Avec le très contagieux variant Delta qui entraine  des flambées épidémiques en Afrique et en Asie et augmente le nombre de cas de façon exponentielle en Europe et aux États-Unis, le Conseil scientifique recommande l’obligation vaccinale pour les soignants.

L’avis appuie la volonté du gouvernement. Le Conseil scientifique – chargé de conseiller l’exécutif dans sa gestion de l’épidémie – préconise lui aussi l' »obligation vaccinale des soignants« . Il « insiste sur l’anticipation des mesures juridiques et législatives qui doivent être prises sur ce sujet » a-t-il déclaré sur BFM ce matin 9 juillet.

« Cette obligation vaccinale pourrait être étendue à d’autres catégories, comme les ‘aidants’, le personnel des services à la personne ou l’ensemble des professionnels (non sanitaires) exposés et exposants à un risque pour autrui », annonce le Conseil scientifique.

Vers plus d’éthique, de dialogues et de responsabilités

La pandémie Covid-19 a confronté notre société à la problématique de l’éthique de la santé publique. Elle nous oblige à la questionner dans un contexte d’urgence, mais également dans celui d’une crise durable, et nous incite à tenter de lui donner un nouvel élan. Cet exercice, que le CCNE souhaite collectif, nécessite que soient posés des repères éthiques. Car l’éthique n’est pas facultative pour la santé publique : c’est la condition de son acceptation qui passe par une participation citoyenne. C’est l’objet de l’avis 137 du CCNE (Comité consultatif national d’éthique) « Éthique et Santé publique » qui est rendu public le 7 juillet 2021.

L’expérience d’une pandémie démontre qu’il ne s’agit pas seulement d’une maladie affectant des individus et nécessitant des soins urgents. Elle possède une dimension collective, notamment de prévention, impliquant des choix sociaux. Ceux-ci peuvent contredire l’éthique individuelle et posent donc de nouveaux problèmes éthiques. Mais si on répond à ces problèmes on aura un progrès à la fois dans la santé et dans l’éthique, ainsi que dans la démocratie. Ce sont là tous les enjeux et problématiques de la santé publique.

Le CCNE plaide pour une méthode capable, en rassemblant société civile, acteurs de la santé et du social, institutions, scientifiques…, de restaurer la confiance mutuelle et de proposer des actions concrètes. Il appelle de ses vœux à l’organisation d’États généraux pour une Éthique de la santé publique, en coordination avec les instances de santé publique nationales ou régionales et avec les espaces de réflexion éthique régionaux.

Une telle réflexion d’ensemble pourra répondre aux principaux défis de la santé publique qui consistent à concilier des cadres temporels apparemment contradictoires entre eux puisqu’ils vont de l’urgence parfois extrême au long terme parfois global :

  • Les crises et l’urgence, qu’il s’agit d’anticiper et de préparer en tenant compte de leurs caractères imprévu et inévitable, et surtout les choix parfois douloureux qu’elles impliquent ;
  • Le moyen terme avec la mise en place des équilibres et arbitrages, sanitaires, économiques, sociaux, et politiques, la simplification des institutions de concertation, de participation, et de décision. Devront être prises en compte l’information et la participation citoyenne, consubstantielles de l’autonomie en santé publique ;
  • Le long terme avec notamment l’intégration des repères éthiques de la santé publique dans l’éducation, l’enseignement et la réorganisation du système de santé intégrant la santé au travail, les relations santé et