c’est une véritable Chorégraphie de la digestion !

L’estomac est beaucoup plus long d’un côté que de l’autre : il n’a donc pas d’autre choix que de se recroqueviller sur le côté le plus court, tandis qu’à l’intérieur, de gros plis se forment. Cette entrée par la petite porte a des effets secondaires : la poche à air gastrique, cette petite bulle d’air dans la partie supérieure de cet Estomac, poche de guingois. Quand un rot taraude, il suffit de se tourner du côté gauche et hop, le rot peut s’échapper. C’est ce que le visiteur peut constater, en faisant basculer le buste d’un personnage qui présente une bulle d’air dans son estomac.

LE VOMI

Un virus, une émotion forte, du stress, un mal des transports et voilà, c’est la régurgitation. Pourquoi ? Vomir, c’est le plan d’urgence de l’appareil digestif. C’est le résultat d’une réaction en chaîne préventive, pour protéger le corps des substances toxiques détectées par les récepteurs de l’estomac. Selon l’intensité de l’alerte envoyée au cerveau, celui-ci décide ou non de vomir. Attention, le vomi n’a pas le même aspect ni la même densité s’il provient de l’intestin grêle ou de l’estomac. Deux maquettes en témoignent dans l’exposition.

INTOLÉRANCE OU ALLERGIE ?

Vomir n’est pas la seule force de réponse du corps lors d’une agression extérieure induite par un aliment. Dans le cas d’une allergie, c’est le système immunitaire qui s’exprime, traduisant une difficulté à fragmenter une protéine en acides aminés. L’allergie résulte alors de la présence de minuscules bouts de protéines dans le sang et entraîne une attaque de la part des cellules immunitaires envers ces intrus. À chaque conflit, le désordre s’aggrave, car la réplique du système immunitaire s’intensifie. Dans le cas d’une intolérance, les molécules mal dissociées par l’enzyme digestive ne sont pas assimilées par l’organisme. Elles glissent jusqu’au gros intestin où elles nourrissent les bactéries productrices de gaz. C’est en jouant avec un mur interactif que le visiteur peut selon les cas, déclencher une allergie ou une intolérance alimentaire chez le personnage qui lui fait face.

L’INTESTIN, HUIT MÈTRES DE LONG

Incroyable mais vrai, le ventre abrite entre trois et six mètres d’intestin grêle formant des lacets, complété par un bon mètre de gros intestin, appelé le côlon. Ensemble, intestin grêle et côlon abritent plus d’un millier d’espèces de bactéries différentes. Le visiteur range et dérange les 8 mètres de corde, qui font ici office de représentation de l’intestin grêle et du côlon.

LE CACABINET

Dans un coin de l’exposition, un drôle de salon rassemble tout ce qui a trait aux excréments et à la défécation.

D’abord, la posture : assis ou accroupi, que choisir ? En effet, un muscle enserrant l’intestin crée un coude de fermeture du rectum. En position debout ou assise, le muscle maintient ce coude. En position accroupie, ce muscle se relâche et la voie est libre pour la défécation. À travers le dispositif amusant Bien en Selles, il est possible de tester plusieurs postures et constater laquelle est la plus appropriée.

Quel procédé le corps utilise-t-il lorsque l’on décide de se retenir ou pas ? Tout est affaire de Sphincters ! Le sphincter interne et le sphincter externe au niveau de l’anus s’adaptent selon la situation pour que l’on décide d’émettre un pet, d’aller aux toilettes ou de se retenir. En observant de près les fesses d’un personnage, le visiteur saura tout sur ce curieux duo.

Une fois la chose déposée au fond de la cuvette, sa forme, sa couleur et sa composition apportent beaucoup d’informations. Ainsi, L’échelle de Bristol répartit les selles en sept catégories selon leur consistance : de drôles de facsimilés sont observables.

Pour finir, rien de mieux qu’une pause sur des poufs en forme de crotte pour feuilleter le Livre du cacabinet, et recevoir de bons conseils contre la constipation et des laxatifs, le tout avec l’humour des sœurs Enders.

LE MICROBIOTE SE RÉVÈLE

Le parcours en immersion se poursuit dans une portion d’intestin hérissée de villo- sités, ces petits reliefs de montagne dont est tapissée sa paroi. Connaissez-vous Faecalibacterium Prausnitzii, Akkermancia muciniphila ou encore Helicobacter pylori ? Ces bactéries forment l’essentiel du microbiote, composé par ailleurs de virus, levures et autres champignons.

Le microbiote assure l’équilibre du corps, et communique avec le système immunitaire, le cerveau et le système nerveux. En effet, l’être humain construit ses défenses immunitaires en grande partie au contact des corps extérieurs. Ce contact se fait principalement dans le système digestif, avec la coopération des bactéries. Il est donc primordial pour la santé d’entretenir ce petit peuple étranger ! Les chercheurs sont encore loin d’avoir découvert tous les secrets que recèle notre microbiote. Pourtant leurs travaux dévoilent qu’un microbiote bien entretenu est synonyme d’un organisme bien-portant, d’un point de vue physiologique, mais aussi psychologique et comportemental.

C’est en passant par un court tunnel où Les bactéries sont partout, que le visiteur change d’échelle et d’atmosphère. Il va à la rencontre des micro-organismes du ventre en pénétrant dans une salle dont les murs sont recouverts de villosités, à l’image de celles qui recouvrent la paroi intestinale. Il est maintenant en contact avec de nombreuses bactéries : autour de lui, sur lui mais aussi en lui. Pas d’inquié- tude, sur Terre seul 1 % de ces microorganismes est pathogène et infectieux.

Après un petit tour au milieu de ces amusantes villosités, où il est possible de se photographier entouré de « bonnes » et de « mauvaises » bactéries dessinées par Jill Enders, l’exposition se poursuit par la découverte tactile du microbiote. Il est composé de millions de micro-organismes, une proportion « énorme » de bactéries, levures, archées et virus. Un Microbiote à toucher initie à l’identi- fication de ces différentes populations, en comparant leurs tailles, couleurs, formes et textures.

DES BACTÉRIES ET DES CHIFFRES

Quelques chiffres pour mieux connaitre cette population abondante : 200, c’est le poids moyen en gramme d’un microbiote intestinal. Une bactérie est 8 fois plus petite qu’un globule rouge et 20 fois qu’un globule blanc. Enfin, dans   1 gramme de selle, il y plus de bactéries qu’il n’y a d’humains sur Terre.

BIEN-ÊTRE INTESTINAL

La dernière partie de l’exposition sensibilise les visiteurs aux soins qu’ils peuvent apporter à leur propre microbiote. Les conclusions pratiques des dernières découvertes scientifiques sont autant de conseils pour la vie quotidienne, sur la prise d’antibiotiques, la consommation de produits fermentés et les habitudes domestiques, quelques fois trop hygiénistes …

CULTIVONS NOTRE MICROBIOTE

L’être humain est influencé par son microbiote. Et ce qui rend la chose si passionnante c’est qu’un individu égal un microbiote unique en son genre. À quel moment le microbiote s’installe-t-il dans l’organisme ? Comment le microbiote évolue-t-il et pourquoi n’est-il pas identique tout au long de la vie? Comment distingue-t-on probiotique (bactérie ingérée) et prébiotique (aliment ingéré, dont les bactéries raffolent) ? Autant de questions abordées dans un film réalisé exclusivement pour l’exposition.

MANGER DES FIBRES !

Sous le terme « fibre alimentaire » nous regroupons tout ce qui ne peut pas être assimilé par l’intestin grêle. Non digéré par les enzymes, cet ensemble nourrit le côlon qui, bien alimenté, produit de bons acides gras et des vitamines. Via un jeu multimédia, le visiteur est invité à choisir des aliments pour consommer les 30 grammes de fibres alimentaires recommandés par jour.

DES BACTÉRIES DOMESTIQUES

Partant du constat que les bactéries sont partout et que 99 % d’entre elles sont inoffensives, le visiteur doit pouvoir identifier où se cachent les « mauvaises » bactéries parmi les « bonnes ». En regardant à travers les ouvertures d’une maisonnette présentant différentes scénettes du quotidien, il comprend pourquoi un usage systématique d’antibiotiques et une hygiène trop zélée sont à proscrire. Une trop grande réduction de la biodiversité bactérienne est néfaste, il faut apprendre à nettoyer de manière juste et mesurée.

Une exposition conçue en partenariat avec l’Inra (en toutes lettres), Heureka (Helsinki) et le Pavillon de la connaissance (Lisbonne), avec la participation de l’afa Crohn RCH  et avec le soutien du Biocodex Microbiota Institute, Danone Research et la Fondation Roquette pour la santé.

A LIRE :

#lecharmediscretdelintestin

LE CHARME DISCRET DE L’INTESTIN

Nouvelle édition augmentée, 2017, Giulia et Jill Enders, éditions Actes Sud.

Surpoids, dépression, diabète, maladies de peau… Et si tout se jouait dans l’intestin ?

Dans cette nouvelle édition augmentée, qui a inspiré l’exposition, Giulia Enders, jeune doctorante en médecine, fait état des recherches récemment publiées, notamment celles qui précisent l’influence de ce « deuxième cerveau » pour notre bien-être. Elle nous invite à changer de comportement alimentaire, à éviter certains médicaments et à appliquer quelques règles très concrètes pour faire du bien à notre ventre.

Ce livre est illustré avec humour par la sœur de l’auteur, la graphiste Jill Enders.

Traduit de l’allemand par Isabelle Liber, 350 pages.

 

Exposition – Microbiote à la Cité des sciences et de l’industrie

30, avenue Corentin-Cariou

75019 Paris

Porte de La Villette

Ouvert tous les jours, sauf le lundi :

de 10h à 18h et le dimanche de 10h à 19h

  • Plein tarif : 12

  • Tarif réduit : 9

(+ de 65 ans, enseignants, – de 25 ans, familles nombreuses et étudiants)

  • Le billet inclut l’Argonaute et le planétarium.
  • Gratuit pour les demandeurs d’emploi et les bénéficiaires des minimas sociaux, les personnes en situation de handicap et accompagnateur

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