La période du confinement a permis de ralentir la dynamique de l’épidémie de façon marquée. Pour préparer la France à la suite de l’épidémie et en diminuer les conséquences voici les 4 scénarios post-confinement du Conseil Scientifique.

Deux semaines après la sortie du confinement, il est encore un peu tôt pour avoir une vision stabilisée sur l’évolution de la situation sanitaire mais on peut considérer que le niveau de circulation du virus est limité avec une situation contrôlé. Voici les Les 4 scénarios post-confinement du Conseil Scientifique.

Se préparer à une seconde vague

Le Conseil scientifique souligne l’importance de préparer dès à présent l’évolution de l’épidémie au cours des prochains mois, en envisageant la survenue de quatre scénarios plus ou moins favorables ou critiques. Cette préparation vise à disposer d’un ensemble d’actions et de mesures à prendre le plus tôt possible afin d’éviter un nouveau confinement généralisé. Loin de constituer des « cas d’école », ces différents scénarios ont tous – y compris les plus critiques – des chances réelles de survenue au cours des prochains mois. Malgré le souci compréhensible de s’en exonérer au vu d’une amélioration nette de la situation épidémique

A la sortie du confinement, ces scénarios exigent une préparation active de la part des autorités et de la société dans son ensemble. L’expérience acquise par nos concitoyens au cours de l’épidémie constitue à cet égard une ressource inestimable.

Protéger, tester et isoler encore et encore

Le Conseil scientifique souligne la nécessité de préparer un Plan de protection renforcée, dont les mesures spécifiques devront être mises en œuvre de manière programmée, selon le cours de l’épidémie. Ce plan vise à augmenter l’efficacité des mesures prises tout en limitant l’impact social et économique de l’épidémie. Il inclut en particulier : le renforcement des mesures barrière et de distanciation, la mise en œuvre renforcée de la stratégie « tester, tracer, isoler », un plan de protection des EHPAD, une protection renforcée par confinement volontaire des personnes les plus vulnérables en raison de leur âge ou de leur état de santé, un plan destiné aux personnes les plus précaires ainsi qu’un ensemble de mesures à mettre en œuvre dans les métropoles, qui sont particulièrement exposées, notamment en Ile de France.

Les quatre scénarios identifiés par le Conseil scientifique devront être précisés et actualisés en fonction de l’évolution des connaissances scientifiques et des exigences opérationnelles. A cet égard, le Conseil scientifique souligne la nécessité d’une gouvernance claire, opérationnelle et en partie territorialisée. Cette gouvernance devra inclure des compétences scientifiques et sanitaires, mais aussi interministérielles et plus largement institutionnelles.

L’association d’acteurs de la société civile et de la vie économique est de nature à renforcer sa légitimité ainsi que l’adhésion aux mesures envisagées dans chaque scénario.

Chacun des quatre scénarios doit pouvoir être identifié au cours de l’épidémie à partir d’indicateurs appropriés. La situation nécessitera des formes complexes d’appréciation, associant aux indicateurs quantifiés des informations plus qualitatives, notamment locales. En outre, la survenue des scenarios n’est pas nécessairement successive, des scenarios critiques pouvant survenir sans être précédés par d’autres plus favorables, qui laisseraient un temps de préparation. Le temps de réaction est un paramètre déterminant dans le contrôle de l’épidémie.

  • Le premier scenario est le plus favorable. C’est celui d’une épidémie sous contrôle au vu des indicateurs disponibles, associée à l’occurrence de clusters localisés pouvant être maitrisés. En présence du virus, ce scenario nécessite cependant un maintien des mesures de lutte contre l’épidémie.
  • Le scenario 2, plus défavorable, verrait apparaître des clusters critiques, laissant craindre une perte de contrôle des chaînes de contamination, et partant du contrôle de l’épidémie elle-même. Ce scénario exigerait des mesures strictes, précoces et localisées, afin d’éviter une perte de contrôle plus large de l’épidémie.
  • Le scénario 3, qui ferait basculer la gestion de l’épidémie d’une situation contrôlée à une situation beaucoup plus problématique et exigeante, est celui d’une reprise progressive et à bas bruit de l’épidémie, plus difficile à identifier. Des indicateurs se dégraderaient alors sans que les chaînes de contamination puissent être identifiées, ni a fortiori contrôlées. Ce scenario exigerait des mesures strictes ainsi que l’activation rapide de plans de protection renforcée. Les mesures à prendre pourraient encore être envisagées à une échelle régionale si les indicateurs le permettent.
  • Le scénario 4 correspond à une dégradation critique des indicateurs traduirait une perte du contrôle de l’épidémie, et exigerait des décisions difficiles, conduisant à choisir entre un confinement national généralisé, permettant de minimiser la mortalité directe, et d’autres objectifs collectifs, économiques et sociaux, s’accompagnant alors d’une importante mortalité directe.

Opinions divergentes de Jean-Laurent Casanova sur les 4 scénarios post-confinement du Conseil Scientifique

Jean-Laurent Casanova propose les mesures suivantes, au moins jusqu’au mois de septembre, quelle que soit l’évolution de l’épidémie en juin, juillet, et août, afin non pas de seulement tenter de réduire la morbidité et la mortalité associées au COVID-19, mais surtout afin d’éradiquer rapidement le SARS-CoV-2 et de libérer ainsi du même coup l’économie française.

  1. Le port du masque chirurgical/artisanal obligatoire dans l’espace public, y compris en plein air, en dehors du cadre familial, ces masques ne protégeant pas ceux qui les portent mais les autres ;
  2. Le port du masque FFP2/N-95 pour tous les personnels soignants au contact de malades potentiellement contagieux, ces masques protégeant ceux qui les portent ;
  3. La liberté du lieu d’isolement des personnes contagieuses, mais à la condition que cet isolement soit non seulement obligatoire, mais aussi que son observance soit doublement vérifiée, par traçage électronique (téléphone portable) et par contrôle aléatoire téléphonique (ligne fixe et à défaut ligne portable) et humain (visite d’uneéquipe mobile) ;
  4. Le traçage obligatoire des contacts au cours des dernières deux semaines de tous les cas diagnostiqués, non seulement par une équipe mobile, mais aussi par voie électronique (smartphone), suivi d’un diagnostic obligatoire de tous les contacts.
  5. Le contrôle de température obligatoire à tous les arrivants sur le sol national, suivi d’un test diagnostic obligatoire en cas de fièvre ;
  6. La liberté laissée aux territoires insulaires d’exiger de surcroît un test diagnostic à l’arrivée en bateau ou en avion ;

Un nouveau confinement n’étant pas envisageable, et l’éradication du virus étant le seul objectif louable, tout l’effort pour sauver des vies et relancer l’économie doit porter sur le traçage, le diagnostic, et l’isolement des personnes contagieuses.